Du footing aux palmes
(journal intégral janvier 2004/mai 2006)
Ici début.
Quand débute ce journal, le moral n'est pas au plus haut. Je sais que je ne serai plus intermittent fin janvier (plus d'ASSEDIC). Pas de tournage en vue. Mais des projets pas payés, ça, je n'en manque pas...
BONNE ANNEE !
Samedi 03/01/04 -
En rentrant d'un séjour familial, j'ai trouvé une lettre de Maurice Failevic. Il me dit être désolé de n'avoir pas pu me distribuer dans son prochain film. J'avais aussi un message téléphonique pour un casting le 12. Une série télé. Sans doute un méchant...
Vendredi, mon appel à décision passera à l'AFDAS. L’Afdas, c’est l’organisme qui devrait financer ma formation aux ateliers Varan. J’y ai été accepté pour un stage de réalisation au documentaire.
Cette formation rémunérée, outre l’intérêt réel qu’elle présente pour moi, me permettra de conserver mon statut d’intermittent (ASSEDIC).
AH BON !?
Lundi 05/01/04 -
15h24, David G au portable.
- Tu te souviens que tu tournes pour Fred B. jeudi ?
- Heu... oui...
Je tourne donc jeudi. C'est un petit rôle mais qui se remarquera peut-être...
PAPA
Mardi 06/01/04 -
12h34, message de Nicolas pour un casting moyen métrage. Il cherche un père. Mon agent m'a précisé que le casting de lundi, c'est aussi pour un rôle de père. Un brin dépassé par les événements. Je trouve ça plutôt réjouissant de sortir des rôles de psychopathes et autres assassins !
ALIVE
Jeudi 08/01/04 -
10hOO, je quitte le plateau de "Alive", le film de Frédéric Berthe. Un plan. Bien passé. Pas sûr qu'on le remarque! Rencontré le premier assistant qui me connaissait des films d'Hélène Angel et veut me faire tourner dans son prochain.
LA CATA…
Vendredi 09/01/04
Je suis à la Cagnotte avec Alexandre quand l'Afdas m'annonce le rejet de mon appel. Confirmation de ce que je pressentais : pas de formation, pas d’ASSEDIC. Merci le Médef ! Nombreux intermittents sortis du système grâce aux nouvelles réformes se sont jetés dans des formations. Dommage collatéral : Les fonds destinés à la formation sont à sec. Je devrai donc réaliser le documentaire sans passer par la case "formation" et prévoir de manger des pâtes!
RDV lundi pour un casting série avec Stévenin...
CASTING CASTING
Lundi 12/01/04
2 Castings. L'un pour Fabien Cosma s'est bien passé (rôle de père dépassé). Le second pour "le camarguais"... un grand rôle d'idiot qui se remarque. Pas évident !
ET SI JE MONTAIS UNE BOITE DE PROD…
Jeudi 16/01/04
2 jours de rhume et le projet de créer une boîte de prod. Après 2 jours de réflexion, je renonce aux deux! Créer une boîte, c'est bien quand on est riche ou qu'on veut le devenir. Sinon, c'est un isolement supplémentaire, une forteresse ridicule (fruit de réflexion sinusoïdale).
RESISTANCE A L’EFFONDREMENT
Dimanche 18/01/04
Nouvelle lettre à l'AFDAS (non mais !). Je serai dans 3 courts métrages présents à Clermont...
RESTONS ACTIF !
Mardi 20/01/04
Agréable projection hier de l’Etang de Jean-Marie Omont. Au buffet, je n’ai pas hésité à confier mes déboires intermittents. Du coup, Patrick Marty (un pote de Bordeaux qui a viré assistant) m’a rappelé aujourd’hui pour que j’envoie un CV-Photo pour un téléfilm qui se tournera à Bordeaux en avril. Sympa le Patrick !
Ce matin, avec Camille B., nous avons rencontré une " chef de file " (casting figuration) pour notre projet de documentaire sur les figurants. On avance doucement…
Ce matin toujours, sur France Inter, Stéphane Paoli s’inquiétait des effets de la loi Perben (justice policière et carcérale). C’était pas mal d’entendre le chroniqueur le plus à droite réaliser à quel point nous glissons vers un Etat Libéral-totalitaire !
RESOLUTIONS
Jeudi 22/01/04
Hier, j’ai pensé, pendant que Marie était au festival d’Angers pour y lire des scénarios. Oui, j’ai pensé ! Ménage, lessive, annulation de rendez-vous inutiles, choix catégoriques, le tout terminé par un bon vieux film (" Ca tourne à Manhattan "). Conclusion de la journée :
- je renonce définitivement à l’idée de monter une petite boîte de prod
- j’ai défini un nombre annuel de jours de tournage qui devraient me permettre de vivre sans ASSEDIC.
- Pour le reste, je travaille sur le documentaire,
- je prends le théâtre quand il passe,
- je travaille un petit tour de chant,
- j’écris (comme on fait de la gym),
- je fais un régime alimentaire et du sport. Arf, arf, arf ! ? Hé bé, si ! Je sais, c’est le premier de l’an chinois mais ça n’a rien à voir.
J’ai bien conscience que ce programme fait un peu Club Med. J’assume !
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Des pompes en solde, un jogging pas cher et le tour est joué. Petite course à La Vilette.
Pour le reste, pas un coup de fil sinon celui d’un copain qui me conseillait de faire des faux cachets pour rester intermittent. Non, non et non !
Le théâtre…
Vendredi 23 janvier
Rien de particulier. Une heure de jogging. Aucune nouvelle des castings passés. Joué deux heures de guitare (en vue préparation tour de chant). Vu " Feu l’amour " d’après Feydeau à MC 93 mise en scène de Jean-Michel Rabeux. A chaque fois que je vois un spectacle réussi, la scène me manque.
AÏE !
Samedi 24 janvier
Ridicule ! Comme j’ai lu qu’il était conseillé de faire une heure de sport par jour, j’ai couru une heure hier. Résultat, depuis, j’ai très très mal à une cheville. Je sais…
Obsédé par les réponses négatives aux castings (pour l’instant, il ne s’agit que de réponses qui ne viennent pas). Si fin mars, je n’ai pas de tournages ni de théâtre, j’envisage sérieusement une reconversion ! Je marque cette échéance sur mon calendrier sous-main.
ON LÂCHE PAS L’AFFAIRE !
lundi 26 janvier 2004
Hier, nous avons vu une avant-première de " Un hiver sous la table " de Topor, mis en scène par Zabou. Un régal de théâtre de l’absurde comico-poético-politique qui résonne bien aujourd’hui. On allait y voir la copine Guilaine Londez. Elle est super dans le rôle de la " bonne copine ". Mais on se régale aussi d’Isabelle Carré et de Dominique Pinon, pour ne citer qu’eux.
Pas de réponses des castings passés voici maintenant deux semaines : c’est donc plus que mal barré de ce côté-là.
Séance de travail avec Camille B. sur le projet de documentaire sur les figurants. Plus précisément, on met au point un dossier pour le tournage d’une série de portraits de figurants (3 minutes chacun) destinés à la télé ou au câble.
FREMISSEMENT
Mardi 27 janvier 2004
Journée très administrative.
Casting à 17 heures avec Serge Meynard pour un téléfilm qui se tournera à Bordeaux. C’est peu dire que ça s’est bien passé. Réponse en fin de semaine.
Préparation guitaristique pour la répétition chanson de demain avec Alexandre.
Théâtre le soir à Paris Villette pour deux pièces de Synge. Pas fan du traitement. Comédiens un peu " jeunes ".
GRAT GRAT BLING BLONG
Mercredi 28 janvier 2004
Répète N°1 avec Alexandre. On a essentiellement bossé sur 3 chansons. Tout de suite, on passe ailleurs ! Je voyais mal Alex faire bling blong blong sur la gratte. Il a donc arrangé tout ça à sa sauce et le résultat fait plaisir à entendre ! La semaine prochaine, on s’amuse à enregistrer.
J’ai du pain sur la planche pour arriver à avoir quelques chansonnettes audibles. Je veux dire qu’il faut carrément que j’en écrive un max. Que j’en écrive tout court, d’ailleurs !
Ce soir, vu RRRRrrrrrh. Bof, comme prévu. Mais j’ai ri plusieurs fois franchement. J’allais surtout voir qui jouait le rôle pour lequel j’avais auditionné. C’est Pascal Vincent, un des Robin de Bois qui le jouait. Je me demande bien pourquoi ils m’avaient fait venir…
JE NE CROIS PAS QUE C’EST POSITIF
Jeudi 29 janvier 2004
Si je dois croire ce que m’a dit la casting au téléphone, je ne jouerai pas dans " le camarguais ", cette série France 3 avec Stévenin . A priori, je peux lui faire confiance.
TIENS DONC… DE LA CHANCE ?
Vendredi 30 janvier 2004
Certains jours, en refermant la porte de chez soi, on sait qu’on verra partir le bus sous son nez. Il sera là, on le verra mais il sera trop tard. C’est en effet ce qui s’est passé ce matin. J’en étais sûr et c’est arrivé.
Si je voyais des signes partout, comme mes amis devenus bouddhistes (puisqu’on n’est plus communiste et qu’il faut bien occuper son esprit), j’aurais pensé que ma journée était foutue. Hé bé non ! Mon médecin m’a dit que tout allait bien, Serge Meynard m’a rappelé pour me dire qu’il m’envoyait le scénario (ce qui signifie qu’il me donne le rôle dans son téléfilm), Alexandre m’a dit qu’il avait envie d’essayer une de mes chansonnettes dans son tour de chant et Serge et Frédérique Riaboukine m’ont raconté un projet de ciné-comédie et m’ont proposé de m’associer à l’écriture. Bref, une bonne journée.
Bon, il faut dire quand même que le bus, en courant, j’ai réussi à le chopper à l’arrêt d’après…
LE LUNDI AU SOLEIL !
Lundi 2 février 2004
De retour de footing, message de Gami : petit rôle sur téléfilm à Bordeaux possible. Appelé le directeur de production qui appellera mon agent. Rendez-vous la semaine prochaine avec le réalisateur. A moins bien sûr que le fait que je sois parisien avec agent déplaise à la prod qui se serait bien contentée d’un bordelais sans agent !
Nouveau projet de documentaire qu’il faudra que je soumette à Pierre Carles. Je ne vous dis pas le sujet, vous seriez capables de me le piquer !
LE MARDI AUSSI
Mardi 3 février 2004
Ca y est, on est ok pour le tournage avec Serge Meynard. Christine, mon agent a du mal à avaler l'idée que je sois payé comme " bordelais " (-30%). Je la comprends mais elle me comprend aussi. Tout va bien.
Séance d’écriture prometteuse avec Serge et Frédérique. On se lance dans « La poulpetcha », une douce comédie…
L’agent d’Hélène A. a lu notre projet " expérience " et a vu les images. Il semble optimiste. A suivre…
CLERMONT, C’EST LOIN !
mercredi 4 février 2004
Hier soir, SMS de Camille B qui présente son court à Clermnt. Elle venait de voir le court-métrage d’Emmanuel Gras. Peu de temps après, elle passait sur France Culture pour son film (En route mauvaise troupe !) en compagnie de Caroline Baer qui joue ma copine dans le film. Apparemment, c’était le film préféré du journaliste.
Quand quelques minutes plus tard, Emmanuel Gras m’appelait. Je me demandais si j’avais vraiment bien fait de ne pas me déplacer à Clermont (à mes frais !). On croise beaucoup beaucoup de professionnels de la profession.
Mouais… J’ai encore hésité pour finalement renoncer. Trop cher et pas accueilli. Drôle ces moments de frustration. De jalousie, presque. Ils vous font un sale creux dans le ventre !
Coup de fil de Christine, mon agent : on en fera pas le second tournage à Bordeaux. Trop petit. Moi, si elle le dit, je dis d’accord… même si…
JOUR SANS MAIS…
Jeudi 5 février 2004
C’était aujourd’hui la réponse du CNC pour le long métrage que j’ai écrit avec Joël Mespoulède (Des crocos, des hyènes et un chardonneret). C’est non !
Ce type de truc, on a beau s’y attendre, savoir que le projet n’a aucune chance, se dire qu’on l’a présenté davantage pour passer à autre chose, ça reste un échec. Forcément ! Estomac noué. C’est bon pour le régime.
Une petite visite à l’ASSEDIC ce matin pour avoir une idée de mon avenir d’assisté social : hé bé disons que je vais coûter moins cher (euphémisme).
Sinon, j’ai trois projets de documentaires, je travaille à l’écriture d’un long métrage et de pièces radiophoniques, je monte un piti spectacle de chansons…
Mais tout ça, c’est ce que disent tous les artistes qui n’ont pas de boulot. Le seul travail qui compte est celui qui est rémunéré. De ce point de vue, on ne peut pas dire que je bosse beaucoup en ce moment !
Ce journal prend définitivement les apparences du " journal d’un looser ". Etrangement, ce qui me concerne, je reste plus optimiste que vous ! hé hé hé !
JOUR DE POISSON
Vendredi 6 février 2004
Digéré le CNC. Super séance d’écriture avec Serge et Frédérique.
ELLE EST OU, MA PLACE ?
Mardi 10 février 2004
Je me pointe à 10h00 précises à GTV . La dame de l’accueil appelle Sophie. Quelqu’un pour elle ! Je dis à Sophie que je viens pour la lecture de « rédemption », le téléfilm de Serge Meynard dans lequel je dois tourner en avril. Elle écarquille les yeux quand je lui dis ça. Je lui demande si je me suis trompé. Non, non. Elle m’accompagne dans le labyrinthe de la boîte de prod. Ils sont déjà tous là. Michel Aumont et tous les autres.
Serge Meynard : Bernard nous fait le plaisir de se joindre à nous mais il ne lira pas. Il joue le Monsieur pas sympa que tue les enfants. Et comme il ne sont pas là… Bernard, j’imagine que personne ne t’avait prévenu que la lecture avait été avancée à 9h30 ?! De toute façon, comme je t’avais dit, tu pars quand tu veux !
Oui, je n’étais là que pour dire bonjour. Me sentant très inutile, au premier mouvement, je suis parti non sans qu’un des acteurs que je ne connaissais pas me demande si je n’étais pas CRS.
- dans la vie ?
- oui, dans la vie !
- mais non !
- Ah, pardon ! Je confonds avec… heu…
- Oui ben, bonne lecture !
Pas facile d’être un petit rôle « bordelais » qui vit à Paris !
MISES AU POINT
Jeudi 12 février 2004
Les fiches de lecture du CNC confirment d’autres fiches de lecture (fiches que m’avait offertes Why Not Prod). Mais en moins bien dans l’ensemble. Je n’entrerai pas dans le détail…
Coup de fil du comédien qui m’avait demandé si j’étais CRS. Super attentionné, il venait s’excuser de m’avoir confondu avec quelqu’un d’autre. Comme quoi, on ne vit pas forcément dans un monde de brutes. Et j’avais plus trouvé ça drôle que ça ne m’avait vexé. Enfin, je crois… Demain, docu le matin, comédie l’après-midi. Après, on dit que les intermittents ne bossent pas ! …mais c’est vrai que je ne suis même plus intermittent.
NE PAS PASSER SOUS UNE ECHELLE !
Vendredi 13 février 2004
Bon, c’est pas tout ça mais demain, on rejoint les enfants en on fonce à Oloron ! Retour le 21 … Pardon aux accros du journal ! hé hé hé
BONJOUR PARIS !
Vendredi 20 février 2004
Retour d’une semaine de vacances. En passant, vu le 3 X 26’ de Philippe Lespinasse sur son tour de l’estuaire de la Gironde en mobylette et avec Pierre Carles. Un bon moment avec une salle bordelaise pleine d’anciennes connaissances.
Fatigué du retour en voiture…
ALORS LA… !
Samdi 21 février 2004
Après avoir écrit les quelques lignes du journal, hier, je suis allé à la poste pour y retirer un colis. Tiens, on dirait un scénario… Sur le chemin du retour, j’ouvre l’enveloppe. C’est bien un scénario. Il est d’Yves Caumon. Nous nous sommes rencontrés avec Yves il y a près de vingt ans sur les bancs d’un IUT bordelais. On faisait tous les deux du super 8. Mais lui me faisait jouer dans les siens. Il a continué à la Fémis, me distribuant dans ses courts métrages. Il m’a offert un très joli petit rôle dans son premier long (Amour d’enfance). J’aime à dire que c’est mon papa de cinéma (la maman étant Hélène Angel qui a fait que j’ai quitté Bordeaux grâce au superbe rôle de Coco dans son grand Peau d’homme, cœur de bête).
Tout en marchant, je lis la lettre d’Yves qui dit entre autre « Si le rôle de Raymond te plaît, tu peux commencer à apprendre le texte ! ». Je feuillette en vitesse, comme tout comédien qui se respecte, histoire de repérer le nom de mon personnage dans lignes de dialogues. Pas vu de Raymond. Ce doit être un petit rôle bien dessiné comme il aime m’en donner. Je suis ravi qu’il pense encore à moi. Heureusement qu’il y a les copains ! Je vais pouvoir lui demander de réaliser un vieux projet : filmer le making-off du tournage !
Arrivé chez moi, je m’installe à la table de la cuisine pour lire illico le scénario. Ça commence bien. La première séquence est entièrement occupée par mon personnage. Un paysan étrange. J’adore. J’ai pris l’habitude d’ouvrir les films avec des bonhommes un peu décalés (Hélène Angel dans Rencontre avec le Dragon ou Dupeyron dans Inguelesi). Le personnage ne parle pas. En même temps, comme il est seul… Mais il est encore présent dans les dix séquences suivantes, dans la douzième… En fait c’est un rôle muet mais c’est… le… enfin, UN DES PRICIPAUX ROLES, UN QUI SE REMARQUE ENORMEMENT !!!!!!!!!
CACHE-CACHE
Lundi 23 février
Journée très occupée mais beaucoup de place dans la tête pour « cache-cache », le film écrit par Yves Caumon avec la collaboration d’une certaine Emmanuelle Jacob et dont la réalisation sera signée seulement par Yves Caumon.
Il est à noter que plusieurs réalisateurs se battent pour le titre « cache-cache ». C’est bien la preuve que c’est un bon titre !
PROFITEURS !
Mardi 24 février
Un essayage costume à Montreuil, une séance d’écriture à Meudon, un tour de chant à Menilmontant… la journée fût chargée. Pas de commentaires particuliers.
J’ai bien remarqué que tout ce qui figurait sur ce journal pouvait se retourner contre moi ou bien avoir des incidences qui m’échappent. Par exemple, le fait d’annoncer la bonne nouvelle du tournage de cache-cache a fait que des techniciens vont contacter la prod, qu’un réal va appeler Yves parce qu’il a un projet qui porte le même titre… enfin ! Toute prise de parole a des conséquences.
On a l’habitude de dire qu’en parlant des autres on parle de soit. Apparemment, l’inverse est aussi vrai.
Tout ça ne m’empêchera pas de continuer à raconter, au risque du ridicule.
TRAVAIL MUSICAL
Jeudi 26 février
Hier, on s’est fait une séance d’enregistrement avec Alexandre. On a à peine eu le temps de travailler partiellement sur deux morceaux. C’est vrai qu’il faut bosser en musique. Et Là, il faut bien admettre que je suis trop un glandeur qui n’assure pas.
Nous avons déjeuné avec Guilaine Londez et Myriam Aziza (l’âge de raison). Nous avons refait le monde et le cinéma. Reste de l’aprem devant « La planète bleue » avec Raphaël, le fils de mon pote Thierry.
Aujourd’hui aussi, une seconde très très bonne nouvelle cinéma. Mais je n’ai pas encore l’autorisation d’en parler. Disons que si tout se passe comme il semble que ça devrait se passer, à partir de juillet et jusqu’en décembre, ça va tourner un max ! Mais encore une fois, dans le cinoche, l’expérience nous a appris que tant que rien n’est signé, rien n’est fait. Je n’oublie pas que si je ne suis plus intermittent, c’est aussi parce que, l’été dernier, j’ai refusé un spectacle avec Anne Alvaro à cause de 4 jours de chevauchement sur un tournage prévu en août (le producteur a refusé fermement) et que ce fameux film a été annulé 2 semaines avant le tournage ! Si, si, ça existe !
DEPLACEMENT D’AIR
Vendredi 27 février
Alors, des photos, c’est 1.000 balles. Et c’est à Voltaire. Je les ai portées à mon agent dans le 14ème. Un sandwiche et c’est le RER pour Meudon. Séance d’écriture chez Serge et Fred. Résultat : retour à 19:30 à l’appart. Les journées sont bien remplies ces derniers temps… pour pas un rond !
POLICHINELLE
Mercredi 03 mars 2004
Joël Pommerat à Paris Villette : un beau texte, une belle mise en scène, des acteurs bien, un traitement musical intéressant. Il arrive donc de plus en plus souvent que le théâtre produise encore des moments magiques. Il y avait eu « Un hiver sous la table » de Topor par Zabou et le Feydau de Jean-Michel Rabeux (je ne sais pas orthographier son nom !).
Concernant des infos plus personnelles. Devant l’évident constat de ma suractivité peu productive, je commence à envisager un recentrage. Pour l’instant, c’est la musique qui se retrouve reléguée au rang d’amusement lointain. Que ceux qui pensent que je fais bien se méfient !
Bon et puis pour la seconde bonne nouvelle cinéma, tant pis pour le secret ! Vous aurez deviné que je parlais d’ « Expérience », le projet roots que nous avons avec Hélène Angel. A priori, ça va se faire en fin d’année dans des conditions de production très précaires mais c’est aussi inhérent au genre (écriture/impro/équipe ultra light…). En me basant sur les valeurs dominantes, je ne peux pas dire que ce soit le meilleur projet : je ne serai pas riche à la fin. Mais artistiquement, le projet est excitant.
COMPTABILITE
Jeudi 04 mars 2004
Demain, c’est encore écriture avec Serge et Frédérique. Aujourd’hui, glandouille à fond. Mais qu’est-ce qui m’a pris de faire un budget prévisionnel de l’année sur Excel ? Tout y est. Toutes les charges, les impôts, pensions, téléphone, … bref tout. C’est énorme ! Et la rubrique d’à côté qui s’appelle « revenus 2004 », c’est tout petit. Vraiment tout petit. Et l’ensemble, même quand on essaie d’ajouter quelques économies aux revenus, ça fait très peur. Pffffff… Pourtant, si l’on n’est pas totalement irresponsable, il faut bien compter parfois ! Un peu. Pffffff… Je sais, il y en a qui n’ont même pas de quoi compter…
COURTS
Samedi 06 mars 2004
Les nouvelles… Deux courts métrages en vue d’ici l’été. L’un réalisé par Fred Proust est très humour noir. Je ne raconte pas l’histoire. J’y joue un chauffeur de bus, mari de Guilaine Londez. Le second est réalisé par un Monsieur que je ne connais pas encore et que je dois rencontrer mercredi. Le scénario est vraiment intéressant. Un couple d’agriculteurs modernes. Une vache qui s’est enfui. Une cimetière. Une nuit de pleine lune… je ne joue ni la vache, ni la lune ! Pour le reste… séance d’écriture reportée avec Serge et Fred. Du coup, hier, j’ai travaillé en m’amusant beaucoup sur l’écriture d’une pièce radiophonique co-écrite avec Joël Mespoulède (Lui pour l’essentiel). C’est une comédie noire un peu loufoque !
Manif cet aprem. Très peu d’intermittents présents. Ce soir, Théâtre à la Tempête.
BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN
Mercredi 10 mars 2004
Toujours dans l’inactivité la plus prenante : écritures, dossiers docu, coups de fil, essayages, casting (deux cette semaine pour des « guest » télé), rendez-vous professionnels divers. Un truc à Vanves, un essayage à Montreuil, un casting à Boulogne, Ecriture à Meudon, projection à Suresne : l’activité engendre le transport. Et le temps de transport. Vous pensez qu’il faudrait qu’il arrête de se la raconter, le Béber ! Hé bé vous avez tort ! Dans ce fouillis, rien de particulier à relater. Tout juste un peu de fatigue.
JULIE LESCAUT EST ARLESIENNE !
vendredi 12 mars 2004
Est-ce parce que nous allons filmer nos impros pour Hélène que je me suis payé une insomnie ? Peut-être.
Hier, un énième casting pour « Julie Lescaut ». C’est une des seules vieilles séries dans lesquelles je n’ai jamais tourné. La seule pour laquelle j’ai passé plusieurs castings sans résultat. C’est Hélène Bernardin qui me fait venir à chaque changement de réalisateur et… jamais je ne suis pris. Si je devais tirer un enseignement de ces castings séries télé, je dirais que je suis un bon suspect France 2, un peu barge. Bon, mais je n’ai pas le résultat.
CA TOURNE !
Samedi 13 mars 2004
Séance d’impro hier avec Patrice et Marie, pour les besoins d’Expérience. Une heure à partir d’un questionnaire que nous avait concocté Hélène. On a filmé. Je lui passerai la cassette comme on a fait à chaque fois. Je crois qu’on est arrivé à un moment où on aurait besoin de s’investir à fond sur une période définie, plutôt que de faire vite fait, entre deux trucs. Mais comme Hélène est en train d’écrire sur Expérience, j’imagine qu’elle tirera de cette séance quelques pistes de pré-écriture.
Coup de fil de Christine (mon agent Messieurs Dames) pour un casting cinéma la semaine prochaine. Celui-là, je le sens bien ! Mais je n’ai aucun élément objectif pour le penser. Je ne connais pas le réal. Je sais que ça se passe en 45. Que ce n’est pas mon agent qui m’envoie ni la directrice de casting. Qu’Agnès Jaoui jouera l’un des rôles. Je donnerai le nom du réal quand j’aurai passé le casting… gnarf gnarf gnarf… si j’y pense…!
Les dossiers pour le documentaire sont partis dans une bonne douzaine de boîtes de prod. La semaine prochaine, on aura vraisemblablement une piste. Je l’espère du moins.
COUP DE GUEULE
Lundi 15 mars 2004
Voici le mail que j'ai envoyé ce matin à France Inter :
Bonjour Monsieur Paoli et Messieurs les faiseurs de 7-9,
Avant de me lever, je m’imaginais en train de téléphoner à Monsieur Paoli pour lui lancer qu’il ferait bien de tirer des leçons du scrutin espagnol.
A peine levé, j’allume Inter (que j’ai promis maintes fois de ne plus ouvrir) et évidemment, pour commenter cet événement, on m’offre un UMP. C’est comme à l’apogée du mouvement des intermittents (je l’étais encore à l’époque !), la plus grosse journée d’action, le 7/9 avait invité Cherreau !!!! Mais revenons à ce matin. J’aurais pu croire, si j’avais été naïf, qu’il était arrivé un second séïsme. Une nouvel attentat. Une catastrophe. Les voix sont basses. Le ton grave.
Mais je ne suis pas si naïf, je suis un citoyen, comme un espagnol, un être humain doté de raison et capable de comprendre par moi-même. Hier soir, j’ai branché France Info, curieux du résultat espagnol, jusqu’à ce qu’il tombe (attention, je ne suis pas le militant de quelque parti !). Mais pour moi, comme pour la plupart des citoyens, comme la plupart des espagnols, ça n’a pas été une surprise. Un gouvernement peut-il tromper les citoyens comme l’a fait le gouvernement Aznar dans ses dernières heures ? La réponse est claire ! Les plus rigides (comme l’étaient les communistes du temps des goulags), les plus à droite, analysent cet événement comme une victoire du terrorisme, une manipulation de la gauche…
Quelle mauvaise foi ! Ce qui est avant tout condamné, c’est l’attitude hautaine de gouvernants qui ont voulu penser que les citoyens sont des idiots que l’on peut manipuler ! Et ça, Monsieur Paoli, le citoyen, il ne supporte pas !
Alors au bout du compte, je me dis que le 7/9 peut bien continuer sa désinformation, ses petites tentatives de manipulations mesquines, ses petits choix partisans sous couvert d’une information « objective et complète » (elle est tout le contraire !), les citoyens ne sont pas idiots et savent analyser aussi bien et aussi vite que les journalistes. Mais eux, les citoyens, ils n’ont de comptes à rendre qu’à eux-mêmes. Donc, continuez comme ça, proposez-moi Bayrou comme nouvelle opposition (ce que vous allez vous appliquer à faire demain) ! De telles attitudes font naître les louanges des partisans et la colère sourde de ceux dont on nie implicitement l'existence par une information tronquée, truquée, teintée.
Les urnes parleront dès dimanche ! Elles parleront et vous, vous prendrez votre ton des pires catastrophes. Et nous qui rions depuis longtemps de vous, pauvre porte-voix d’un gouvernement de crétins, nous exploserons de joie !
Bernard Blancan
ECRITURES
Mercredi 17 mars 2004
L’écriture de « La poulpetcha » avance. Le trio de plumes que nous formons avec Serge et Frédérique semble efficace. Au rythme de deux séance hebdomadaires, le séquencier se construit tranquilement.
Vu hier soir « Retour à Kotelnitch », le documentaire de Emmanuel Carrère. Ce documentaire glisse au fil des événements, les subissant, les faisant devenir les principaux personnages, loin du sujet de départ. Le réalisateur nous montre même d’autres sujets qu’il a dû délaisser au profit de celui qui charpente le film. En voyant ce film, je me trouve conforté par ma conviction qu’il est absurde d’écrire un scénario de documentaire. Si l’on écrit avant, mieux vaut faire une fiction. Ce sont les producteurs et les financeurs qui exigent un scénario. Souvent avec une mauvaise foi évidente : sachant que le film sera très éloigné du scénario. On sait tous que l’écriture et tournage du documentaire sont au moins imbriqués. Quand ce n’est pas au montage que le film se décide. Il faudrait pouvoir se contenter de se présenter, dire où l’on va, ce qu’on croit y trouver (ce qu’on a envie de raconter) et avec quels moyens. Point.
Ce matin, j’ai rencontré Richard Dembo (la diagonale du fou) pour son prochain film. En fait, il n’y a presque que des rôles d’enfants et celui qui est tenu par Agnès Jaoui. Il m’a donné un tout petit rôle (mais qui se remarque !), visiblement incité à le faire par des gens de son entourage (Agnès J. surtout). Je suis ravi. Je n’ai pas encore lu le scénario mais le réalisateur est sérieux mais sans gravité, sympa mais pas mielleux, simple, direct, confiant. De ceux dont on devine les qualités du film qu’ils vont réaliser.
CASTING
Vendredi 19 mars 2004
La séance d’écriture d’hier a été très brève mais redoutable. Le scénario vire complètement et ne glisse plus aussi tranquillement que je le disais mercredi.
Vu le Rhomer : un immense ennui !
Cet après-midi, je passais un casting pour le Commissaire Moulin. Si, si… Une usine à casting comme il en existe quelques-unes. Les directrices de casting ont 25 ans et s’appellent Marcella, Sonia ou Barbara (genre 3615, quoi !).
Quand vous êtes acteurs, c’est très simple : Caméra, titreur, vous donnez votre nom, prénom, âge, taille, agent puis vous montrez vos profils, un coup à droite, un coup à gauche.
Deux séquences. La première est directement tournée. Une prise suffira à Marbella. La seconde est sensée se dérouler sur un toit. Torturella me demande de bien vouloir la jouer en montant sur la chaise pliante en plastique (si je n’ai pas le vertige !). Pas le temps. On se contentera encore d’une prise. Le réalisateur verra les essais demain en bouffant un mauvais hamburger, une jambe pendant négligemment sur l’accoudoir du fauteuil cuir de son salon, son petit second promenant sa couche puante en braillant devant l’écran plat de son home cinéma.
La différence entre la télé et le cinéma commence là. Mais bon, quand la télé est faite par des gens de qualité, on évite ce type de départ.
Ce soir, je vais présenter Peau d’Homme Coeur de Bête au festival de Créteil. J’ai pas très envie, en fait.
JAOUI DIRE QUE C’EST BIEN
Mardi 23 mars 2004
Quand on a un rhume, on la ferme. Rien à raconter à propos d’hier.
Agnès (Jaoui) m’a dit que j’étais bien dans son film. Il me tarde de voir ça !
Mardi prochain, je vais tourner dans « Expression directe » pour la CGT. J’aurai à jouer un malade qui est bien content d’avoir la sécu.
Joël Mespoulède m’a envoyé les paroles d’une chanson : « lampadaire prolétaire ». Après quelques petits bidouillages de texte, j’ai mis une musiquette simplette et le tour est joué. Je ne suis jamais parvenu à écrire une chanson engagée. Dès que j’essaie, ça devient sentencieux, ça se prend au sérieux et c’est nul. Là, au moins, je prends les paroles et je les mets à distance avec une musique décalée et une interprétation légère. Je ne sais pas pourquoi je n’y arrive pas quand j’en écris les textes. Enfin, voilà une chanson « engagée » qui viendra enrichir le prochain tour de chant. Je ne sais pas quand mais ça viendra.
C’EST LE RHUME QUI ENERVE
Mercredi 24 mars 2004
Journée sans intérêt : fièvre, nez qui coule, impôts…
Demain, départ pour Bordeaux. J’espère que les gars du ministère de l’intérieur ne vont pas trop installer de fausses bombes sur la voie ferrée ! Non, parce qu’on rentre dimanche pour voter. Faudra-t-il vraiment attendre 2007 pour qu’on arrête de se foutre de notre gueule ? Existe-t-il une presse indépendante et honnête en France ? C’est sur ces questions que je vais me coucher…
BORDEAUX
Lundi 29 mars 2004
Bon, les élections… rien à redire.
A Bordeaux, j’allais voir jouer Marie dans « Une heure avant la mort de mon frère » de D. Keene. Je ne la reconnaissais pas. Super actrice !
Au moment où j’entrais dans Bordeaux, mon agent m’appelait pour me dire que j’étais pris pour le téléfilm de Dominique Tabuteau. Bonne nouvelle ! Ne sachant pas que j’étais à Bordeaux, elle venait de remballer une casting qui voulait m’y rencontrer sans me défrayer. On rattrape le coup et dès le lendemain, je me retrouve à passer un essai à la cité Mondiale du Vin avec Benoîte. Il s’agit d’un premier long métrage de Laurent Boulanger adapté d’un roman d’Echenoz (le seul que je n’ai pas : « Un an ») . Je connais le réalisateur et l’apprécie. J’ai lu Echenoz et j’apprécie. Je découvre le personnage et j’apprécie. L’essai, même s’il n’est qu’essai, se passe bien.
Le lendemain soir, toujours à Bordeaux, dans une fête pour les 40 ans d’une copine, je croise au moins une demie-douzaine d’acteurs qui ont auditionné pour le même rôle. Bon…
Le lendemain encore, de retour à Paris (pour voter !), coup de fil d’Aurélie, la casting Paris de Laurent Boulanger (et aussi de Yves Caumon). Il a vu l’essai et veut qu’on se (re) rencontre mardi ou mercredi… à suivre…
TOUS ENSEMBLE
Mardi 30 mars 2004
Aujourd’hui, j’ai tourné dans le bunker de la CGT pour un expression directe sur la sécu. Un petit rôle de malade bien content d’avoir eu la sécu. Quand hier j’ai annoncé à mon agent que j’allais tourner là-dedans, elle a apprécié moyennement (c’est un euphémisme). « Il ne faut pas être étiqueté. Mauvais pour la carrière ! Je préfèrerais te donner le cachet que tu vas toucher. Si tu peux pas te faire remplacer, mets au moins des lunettes ou une moustache !». Du coup, j’étais embêté. Il faut bien que je travaille ! Et puis je n’ai pas honte d’être vu dans un truc de la CGT, heu… a priori. Surtout que là, je ne suis pas le militant de base… Et puis j’ai vu Galotte dans une pub ! C’est pas mieux.
Bref, on s’est retrouvés avec une partie de la bande de Contis, on a bien rigolé, j’ai mis des lunettes et ça passera deux fois en tout et pour tout, à des heures improbables. Ces trucs là, c’est pas fait pour être vu. Mais attention, on l'a bien fait!
Bon mais demain, à 10 heures 30, rendez-vous avec Laurent Boulanger pour un petit rôle que je veux vraiment.
YES !
Mercredi 31 mars 2004
Fin du suspense. Laurent Boulanger me confie le rôle de Jean-Pierre Castel dans son premier long métrage adapté du roman de Jean Echenoz « Un an ».
Plein de circonstances hasardeuses ont conduit à cette bonne nouvelle (lire les jours précédents). Le scénario est super. On sent une parenté évidente entre Laurent Boulanger et Jean Echenoz, au-delà de l’adaptation. Il ne me manquait qu’un bouquin du romancier à lire et voilà que je le découvre par le biais du film. Pas mal !
Mon personnage fonctionne en duo (il faudrait dire d’ailleurs en couple !) avec Jean-Pierre Poussin. Poussin & Castel! ça sonne comme un duo de cabaret ou une marque de pinard. On saura en fin de semaine qui joue Poussin. J’en dirai plus sur la distribution quand je serai sûr de ne pas trop écrire d’âneries. En tout cas, le film démarre la semaine prochaine ( !). Je tourne 3 jours en mai.
Je vais retrouver Olivier Chambon qui a fait l’image de mes deux courts métrages et Carole Kornman qui fût la scripte de mon second. J’ai rencontré Laurent au premier festival de Contis dont je remportais d’ailleurs le prix avec « Lartigue expose ». C’était il y a 7 ou 8 ans.
En dehors des amours littéraires que nous avons partagés ce matin avec Laurent B. j’ai trouvé un nouveau fan de « Lost in Translation » ! N’en déplaise aux faiseurs de moue…
POISSON douteux
Jeudi 1er avril 2004
Jean-Pierre Raffarin m’a contacté pour un portefeuille : le mien.
PRESQUE TROP
Samedi 3 avril 2004
Les productions s’agitent. Trois tournages en avril-mai. Et évidemment, le 5 mai, je devrais à la fois tourner pour le film de Laurent Boulanger et pour le téléfilm de Dominique Tabuteau. A priori, le film ne peut pas changer et le plan de travail du téléfilm vient juste de se décider. Il est donc possible qu’un des tournages s’annule. Ma situation financière (plus intermittent, sans ASSEDIC…) rend la chose pénible.
Mon partenaire de jeu dans « Un an » sera Laszlo Szabo. Il y aura aussi Denis Podalydès et Hippolithe Girardot. Victoire, le personnage principal, c’est Natalia … je ne me souviens plus de son nom…
AU BOULOT !
Lundi 5 avril 2004
Fabienne Gaudet vient de m’appeler pour me confirmer que son long métrage allait se faire en août-septembre. Olivier Gourmet en est l’acteur principal. J’y jouerai juste une séquence avec Dominique Blanc. Mais quelle séquence…
Vu ce soir « Viva LAldjerie » de Nadir Moknèche. Très agréable moment avec notamment une magistrale Biyouna qui à elle seule vaut le détour. Il n’y aura pas que le Jarmush, cette semaine !
C’EST PARTI !
Mercredi 07 avril 2004
Séance de travail hier avec Yves C. Il s’agissait plutôt de discuter, écouter de la musique et faire quelques prises de vues vidéo. En soirée, nous sommes allés au théâtre voir jouer une comédienne dont il aimerait qu’elle joue dans le film (je raconterai plus tard…).
Entre temps, séance d’écriture chez Serge et Fred : on tient le canevas du film. Reste à rédiger correctement le séquencier.
Christine, mon agent, m’a arrangé l’affaire pour les tournages qui se chevauchaient. J’y perds un jour sur le téléfilm mais je garde les deux tournages.
Ce jour, rien de notable.
VACHE A ZEBRA
Samedi 08 avril 2004
Des nouvelles de Guy-Marie Lopez pour le court métrage (Comme Une Vache) qu’on doit tourner en juin du côté de Clermont.
Jacky Zebra me demande de ré intervenir en août à Pissos (Landes) pendant le festival de cinéma. Il y a trois ans, j’avais fait l’andouille avec une caméra vidéo. Impro totale avec sujets « journalistiques », clips, feuilleton avec les gens… le tout projeté avant la séance du soir. C’est du grand bonheur mais il n’y a que 5.000 balles (2.5OO quand déclaré) pour 3 à 5 jours. Vous me direz, que ça fait du 10.000 balles par mois ! Mais comme je ne bosse pas un mois, ça fait bien 2.500 balles… Tu vois le principe ? Quand t’es intermittent, t’acceptes parce que tu sais que l’ASSEDIC complètera. Le système devient subventionneur en permettant à des petites structures d’embaucher pour des cacahuètes. Mais là, je me demande…
Cache-cache avance.
Deux castings pour des long-métrages. Un mardi prochain pour un film à gros casting (un petit rôle que se remarque pas forcément). Le second le 24 pour un premier long. Une déambulation parisienne avec des rencontres. Je ferais partie des rencontres (pour l’instant, je n’en sais pas beaucoup plus).
ÇA CASTE !
Mardi 13 avril 2004
Passé ce matin un casting pour un petit rôle qui se remarque dans un film à gros casting. Reçu par le directeur de prod (un copain) puis directrice de casting, un assistant, un comédien (un vrai) qui donne la réplique, et un réalisateur qui rigole. Réponse dans 15 jours (pour une journée de tournage en juin). Dores et déjà, un moment agréable de passé…
Départ tout à l’heure pour Bordeaux (tournage de Serge Meynard). Retour le 22.
Si les producteurs veulent bien me payer le voyage, je ferai un saut à Paris le 19 pour la projection de « Connaissance du Monde » de Philippe Fernandez (que nous avons tourné sur l’Ile de Pacques). Mais c’est pas gagné : les producteurs semblent encore plus pauvres que moi… Au 22, donc !
TIR GROUPÉ
Mercredi 21 avril 2004 (période du 13 au 21 avril)
Mardi 13 : Alors que je dois arriver à Bordeaux à 20h19, un coup de fil d’une secrétaire de production m’annonce qu’il y a erreur : contrairement à ce qui est indiqué sur ma feuille de route, je ne serai pas à l’hôtel puisque j’ai été recruté « bordelais ». Je réponds qu’il est un peu tard pour m’en informer. Me voilà donc au Mercure. Coups de fil, visite nocturne, je récupère les clés de copains qui sont partis en vacances. L’affaire est réglée pour les autres jours.
Mercredi 14 : Mon « transport » sur le lieu de tournage est effectué le directeur de production que j’appellerai « Django » pour ne pas le nommer directement. Les autres s’entassent dans des monospaces. En fait, Django a décidé de me faire la leçon : « J’ai laissé un message à Anne L. (casting bordelaise) pour lui dire que ça suffit ! On prend des bordelais pour de questions de frics… alors s’il faut payer le train et maintenant l’hôtel, il y a tromperie ! ». Je lui démontrais le malentendu, ma bonne foi, l’histoire de la feuille de route. Dès que je l’ai reçue, j’ai appelé mon agent pour lui manifester mon étonnement d’avoir un hôtel. Elle trouvait ça normal.
Au fond, je pensais qu’il y a un drôle de système, en temps de crise, qui fait qu’on rabiote de partout. Mais je ne m’étendrai pas sur la question des vrais-faux régionaux.
Le tournage, en tout cas, se passe très bien. La lagune d’Hostens. Eau noire et reflets de landes. J’y joue un évadé moitié clochard qui va se faire buter par des enfants dans les années 70. ça crie, ça traîne dans la terre, ça assomme avec un branche, ça ronfle et puis il y a le pistolet… Apparemment, Serge Meynard s’amuse autant que nous à trouver ses cadres et sa mise en scène.
Dans la journée, Karé (producteur) m’informe que mon billet Paris/Bordeaux sera pris en charge pour aller à la projection de « Connaissance du monde, drame psychologique » de Philippe Fernandez (Film tourné sur l’Ile de Pacques).
Coup de fil sympa de Sophie Q., la copine productrice du film de Fabienne Gaudet. Comme quoi, le monde n’est pas fait de Djangos… Il m’a vexé, celui-là !
Récupéré appart (plus sympa que le Mercure) et voiture (chez la Mamie).
MESSAGE IMPORTANT à l’attention des lecteurs : « Chez les ploucs », le restau, c’est pas du second degré !!!
JOHNNYYYYYYYYYY !
Jeudi 15 : Coup de fil à mon agent pour lui conter les mésaventures avec Django. Incident clos. Tournage laborieux (couché dans la gadoue et traîné dans la terre) mais détendu.
Appel de la casting de la semaine dernière : je suis pris sur le long de Daniel Firode ! Je vais donc jouer avec Johnny hé hé hé ! Oh, juste un jour… mais bon. Le personnage est vachement rigolo. C’est aussi un directeur de prod non-django qui m’a fait rencontrer le réalisateur ! Merci Philippe !
Ce soir, Marie m’a rejoint à Bordeaux et là, commencent des vacances PRIVEES !
CONNAISSANCE DU MONDE
Lundi 19 : Départ dans l’aprem pour la projection du film de Fernandez. Première fois que je vois le film. Il a assuré le monsieur. Le climat est singulier, les images (16mm Bolex) volontairement seventies sont belles, l’acteur (moi-même) est pas mal. Le film joue avec le genre connaissance du monde, avec le temps (rythme), taquinant les zones d’ennui pour recaptiver derrière. Pas du « grand public », certes mais un travail fascinant (au sens littéral) qui s’inscrit dans la durée. Je suis dans tous ces courts et moyens métrages, avec mon costume gris étriqué, ma chemise blanche et ma cravate. Espèce de représentant de commerce « philosophe ». Le précédent film qui a d’ailleurs été projeté ce soir là était aussi tourné dans la lagune d’Hostens (Réflexion).
Parmi les spectateurs, Hélène Angel (je dis juste ça pour fayoter un peu, parce qu’elle lit le journal). Mais il y avait aussi Alex et Françoise, Philippe, Franck, Paul, Francis…
FIN DE TOURNAGE
Mardi 20 : Dernier jour de tournage. Couché, « ivre-mort », ronflant sur un matelas crasseux dans une ruine saldingue. Rigolo à faire. Equipe sympa.
Le soir, au pot de fin de tournage, il y a Django : « On oublie tout ! C’était des malentendus. Serge est super content de toi. Il me l’a dit. C’est ça qui compte ! ». Plus loin, Anne L. (casting bordeaux) lance au chef machino en me montrant : «lui, il est à moi ! C’est le seul bordelais qu’ils ont pris !». Ahhhhh, la télé, le ciné, Bordeaux, Paris…
DE LA NOUVELLE !
Jeudi 22 avril 2004
La nouvelle, c’est que le film d’Agnès Jaoui, « Comme une image », est en compète à Cannes !!! J’y joue une petit rôle « qui se remarque » ! Donc heu, ça veut dire que Tarantino va me voir et réaliser qu’il a oublié de me faire tourner dans ses films. Mais je ne sais pas si j’accepterai parce que je ne suis pas fan de son Kill Bill I …
Je ne peux rien dire sur le film puisque je ne l’ai pas vu. Mais j'ai franchement aimé le scénario et la rumeur sur le film terminé était bonne. En tout cas, je me suis régalé au tournage. Agnès J. a une approche très concrète du plateau, se permettant de laisser jouer la scène avant de décider des cadres, très proche des acteurs, en complicité, avec des dialogues et des situations qui sont de merveilleux terrains de jeux.
COMME UN PIED GAUCHE
Vendredi 23 avril 2004
En relisant le texte d’hier, j’ai constaté que j’écrivais comme un pied. Bon…
Ce matin, casting pour un long métrage de Ilan Flameur. En fait, il ne s’agissait que d’une rencontre avec le réalisateur. Norah H, la casting m’a présenté comme l’acteur fétiche d’Agnès Jaoui. Si, si ! Oui, parce qu’en fait, j’ai joué dans tous ses films. Enfin, dans le Goût des autres, puisqu’elle n’a réalisé que celui-là, je jouais Jean-Paul II. Mais la séquence a été enlevée vu qu’elle n’était pas dans le scénario! D’ailleurs, je me demande si j’ai vraiment tourné cette séquence… En y réfléchissant bien et en fouillant dans ma mémoire, je dois admettre que je ne trouve aucune trace de ce tournage… Non, c’est bien ça, je n’ai tourné avec Agnès que dans « Comme une image ». Et un tout petit rôle. Je me demande si ça suffit pour dire que je suis son acteur fétiche. Bref, il faut que je fasse une cassette pour le monsieur.
Pour être honnête, si Norah a dit que j’étais l’acteur fétiche d’Agnès, c’est parce qu’elle a insisté auprès de Norah pour qu’elle me présente à Richard Dembo. Du coup, elle (Norah) en a conclu que j’étais son… acteur fétiche ! En tout cas, merci Agnès!
RENCONTRE
samedi 24 avril 2004
Un samedi ensoleillé à 20°, il ne peut se passer grand chose de professionnel ! Je parlerai donc d’hier. Dans l’après-midi, nous avons, avec Fred et Serge renoué avec notre exercice d’écriture. Le scénario, ou plutôt le développement, avance sûrement, avec la même complémentarité des « plumes ».
Le soir, repas chez Eymeric et Kitri, en compagnie de Diane, Virginie et Tristan, puis Charles ( ?) qui nous a rejoint très tard. Rien de professionnel, là-dedans me direz-vous ! Et pourtant…
J’ai croisé plusieurs fois Eymeric depuis plusieurs années par le biais d’amis communs bordelais. Et je l’ai croisé pour la dernière fois lundi, à la projection du film de Philippe Fernandez, en compagnie de la petite bande présente hier soir (Virginie va produire son prochain long !). Mais au-delà de ces liens en pointillés et du vecteur « Fernandez », nous avons en commun avec Eymeric des velléités de chansonnettes et un goût prononcé pour la mise en jeu musique/image. Quand je lui ai parlé du conseil d’un ami de faire du scopitone, Eymeric s’est empressé de me montrer ses réalisations dans le domaine. Du coup, l’idée d’un tour de chant partagé avec vidéo scopitonée a germé. A suivre…
CULPABILITE
dimanche 25 avril 2004
Vu Starsky hier soir… Mais oui !… Et alors ? ça fait problème ?… Hé ben, on a bien rigolé!
Mettons à profit ce jour chômé pour jeter un petit coup d’oeil sur ce journal. Non, non, je ne vais pas le relire mais juste apporter quelques aménagements et précisions.
Hier soir, pendant Starsky, au moment où l’on découvre que Huch est victime d’un rapport administratif fait par son collègue, j’ai été envahi d’un sentiment de culpabilité. Impression de faire preuve d’une certaine traîtrise. En effet, comment qualifier les petits commentaires narquois que je jette en pâture sur la toile, au sortir d’un casting ou d’un tournage ? Les protagonistes que j’épingle (même gentiment) sont-ils au courant que je vais parler d’eux?
Je sais bien que ce n’est pas un journal sur lequel le web se jette au lever du jour. Mais tout de même, certains mails d’inconnus m’ont démontré que n’importe qui pouvait accéder à ce site. Telle adolescente me demandait, admirative, des infos sur le tournage de « A live » dans lequel j’ai une séquence de 38 secondes. Un autre me demandait les coordonnées d’un casting pour caser son gamin dans le film de Richard Dembo…
Bref, prompt à attaquer Paoli sur des questions de déontologie, je ferais bien, à ma minuscule échelle, de balayer devant ma porte virtuelle.
Donc, c’est décidé, je ne me moquerai plus que des méchants ! Et des autres aussi, un peu, comme de moi-même… mais dès aujourd’hui, je vais modifier deux trois passages dans les jours passés. Hé bé oui !
Bon, mais on ne change pas vraiment. Ça ne veut pas dire que je vais prendre un faux ton neutre et objectif. De même que je ne vais pas pratiquer une sévère autocensure. Tout juste être un brin plus prévenant.
Concernant le rapport intime et professionnel. Ce journal n’est évidemment pas intime dans le sens où je ne parle pas de mes enfants, de mon amie, de mon élevage de coccinelles bleues, de ma vie sexuelle… Je n’y couche, pour l’essentiel, que les affres de ma vie professionnelle ou à vocation professionnelle. Mais je dois admettre que ce champ occupe une très large part et influe de façon non négligeable sur l’intime. Si je devais faire un vrai journal intime, je le garderais pour mon ordi ou mes tiroirs ou bien me cacherais-je derrière un pseudonyme.
Pour revenir à la routine de ce même journal, j’en suis à moins 6 kilos 5 ! Oui, dans les premiers jours de l’année, vous aurez pu lire que j’allais me bouger et perdre du poids. Je trouvais que la surcharge pondérale que m’avait valu l’arrêt brutal du tabac ne me valait rien. Ma tête anguleuse, mi drôle – mi inquiétante, devenait plus douce, plus apaisée, les yeux se refermaient un peu, prenant modèle sur ceux du chat repu qui, au soleil, réfléchit à l’opportunité de faire une petite sieste.
Ça ne pouvait plus durer ! En dehors du fait que je ne me supportait pas dans cette mollesse, j’étais persuadé que cet affadissement allait nuire à ma petite carrière d’acteur. Il faut bien donner des explications concrètes aux longues périodes pendant lesquelles on n’a plus de boulot et où les castings se résument à un déplacement hors de chez soi, sans autres conséquences.
De fait, dès que j’ai lu « Cache-cache » de Yves Caumon, j’ai compris qu’il faudrait que je maigrisse pour le personnage. Il en était de même pour « Expérience » d’Hélène Angel dans lequel je vais jouer un miséreux.
Sinon, toujours l’attente pour la confirmation du tournage de « cache-cache » dans les délais espérés. Le casting des « stars » n’est toujours pas arrêté.
Encore une belle journée qui devrait nous éloigner des salles obscures pourtant si proches et dans lesquelles on peut voir quelques films à teneur plus consistante que Starsky et Huch. Mais, j’ai bien ri.
BOULOT GRATUIT
Lundi 26 avril 2004
Journée d’un intermittent (que je ne suis plus dois-je systématiquement rappeler). Paperasses. Confection cassette et lettre pour le réalisateur que j’ai rencontré vendredi. Livraison de la dite cassette à l’adresse de la production. Travail à la préparation du dossier pour la session 2004 de l'atelier de scénario Equinoxe : on dépose « Des crocos, des hyènes et un chardonneret ». Pas le temps de finir aujourd’hui… Achat d’un short. Mails et journal. Footing. Rasage de la barbe naissante que j’avais dû faire pousser pour le tournage de Serge Meynard (il fallait que je laisse un délai au cas où il aurait fallu retourner). Terrasse avec des copains. On s'est caillé! Du coup, soirée appart. Intéressant, non ?
OBCESSION ET CHUTE
mardi 27 avril 2004
J’ai écrit hier que j’avais fait un footing. En fait, mon emploi du temps ne me l’a pas permis. Ce matin, après un bref mais douloureux passage sur la balance, j’ai décidé de rattraper sans tarder cette séance de course trop vite annulée.
C’est à 9h30 que je m’élançais fièrement sur les berges du bassin de la Villette, direction Pantin et son canal de l’Ourcq. Je devais faire bonne figure dans mes chaussures neuves toutes blanches et mon short Adidas. Surtout, avec dans les oreilles les écouteurs du mp3 ! Les premières 10 minutes furent pénibles. Plus de souffle. Et vas-y que je crache ! Mal aux gencives. Menace du genou droit. Il y a un moment que je n’avais pas réglé la machine en position course ! Un monsieur à l’embonpoint justifiant qu’il coure me dépasse. Pfffff.
Mais finalement, une fois passé le pont qui marque la fin du parc de La Villette, le rythme devient bon, la foulée légère et plus ample. Je peux à nouveau croiser le regard des joggeurs sans rougir. Il me prend même de m’abandonner à un petit signe de connivence de la tête vers un solide gaillard à la foulée longue, un peu comme le faisaient les motards qui se croisaient dans les année 80.
Sur le chemin du retour, la tête pleine de promesses de parcours allongé pour les prochaines fois, vladaboum patatras ! Je m’étale de tout mon long sur le pavé, le pied piégé par une de ces espèces de gros anneaux rouillés qui bordent les eaux, destinés jadis à l’arrimage des lourdes péniches chargées de charbon descendant du nord. Il y en a tous les trois mètres de ces foutus anneaux ! Alors qu’il n’y a presque plus de bateaux ! Ils trouvent que ça décore ou quoi ?
Bref. J’ai un poignet bleu et hyper douloureux, je tape ce texte avec des pansements au bout des doigts de l’autre main. Et puis il y a une épaule, un coude, une hanche, un genou…
Comme quoi, la course à pied peut avoir des effets néfastes !
Envoyé un mail minable à l’attachée de presse de « comme une image » pour savoir si je pouvais aller à Cannes. Je ne couperai pas au coup de fil à la réalisatrice ! Je sais par Serge Riaboukine que les acteurs aux rôles plus importants ont été appelés…
Aujourd’hui, journée absolument décisive pour « Cache-cache » de Yves Caumon. Je n’en connais pas le résultat. Il rencontrait une nouvelle actrice pour le personnage de la mère. Mais plus le casting est retardé, plus le film a des chances d’être repoussé.
Séance d’écriture cet après-midi chez les Riaboukine. On a quasiment fini le séquencier. Mais pas tout à fait.
CACHE-CACHE OU PAS CACHE-CACHE ?
Mercredi 28 avril 2004
Bouclage du dossier Equinoxe. Envoyé ! Médecin, clinique, radio. Pas de fracture. Confirmation demain. Putain, cette gamelle !
Pour « cache-cache », il faudra encore attendre juin pour savoir si on tourne dans les délais prévus ou si on repousse. Je pourrais faire étalage des rapports production/casting mais ça n’apporterait pas grand chose.
Vu le dernier spectacle louftingue de J.J. Vanier à l’Européen. De supers moments avec un pont de Juvisy d’anthologie !
Il est tard.
CANNES OU PAS CANNES ? plutôt pas !
Jeudi 29 avril 2004
Toujours la prise de tête pour me décider à propos de Cannes : j’y vais ? J’y vais pas ? Une seule certitude : je n’y suis pas invité !
Ce matin, j’allais voir les films Talents Adami au Cinéma de Cinéastes. Prout prout pouet pouet. J’étais avec Serge R. Ces courts métrages ont pour fonction de faire connaître de jeunes acteurs. Mais on leur écrit tellement des rôles destinés à montrer leur palette d’acteur, que ça en est parfois grotesque. On les fait rire, pleurer, crier, comme s’il s’agissait là des seules expressions humaines et qu’on soit obligé de passer de l’une à l’autre sans transition…
Coup de fil à l’instant de mon agent. Elle me déconseille d’aller à Cannes pour le film d’Agnès Jaoui. Je ferais mieux d’attendre l’année prochaine et d’y être avec le Caumon et un vrai rôle remarquable (ça serait trop juste pour Expérience, Hélène !). Mimie, une amie qui n’est pas du milieu (bien que bordelaise) me donnait le même avis en mail, en début d’après-midi. L’affaire est réglée ! Si j’étais riche, je me paierais juste un aller-retour pour la projection mais soyons réalistes, ça n’est vraiment pas le cas !
A ce propos, reçu ce matin mon salaire du tournage Bordelais ! Je comprends pourquoi Django m’avait fait signer mon contrat à toute vitesse, sur le plateau, le deuxième jour de tournage, sans que j’ai le temps de lire ce que je signais. En tout cas, ni ce salaire ni le contrat que j’ai signé pour le tournage du film de Laurent Boulanger ne correspondent aux sommes que m’avait annoncées mon agent.
Du coup, j’ai rempli mon dossier de demande de Congés-Spectacles (équivalent des congés payés).
Demain, tournage avec Claude Brasseur.
DOUTES ET CHIFFRES
Vendredi 30 avril 2004
L’incertitude, les lendemains en forme de point d’interrogation, c’est le lot des comédiens. Et comme par hasard, plus les projets sont importants, plus les rôles sont ceux dont vous rêvez et plus c’est fragile.
Cache-cache devrait démarrer en août. Mais ça, je ne le saurai qu’en juin avec une quasi certitude. Evidemment, si j’étais un nom qui rapporte à la place d’être un inconnu notoire sur qui on ne mise pas un centime, les choses seraient plus simples. On dirait « Eh ben, si c’est lui le rôle principal, pas de problème, on met 9000.000 (°Ë) ! ». Mais là, on est obligé de demander à des stars de jouer des rôles pas assez importants pour elles ou bien ne collant pas suffisamment avec le personnage. Résultat, ça coince ! Leçon de l’histoire, les acteurs deviennent des banquiers indirects. Plus ils coûtent cher, plus ils rapportent. Quand vous pensez que je vais tourner dans « Un an » pour… heu… non, je peux pas dire la somme, je vais me griller !
Pour Expérience, c’est un peu différent puisque le projet a été accepté avec le casting clé en main. Et c’est un projet en équipe réduite et à « petit » budget, comme son nom le laisse supposer… Les choses devraient être plus simples en terme de production mais pour l’heure, il est impossible d’affirmer qu’on va tourner avant la fin de l’année (en théorie, c’est en novembre/décembre mais il faut aussi se caler avec l’emploi du temps de mon partenaire en voie de starisation – « Deschien » oblige). Et puis, il faut quand même trouver les sous !
Donc résultat des courses, sur les rôles de ma vie qui vont me donner des ailes, plane une lourde nuée d’incertitude qui met forcément la pression.
Au-delà des contingences artistiques, il y a aussi les matérielles. Et là… taisons-nous !
Enfin… aujourd’hui j’ai donc tourné dans un téléfilm réalisé par Dominique Tabuteau avec pour partenaire de jeu Claude Brasseur. Hors mis le fait que j’ai poireauté grave (convoqué à 14h30 pour tourner à 17h30) ça s’est très bien passé. Je jouais le rôle d’un père de famille dont la fille a été assassinée. La douleur. Le vide.
L’absence. Claude Brasseur est Keller, le commissaire chargé de l’enquête.
J’appréhendais la rencontre avec le Monsieur. Quand à la première répétition, tandis qu’il mangeait une banane il a lancé à l’équipe « je pourrais laisser la peau de banane parterre pour qu’il se casse la gueule (il parlait de moi). Ca serait drôle, non ?! », j’avoue que j’ai eu un peu peur. Mais après, il a montré un grande écoute, on jouait ensemble, c’était très agréable. Très généreux Monsieur Brasseur !
Bon mais il est vrai qu’on ne devrait pas s’étonner qu’un acteur joue et écoute ! Mais ça, c’est une autre histoire, celle des acteurs/banquiers…
L’ARGENT
Lundi 3 mai 2004
Certaines considérations comptables n'ont strictement aucun intérêt pour le lecteur. Je vous laisse juge!
Arithmétique. Aujourd’hui, j’ai juste à demander confirmation à mon agent que le tournage de « un an » est repoussé de un jour. Ce qui ne tombe pas vraiment bien puisque quand nous avions demandé, le mois dernier, qu’il soit repoussé d’un jour, afin que je puisse tourner mon troisième jour dans le téléfilm de Dominique Tabtuteau (C.Brasseur…), la prod avait refusé. Du coup, la production du téléfilm avait modifié le plan de travail et je me retrouvais avec deux jours de tournage au lieu de trois. Résultat: j’ai perdu un jour de tournage pour rien. Et un jour normalement payé (supérieur aux trois jours réunis pour « un an »).
Conclusion : dans ce métier, les changements sont rarement favorables.
FINALEMENT
Mardi 04 mai 2004
Tournage agréable dans le téléfilm de Dominique Tabuteau, avec un Claude Brasseur décidément très sympa (plaisanteries, rigolades). Bon, après, le truc, c’était le texte que je devais jouer… Mais j’ai signé, j’ai joué et c’était pas facile !
Demain, je pars pour Bordeaux jusqu’à dimanche. Je vais tourner dans « Un an » réalisé par Laurent Boulanger, d’après un bouquin d’Echenoz. Je vais jouer un personnage qui vit avec un pote dans une grande cabane perdue au milieu des pins. Anciens techniciens qui après un licenciement ont choisi la marge. Et par la même occasion, sont devenus homos. Mais c’est anecdotique dans l’histoire. L’univers d’Echenoz (et notamment vu par Boulanger) est assez Beckettien (il n’est pas à Minuit pour rien !). Et il me plaît bougrement de jouer un personnage Beckettien pour le cinéma ! Je raconterai au retour !
Pour le reste, « Cache-cache » avance vers l’objectif du tournage mi-août/mi-octobre. Le casting semble se préciser sans gros nom. Ce qui laisse présager des conditions de productions plus difficiles mais qui donne à Yves Caumon l’assurance d’un casting choisi. Tout va bien !
Expérience, par rapport aux disponibilités de mon partenaire de jeu principal, va sans doute devoir glisser vers janvier. A suivre, donc.
…révolte
Mercredi 05 mai 2004
J’apprends la mort du fils d’un copain. Une dizaine d’années. Méningite. L’horreur absolue.
Tournage de « Un an » à Bordeaux du 06 au 08 mai 2004
La nouvelle injuste du décès de Marius pèse et vient nimber d’une profonde tristesse tous les faits et les choses. Pourtant, dans le cercle du tournage, étranger à l’événement, la vie s’impose.
Pendant ce tournage, j’apprendrai notamment que Serge Meynard, avec qui j’ai tourné «Rédemption » du côté de Bordeaux aussi, va me distribuer dans le téléfilm Arte qu’il tourne au mois d’août. J’apprends également que « la poulpétcha », titre provisoire du scénario que nous travaillons avec les Riab, est en train de recevoir un échos prometteur dont je parlerai plus tard. J’ai aussi retrouvé les hypothétiques producteurs de mon futur court métrage. Sans parler de Maël qui me verrait bien tourner dans le sien.
Le tournage lui-même est un vrai plaisir artistique et humain. L’univers Echenoz/Boulanger est très littéraire et singulier, jouant avec l’absurde, le grotesque et la tristesse.
Je connais une grande partie de l’équipe, à commencer par Olivier Chambon qui fît l’image de mes propres courts métrages et que j’ai rencontré dans les premiers films d’étude de Yves Caumon. Carole, la scripte l’a été aussi sur « Chiche ! », mon second… Bref, c’est en famille, au milieu des bois, dans une bergerie décorée en habitation bricolée dans laquelle l’héroïne du film (Natalia Dontchéva) va être recueillie par deux marginaux (Laszlo Szabo et moi-même). Les scènes qui se jouent sont des petites perles d’étrangeté comique et touchante. Que du plaisir !
Laszlo Szabo est une figure marquante de la Nouvelle Vague. Il a tourné pour Godard, Truffaut, Chabrol… Il vit aujourd’hui à New York. Cette image forte, cette icône vivante a beaucoup impressionnée le réalisateur et le chef-opérateur. Voir s’animer un mythe ! Plus inculte et moins encyclopédique, j’ai moins été impressionné par ce bonhomme qui ne fait pas une phrase sans citer trois morts du dictionnaire du cinéma. Sans compter que, conscient de son statut de portrait noir et blanc, Laszlo a commencé par me piquer un élément de costume puis m’a refilé deux répliques savonneuses qu’il n’arrivait pas à dire !
Mais au bout du compte, j’ai été très heureux de rencontrer ce monsieur touchant et à la personnalité peu banale ! Et à l’image, il me semble que le duo que nous avons formé fonctionne très bien !
Maintenant, j’attends un coup de fil pour savoir si je vais à Cannes ou non (juste pour la projection de « Comme une image », retour le lendemain). J’ai déjà le costume, les horaires de train et le logement. Ne manque plus que l’entrée au Palais !
RETOUR
Mardi 11 mai 2004
Bonjour, lecteur !
Cette journée de mardi a été une journée de retour maison. Administrativités. Rendez-vous chez le banquier. Coiffeur. Une heure de footing (Stalingrad-Romainville ou Camaron-Radio Head selon la compil qui défile). Pour finir, un spectacle amateur pour y voir Eliane, la rigolote de « En route mauvaise troupe » de Camille Bialestowski. J’en ai beaucoup voulu à l’animateur qui prend ses élèves en otages pour nous imposer, en fin d’année, sa prose bavarde et suffisante. Pffff que c’est long, parfois, une heure et demie!
Toujours pas de nouvelles de Cannes.
A demain, lecteur !
COMMENT JE N’ECOUTE PAS LES CONSEILS
Mercredi 12 mai 2004
Je triche un peu. J’écris cette page le 13 au matin. Hier donc, pas grand-chose. Mais des nouvelles pour la suite.
Hélène Angel a revu Paolo. Du coup, Expérience se concrétise encore davantage. On a un planning d’écriture, de répétition/préparation et de tournage (a priori, janvier-février, pour satisfaire Patrice T. !). ça fait du bien d’envisager l’avenir dans le concret !
Concernant « Cache-cache » (Yves Caumon pour ceux qui ne suivent pas), on part donc sur un tournage août-octobre en Midi-Pyrénées avec Lucia Sanchez et ...
Toujours pas de nouvelles des Films A4 pour une place à la projection. Je vais envoyer un mail !
Coup de fil pour m’annoncer que je tourne dans un court métrage (avec Mathieu Amalricq aussi, d’ailleurs) les 7 et 8 juin. En fait, j’avais rencontré la réalisatrice, Annick Raoul, il y a plus d’un an. Le film avait été reporté. J’avais fini par l’oublier.
Croisé Richard Dembo qui m’a informé que ma scène dans son film a été sauvée de justesse. Il a dû couper 5 minutes de scénario. Tournage en septembre (un jour en Midi-Pyrénées : on devrait trouver un arrangement avec « Cache-cache » !).
TOUT VA
Jeudi 13 mai 2004
Reçu le scénario de Serge Meynard pour son téléfilm Arte du mois d’août. Il m’offre un beau rôle d’homme des bois dans l’univers polaro-onirico-fantastique du « Crime des renards ». Quelques jours de tournage. Serge Meynard, c’est avec lui que nous avions tourné près de Bordeaux. Ca avait été très agréable. Mais c’est sur son tournage aussi que « Django » m’avait emmerdé pour une question de vrai-faux bordelais… La problème ne se posera plus puisque, d’une part, il n’y aura pas Django et d’autre part nous tournons en Franche Comté. Très content de la perspective de ce tournage !
Avant de terminer la soirée à la fête de fin de tournage de « Un an », nous sommes allés, avec Marie, voir Scan à Chaillot. C’est un spectacle de copains bordelais. Michel Schweitzer met en scène le rapport de l’art à l’argent. C’est bien fait ! On s’y emmerde. Parfois un instant nous arrache un rire franc qui tient souvent du « hé bé si, ils l’ont fait!». On se croît au loft ou à la ferme. C’est un vrai foutage de gueule. Je ne suis pas certain que le but « pédagogique » de cette « entreprise » ait dans sa forme une utilité quelconque auprès du public « intello-petit bourgeois » des salles de théâtre. La télé remplit sans le vouloir cet office. La subversion n’est plus ce qu’elle était !
ENFIN SAGE ?
Vendredi 14 mai 2004
Casting ce matin pour un téléfilm dont l’action se situe pendant la guerre 39-45 (39-40 disent les collabos !). Le réalisateur venait d’apprendre que le rôle pour lequel on m’avait fait venir (un passeur espagnol) a été sucré par la production… Rencontre sympa qui pourrait se solder par un petit rôle. En sortant, j’ai croisé Guilaine Londez que je vous encourage toujours d’aller applaudir à l’Atelier (voir annonces).
Dans l’après-midi, tandis que je notais pour la énième fois le numéro de la production du film d’Agnès Jaoui avec l’intention de passer un ultime coup de fil, l’idée me vint d’appeler Samir, un autre des petits rôles du film, afin de savoir s’il descendait à Cannes. Il m’a répondu avec une grande évidence que non ! Trop petit, le rôle ! Il préfère attendre d’avoir un rôle plus important. Il sent qu’il y aurait quelque chose de triste à faire le déplacement pour si peu. C’est vrai ! C’est même juste. Il m’a dit, Samir, qu’il savait qu’il ne trouverait pas sa place dans ce truc. Et c’est pas faux.
J’étais descendu il y a deux ou trois ans pour « Amour d’enfance » de Yves Caumon qui était dans la sélection « Un certain regard » (il avait eu le prix !). J’avais un tout petit rôle muet mais la production avait payé le voyage à qui le voulait et avait trouvé un hébergement collectif plus qu’agréable, avec petit parc au c1⁄2ur de Cannes. Eh bien en arrivant, j’ai passé une bonne demie heure à trouver l’adresse. C’était au 9 et les numéros de la rue répondaient étonnamment à des règles défiant toute logique de suite arithmétique. Ainsi, passait-on allègrement du 7 au 11, sans passer par le 9 qui était justement le numéro que je cherchais. Sans doute, par le jeu des changements de propriétaires et des découpages cadastraux successifs, la voirie avait-elle tardé à remettre un semblant d’ordre dans cette anarchie numérique. Après avoir enfin trouvé le lieu, je déposais mon sac et m’inquiétais de retrouver mes amis. C’était une heure de l’après-midi ou les plus fainéants avaient déjà abandonné la sieste et erraient sans doute sur la croisette en attendant l’heure du cocktail presse où nous avions rendez-vous. Je partais donc seul en repérage du fameux palais. En bon badaud, je m’avançais sur un quai qui longe et contourne la masse de béton si célèbre et sur lequel des petites tentes blanches et publicitaires servaient de hall aux yachts amarrés. Je ne m’aventurais néanmoins pas bien loin, sentant que je n’avais rien à faire en ce lieu et qu’on me prendrait sans doute pour un voleur ou un paparazzi de fanzine. Au moment où je me dirigeais à nouveau et d’un pas enfin rassuré vers le grand trottoir de la croisette, un « bang » suivi d’une douleur aiguë à la tête vinrent contrarier ma sortie de la zone interdite. Je venais de me prendre une barrière métallique automatique rouge et blanche qui s’était rabaissée sur moi après le passage d’une voiture. Voilà ce que ça fait quand on n’est pas à sa place, qu’on se croit observé, qu’on se sent coupable du seul fait d’exister. Ça fait ça ! On ne voit plus les choses de la vie réelle telles les barrières automatiques ou les gros ronds de fers qui servent d’amarres le long du bassin de la Villette. On tombe. On s’assomme.
Quand la lendemain, pour la projection, nous avions monté les marches bleues (les rouges c’est pour la sélection officielle), j’étais aussi le seul à ne pas avoir joué je jeu de la tenue de soirée, par bravade stupide. Résultat, je me suis senti bien minable, raccord avec ma recherche du numéro et le coup de la barrière. Voilà l’histoire de mon « dépucelage » cannois.
Allez, si j’y étais allé cette fois, ça aurait fait sans doute quelques pages pour ce journal ! Mais on ne va pas s’infliger de petites humiliations supplémentaires. Bye bye Cannes ! A la prochaine! Je regarderai la montée à la télé !
PAS SAGE DU TOUT. Quel con, je fais… !
Lundi 17 mai 2004
LE PETIT ROLE QUI SE REMARQUE EST DEVENU LE TOUT PETIT ROLE !
Finalement, j’y suis allé ! Hé oui… encouragé par mes enfants, mes amis, j’ai fait l’aller-retour Paris Cannes.
Conformément à ce que j’avais imaginé, il n’a pas du tout été évident de trouver une place. Mais je passerai sur les péripéties laborieuses de la recherche d’un billet. Après une quête vaine, c’est finalement Serge (Riaboukine) qui, royal, m’a filé une invit.
Ainsi, smockininsé, j’ai pu assister à la projection de « Comme une image ».
Comme le laisse deviner le titre, deux des trois séquences de mon rôle ont été coupées. Mais en voyant le film, j’ai compris qu’il le fallait. On avait joué dans un registre trop franchement comique qui aurait trop été en rupture par rapport au ton général. Ça se serait en effet remarqué mais sans véritable intérêt pour le film. Vous voyez le niveau de sagesse que je suis en train d’acquérir ! Pour un comédien, digérer aussi vite une telle coupe… !
Bon mais le film, comme on s’y attendait est réussi, très sensible, nous mordant les uns les autres dans nos petites lâchetés. Standing ovation à la fin de la projection !
Pour le reste, Hélène (Angel) s’était démenée pour me trouver un lit et un billet et le grand Serge ne s’est pas contenté de me trouver une place : il m’a intégré à l’équipe pour la descente des marches et la soirée Canal. Une série de moments hyper chaleureux qui ont tout à fait justifié ma venue. Tous m’ont intégré naturellement alors que ma place n’était pas forcément là, y compris Agnès et Jean-Pierre. Champagne !
IL EST DES NOUVELLES QU’ON CROIT BONNES AU MOMENT OU ON LES ECRIT…
Mercredi 19 mai 2004
On parle de Cannes et ça prend toute la place ! La vie continue ailleurs aussi.
Aujourd’hui, super nouvelle pour Marie : elle va jouer dans la prochaine mise en scène de René Loyon aux Abbesses (Théâtre de la Ville) début 2005 ! Pas facile de rentrer dans la cour des grands du théâtre… elle va y jouer !
Pour ma part, j’ai omis de parler d’un court métrage dans lequel je vais tourner début juin sur l’Ile de Ré ! C’est Natalia Dontchéva (« Un an » de Laurent Boulanger) qui a invité Patrick Poubel (le réalisateur) à me rencontrer. Je jouerai le mari de Madame à l’enterrement du Papa.
CA BOUGE BIEN, NON ?
Jeudi 20 mai 2004
L’ascension. Ce matin, entretien préparatoire avec Annick Raoul pour mon rôle dans «Les Mâtines ». Promenade cycliste l’après-midi le long du canal de l’Ourcq, avec Marie, Thierry et Raphaël, parmi des milliers de parisiens.
Demain, départ pour un séjour landais : la mariage d’Elsa et Renaud Cojo ! Que du bonheur pour ces deux-là !
MARIAGE
Dimanche 23 mai 2004
Vendredi, le TGV pour Bordeaux a eu une heure et demie de retard. J’en ai oublié, dans les rangements hauts, la housse contenant mon costume et la robe de Marie dans lesquels nous devions nous déguiser le lendemain pour le mariage de Renaud et Elsa. Impossible de les récupérer avant le mariage !
Renaud m’avait confié l’animation de la petite cérémonie laïque qu’il avait imaginée dans une mignonne églisotte du 12ème siècle. J’avais pour mission de faire le lien entre diverses interventions textuelles ou musicales d’amis comédiens (Blairet, Robine, Laurent, Toulouse, Chaperon, …), chanteurs (Franck Monnet, Chazam), Julie, la filleule de Renaud ou des parents des mariés qui s’étaient fendus de textes qu’ils ont écrit.
Je ne pouvais pas faire mon Dechavanne sans costume ! Comment faire ? C’est dans une friperie de Mont-de-Marsan que j’ai été sauvé. Le premier costume que j’ai essayé semblait m’avoir attendu là. Pas une retouche. Et 25 °Ë !!!!
Très agréable moment d’amitié, d’émotions, de fête paisible.
A peine croisé les enfants vendredi soir. Le temps d’un Mac Do en compagnie de quelques-uns de leurs copains. Drôle de situation. Amusante.
Comme vous le savez, Jaoui-Bacri ont eu le prix du scénario de ce Cannes 2004 avec « Comme une image ». Quand je repense à la toute petite chose qui reste de mon rôle déjà petit, je ne peux empêcher un brin de déception.
DEMO
Mardi 25 mai 2004
Travaillé tout d’hier à confectionner une cassette démon de 10 minutes. Il s’agit d’extraits de différents films destinés à montrer différentes facettes de mon jeu aux directeurs de castings et autres réalisateurs. Voilà trois ans que mon agent me le demande…
Cet après-midi, nous avons repris l’écriture de « la poulpetcha ». Bonne séance où nous avons réfléchi à ce que nous racontions à travers ce film et à écrire un pitch (court résumé du film qui tient en 10 lignes).
Ce soir, je vais à une projection du film de François Dupeyron qui sort demain et dans lequel je fais une quasi figuration au tout début.
INGUELEZI
Mercredi 26 mai 2004
Alors, dans le film de François Dupeyron, le jeu serait de deviner dans quelle scène je suis, tant on ne fait que m’apercevoir au hasard d’un mouvement de caméra. Mais je le savais à l’avance et ne suis donc pas déçu. Le film lui-même est le pari très audacieux d’un road-movie à deux personnages qui ne parlent aucune langue en commun. Pour être honnête, je trouve que le procédé trouve ses limites malgré le jeu remarquable de Marie Payen et Eric Caravaca. La caméra de Yves Angelo saisit des moments de beauté et se perd parfois dans un trop de mouvements que l’utilisation du numérique a encouragé… Bref, un film très curieux, au départ saisissant. A voir pour les acteurs et comme témoin de l’expérience.
Cache-cache, c’est parti pour de bon !
NAISSANCE DU RAYMOND
Jeudi 27 mai 2004
Ce matin, livraison des cassettes démo et dvd à mon agent. Une bonne chose de faite !
Cet après-midi, séance de travail avec Yves Caumon. Le personnage de Raymond se dessine. Ça ne sera pas facile (et tant mieux) mais ça va être un travail jubilatoire de précision et de justesse. Mais je ne dévoilerai rien. On est arrivé à une piste très intéressante aujourd’hui mais rien ne dit que ce sera celle-là que nous suivrons au tournage… C’est bien ça, le cinoche : la vérité, c’est ce qui est finalement monté (voir épisode Jaoui). En tout cas, il me tarde de commencer le tournage !
Ce soir, mail d’un réalisateur (je tais volontairement son nom) avec qui je dois tourner dans un court métrage (pas l’Ile de Ré !). Il me demande si je suis prêt à partager ma chambre de gîte avec un membre de l’équipe. Sur une semaine. J’ai refusé. Vous trouvez que je me la pète, vous ?
MHEU DONC
Vendredi 28 mai 2004
Seul fait notable de la journée : une séance d’écriture laborieuse à Meudon. On reprend tout depuis le début en connaissant la fin. Forcément, ça change des choses…
ECRITURENCOR
Lundi 31mai 2004
Forcément, quand Paul (un de mes fils qui est venu passer le WE) est là, on ne parle plus boulot. Pourtant si. On s’est payé une séance supplémentaire d’écriture à Meudon dimanche. La Poulpetcha avance, avance, avance. L’air de rien, par le biais de mails et de visionnage de films, « Cache-cache » avance aussi. Demain, j’essaierai d’écrire un peu plus. Et puis dès mercredi, je pars pour l’Ile de Ré en tournage de court métrage. De l’écriture en perspective…
PLANNINGS DIFFICILES
mercredi 2 juin 2004
L’informatique est, avec internet, une des révolution de notre temps. Mais c’est aussi une de nos aliénations. Tout ça pour dire qu’hier, j’ai passé le plus clair de mon temps à essayer de résoudre des problèmes de codeurs vidéo, de transfert de fichiers, de décryptage, de résolutions de bugs consécutifs à de mauvais paramétrages. Bref du temps à faire de la mécanique virtuelle. Du temps où l’on ne pense plus.
Heureusement, hier soir, nous avions un dîner avec Hélène Angel, Marie et Patrice Thibaud afin de poser les dates de tournage d’Expérience. Patrice a fini par accepter d’abandonner un de ses projets avec Deschamps. Pour Marie, ça a été plus délicat. Son projet au Théâtre des Abesses tombe forcément exactement sur les dates de tournage ! Mais des solutions semblent possibles. Quant à moi, je suis libre. Tournage prévu : janvier-février 2005 !
Je pars dans peu de temps pour le court métrage de Patrick Poubel sur l’Ile de Ré. Je raconterai ce week-end !
Heu… j’allais oublier ! Pour « Cache-cache », Yves Caumon pense qu’il faut que je passe par un club de gym pour sculpter un peu tout ça. J’aime bien cette idée de transformation ! Reste à négocier avec la prod.
ILE DE RE
Samedi 5, dimanche 6 juin 2004
De retour épuisé et partiellement cramé du tournage de « For intérieur » de Patrick Poubel sur l’Ile de Ré. J’ai rencontré la personne qui a inspiré toutes les blagues sur les blondes : la maquilleuse ! Artistiquement, ce fût pour l’essentiel (en dehors de deux scènes) une figuration fatigante. Humainement, j’ai recroisé avec plaisir Natalia Dontchéva (grâce à qui je fus sur le film) et j’ai rencontré avec autant de plaisir Patrick Zard’, un comédien que j’avais vu jouer jadis dans les Palmes de Monsieur Schultz et qui nous a servi un beau personnage de curé ahuri.
Les rushes de la première journée donnent une assez belle idée (image de Carlo Varini) de ce que sera le film noir et blanc. Natalia ressemble à une veuve sicilienne belle et sévère (jouer le mari d’une veuve !…). Le petit Maxence Perrin (acteur dans les Choristes) crève l’écran. Ça tombe bien puisqu’il est le rôle principal !
Je conterai tout de cette expérience enrichissante à qui me le demandera. Je n’ai pas pour l’heure la force ni l’envie d'entrer dans les détails.
Mais LA nouvelle du moment, c’est qu’Antoine Santana (réalisateur d’ « Un moment de bonheur » que nous avions tourné sur le Bassin d’Arcachon et dans lequel je tenais un petit rôle d’ostréiculteur) me propose un rôle dans « De Profundis », le film qu’il tourne cet été en région Rhône-Alpes avec Isild Le Besco, Emilie Duquesne, Grégoire Colin et Anémone. Le scénar très fort et sensible (écrit par des femmes) est un huis-clos bourgeois avec nourrice et petit personnel à la fin du 19ème siècle. Je jouerai un personnage du cocher anarchiste. En ce moment, tout semble sourire !
MOI DANS UNE SALLE DE SPORT…
Lundi 7 juin 2004
MUSCU ! Première séance au club de sport. Une bonne heure à tirer de la fonte, harnaché dans des machines bizarres. J’ai choisi un club près de chez moi plutôt que le Club Med Répu. La population n’est pas la même. Tous âges et toutes conditions se côtoient sans chichi. Bien sûr il y a ces jeunes gens aux allures de neuf trois qui viennent finir leur look, ce papi au ventre rond dont on se demande s’il utilise vraiment les machines ou s’il se contente de regarder ceux qui s’en servent, et ce vieux body machin figé devant le miroir, scrutant méticuleusement son corps en se demandant si le biceps droit ne serait pas en train de se faire dépasser par le gauche. Bref, une heure de sport intensif sous la conduite d’un prof peu motivé et se refusant à miser un centime d’Euro sur la durée de ma présence dans ce club.
Demain, pas de sport puisque je pars tourner deux jours à Tours dans le court métrage d’Annick Raoul. Ça devrait être un moment agréable. Le scénario est bon, la réalisatrice est sympa et sait ce qu’elle veut et pour finir, je vais retrouver Mathieu Amalricq.
J’ai reçu dans l’après-midi un coup de fil d’Anne Lafosse (casting Bordeaux) pour la série « Les Monos ». J’ai eu mon agent ce soir : elle veut pas que j’y aille…
Pour la jeune lectrice qui me demandait des nouvelles de « A Live », cette comédie musicale franco-belge pour ados (il n’y a pas de mal à être ado !), une info majeure ! : le film est bientôt terminé puisque je vais enregistrer la post-synchro de mon rôle jeudi midi ! Gé – nial !
C’EST CA LE COURT !
Jeudi 10 juin 2004
- Allo heu… Eric ? Oui, je suis Bernard Blancan, j’attends à la gare et personne n’est là !
- Si, si, il y a un régisseur dans une Clio mauve !
- Ok, je le vois pas mais si tu le dis… Il s’appelle comment ?
- Rémi !
- Je regarde sur la liste technique et je l’appelle !
Il me prend pour un con, le régisseur ? « Si, si, il est là… ». J’appelle donc le fameux Rémi invisible.
- Heu… je suis là !… quelle heure il est ?… dans un quart d’heure !
Bref, une demie heure après, le jeune Rémi me conduit à la Cité U où nous sommes logés. C’est ça, le court métrage.
Un tel départ provoque toujours un moment de doute : Ai-je bien fait de venir ?
Mais tout le reste de mon bref séjour à Tours pour le court métrage d’Annick Raoul, « Matines » a contredit ces craintes. Je n’entrerai pas dans les détails afin d’éviter de passer pour un vulgaire fayot ! Comment dire ça… Rares sont les tournages, longs ou courts, d’une telle qualité !
COURS D’ECONOMIE
Vendredi 11 juin 2004
Hier à midi, je suis allé dire les trois phrases de mon joggeur de « Alive ». Un tout petit passage rigolo d’enfoiré. Un peu comme dans « Comme une image » mais encore plus court. C’est dire ! Les curieux peuvent voir la bande annonce sur www.alive-lefilm.com.
Ça commence à être la bousculade dans les tournages de cet été. Certains choix, s’ils s’imposaient, seraient douloureux.
Sans rapport avec les sujets qui précèdent, vous savez combien gagne un acteur qui n’est pas Jamel ou Daniel Auteuil ?
En fonction de règles liées à quelque chose comme le nombre d’entrées ou de parts de marché, chaque acteur a une valeur qui est sensée augmenter proportionnellement à sa notoriété. On démarre à grosso modo 300 euros net/jour (à part les rôles principaux, sur chaque film, un acteur ne reste que quelques jours), on double assez vite et on ne cesse d’augmenter au fil du temps. Pour ce qui me concerne, quand il y a 7 ou 8 ans j’étais à Bordeaux et qu’il m’arrivait d’avoir un ou deux jours par-ci par-là dans les tournages de passage, j’étais à 600 euros (4.000 balles).
Un rôle principal dans un film qui ne marche pas est un atout artistique majeur qui fait que vous allez tourner pas mal mais il n’a que très peu d’incidence sur votre tarif. Le vecteur principal étant la part de marché. En revanche, si l’acteur a un rôle de moindre importance dans un film qui cartonne, sa valeur est facilement multipliée par cent.
C’est avec ce principe qu’un acteur identifiable par une partie du public va rapidement coûter plusieurs centaines de milliers de francs par film à la production. Mais les télévisions, principaux financeurs du cinéma, pour se distinguer de leurs concurrentes, ont tout intérêt à toucher le public le plus large afin d’augmenter leurs parts de marché et leur financement en ressources publicitaires. Les marques faisant de la publicité ont elles-mêmes intérêt à ce que l’audience du film soit maximale.
Ainsi, un acteur connu va coûter cher à la production mais comme les chaînes sont intéressées par sa présence dans le film, elles vont financer d’avantage.
Le même acteur va donc finalement rapporter à la production.
De fait, un acteur a la valeur financière que veut bien lui accorder tel ou tel grand groupe multinational de l’industrie alimentaire.
Il est le trait d'union entre l'actionnaire et le consommateur.
Jamel, c’est Danone qui te finance !
Peut-on finalement tirer vanité de valoir un million de francs ou d’euros par tournage ? Je ne sais pas.
En tout cas, on a beau être le dernier des marxistes, le minimum syndical au quinzième film, ça finit par devenir humiliant…
LE PLEIN DE GENIAL
dimanche 13 juin 2004
Vu avec Hélène « Le plein de super » d’Alain Cavalier. Un film qui, malgré quelques lourdeurs ancrées dans l’époque (caca-prout 1974), reste d’une grande modernité. En dehors de l’étonnement de voir Etienne Chicot avec 30 kg de moins et Bouchitey en ado, ce film aiguise encore plus notre envie d’ « Expérience » ! Il est aussi co-écrit avec les acteurs.
Toujours du sport… presque tous les jours.
Vu une vidéo d’essai des gamins de « cache-cache ». ça promet !
DIPLOMATIE
Lundi 14 juin 2004
Déjeuner avec Angeline, la directrice de production de « cache-cache » et amie par ailleurs. Pas facile de produire des films !…
Séance d’écriture à Meudon. On essaie de terminer le séquencier pour la fin du mois. Et comme j’en ai marre de faire la route Stalingrad-Meudon, on essaie de mettre au point un moyen de vidéo conférence-écriture. Ça serait pas mal de m’éviter deux heures de route. Je dirai si ça marche et si les nouvelles technologies permettent vraiment de travailler ensemble à distance (je serais du genre à y croire !).
Pas fait de sport aujourd’hui. Ça manque.
PAS GRAND-CHOSE
Mercredi 16 juin 2004
Alors, avec l’ADSL, pour téléphoner gratuitement et sans limite, il faut avoir un micro basique et télécharger le logiciel sur http://www.skype.com/home.fr.html. La singularité de skype, c’est sa qualité audio. C’est en utilisant ce système que l’on va faire les prochaines séances d’écriture de La Poulpetcha avec Serge et Fred !
Vu hier soir « L’âge de raison » de Myriam Aziza au Cinéma des cinéastes. Parmi d’autres films courts de la collection Canal+ « comment tout a commencé », le film se distingue par sa sensibilité et sa simplicité. J’y joue un père juif avec au moins sept kilos de plus qu’aujourd’hui !
Prise de mesures hier pour mon costume de cocher dans le film d’Antoine Santana. Super joli le costard 19ème sur mesure !
FAITS DIVERS
Jeudi 17 juin 2004
« Le rôle de ma vie, une place ! ». Quand en haut de la porte de la salle j’ai vu écrit « le rôle de SA vie », une gène diffuse a parcouru mon être. Mais ça n’a pas duré. Très bon moment devant ce film qui parle bien de la célébrité et du rapport ambigu des courtisans-serpillières. Viard-Jaoui, ça fonctionne à fond !
Déjeuné avec Eymeric Bernard pour commencer à mettre au point notre groupe de performeurs : « Les bernards » dans l’idée de faire un spectacle vidéo, chanson, théâtre, bricolage, arts plastiques, foutage de gueule. Un projet scénique très excitant ! …pour 2005.
Ecriture Poulpetcha. On va faire quelques sessions solitaires avant un retour à l’écriture commune. Ça me semble indispensable si on veut avancer dans les délais.
Le match n’a pas commencé.
Dimanche 20 juin 2004
Vendredi a été une journée laborieuse d’écriture. La crise des co-auteurs. L’angoisse de l’échéance qui se rapproche. Le désaccord sur la méthode. La certitude qu’on est loin d’être prêts. J’ai marqué mon désir de travailler aussi en solo sur « la Poulpetcha » parce que l’écriture impliquant la présence physique des 3 est trop laborieuse.
Samedi, c’est Betty Berr du Festival de Contis qui m’a réveillé pour m’annoncer que « La petite note d’humanité » d’Emmanuel Gras l’avait remporté dans sa sélection. La finale aura lieu lundi ! Ceux qui ne connaissent pas ce festival de court métrage feraient bien d’envisager d’y aller faire un tour. Juin, un petit village en bord d’océan. Du cinéma, du spectacle, la mer...
C’est là que mon court avait été primé, que j’ai réalisé mon second et que j’ai rencontré par exemple Laurent Boulanger avec qui j’ai tourné le mois dernier. Ce sont Betty et Reïner, les organisateurs festoyeurs qui donnent leur âme à cet instant magique.
FETE DE LA MJC 1980
Mardi 22 juin 2004
Hier, déjeuner de travail avec Eymeric Bernard. On continue à échanger nos vidéos et musiques pour imaginer la construction du projet de musicovidéoartspectacle. On avance à pas lents.
Je ne sais toujours pas mes dates de tournage de cet été. Mais c’est normal. Il vaut mieux ne pas connaître les dates que de ne pas savoir si on tourne !
Hier soir, un peu de fête de la musique en chansons à la Maroquinerie. Alexandre Varlet se distinguait du lot (comme d’habitude) par son investissement et la singularité virtuose de ses compositions autant que de son interprétation.
Pour le reste, j’avais l’impression de revivre mes 15 ans à la MJC. Tous habillés en chemise aux manches retroussées, jean et Converse. J’avais d’ailleurs jadis la panoplie complète de Vincent Delherm (celle que termine une paire de Sprint Court). Chacun reprenait allègrement des grilles seventies. Un petit coup de feuilles mortes mixées à sa sauce et le tour est joué ! Les filles de 73 ont bien 30 ans mais elles vivent encore, Messieurs les conservateurs qui font du pognon sur la nostalgie des viocs et la naïveté des petits !
Franck Monnet, j’ai bien aimé aussi.
Aujourd’hui, on se retrouve entre Poulpétcheurs et je termine la journée par une réunion de co-propriétaires…
CHUTE
Mercredi 23 juin 2004
J’ai déjà montré qu’on pouvait se faire mal en courant. Hé bien aujourd’hui, je viens de prouver qu’on pouvait aussi tomber du tapis déroulant d’une salle de gym. Si, si ! On règle la vitesse, on court, de plus en plus vite, on transpire, c’est bon pour le c1⁄2ur et mauvais pour les graisses et puis… votre pied droit sort du tapis et vlada van bim boum aïe ! Le ridicule est atteint, de même que la cheville. Un peu d’Arnica et tout ira bien. Pour la cheville.
Ce matin, je m’étais demandé si j’allais faire du sport, sachant que je tourne cet après-midi. Mais je me suis dit qu’il n’y avait aucun danger…
Je tourne avec Johnny (oui, le vrai !) et Pascal Légitimus. Je fais un taulard dans « Quartier VIP » de Laurent Firode. Le registre est comique ! Le rôle est tout petit, mais s’il en reste quelque chose, ça peut être drôle…
Hier, Myriam Aziza m’a appris que son court métrage « L’âge de raison » était sélectionné au festival de Locarno. Bravo !
AKEU POULPETCHE
Jeudi 24 juin 2004
Tournage très bien déroulé avec Johnny (Halliday) et Pascal (Légitimus) sous la direction de Laurent (Firode). Sans rire, on s’est vachement amusé entre « action ! » et « coupé ! ». En dehors de ça, rien de bien chaleureux (mis à part l’équipe réalisation : le réal, son assistant et la scripte). Mon collègue de jeu, celui qui comme moi n’avait qu’un jour, s’estpointé avec un appareil photo et a demandé à la costumière de le photographier avec Johnny. Elle s’est défilé et a fourgué l’appareil à un de ses assistants. « Heu, je t’en prends une avec Légitimus ?
- Non, lui je l’ai déjà plusieurs fois ! ».
Aujourd’hui, nous Poulpetchâmes à Meudon avec les Riab. Il en sera de même demain à Stalingrad.
Mais auparavant, je vais passer un casting pour une série espagnole comique dont il va se tourner une version française.
CASTING
Vendredi 25 juin 2004
Nous avons très bien avancé sur « La Poulpétcha, titre provisoire ». On tient bien toute la structure et la fin est sympathoche !
Casting ce matin. Rendez-vous à 10h30. A 10h20, je suis devant la porte. Il est trop tôt. Je vais faire un tour. Je déteste être en retard !
10h28, je sonne et je pousse la porte, comme indiqué sur la fiche scotchée près de la sonnette. On m’indique la salle d’attente. 10h29, un homme entre. Lui aussi cherche la salle de casting. Je lui indique tout en l’informant que j’attends aussi (il ne va quand même pas me passer devant !). La casting sort de la salle. Le monsieur est en fait le «directeur d’acteur » de la série. On me dit d’entrer. La casting papote avec le directeur d’acteur apparemment très sympa. Je peux enlever mon blouson et poser mon sac. Un assistant installe la caméra. Le directeur vient placer un fauteuil en déco. La casting fait des essais caméra. On me prévient que l’actrice qui doit jouer avec moi est en retard. Le directeur va attendre qu’elle arrive pour me raconter de quoi il s’agit. Ça lui évitera d’avoir à le faire deux fois ! Bien sûr, je comprends bien. Il me raconte néanmoins qu’il a travaillé avec cette comédienne il y a au moins 12 ans. Blanc.
« ça va ? T’arrêtes pas, toi ! me lance la casting.
- oh ben j’ai quand même passé six mois sans boulot !
- Oui… mais c’était général. Il m’est arrivé la même chose…
Voilà enfin ma femme de scène. Malheureusement, elle ne reconnaît pas le directeur d’acteur qui doit se fendre de trois précisions avant qu’elle parvienne à se souvenir de lui.
« Bon, là, il faut un jeu anti-psychologique, le contraire des séries françaises… » Heu oui… Nous voilà partis dans la scène. Elle, n’avait pas tout à fait réalisé qu’elle était arrivée. Moi, on ne peut pas dire que j’étais au top. Deux prises ! Et la cruelle impression que c’était un truc pour moi mais que je l’avais raté.
AVANT TOURNAGE
samedi 26 juin 2004
Chers amis lecteurs, je vais interrompre ce journal pendant une semaine pour aller tourner dans le court métrage de Guy-Marie Lopez en Auvergne. Je prendrais des notes pendant le tournage que je ne manquerai pas de mettre en ligne à mon retour dimanche 4 !
Ceux qui voudraient me voir pendant 9 secondes dans « Comme une image », d’Agnès Jaoui pourront toujours profiter de l’avant première au festival Le Festin d’Aden le dimanche 4 à 15h je crois, au MK2 quai de Seine. Ce festival est d’ailleurs une mine d’avant-premières et de super films !
Je me prive de fêtes, repas avec les copains, tables régies diverses, afin de ne pas succomber à la mal bouffe et dans le soucis d’atteindre l’objectif de poids que je me suis fixé pour « Cache-cache ». Pour l’instant, c’est la stagnation dans des sphères en impressionnant progrès par rapport à mon état de départ (ancien tabagique sevré, genre chat castré) mais encore trop loin de la silhouette souhaitée à la fois par Yves Caumon et par Hélène Angel pour « Expérience »… Il va encore falloir que je traîne dans ma salle de sport et que je coure, coure, coure en essayant de ne pas tomber, tomber, tomber !
ALORS… CE TOURNAGE…
Lundi 05 juillet 2004
Une semaine entre parenthèse. En partant à Clermont Ferrand, j’avais oublié que « juste une vache » se déroulait entièrement la nuit. Ça donne une semaine à tourner de 22 heures à 06h00 du mat, à bouffer pas très équilibré et n’importe quand, à fumer (si, si ! comme un pompier), à peu et très mal dormir parce que logé en chambre d’hôtes (avec l’obligation de déménager pour la dernière nuit) avec des hôtes, clients et propriétaires, qui ne dorment pas le jour, à ne pas faire de sport, tout ça pour m’entendre dire que j’exagère un peu quand j’exprime le souhait de prendre le premier train du dimanche si c’est possible. Les gens sont ingrats ! On débine les acteurs hyper payés et capricieux mais on abuse des autres, dès lors qu’ils sont trop communément humains!
Le court métrage lui-même, mise à part la réplique maudite, celle que l’on n’arrive pas à dire, s’est bien déroulé, avec une équipe sympatoche. Plaisir de retrouver Fejria (Cathy dans le film).
En cours de semaine, les dates des tournage se sont précisées. « Cache-cache » commence mi-août. En début de mois, je vais jouer le cocher anarchiste moustachu dans « De profundis », d’Antoine Santana. Impossible de tourner « le crime des renards » de Serge Meynard. Les dates de tournage tombent dans celles de « cache-cache».
Incertitude également pour le film de Richard Dembo dans lequel je devrais tourner un jour en août ainsi que pour celui de Fabienne Gaudet.
Bon. J’ai jeté mes cigarettes, je me suis reposé et je vais reprendre le sport. Je vais plonger dans le travail effectué par mes amis co-auteurs de « la poulpetcha ».
Finalement, je n’avais pas grossi…
DROIT DE REPONSE :
Dans le cadre de son droit de réponse, Antoine Lopez (1er assistant) me fait savoir que l’équipe a particulièrement apprécié la nourriture. De même que Christophe qui nous a prêté sa voiture nous trouve très ingrats.
Oui, la bouffe était bonne !
Personne ne m’a obligé à fumer !
MERCI ENCORE Christophe !
Vive l’humour !
Vive le court métrage !
QUESTIONS
Mardi 06 juillet 2004
Ça fait du bien de dormir ! Lente reprise des activités, hier. Très lente.
Il a fallu gérer la partie polémique du journal d’hier qui n’a pas manqué de susciter des réactions. Dommage.
Dans ce journal, je pratique pourtant une grande autocensure. Il n’est pas question pour moi de régler mes comptes, de débiner tel ou tel, de dénoncer de quelconques abus. Il y aurait pourtant de quoi alimenter de tels propos dans l’exercice de ce boulot !
Ce journal est très peu lu et il l’est essentiellement par des proches. Quand naît une controverse, elle n’est lue que par très peu de personnes. Sans doute par les protagonistes eux-mêmes. Pas beaucoup plus.
Bon, là, je m’embrouille, je n’arrive pas à me dépatouiller de ces enfantillages… heu… Je reprends !
« Comme une vache » devrait être un court métrage remarquable. Guy-Marie Lopez a su gérer son affaire, tranquillement, avec efficacité.
J’avais projeté de faire un compte-rendu quotidien. J’avais d’ailleurs commencé une large prise de notes quand j’étais là-bas. Mais très vite la fatigue est venue s’immiscer. Les notes n’ont jamais dépassé leur statut initial.
C’est un vrai boulot d’écrire si l’on veut le faire à peu près correctement (ce qui n’est pas le cas de ce journal, j’avais prévenu…) !
J’aurais pu parler en détail de l’équipe, raconter quelques épisodes de la vache (qui meurt dans le film), m’amuser des amis qui ont prêté leur ferme, leur vache ou leur tracto-pelle, évoquer l’interview de Farida pour La Montagne, me souvenir de la pâtisserie Blanchard, rue du Château, à Ambert, parler des moucherons du Mouve, du patron à percing et des clients « branchés », glisser quelques anecdotes de la famille Clark, les propriétaires du gîte, développer les notes prises à la terrasse d’un café sur des gens qui passent et racontent sans le vouloir un peu de leur intimité…
Bref, j’aurais pu écrire mais j’étais fatigué. En revanche, je reviens avec dans la tête les Traces silencieuses* d’une aventure humaine.
Merci Guy-Marie ! Et Christophe, pour la cent vingt troisième fois, merci pour la voiture !
(*) Titre d’un docu de Sophie Bredier et Myriam Aziza.
RETOMBEES
Mardi 06 juillet 2004 (suite)
FABLE MODERNE
Bu un café avec un copain chanteur qui tient aussi un journal sur son site (20 lecteurs/jour). Il a osé porter un regard critique sur un concert collectif dans lequel il a donné deux chansons et dont un chanteur à la mode était la vedette. Il se trouve que ce chanteur à la mode devait travailler avec le copain chanteur. Mais voilà…
un lecteur du journal du copain chanteur a envoyé au chanteur à la mode l’extrait du journal dans lequel le copain chanteur émettait une critique.
C’est vrai que critiquer un truc auquel on a participé peut ressembler à « cracher dans la soupe ». C’est pas bien ! La pensée unique hypocrite Téléramalibérationtéhèfetrois s’accorde pour dire que c’est pas bien. Il y a d’un côté, les gentils (ceux qui sourient, qui font preuve d’une « belle humanité », qui pensent que les pédophiles c’est pas bien, tout en se rinçant l’1⁄2il sur des mannequins de 12 ans, qui trouvent que Stéphane Paoli est un mec de gauche, qui traitent d’antisémite celui qui prononce « territoires occupés », qui égrainent au long du jour le chapelet d’une morale prête-à-penser, à l’américaine !) et de l’autre, les méchants (ceux qui voient les choses en noir, ceux qui ont la tête qui dépasse, ceux qui râlent, qui traînent des pieds, ceux dont le plus grand nombre dit qu’ils sont méchants).
Dès lors que l’on s’exprime, on a tôt fait de devenir un « méchant » !
C’est ce qui est arrivé au copain chanteur.
Le chanteur à la mode ne veut plus lui parler. Ne veut plus jouer avec lui. Ne veut plus l’aider. Ne veut plus entendre parler de lui.
Le prochain album du copain chanteur se retrouve plus que compromis, voire en péril. Tout ça parce que le chanteur à la mode (qui se prend sans doute pour un roi) a décidé que c’est pas bien ce qu’a fait le copain chanteur. Il ne doit plus chanter. ‘Fallait pas critiquer ! Puni de guitare. Puni de studio. Puni de micro. Puni d’arrangements! Pas de disque !
Il voyait bien pourtant, le copain chanteur, que le chanteur à la mode vend plein d’albums et passe dans toutes les radios ! Qu’est-ce qui lui a pris de critiquer celui qui est aimé de tous ?!
Drôle de monde...
MES AMIS DE RADIO
Jeudi 08 juillet 2004
On s’énerve, on s’énerve… Respirez ! Soufflez ! Pffffffffffffffffff…
« Vous dites que l’éducation est une priorité mais il m’est impossible de mettre ma fille en maternelle. Les classes sont surchargées !
- Elle a quel âge votre fille ? demande François Fillon.
- Trois ans !
- Je crois qu’il faut éviter de prendre l’école pour une garderie. Elle n’est obligatoire qu’à partir de six ans. »
On est sur France Inter, ce matin. Mauvaise foi, démagogie et culpabilisation.
Avec les affaires de tueurs en série qui ont occupé pendant plus d’une semaine la quasi intégralité des infos, voilà que les députés UMP et PS trouvent un terrain d’entente sur la nécessité d’emprisonner encore plus et de mettre des bracelets électroniques à ceux qui ont purgé leur peine. C’est bien connu, « les gens sont cons » ! Dès qu’il y a meurtre d’enfant, on met la prison à vie et on ressort la guillotine. On évoque à peine la psychiatrie.
Hier, on entend ce gamin qui est acquitté alors qu’il a tué ses parents à l’âge de 15 ans et qui dit qu’il envisage de commencer une psychanalyse. On rêve !
L’autre assassin, Founiéret, n’était pas un débutant. Plusieurs fois, il avait violé et avait fait preuve de violence. On l’a emprisonné. Quand il est sorti de prison, il a continué à pratiquer ses horreurs mais, pour atténuer ses chances de retourner en prison, il a tué ses victimes. Je me demande si un bon traitement psychiatrique n’aurait pas été plus efficace…
C’est mal vu mais je trouve que la prison est la plus grotesque expression de la connerie humaine. On va peut-être penser que je suis favorable aux tueurs en série…
Bon. Pour revenir à ce qui fait plaisir, on a fait lundi soir une petite séance d’essais vidéos pour « cache-cache ». Les nouvelles en terme de production laissent entendre qu’il faudra encore attendre pour être riche. Mais on ne fait pas du cinoche pour ça (à la base)!
Alors que j’allais boire un café avec Antoine Santana qui me remettait le plan de travail de « De profundis », j’ai croisé un copain acteur qui allait rencontrer Yves pour un rôle masculin de « cache-cache ». Tout petit, Paris !
A midi, je vais essayer des moustaches pour mon rôle de cocher anarchiste 19ème de « De Profundis ».
MOUSTACHES
Vendredi 9 juillet 2004
La justice ne pouvant imposer un traitement psychiatrique au jeune meurtrier de ses parents, le Préfet démagogue a décidé son internement psychiatrique. En attendant l’appel du jugement qui a prononcé son acquittement. Si on ne cache pas les méchants, si on ne les enferme pas, si on ne les enterre pas… On est décidément dans une période où la pensée régresse, se rabougrit, se ratatine, s’étiole, se replie sur la seule émotion. L’effet Séllières-Bush-Sarko-droite ? Plus grave encore ?
Essayage de moustache très rigolo. Un petit atelier lumineux dans un appartement ancien du marais. Sous le regard expert de Marie-Thérèse, trois femmes s’affairent. Poil à poil naissent des moustaches, des barbes, des chevelures entières. On mélange les teintes pour accentuer la vraisemblance.
Pour ma part, j’aurai une moustache broussailleuse en sa base et dessinée en virgule à ses extrémités. Un postiche, un personnage !
SALAIRES ET PUBLICITE
Samedi 10 juillet 2004
Ça y est, mon salaire a été négocié (je ne sais pas si c’est le mot…).
Mes lecteurs assidus se souviennent sans doute de l’analyse à trois balles qui, le jour où j’ai appris les intentions de la prod en terme de salaire, me faisait dire que Jamel était payé pas l’industrie agroalimentaire (télé-fric-pub-cinéma-salaires-audimat-parts de marché…).
Tout à propos, un pote m’envoie ça par mail, hier :
PARIS (AFP) - Patrick Le Lay, PDG de TF1, interrogé parmi d'autres patrons dans un ouvrage intitulé "Les dirigeants face au changement" (Editions du Huitième jour), livre sa conception de la télévision : "Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective +business+, soyons réaliste: à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit".
Bon. Il se trouve que le pote en question est le compagnon de la directrice de prod qui a négocié mon salaire avec mon agent…
CHANSONS ET PERSPECTIVES
Lundi 12 juillet 2004
Dimanche après-midi d’automne qui nous a donné envie de nous enfermer à l’Hôtel du Nord pour un « Tremplin Chanson française ». Eté oblige, il n’y avait que 5 candidats. Le premier se prenait pour Pascal ObisKyo, le second croyait qu’il était encore au collège, les troisièmes avait des instruments hyper beaux et intellectuels, la quatrième aurait aimé être au cabaret et la cinquième pestait d’être le cinquième avant ne nous livrer son mini tour de chant dépressif et hautain. C’est Obiskyo qui a gagné !
Il ne faut pas le répéter mais j’étais tellement naze la semaine dernière que le seul sport que j’ai pratiqué, c’est de la marche (intensive quand même). Cet aprem, retour dans la salle de gym. Je ne peux pas dire que j’aime ça.
Comptes d’apothicaire : Voyons… plusieurs tournages sautent (chevauchement de dates) mais si tout va bien, à l’issue de « cache-cache », je redeviendrai intermittent (je toucherai de l’ASSEDIC quand je bosse pas) !
FETNAT
Mercredi 14 juillet 2004
Des avions sont passés. Des gens déguisés ont défilé. Le Président a parlé. Des pétards ont pété. Fête nationale. Tout ça parce que la balance a indiqué mon poids le plus bas. Mais j’ai bien conscience qu’il faut continuer si je veux atteindre l’objectif que je me suis fixé pour « cache-cache ». Encore 4 kg en un mois ! Heu… c’est peut-être un peu énorme quand-même!
Je laisse pousser cheveux et rouflaquettes pour le film d’Antoine Santana. Ça peut faire peur !
Demain, on a une séance de travail en costumes pour « cache-cache ». Je devrais savoir avec qui, où et quand je tourne…
REGIME RAYMOND
Vendredi 16 juillet 2004
Essayage costume fait. Les choix ne sont pas totalement arrêtés mais on s’oriente vers une ruralité paysanne assumée.
Une chose est sûre : je peux perdre encore quelques kilos. Je viens à cet effet de compléter ma gamme de crèmes et autres brûleurs-draineurs. Dans un quart d’heure, je fonce à la salle pour une séance d’abdos !
Où on tourne ? Ça y est, je sais ! Pas très loin de Cahors. Une petite ville du Lot. Dans le Quercy.
Avec qui je tourne ? Lucia Sanchez jouera Madame. L’acteur qui jouera Monsieur est choisi. Acceptera-t-il les conditions ?
Je viens de recevoir le premier pré-scénario d’Expérience, le film d’Hélène Angel. Pas encore eu le temps de le lire mais le peu que j’ai parcouru me fait penser qu’on va se régaler avec le père Thibaud !
LE PRIX DU PERRIER
Vendredi 16 juillet 2004 (suite)
Un petit bilan sur le passage à l’Euro m’inspire ce paragraphe supplémentaire :
J’avais deux rendez-vous cet après-midi. L'un à Répu pour un ultime essayage de moustache et l'autre pour aller chercher mon salaire de «Juste une vache». Oui, il faut bien reconnaître que pour une fois, je suis un peu payé sur un court métrage. D’habitude, les prods vous font signer des contrats au cas où, histoire de, on vous met en participation et roule ma poule !
La moustache, ça m’a pris douze minutes en tout et pour tout. De sortes que, bien qu’ayant fait le chemin à pieds jusqu’à Madeleine, j’avais pas mal d’avance.
Subissant les effets de la chaleur soudaine d'un été tardif, et plutôt que de me présenter trop tôt dans le bureau des producteurs, je me résignais à prendre le temps d’un Perrier dans un bar très ordinaire. Je ne choisis pas la terrasse, de peur de me faire assommer.
Le service est rapide. Même pas le temps de m’asseoir que l’on me demande ce que je veux. On me sert illico un Perrier mais comme je n’en avais jamais vu. Dans une bouteille de 20 cl !!!! Minuscule petit Perrier ! Ridicule bouteille de dînette !
Dans l'instant même, la certitude m'est venue que j’allais me faire assassiner… et en effet : 4,70 Euros le mini-Perrier (30,83 francs) soit 154,15 francs/litre (23,50 Euros).
L’avantage de pas trop bosser et de faire surtout du cinéma d’auteur, c’est qu’on reste conscient du coût des choses. Le Perrier, c’est de l’eau ! 154 francs le litre, 23,50 Euros, c’est trop !
Bref. Le Perrier vite bu (et pour cause !)je ne m’attardais pas trop en ce lieu. Tout juste pris-je le temps de satisfaire un léger besoin dans les toilettes qui étrangement étaient gratuites. Je crois ne pas avoir été très précis dans ma visée. La nervosité sans doute. Je sortis du bar sans dire au revoir et me dirigeais ensuite vers la boîte de prod, sans me retourner.
Bureaux au luxe discret et élégant. Sensation d’espace de calme et de fraîcheur. Musique en sourdine.
Boris me donne mon bulletin de salaire et mon feuillet ASSEDIC :
« Je n’ai pas le feuillet congès spectacle mais on te l’enverra par courrier.
- Pas de problème !
- Tu n’as pas rapporté ton billet de train, par hasard ?
- Ben tu ne me l’as pas demandé. Je te l’envoie ! Heu… il n’y a pas le chèque correspondant au salaire ? (243 Euros).
- Non. On fera les chèques jeudi prochain. On n’a pas encore reçu les subventions !
- … je comprends… heu… je t’envoie le chèqu… le billet de train !!! Au revoir ! Merci ! … allez, j’y vais !
- Oui. Au revoir ! »
Oui, il faut savoir que 243 Euros, c’est énorme comme somme pour une boîte de prod. Pas facile à débourser. Et puis avec les subventions, on ne sait jamais ! Ils ne vont quand même pas risquer un dépôt de bilan !
Et puis entre nous, ils ont bien eu raison parce que, connaissant l’état de mes finances, j’aurais bien été capable de l’encaisser, le chèque !
Bon, en même temps, 243 Euros (1.593 francs pour une semaine de tournage de nuit), c’est mieux que zéro !
Mais ça ne représente qu’à peine plus de 10 litres de Perrier dans le bar pourri où les chiottes sont sales!
EXAMEN
Mardi 20 juillet 2004
Coup de fil hier après-midi de Serge R et Fréd : on dîne le soir-même avec Philippe et Agnès, jeunes producteurs, pour parler le la Poulpétcha ! C’est du sérieux. De ce rendez-vous découle en grande partie l’avenir du film en projet.
Dans l’attente de ce rendez-vous commence une tempête intestinale qui m’aide à atteindre des niveaux de poids inespérés en un temps record.
Le dîner de travail se passe bien, en toute décontraction. Philippe est diplomate. Agnès, concentrée sur le texte, interroge sur les nombreuses répliques qu’elle ne comprend pas ou qui ne sont pas claires. C’est un moment dense où la parole fuse, les échanges sont vifs, les méninges s’activent. Nos lacunes apparaissent. Nos fissures sont mises en lumière. En même temps, on justifie nos choix, on dit les B, C, D quand les A-E ne les laissent pas deviner (pour paraphraser Philippe).
On est ressorti de cette séance, très fatigués, avec un film dont la colonne vertébrale se dessine beaucoup mieux et la conscience du travail à accomplir. Nous saurons dans quelques jours ce qu’il en est de la décision des producteurs de s’engager sur ce projet et de la façon dont nous devons procéder.
MECHANTE CRITIQUE
Jeudi 22 juillet 2004 (matin)
Dans le cadre de la ligne scato quotidienne : Le personnage de Poulevorde s’appelle Chiasse. Celui de Vanessa Paradis, Conchia. On comprend pourquoi : Atomic Circus, c’est une vraie ..... !!!! Comment, vous le saviez ?!
Le régime se poursuit et j’en suis à – 9,3 kg ! Evidemment, ça vire à l’obsession. Mais désormais, je suis fort en perte de poids. Je sais qu’il n’y a pas de régime miracle, pas d’alimentation particulière. Tout juste une règle super simple : dépenser plus de calories qu’on en absorbe. Pour ça, il suffit de se bouger un peu plus que d’habitude (la marche, c’est très bien) et éviter de trop manger le soir. Pour le reste, c’est presque comme on veut!
Sur ce, un petit point sur le boulot à venir : je laisse pousser les rouflaquettes pour De Profundis qui commence début août. Cache-cache, déjà par le régime, occupe un bonne partie de la tête. Mais Expérience est là qui titille derrière, avec un pré-scénario qui donne super super envie ! Et puis il y a notre Poulpétcha, ce scénario de comédie dont on va savoir si oui ou non il trouve son producteur dans les jours qui viennent.
Elle est loin l’insouciante inquiètude du début d’année où j’ignorais à quoi ressembleraient les lendemains.
En attendant, je vais vivre une nouvelle fois l’aberration du cinéma français : la visite médicale du Docteur Zuccarelli, l’unique médecin de Paris agrémenté par les sociétés d’assurances cinématographiques.
PETIT POIDS
Samedi 24 juillet 2004 (matin)
Ça ressemble aux vacances. Toujours ce poids obsédant. La remplaçante de Zaccarelli a eu le bon goût, en consultant ses fiches, de me rappeler que je faisais il y a 3 ans (époque où je fumais) le poids que je parviens à peine à atteindre en ayant perdu près de 10 kg. Hier soir, repas à la maison : illico, la balance prend ses aises. C’est fatigant ! Au propre comme au figuré. Il m’arrive de plus en plus souvent de fumer.
Concernant la Poulpétcha, nous saurons d’ici deux ou trois mois si notre projet est accepté. D’ici là, nous devons nous atteler à pondre une « continuité » plus développée que celle à laquelle nous sommes arrivés jusqu’alors. On y croit !
AVIS DE CONGES
Mardi 27 juillet 2004
Ce matin ont eu lieu les essais caméra pour « Cache-cache ». Très envie que ça commence !
Cet après-midi, nous poulpétchâmes à Bagatelle.
Le journal prend ses premiers congés annuels.
Prochaine mise à jour entre le 11 et le 15 août ! A bientôt.
Pour avoir des nouvelles, appelez-moi !
VACANCES, COUPES SOMBRES ET COSTUMES
Lundi 02 août 2004
Petite parenthèse de vacances… Samedi, Laurent Laffargue m’a proposé de jouer dans son prochain spectacle (une pièce de Daniel Keene, auteur que j’ai déjà joué avec Renaud Cojo). Hélas, les répétitions sont en même temps que « cache-cache ». Dommage.
Ce matin, Yves (Caumon) m’a appelé pour m’annoncer qu’il renonçait à douze séquences de « cache-cache » dans lesquelles évoluait mon personnage. A ce rythme, je vais jouer un joli second rôle. Dommage.
Cet après-midi, je suis allé faire une essayage costume pour « De Profundis » que réalise Antoine Santana. Super costume, super moustache, super décors. Y’a plus qu’à jouer ! Demain, je commence par un entraînement à la conduite de calèche. Tremblez chevaux !
PLUS QUE 30 KG ET JE RETROUVE UN POIDS D’ENFANT
Mardi 3 août 2004 (au matin)
Le tonnerre gronde. Le ciel s’effondre sur les toits en grosses gouttes bruyantes.
Je viens expressément préciser que j’ai recommencé à fumer. Juste à cause du stress que représente la perspective des tournages mais aussi… parce que je n’arrivais plus à perdre du poids qu’au prix de souffrances et frustrations. Maintenant, tout est facile. En un mois j’ai perdu 4 kilos. J’en suis à 11,5 depuis que j’ai commencé le régime. Il me semble enfin avoir la silhouette de Raymond, le personnage désormais coupé de « cache-cache ». Et cette silhouette va rudement bien à Jacques, le cochet de « De Profundis ».
EN TOURNAGE
Mercredi 4 août 2004
Pour quelqu’un qui ne devait être en vacances de journal jusqu’au 15… Bon, hé bé ça se passe super bien sur « De profondis » ! Voilà.
DE PROFUNDIS (FUTUR LA RAVISSEUSE)
Jeudi 5 août 2004
Réflexion faite, digestion effectuée, les coupes commises dans le scénario de « cache-cache » sont tout à fait justifiées. Elles servent le film.
Le tournage de De Profundis se passe dans un château XVIIIème. On fait pire comme cadre ! J’ai eu la joie de « piloter » une calèche à deux chevaux (puisque je joue le cocher). Dans un film en costume, on a vite fait de retomber en enfance !
Equipe douce et sympa. Antoine (le réalisateur) sait choper ce qu’il veut, l’air de rien, avec une grande efficacité.
J’ai retrouvé Isild Le Besco avec qui j’avais tourné dans le précédent film d’Antoine. On fait les andouilles. Je suis impressionné par Anémone qui est pourtant d’une extrême simplicité.
Je ne croise que très peu Grégoire Colin (que j’ai connu lorsqu’il était enfant, tandis que son père, Christian Colin, me mettait en scène au théâtre. Ce fût d’ailleurs l’expérience théâtrale la plus marquante et la plus décisive dans ma petite carrière : à l’issue du spectacle il m’avait encouragé à venir travailler à Paris. A l’époque, je n’avais pas osé. Mais j’avais tellement eu la sensation de comprendre enfin ce qu’était le théâtre et la direction d’acteur que, ne voulant (pouvant) pas partir exercer aux côtés de gens de sa trempe, j’avais renoncé au métier de comédien. Ainsi commença une courte partie de mon existence où je devins instituteur. Assez rapidement, l’humilité me revint en même temps que les planches me manquaient…). Je n’ai pas vraiment de scène avec la belle Emilie Dequene.
ERRANCES
Vendredi 6 août 2004
« Salut mon pote ! » me lance un clochard boiteux tandis que l’on se croise sur le trottoir de l’avenue de Flandre. Pourquoi je suis son pote ? J’ai l’air pommé ? J’ai trop maigri ? Un ami d’enfance ? Ou bien est-il content que je le regarde…
Aujourd’hui, je suis allé au château et j’ai collé ma moustache pour rien. On n’a pas eu le temps de tourner ma séquence. On le fera demain. J’en ai profité pour aller me promener dans la forêt voisine. Un scarabée a traversé mon chemin, j’ai mangé des mûres, vu deux cerfs, un étang surpeuplé de canards pas très sauvages et puis est arrivée une voiture commerciale blanche conduite par un monsieur rougeaud ayant vraisemblablement suivi un régime à peu près inverse à celui que je m’impose.
Le bras à la portière, vêtu d’une chemise à carreau en coton hors saison, des cartouches traînant sur le tableau de bord, l’homme me demande si je sais que je suis dans une propriété privée. Oui, oui, je suis sur le tournage au château ! Un sourire lumineux envahit alors son visage qui s’empourpre d’avantage s’il est possible. Il me tend la main pour que je la serre. Ce que je fais d’ailleurs sans retenue puisque je suis d’un naturel lâche et affable. « Je suis le père de Didier ! ». Il veut parler sans doute du régisseur du lieu qui hante le château, se fondant presque dans l’équipe.
J’ai donc la permission de continuer la balade. En fait, je fais demi-tour en pensant que j’allais consigner l’anecdote dans le journal en évoquant la question de la propriété privée s’appliquant à une forêt, songeant aux injustices de ce bas monde, faisant un parallèle avec les monstres qui ont fermé les portes du centre commercial en flamme sur les consommateurs qui n’auraient pas pris le temps de payer si on les avait laissé s’échapper. Et puis je me suis dit que ça serait trop, encore une fois. Peu avant d’arriver au château, je reconnaissais le scarabée du début mais en moins vivant. Sans doute écrasé par la voiture.
LA, ON PEUT DIRE QUE JE BOSSE !
Vendredi 13 août 2004
Départ demain pour le tournage de « cache cache » ! Entre temps, j’ai terminé « De Profundis », le film d’Antoine. Content.
Je suis aussi allé en répétition « cache-cache » du côté de Cahors. Content aussi. Mais je raconterai plus en détail (sur papier puis sur le net quand je repasserai par chez moi).
Hier, bu un verre avec Laurent Boulanger dont je pressent qu’il nous a réussi son «Un an». Il me tarde déjà que le film sorte tant je suis content du rôle qu’il m’a donné dans cet univers Echenozien que j’affectionne.
C’est pas tout mais… il va falloir bosser (s’amuser).
Le mot du jour était « content ».
CACHE-CACHE START
mercredi 25 août 2004
« Cache cache » a démarré. On en est à la deuxième semaine. Le personnage de Raymond s’est dessiné, d’un trait qui me rend heureux. Burlesque mais pas pour « faire rire ». Je suis aux anges. Et en même temps, le film qu’on fait est tellement bien (allant même au-delà du scénario que je trouvais déjà remarquable), que les problèmes qui se posent pèsent d’un poids absolument proportionnel. Peurs en tous genres. Délais, météo… On n’est qu’au premier quart. J’y retourne demain !
Ce matin, après une nuit de train qui me ramenait de Cahors, je suis allé tourner pour Richard Dembo un petit rôle de collabo. « C’est comme si je t’invitais à déjeuner, m’annonce Richard à l’issue du premier plan. J’ai bien conscience que c’est une petite chose mais… ». Bref, des compliments qui font plaisir.
Et j’ai croisé à cette occasion un lecteur anonyme de mon journal. Pardonne-moi cher lecteur (je n’ai pas retenu ton prénom avec certitude, une cinquantaine de personnes m’ayant été présentées en un quart d’heure) mais je n’ai pas reçu le mail que tu m’as envoyé. N’hésite pas à m’en renvoyer un !
Théoriquement, je ne tourne pas la semaine prochaine. Je reprendrai donc ce journal en détaillant un brin.
A la semaine prochaine !
TROP MAIGRE !
Lundi 30 août 2004
Petit passage à Paris. « Cache cache », c’est de la balle ! Conditions difficiles, beaucoup de changements et d’adaptation mais pour un film qui promet d’être largement à la hauteur du scénario. Déjà d’excellentes séquences en boîte. Pour ma part, la recherche est incessante et la concentration est grande. Malgré ça, il se trouve toujours un plan dont on aurait souhaité mieux faire mais il faut savoir être humble et accepter ses propres limites. L’ensemble est néanmoins très réjouissant !
Mon problème actuel serait encore relatif au poids. Mais cette fois-ci, il s’agit d’arrêter de maigrir. J’en suis à 15 kilos volatilisés et il est grand temps que ça s’arrête. C’est pas aussi simple qu’il y paraît !
Super entente avec Antoine et Lucia. Equipe éminemment sympathique.
Demain soir, j’abandonne l’hôtel pour rejoindre un gîte que je n’ai pas encore vu.
Ce matin, je faisais une post-synchro pour Marc Keller, le téléfilm de Dominique Tabuteau. La scène que je devais doubler se passait un jour de grand vent et le son était à refaire. Il s’agissait d’une séquence avec Claude Brasseur. En voyant les images, je me suis laissé aller à un grand éclat de rire intérieur : en bon caméléon, en Zélig, inconsciemment, sur un plan, j’avais pris des mimiques de Brasseur ! Etonnant.
Eric Martin, avec qui j’avais tourné une maquette de l’Apocalypse, son prochain long métrage, me propose un jour de tournage en décembre à Djibouti pour un téléfilm qu’il réalise pour Arte. C’est drôle parce que j’ai fait mon service militaire là-bas en 77 dans les Troupes de Marine. Cette expérience a été pour moi sans doute la pire. Pendant des années j’ai occulté cette période et j’ai fait des cauchemars de guerre pendant une très longue période. L’horreur que raconte très justement Claire Denis dans « Beau travail » ! Il y a deux ans, j’y retournais avec Guy Lenoir pour un spectacle Prévert et l’animation d’un stage au Centre Culturel Français. Excellent souvenir, cette fois. Et voilà que j’y retourne encore. Etrange, la vie !
BABOS
Dimanche 5 septembre
Le plan de travail de « Cache cache » ne cesse de changer. Résultat, une semaine de vacances imprévues qui commencent et un avis de prolongation nocturne mi-octobre. J’avais pourtant tout prévu pour rester dans mon gîte de rêve… Il n’empêche que j’apprécie pleinement mon retour à la maison.
La campagne et ses colons babas, c’est joli mais ça lasse vite ! Il faut voir le « Galopin » de Limognes avec ses jupes indiennes, ses piercings, tatouages et autres chapeaux et queues de cheval masculines. Chaque phrase est lancée, jambes trop croisées, ponctuée d’un rire trop fort, le regard inquiet de celui qui cherche l’approbation de toute la terrasse. En une semaine, on "connaît" tout le monde. Il ne reste plus qu’à bien se tenir ! Et quand on débarque soi-même, la sacoche en bandoulière sur une chemise rose, le Libé sous le bras, auréolé de l'image de l'acteur principal inconnu, dans une voiture 75, le spectacle est forcément interactif et la probabilité d'avoir le temps de rencontrer quiconque est infime.
Peu tourné cette semaine. En tout cas, pas de scènes majeures. Le plaisir reste intact.
J’ai reçu le scénario Djibouti sur Henry de Monfreid. Je vais jouer un connard de commissaire vérolé qui l’interroge. Rigolo à faire, je crois.
Coup de fil de Patrice Boti tout-à l’heure. Il me propose de faire le con avec lui dans un pilote pour Canal. Il commence d’ores et déjà à y bosser pour « 20 heures 10 pétantes ». A suivre…
ANNIVERSAIRE (+ rencontre décisive mais je ne le sais pas encore)
Jeudi 9 septembre
Le chien noir est assis paisiblement dans une cage de verre juste à sa taille. Quelqu’un dit que cet animal a soif. Sa cage se remplit d’eau et devient aquarium. Je me réveille dans un éclat de rire, juste avant sa noyade.
Comme souvent, la première image de mes rêves, ceux qui introduisent le sommeil, résume à merveille ma journée passée. Je rentrais de longues heures au studios SFP de Boulogne pour préparer avec Patrice Botile pilote que l’on tournera demain pour Canal. Juste avant, on avait assisté à l’enregistrement du faux direct de 20h10 pétantes…
J’espère qu’on va s’amuser parce que ça n’a pas été le cas pendant les répétitions. Le réalisateur a quelque peu émoussé l'envie que j'avais de faire cette couillonnade en me disant que je parlais trop vite, que j’articulais pas et que je devais dire « paquet d’chips » au lieu de « paquet de chips », me suggérant de perdre au plus vite mes restes d’accent bordelais si je voulais continuer dans le métier. Décalage.
Je ne rêve plus depuis longtemps d'appartenir à la légion des gugus à l’humour "cirage de pompe" (seul humour ayant sa place dans la télé danonement correcte) dont le message principal semble se résumer à : « je passe à la télé, regardez comme je suis gentil ! On se retrouve après la pub!».
Je tourne le pilote et si on ne s’amuse pas, j’arrête tout !
Rencontré ce matin Rachid Boucharef pour un rôle éventuel dans son prochain film. On a passé une heure plus qu’agréable. L’impression d’un moment exceptionnel. J’ai passé une partie de l’entretien à lui dire que j’avais du mal avec les rôles d’autorité (il s’agirait de jouer un sergent pendant la seconde guerre mondiale). Et puis on a parlé d’Afrique, de colonisation, de mon service dans les Troupes de Marine, à Djibouti… Son projet de film est super. Content d’avoir croisé ce Monsieur, même si je pense que c’est mort pour moi. Je ne fais jamais ça mais là, je lui ai envoyé un texto pour lui dire que j’avais été ravi de cette rencontre.
Aujourd’hui, j’ai 46 ans…
VITE FAIT
Vendredi 10 septembre
Je ne raconterai pas mon tournage Canal avant la semaine prochaine car je pars illico à Cahors. Lecteurs accros, il faudra patienter…
J’ai fait part de mes impressions de répétition à Patrice. Je pense que ça devrait bien se passer cet aprem…
Le 20, je devrais assister à l’avant première de « Comme une image » d’Agnès Jaoui, projection d’équipe. J’imagine que vous serez nombreux à aller voir ce film. Ne vous moquez pas de moi dans mon tout petit rôle de gros connard !
A la semaine prochaine !
CANAL
Lundi 13 SEPTEMBRE
En direct du Cyber café de Figeac!
On a donc tourné le "truc" pour Canal. Le réalisateur a été à peine moins désagréable avec moi mais le tournage s'est bien passé.
J'ai appelé hier Patrice pour savoir où ils en étaient du montage. Ils ont fait deux versions : une "longue" et une courte. A peine m'a-t-il dit ça que mon décodeur personnel s'est mis en route : il a dû me sucrer la moitié de mes 4 répliques!
Il lui faudra trois minutes vingt quatre pour parvenir à me le dire. Je suis dégoûté, comme diraient mes fils. Tout ça pour ça! Le stress, l'humiliation pour dire deux phrases et servir à mes patenaire un tartare de cheval (ce n'est pas une métaphore!). Je pensais faire des conneries avec des potes et je me retrouve à dire trois mots et demie, payé une misère, pour des guignols qui n'en ont rien à battre. Pffffff!!!!
De retour aujourd'hui au gîte (pour "Cache cache") après une courte nuit et un long trajet en voiture. Le but est de me reposer la journée avant d'attaquer la série des nuits. Mais comme la directrice de prod a décidé qu'elle resterait absolument sourde à toutes mes requêtes, elle m'a flanqué le photographe dans la barraque. Résultat, je débarque dans un espace sur-envahi et aux multiples témoignages démonstratifs, attestant incontestablement d'une autre présence que la mienne, discrète et sauvage (la mienne!)... Du coup, je n'ai eu aucune envie de me faire la bouffe ou de la partager avec l'intrus. Je suis parti à Figeac d'où j'écris ceci. Enfin un espace où je vais pouvoir faire mes conneries sans que personne vienne m'emmerder!
En vieillissant, on devient chiant! Sauf quand on s'appelle Daniel Auteuil...
UNE CHAMBRE A MOI ! et maintenant une baraque… Non mais on va où, là ?
Mardi 14 SEPTEMBRE
Ras le bol immense hier soir. Trois mois avant le tournage, j'avais insisté pour avoir un logement seul (genre hôtel). Je sortais de l'expérience douloureuse en matière d'hébergement, du court métrage à Clermont... Et puis merde, je suis payé comme une merde, ils n'ont pas fait un geste, ils peuvent bien respecter la seule demande que je leur fais!!!
Enfin, tout est réglé! Je passe les détails sans intérêt, les principes et malentendus. J'ai dit ce que j'avais à dire et j'ai été entendu.
Cette nuit, je n'ai finalement pas tourné. On est venu me l'annoncer à une heure et demie, tandis que je m'étais effondré sur le siège de la voiture. Heureusement parce que j'étais plus qu'épuisé.
C'est sympa, Figeac. La pluie est venue laver le Lot. Tout est calme et frais comme un mardi de septembre.
FAUX DROIT DE REPONSE
Vendredi 17 septembre
JOURNAL DE REMY (PHOTOGRAPHE « CACHE CACHE »)
Il m’avait l’air sympathique, ce Blancan, jusqu’à ce qu’il me fasse virer de son gîte. Ces acteurs !!!! Bon, mais je me retrouve dans un autre, rien qu’avec des filles et dans une grande chambre… Mais quand même !
JOURNAL DE PATRICE BOTI
Putain de Blancan ! J’apprends par son journal ce qu’il a pensé de notre travail pour Canal +. Quel faux cul, celui-là !
JOURNAL DE MOI-MEME
Bon, c’est vrai que je me suis senti un peu merdeux pour Rémy. Mais bon, j’assume.
Quand à Patrice, il est tellement impliqué dans sa nouvelle aventure Canal (il fait des trucs supers, tout seul, pour le 20h10 Pétantes) et c’est allé tellement vite, que je n’ai pas su trouver le moment opportun de lui parler. Quand j’ai voulu le faire, il m’a annoncé que la direction ne voulait pas diffuser le sujet tourné : pas assez « rentre dedans » ! J’assume aussi.
Le tournage de « Cache cache » a trouvé un bon rythme et je suis très enthousiaste sur ce que l’on fait.
Rachid Bouchareb m’a envoyé son scénario et nous nous revoyons demain matin. Je suis mort de trouille, cette fois.
INDIGENES ?
Dimanche 19 septembre
Possiblement pris sur le film de Rachid Bouchareb (peut-être doit-il rencontrer encore des acteurs ?). Mais comme le tournage va de janvier à avril, si j’ai le rôle, il faudrait que le film d’Hélène Angel soit repoussé… Toutes ces réponses d’ici deux ou trois jours…
C’est stressaaaaaaant !
J’ATTIRE LA PAROLE
Mercredi 22 septembre
« Tout droit ? Je vous remercie beaucoup, Monsieur ! On vient de déménager, alors je vais leur rendre ce téléphone parce qu’ils m’en ont donné un autre. Qu’est-ce que je ferais de celui-là ? Enfin, merci beaucoup ! Je vais vous donner une petite pièce. » C’était avant-hier à Jaurès. J’ai pensé que j’aurais dû offrir un café à cette dame qui avait soif de se raconter.
Ce matin à Cajarc, une autre dame, assez âgée aussi, s’approche de moi tandis que je me balade sans but dans sa ruelle : « Je viens d’apprendre une mauvaise nouvelle. Ma soeur vient de mourir. 56 ans ! Un cancer. Son mari l’a toujours battue. Il a violé ses enfants quand ils étaient petits. Et il battait aussi mes parents. Elle a pas eu de chance, la pauvre… Ils viennent de m’appeler. Du coup, j’ai débranché le téléphone ! » Comme si le fait de débrancher allait stopper le flot du malheur. Ou tout simplement n’a-t-elle pas la force de répondre aux appels familiaux qui ne manquent pas en de telles circonstances.
Décidément, le téléphone… J’en ai deux sur moi, ici. L’un Orange et l’autre SFR, selon la zone. Et Rachid Bouchareb qui ne m’appelle toujours pas (j’en dirai plus sur le projet dès que j’aurai la réponse)!
Hier soir, coup de fil de mon agent : « … erveilleux, tu devi… m’a rappelé et… c’est toi qui… Je dis, c’est toi qui a le rôle !!! …gé de payer le champagne, mon gars ! » (je captais mal !). Il semblerait que je sois l’objet d’une bonne nouvelle. Mais tant que Rachid ne m’appelle pas…
ATTENTE ET POLEMIQUES
Vendredi 24 septembre 2004
Toujours pas de confirmation de l’intéressé. Hélène Angel commence à s’impatienter. Je la comprends.
Je suis de retour à Paris pour quelques jours. Hier, le producteur de «Cache cache » semblait très affecté après la lecture de mon journal. Il me faisait part néanmoins d’une question très intéressante : Un producteur peut-il longtemps produire des films d’auteurs qui peinent de plus en plus à obtenir un financement viable et qu’il choisit d’accompagner malgré tout? Le point de vue se défend tout à fait (sans rien enlever au mien).
Concrètement, on fait l’un et l’autre le film. Pour ma part, le plaisir que j’éprouve à jouer avec mes partenaires, les marques, la caméra, la lumière, les émotions, a quelque chose de plus en plus sensuel. Un régal !
La directrice de production n’était pas contente non plus. Mais elle va me répondre !
J’ai expliqué à l’un et à l’autre, les règles du jeu du journal. Je ne peux pas sans arrêt m’autocensurer (je le fais déjà beaucoup…)! Mes petits coups de gueules sont à lire comme tels et ils ne sont en rien des jugements définitifs sur les personnes…
GUIDE MONDAIN
Lundi 27 septembre
Les mondanités peuvent parfois s’avérer ennuyeuses. Voici une façon rentable d’y remédier…
Petite grille à l’usage du chasseur mondain en cocktail d’avant-première :
Contact oral de plus de 10 mots avec…
- Le réalisateur : 75 points (rajoutez 25 points si vous avez vraiment aimé le film).
- Un autre réalisateur : 50 points.
- Un acteur VIP : 40 points.
- Un acteur de second plan : 12 points.
- Un producteur : 7 points.
- Un figurant : enlever 10 points.
- Un directeur de casting : 23 points.
- Une jolie fille : 7 points (enlevez 5 points si elle vous a reconnu).
Vous avez été reconnu par…
- Un réalisateur : 20 points.
- Un acteur VIP : 15 points.
- Un producteur : 12 points.
- Un acteur de second plan : 10 points.
- Un figurant : prenez toujours 3 points !
- Un spectateur qui vous a vu dans le film : 1,5 points (c’est la moindre des choses !).
- Un spectateur qui vous a vu dans un téléfilm : 1 point.
- Un spectateur qui vous a vu dans un court métrage : 0,75.
- Un directeur de casting : 12 points.
- Un journaliste local : 3 points.
- Un journaliste national : 7,5 points (multipliez par 2 si vous l’avez reconnu).
Vous avez fourni des invitations : 23 points par invitation délivrée (ajoutez 7 points quand on vous a remercié).
Vous avez des cartes de visites : 15 points.
Vous en distribuez : 5 points pas carte donnée.
Vous obtenez une carte ou un numéro de téléphone : 8 points pour chaque.
On vous offre une invitation à un spectacle ou à une autre avant-première: marquez 17 points !
En fin de soirée, vous totalisez moins de 20 points ? Ne désespérez pas ! Seuls 0,8% des contacts ont une incidence réelle au-delà du cocktail…
Quant vous avez dépassé 100 points, vous pouvez raisonnablement rentrer chez vous (vous n’oublierez pas de mettre à jour vos fiches!).
Mais selon votre ambition, vous pouvez aussi fermer le bal en ayant engrangé un joli pactole et multiplier ainsi vos chances d’être invité à d’autres avant-premières! Bonne chasse !
INDIGENES : C’EST OUIIIIII !!!!!!!!!!
Lundi 04 octobre
Oui, oui, oui ! Je vais tourner dans « Indigènes », le prochain film de Rachid Bouchareb !!!!
Oui, oui, oui, on a trouvé un arrangement pour le film d’Hélène !!!!
Oui, oui, oui, « cache cache », c’est toujours le bonheur !!!!
En fin de semaine, je ferai le point de pas mal de choses et instaurerai de nouvelles règles pour ce journal (j’ai eu des retours très chaleureux et d’autres plus que critiques de la part d’intéressés…).
LA ROUE A TOURNE !
Mardi 05 octobre
Bien ! Tout marche à l’envers ! Je veux dire par rapport au mouvement qui prévalait en janvier au début du journal. Je n’avais pas de boulot et pas de perspectives.
Aujourd’hui,
- je pèse 15 kilos de moins,
- je joue un rôle de rêve dans « cache cache » d’Yves Caumon,
- en novembre, je pars tourner à Djibouti dans un téléfilm sur Henry de Monfred écrit par Gilles Taurand et que réalisent Eric Martin et Emmanuel Caussé, très honorablement payé,
- je redeviens intermittent,
- de janvier à avril je tourne dans « Indigènes » de Rachid Bouchareb, aux côtés de Jamel, Samy Naceri, Samy Bouajila, Roschdy Zem…
- et de mai à juin, on tourne « Expérience » d’Hélène Angel avec la pote Patrice Boti.
Que des beaux rôles !
Et puis il y a « La Poulpetcha » qu’il faut continuer à écrire et «Scopytone» le spectacle vidéo musical que je projette pour la saison 2005/2006. Incroyable, non ? Comme quoi…
Alors évidemment, étant parti dans l’idée de faire un journal de looser, d’y conter les péripéties, les galères, le quotidien d’un « pauvre comédien », qu’est-ce que ça va devenir si je me mets à bosser comme un malade, si je gagne de l’argent, si… ? Bon. Restons calme ! Tout va bien et je ne vais pas m’en plaindre.
Tiens, à propos. On m’a reproché de beaucoup me plaindre dans ce journal. On m’a dit que je pouvais paraître aigri. On a insinué que ça n’était pas mon rôle de raconter mon vécu en apportant un regard détaché, extérieur. On est allé jusqu’à affirmer que je crachais dans la soupe ! Et d’autres choses encore que j’ai oubliées.
C’est vrai que parfois il y a de la jérémiade futile qui s’immisce dans les lignes. J’ai bien conscience de ne pas toujours me montrer sous mon meilleur jour. Mais le principe de ce journal est de relater mes expériences, traduire mes impressions, dire mes colères, mes bonheurs, au gré de ma petite vie professionnelle (je ne parle que très peu de la sphère privée). J’égratigne un peu au passage. Y compris ma pomme ! Mais quand je dénonce les travers du métier, que je démonte maladroitement les rouages du système, que j’en dénonce les aberrations au fil de mes expériences, je le fais toujours dans le respect des personnes (peut-être pas assez). Mais il est vrai que quand je critique une fonction, la personne qui l’exerce peut difficilement ne pas se sentir visée personnellement. Je m’en excuse.
Afin d’éviter que des internautes tombent sur ses pages en tapant le nom d’une personne nommée dans le journal (si son image peut être entamée par ce que j’écris), j’ai décidé que j’orthographierai son nom propre en verlan. Ainsi, Monsieur Jacques deviendra Monsieur Keja et en tapant Monsieur Jacques, aucun internaute ne trouvera l’adresse de ce site.
J’éviterai aussi d’utiliser cette tribune pour y régler mes comptes (ça a pu être le cas parfois, même si à chaque fois j’ai dit ce que je pensais aux intéressés avant de l’écrire ici). Mais si vous saviez comme je me censure déjà!
Quoi qu’il en soit, j’ai envie de continuer à dire (avec diplomatie) ce qu’on a l’habitude de taire dans un milieu où le vocabulaire de base compte un fort pourcentage de superlatifs flagorneurs.
Je suis heureux d’être comédien. J’ai fait d’autres boulots et je sais la chance inouïe que j’ai de faire celui-ci qui consiste à jouer. Le rêve ! Mais pardonnez-moi de m’autoriser de ne pas me contenter de goutter sagement, en silence, ce bonheur précieux !
Merci de me lire. J’espère vous amuser un peu!
BIENTOT FINI, CACHE-CACHE
Vendredi 15 octobre 2004
En vacances de « Cache cache » pour quelques jours. Le film se prolonge encore : jusqu’au 27 octobre alors qu’il devait initialement se terminer le 14 ! La production a obtenu une rallonge de Canal, seule chaîne alliée du projet, lui permettant d’assurer la fin du tournage et de corriger partiellement quelques sacrifices consentis par l’équipe. Merci ! Ce type de geste est rare dans le milieu…
Concernant le film lui-même, outre le fait qu’on a enfin la certitude qu’il va se terminer (je n’en ai jamais douté), il semblerait qu’il tienne largement ses promesses. Frustration néanmoins. Il y a eu de nombreuses coupes au tournage par rapport au scénario et je crains que mon personnage en souffre quelque peu. Alors qu’on a deux semaines supplémentaires, je n’aurai pour ma part travaillé que deux ou trois jours de plus que prévu. Mais je n’ai pas les éléments pour présager ce qu’il en sera du film terminé.
Non, je ne raconterai pas cette journée d’hier où j’ai tourné arrosé par un jet d’eau froide! De même que je ne relaterai pas celle où je serai en slip, en extérieur, , de nuit, fin octobre, en train de laver du linge dans la piscine pour une scène sensée se dérouler au mois d’août. C’est ça, la « magie » du cinéma !
Allez, je raconte quand même ! Voilà. Hier on tournait dans un hangar à grain appelé pompeusement studio, au coeur d’une zone à faits divers, entre hangars désaffectés, voie ferrée et route nationale et dans lequel était installé le décor du puits où vit mon personnage. Température intérieure de 7 à 13 degrés selon le moment de la journée. On avait deux plans d’orage avec pluie à tourner, dont un où je suis allongé dans une petite marre. Fort de l’expérience d’une séquence pluie déjà tournée en extérieur le mois dernier, je me suis acheté une combinaison de surf à mettre sous mon costume qui se résume à une chemise et un pantalon. Cela suffira-t-il à rendre la chose moins pénible ?
Je dis à Nicolas 1 : « Tu peux penser à faire chauffer de l’eau pour le remplissage du décors ? – Ah oui ! », me répond-il, se précipitant aussitôt vers la bouilloire électrique de la table régie. Pendant ce temps, Nicolas 2 essaie la grosse buse maraîchère plantée au bout du tuyau d’arrosage, en équilibre au sommet de son escabeau. Le débit était approprié pour les scènes d’extérieur mais s’avère disproportionné pour de la pluie tombant dans un puits. Je suggère l’idée d’une poire de douche ou d’un embout de tuyau d’arrosage. Il y en a un ! Son jet s’avérant trop large et menaçant de toucher la caméra, je suggère cette fois de couper une bouteille plastique et de l’emboîter au tuyau afin de diminuer le diamètre de projection. Nicolas 3 fabrique aussitôt l’adaptateur. Nous sommes prêts à tourner.
Dans la scène à jouer, la pluie ne doit avoir aucun effet sur le personnage. Dès la première prise, ce n’est pas ce que je parviens à proposer dans mon interprétation mais plutôt une longue série de grimaces électriques, de soubresauts intempestifs et de grandes inspirations saccadées. L’eau n’est pas à zéro degré car ce serait de la neige mais je la soupçonne de se refuser à atteindre les dix degrés. Les grosses gouttes glaciales qui martèlent mon visage m’obligent à des gestes réflexes à l’opposé de l’impassibilité demandée. J’y parviens tout de même de courts instants en bloquant ma respiration.
A l’issue de cette série, je fais part à Nicolette de mon vif regret qu’on aie pas pensé plus tôt à balancer de l’eau au moins tiède. Dans ces conditions, je ne peux physiquement pas jouer ce qui m’est demandé. Il existe pourtant des cumulus de camping pas chers, des chauffe-eau à bouteille de gaz… Nicolette est désolée. Elle envoie Nicolas 4 vérifier qu’il n’y a pas d’eau chaude dans la maison voisine où le tuyau est branché. Bonne nouvelle, il y en a ! Je pourrais ainsi continuer le récit mais je vous l’épargnerai. Sachez tout de même que le cumulus des voisins s’est avéré très insuffisant pour fournir une eau tiédasse assez longtemps… Nous espérons tous que Nicolas pourra utiliser une partie des images tournées !
Bon mais n’empêche que je suis très très heureux du film que nous faisons et je sais à l’avance que je vais en baver lors du tournage du film de Rachid B où nous avons des séquences de guerre en montagne, d’autres sous la neige.
Allez, à la semaine prochaine !
RETOUR A L’INTERMITTENCE
Dimanche 17 octobre 2004
Demain à la première heure, je pars aux ASSEDIC pour réintégrer l’intermittence ! Dans la foulée, je vais refaire mon passeport en vue du tournage d’ « Henry de Montfreid » à Djibouti. Ensuite, départ pour Cahors vers les derniers plans de « Cache cache » (on tourne jusqu’au 27!).
Petit soucis : je tourne samedi pour Cache cache (du côté de Cahors), dimanche pour « De Profundis » (du côté de Paris) et lundi, à nouveau à Cahors. Il y a du train couchette dans l’air !
DERNIERE LIGNE DROITE
Mardi 19 Octobre 2004
Première journée de l'ultime ligne droite de "Cache cache". Retour en Quercy, dans mon gîte préféré. Je n'ai tourné qu'un plan mais suis resté toute la journée sur le tournage.
Les techniciens professionnels de la pluie ont commencé à oeuvrer sur les épaules de Lucia et vont continuer demain pour la dernière journée "effet pluie". La différence avec le bricolage du "studio" tient surtout à ce que la pression de l'eau dans les rampes à pluie est très grande, de sorte que l'averse est à la fois plus dense et les gouttes plus petites. Beaucoup plus vivable pour les pauvres comédiens que nous sommes! De plus, le ciel a le bon goût d'être gris et la température fait preuve d'une bienveillante clémence (plus de 20°!). Du coup, des séquences qui promettaient d'être douloureuses vont s'avérer une quasi partie de plaisir.
Le film tire à sa fin et les retours de rushes sont très positifs. Ca donne la pèche!
On a terminé la soirée par un dîner au Galopin (Le bar de Limogne) devant le match qui a vu Lyon triompher des Turcs.
Grâce à l'ordinateur "ultra portable" (1,3 Kg!) que j'ai acquis pour 275 euros (une vraie affaire!) dans une boutique de la Gare du Nord et par le biais d'eBay, je peux travailler chaque soir au journal. Vous allez avoir de la lecture!
PLUIE
Mercredi 20 Octobre 2004
Nouvelle journée de fausse pluie. J'avais deux séquences avec mon principal partenaire de jeu : Jack alias Zazou, le chien du film. Pas évident de trimballer le toutou dans un seau, trempés, sans que l'animal ne rechigne. On y est arrivé! La pauvre bête! Je devais aussi l'enfermer dans le coffre d'une voiture...
Ce matin, France 3 nous a rendu visite. J'ai répondu à une interview dans laquelle le journaliste me demandait de parler du film, du rôle et du réalisateur. Heureusement, il m'a épargné les questions sur moi. Mais je me suis quand même très mauvais. Phrases longues et bancales, mots qui se cherchent, application excessive, gentillesse maladroite... Exercice difficile!
Ce soir, pour le dernier jour d'Antoine Chappey, on a fini au Galopin, devant une entrecôte et le match du PSG. Les mecs connaissaient tous les joueurs, se souvenaient avec force détails des matchs de 77. A l'autre bout de la table, les filles riaient d'histoires de filles et parlaient boulot. Je suis épaté par la culture de mes camarades. Que ce soit en cinéma, en foot ou littérature. Je me sens tout petit, ignorant et.. quelque peu égocentrique.
Certains gars de Limogne on trouvé mon site et lu mon journal. Je ne sais pas comment ils ont pris le passage de mon arrivée dans lequel je décris la terrasse de babas néo-ruraux. Ca ne nous a pas empêché de boire une tournée.
IL SUFFIRAIT QUE JE CHANTE
Jeudi 21 octobre 2004
Belle journée en Quercy. Dommage! Pour les séquences de pluie, davantage de nuages aurait permis de tourner quelques séquences. Et comme les problèmes non résolus ne font que se reporter, j'espère que mon aller-retour Cahors/Paris pour le tournage de dimanche ne se fera pas dans les pires conditions.
On a néanmois tourné quelques plans très drôles et d'autres, je l'espère, assez touchants. Demain, on tourne en mixte : 15h-minuit. Ce soir, soirée au gîte de Nicolette6, Nicolette5 et Nicolette3.
MELANGE DE TOURNAGES
Lundi 25 Octobre 2004
Retour matinal et ferroviaire sur le plateau de « Cache cache » pour une journée de «pluie». Ce sera une mixte (13h-22h). Avec ce rôle muet, je connais le luxe de ne pas avoir à me préparer à l’avance. Pas de texte à apprendre. Je n’ai qu’à savoir à quel endroit du film se situe la scène et ce que j'ai à y faire. Un simple effort de mémoire est nécessaire lorsqu’il s’agit de tourner un bout de séquence dont le début a été tourné deux semaines plus tôt. Il arrive parfois que le Raymond se soit perdu en route. Mais Yves a tôt fait de le remettre dans ses godillots un peu raides.
Hier, je suis allé faire de la calèche au château de Millemont. C’était pour les derniers plans de De Profundis. Il a suffi que je colle ma moustache, rallonge mes pattes, enfile mon costume et mes bottes pour que Jacques remplace Raymond. Les chevaux ont été sympas. Antoine a l’air heureux. Isild aussi.
J’ai l’impression de jouer au représentant de commerce qui sillonne le territoire, de train en train, l’ordinateur sur la tablette, le portable à portée de main et les écouteurs sur les oreilles. La maison devient mobile, l’intimité s’étale, s’adapte, s’installe en des endroits insoupçonnés. Celle, intestinale, de mon voisin de compartiment, aurait néanmoins mérité davantage de discrétion…
J’ai de plus en plus de témoignages de lecteurs du journal. Je crois que l’idée même de journal éveille la curiosité. Les réactions sont souvent plus en rapport avec cette idée qu’avec la réalité du contenu. Il faut bien admettre que ce que j’y écris est très soft et ne justifie pas que l’on fouette un chat ni que l’on s’émerveille.
Le jour se lève sur la campagne qui défile en ombres chinoises. Peu de nuages semble-t-il. Je crains le pire pour nos scènes du pluie qu’il faudra pourtant tourner d’ici jeudi, dernier jour (nuit) de « Cache cache ».
ENFIN
Mardi 26 Octobre
On a eu la pluie et pu faire les séquences voulues. Ça n’est plus qu’un mauvais souvenir.
GLA GLA
Mercredi 27 octobre 2004
Midi. Avant le début du tournage des scènes en slip en extérieur nuit, j’exprime publiquement aux Nicolas et Nicolettes qu’on aurait eu l’occasion de tourner ces séquences sans attendre la nuit la plus froide que nous ayons connue sur le tournage. Il aurait fallu pour cela prendre le facteur humain au même niveau que les autres contraintes. Petit blanc. Deux ‘ti punch m’aideront à affronter la froidure…
La météo de la dernière nuit est très mauvaise : on prévoit de la pluie. Il a donc été décidé de faire des heures supplémentaires dans la nuit que nous venons de terminer et dans celle à venir. Théoriquement, donc, à cinq heures, demain matin, « Cache-cache » sera en boîte !
16h30. La silhouette de grand oiseau de Nicolas, le déco, est recroquevillée sur un ponton de Cajarc, face au Lot, miroir gris vert qui reflète un ciel lourd, parsemé de feuilles mortes. Mélancolie d’une fin de tournage. Il ne m’a pas vu. Je ne le dérangerais pas.
Au départ, l’équipe était une série d’étiquettes bien rangées dans les cases rassurantes de l’armoire à distance. Avec le temps, le travail et les épreuves, les caricatures sont tombées et des gens sont apparus, beaucoup plus complexes et aimables qu’on avait bien voulu croire.
Sur le chemin du retour au gîte, pour écrire ces quelques lignes et en attendant de regagner le plateau pour le début de journée, quelques gouttes viennent éclater sur le pare-brise. S’il pleut cette nuit, on est mal parti pour finir demain matin…
La fin de tournage appelle inévitablement un bilan. Frustration de se dire que certains plans auraient pu être mieux. Bonheur d’en avoir réussi d’autres. Tout ne se joue désormais dans le montage. L’attente de la première projection sera longue. Entre temps, d’autres tournages…
CACHE-CACHE, C’EST FINI !
Jeudi 28 Octobre 2004
C’est dans la boîte ! Grande fatigue après ces longues nuits. Très heureux.
ENTRE TROIS
Vendredi 05 novembre 2004
Une semaine de parenthèse bordelaise. Concernant les tournages, pas de nouvelles majeures si ce n’est que le départ pour Djibouti risque d’être avancé à début décembre. Rachid B. et son assistant m’ont appelé de retour de repérages au Maroc. On va commencer les séances de travail avec les autres comédiens et il y a de fortes chances pour que j’aille passer un ou deux jours en caserne, histoire de côtoyer du militaire et de réapprendre (apprendre) à donner des ordres de façon crédible. Pour les deux films, je dois me laisser pousser la moustache. Je porterai donc cet appendice délicieux jusqu’en avril.
Cet après-midi, j’avais rendez-vous dans un organisme régional pour le projet « Scopitone » (Chanson-théâtre et vidéo). L’accueil a été des plus constructifs. On a abouti, dans une atmosphère très détendue , à l’idée d’une résidence à Bordeaux en février 2006. Nous aurons un mois pour rassembler la matière première visuelle, rencontrer auteurs et musiciens qui pourraient apporter leur concours au projet, commencer à mettre en place une première forme destinée à divers co-producteurs ou acheteurs potentiels. A l’issue de cette étape, on pourra envisager la création du spectacle pour la saison suivante. Ravi de l’accueil qu’a reçu le projet et surtout du soutien manifeste et intelligent qui va être apporté par cette structure. Encore du pain sur la planche. Et du bon !
TEMPS DE LA FETE
Dimanche 07 novembre 2004
Hier, fête de fin de tournage de « cache-cache » dans une petit lieu du XIIème. Moment très agréable. Les absentes remarquées : une partie des «a» (Vanessa, Lara, Lucia) et des grosses voyelles (Xavier). Yves avait l’air serein, de même que Bertrand, le producteur. Pour ma part, papoté avec La Chapette, beaucoup papillonné et dansé avec la fine équipe du HMC à laquelle s’était jointe Nadia (les seuls restés un peu jeunes !).
Demain, départ pour Rodez (7 heures de train !!!!!) pour aller faire une lecture mise en table par Morio Dragunski, mardi soir. Retour mercredi (7 heures de train !!!!). Pfffffffffff
LECTURE A RODEZ
Mercredi 10 novembre 2004
Retour ferroviaire de Rodez, charmante petite ville dans laquelle Antonin Artaud fût interné (« Lettres de Rodez »).
« Je ne vous fais pas un reproche mais je me demande si c’est normal de présenter une pièce sans savoir son texte ? ». La dame qui me pose cette question a l’air désappointé d’avoir assisté à une lecture mise en scène, les acteurs déambulant sur le plateau, leur texte à la main. Si, si, ça existe les lectures spectacles ! Elles ont pour vocation de faire découvrir une pièce ou un auteur à des spectateurs qui doivent imaginer ce que pourrait être une représentation.
Bon, là, la pièce durait 50 minutes alors que le programme annonçait 1h30 et le prix de la place était à 15 Euros… J’aurais été parmi les 200 spectateurs, je ne suis pas sûr que j’aurais apprécié. Petits problèmes de communication…
Le directeur de la structure, plutôt que s’interroger sur le manque d’information relatif au format « lecture-spectacle » ou encore sur le choix du tarif (qui lui assurait une belle marge !), a sauté sur le metteur en scène, prenant le parti des quelques spectateurs mécontents, parlant de « tromperie sur la marchandise », ignorant les acteurs (pas un bonjour).
Fin de soirée glauque à Rodez. Dommage, on s’était pourtant bien amusé à jouer !
Bon, pas mal de jeunes spectateurs étaient quand même restés pour nous dire qu’ils avaient apprécié, s’étaient bien amusés aussi, faisaient eux-mêmes du théâtre et qu’on pourrait venir les voir jouer ici le 27 mai. « Comment on fait pour devenir comédien ? Vous en vivez ? »
EN ATTENDANT
Vendredi 12 novembre 2004
Reprise sérieuse de mon travail sur la Poulpetcha avec Serge et Fred. Pendant mon tournage, mes vacances et mes travaux divers, ils ont beaucoup avancé sur le travail que nous devons remettre fin novembre. A mon tour de trimer !
Par ailleurs, mon agent a réussi à faire raccourcir mon séjour à Djibouti qui me voyait bloqué 10 jours pour un jour de tournage. On a du travail de préparation pour le film de Rachid et les 4 jours gagnés ne seront sans doute pas de trop.
Vu 2046, ce soir. J’y ai sommeillé et suis ressorti d’une humeur bizarre. Dehors, il avait plu.
MONNET DE SINGE
Lundi 16 novembre 2004
Hier soir, je suis allé voir (écouter) Franck Monnet à la Maroquinerie.
Surprise ! Le concert est complet depuis 15 jours. Je me résigne à faire la queue tout de même. On nous fait comprendre qu’en attendant, on aura peut-être une chance d’avoir une place. Le temps passe. Le public nombreux s’engouffre après avoir retiré les billets au guichet. L’heure avançant, le gentil monsieur nous fait savoir qu’il n’y aura pas de place, qu’ils ne feront entrer personne, qu’il y a un problème de jauge et de sécurité, qu’on peut rentrer chez nous. Avec quelques irréductibles, je décide de rester quand même.
Passe Jean-François G., un agent à la mode, en compagnie de Frédérique M., une directrice de casting. Nous nous saluons. JFG regrette de ne pouvoir rien faire pour moi car il connaît peu le milieu de la chanson. Merci mais je vais arriver à rentrer !
Plus de 3⁄4 d’heure après le début annoncé du concert, des gens arrivent encore. Emma D. (comédienne) retire une place réservée au nom de Léa D. (comédienne). Jetant sur moi un dernier regard désolé, le guichetier me dit qu’il sera vraiment impossible d’entrer.
C’est là que je sors mon joker ! Je connais Franck, je suis un copain de Bordeaux. J’aurai pu l’appeler pour avoir une invit mais j’ai préféré payer ma place (quel faux cul !).
Sensible à mon argument, le jeune homme explique mon cas à un responsable qui décide de descendre dans la loge pour demander à Franck Monnet lui-même si je pouvais entrer. A ce moment là, je sens le Ridicule ricaner dans mon dos.
En fait, Franck, je l’ai croisé au mariage d’un copain pour lequel j’avais joué un maître de cérémonie ringard. J’avais alors présenté Franck qui avait poussé la chansonnette de la façon suivante : « Et maintenant, Mesdames et Messieurs, voici un chanteur dont le nom est un titre célèbre d’un disque des Pink Floyd : Franck MONEY ! ». Vous imaginez bien que mon nom n’allait pas lui dire grand chose…
Miracle ! Le monsieur remonte et le guichetier me donne une invit. Les autres enragent : « Nous aussi on est des potes de Bordeaux !!!! ».
J’ai donc vu le concert avec grand plaisir. Franck a été bon. Je me suis même payé le luxe de boire un verre à la table VIP, avec disques d’or et césarisables. Je n’aurais peut-être pas dû venir avec ma parka rouge vif à 15 euros de chez « Chic et choc » Avenue de Flandre et ma polaire sans manche de chez « La Halle ».
En rentrant, je trouvais un mail m’annonçant avec retard la mort de Richard Dembo.
TUEUR DE TEMPS
Jeudi 18 novembre 2004
Chers lecteurs,
J’aimerais vous conter mille choses extraordinaires mais je passe mes journées à bidouiller mon matos informatique, à vendre ma moto sur e-bay, à acheter une table et… à travailler sur La Poulpetcha.
Cette dernière activité n’est pas des plus simples dans la mesure où mes co-auteurs sont en Corse (ils travaillent aussi au scénario) et moi, livré à moi-même, je dois trouver ma place dans l’écriture. C’est pas gagné ! Assez décourageant, même. Pourtant, on doit rendre le séquencier à la fin du mois.
Bref. Il faut que je bosse !
PREPARATIFS
Dimanche 21 novembre 2004
Ça avance pour la Poulpetcha ! On devrait avoir terminé dans les délais !
Pour le film de Rachid Bouchareb, nous allons faire des essais caméra avec un autre comédien le 15 décembre. Le tournage lui-même doit démarrer le 10 janvier. J’ai eu le plaisir d’apprendre que j’allais retrouver mon ami Chappey pour la partie Maroc.
Demain, salle de sport. Et il faudrait que je m’arrête à nouveau de fumer !!!!
ANPE
Lundi 22 novembre 2004
Déjeuner avec Myriam Aziza. En sortant de Tornation, j’ai eu l’impression d’avoir servi de poubelle au réalisateur. Bien que le film ne m’ait pas déplu, j’ai trouvé l’image très efficace. J’espère que le lecteur n’a pas cette impression à la lecture de ce journal…
En septembre, un courrier de l’ANPE me demandait de passer au service comédiens pour mettre ma fiche à jour avant fin novembre. J’ai dû m’y résoudre si je ne voulais pas être radié (au moment où je vais redevenir intermittent, ça serait dommage !). « Saaaalut, toi ! lance une jeune femme à un ami de toujours. Figure-toi que pendant un an et demi, j’ai pas arrêté. J’avais oublié ce que c’était que d’être en demande de boulot. Alors, tu vois, je me suis dit bouge-toi ! parce que, qu’est-ce que tu veux, moi, y a que le boulot qui me va. La vie à côté, je m’emmerde, d’autres boulots, je me fais chier… non, non, il faut que je bosse. Il n’y a que ça qui m’intéresse. Alors je viens montrer ma gueule, poser une photo… ». Le flot de parole est rapide et précipité, le visage dessine un sourire sur joué, les yeux sont écarquillés. Elle fait presque peur avec toute cette démonstration de volonté et d’énergie.
Elle me dit quelque chose, cette fille. Je l’ai déjà vue. Pendant que je remets mes photo et CV à une dame qui n’en a rien à foutre, je l’entends encore qui raconte sa hargne à un occupant de la salle d’attente. Et là, ça me revient ! Je l’avais auditionnée pour le court-métrage de Jean-Marie Omont. Je me souviens de la même impression de fatigue qu’elle avait généré sur moi avec son énergie débordante.
En sortant de mon box, je lui dis qu’on s’est déjà croisé. Son regard est suspicieux, presque inquiet (il faut me voir avec ma barbille grisonnante sur mes joues creusées !). Je lui précise les circonstances. Ah, oui ! Mais ça fait une paye ! Hé oui, deux ans ! Merci, ça fait plaisir que vous vous souveniez !
Comme quoi, ma mémoire a encore quelque capacité. Sauf qu’évidemment, je ne me souviens pas de son nom. Ça doit pas être évident d’être casting…
VERDICT
Mercredi 24 novembre 2004
Hier, nous avons travaillé sur « La poulpetcha ». Impression désagréable que mes idées ne valent pas un clou et que j’écris comme un pied. Je me sens un piètre soutien… Quand nous aurons remis le séquencier, je m’interroge sur la poursuite de ma participation au scénario. Cet après-midi, on remet ça !
Reçu un mail reconnaissant du père Caumon. Au moins, mon travail de comédien semble mieux convenir.
Demain, première répétition avec Rachid Bouchareb. Il me tarde ! En soirée, je terminerai avec la projection-cocktail du téléfilm de Serge Meynard.
FIN DE POULPETCHA
Vendredi 26 novembre 2004
Ça y est ! J’ai annoncé à mes co-auteurs de Poulpetcha que je m’arrêtais à la remise du séquencier. Comme je vais me retrouver en tournage pendant 6 mois, ça n’a pas trop de sens de co-signer un scénario qui de fait se fera sans moi.
Hier, première séance de travail avec Rachid Bouchareb. Il s’est surtout agi de lire le texte et d’ajuster le dialogue à un langage plus parlé.
En soirée, projection du super téléfilm de Serge Meynard. Pour ma part, je n’y ai qu’un tout petit rôle. La réalisation est de haut niveau ! Mon agent et la directrice de casting étaient émoustillées de mon look actuel (cheveux qui poussent, barbe naissante et joues creusées). Pour les cheveux, ça ne va pas durer. Rendez-vous pris samedi prochain avec la coiffeuse de Lettres de la Mer Rouge.
Ce matin, j’ai pesté en silence devant deux clients de Canal Bio qui me sont passé devant, et ont pris le temps d’emballer leurs achats avant de sortir leurs billets. On ne voit pas ça chez Franprix ! Le consommateur bio peut être parfois un petit mesquin étriqué qui vient juste pour augmenter ses chances de s’éviter un petit cancer. Brrrrrr
QUAND ON N’A RIEN A DIRE…
Lundi 29 novembre 2004
Journée enfermé à faire des corrections sur La Poulpetcha, relire le scénario de Rachid Bouchareb en envisageant des petites corrections de dialogues (travail que nous avions commencé en répétition), attendre la livraison de mon passeport et billet d’avion pour Djibouti.
Quand on est un fainéant et qu’on est shooté à la marche, c’est pas la journée de idéale !
Puisque c’est ça, demain, je vais à la salle de sport !
Oui, je sais, de temps en temps j’écris une phrase de ce genre, histoire d’essayer de me motiver…
36
Jeudi 2 décembre 2004
Attention, cette page peut heurter ceux qui me trouvent gentil !
Hier, je suis allé voir un film qui a pour titre l’adresse célèbre de la maison Poulagat avec, dans les rôles des flics ennemis, les deux monstres du cinéma français. J’aurais dû me méfier ! Sisko, le serveur de la Cagnotte m’avait pourtant prévenu : c’est un téléfilm sur grand écran, m’avait-il dit. Et ce fût le cas.
J’étais avec Hélène Angel. Pendant le film, on n'a pas arrêté de souffler. A cause de la daube musicale, du dialogue affligeant, du jeu lourd et complaisant, souvent mauvais, de la mise en scène adolescente. Quand on pense qu’il y a des critiques de cinéma pour vendre cette soupasse !
A la fin du film, le mec qui était devant nous se retourne, très mécontent d’avoir eu la projection pourrie par les deux connards de derrière (nous) qui n’avaient pas arrêté de souffler et de ricaner.
J’avoue qu’à sa place, j’aurais été furax. On n’a pas le droit de faire ça au cinéma ! Combien de fois ai-je râlé contre des gens de mon espèce (enfin, celle à laquelle j’ai appartenu ce jour-là) !
En même temps, le hasard a fait que le spectateur en question était le réalisateur du truc que j’ai fait avec Patrice Boti pour Canal et qui m’avait fait chier, mais chier…
Bon mais en fait, si je suis si méchant, c’est que je suis morose. A cause du film, de toutes les daubes que j’ai pu faire moi-même, de la Poulpetcha que j’arrête, de l’attente de coups de fils qui me permettraient d’organiser le mois à venir.
Pour conjurer mon ennui, je me suis attaqué à la peinture du séjour !
PETITS CONSEILS AVANT DEPART
Samedi 4 décembre 2004
Alors, bon… Comment dire ? Voilà. Quand j’ai un rôle, c’est, soit que le réalisateur me connaissait avant, soit que le directeur de casting se souvenait de moi et a eu la bonne idée de penser que je pouvais correspondre au profil d’un personnage. Dans ce cas, c’est mon agent qui m’appelle en me demandant si je suis libre tel jour, à telle heure, pour aller passer un casting à telle adresse.
A ce rendez-vous, soit je fais des essais filmés, soit je rencontre le réalisateur (parfois les deux, essais par le réal.). Et puis j’attends. J’attends plusieurs jours ou semaines, qu’on me donne la réponse.
Je n’ai pas le téléphone du directeur de casting, ni du réalisateur !
Je fais plutôt partie de ceux qui pensent que c’est le travail qui amène le travail, dans ce métier.
Mais il faut bien commencer à travailler une fois, me direz-vous, pour que «le travail amène le travail» !?
Je suis bien d’accord ! Pour ça il faut :
- faire du théâtre (école, cours ou ateliers puis jouer. Surtout jouer !)
- ou être le fils ou la fille de Machin Truc
- tourner dans des courts métrages (Maison du film court, Agence du Court métrage, connaissances personnelles directes).
Si vous avez lu ma minie-biographie, vous verrez que, pour ma part, c’est cette dernière catégorie qui m’a conduit à travailler aujourd’hui.
L’inconvénient, par rapport à la deuxième, c’est que ça prend beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de temps !
Tout ça pour dire que, quand vous m’envoyez un mail me demandant de faire quelque chose pour vous, il faut admettre que je ne suis rien dans les rouages de cette grosse machine et que je ne peux vous être d’aucune utilité. Tout juste, en me lisant, savez-vous (au mieux) qu’il y a tel ou tel tournage en préparation. A vous de vous bouger si, contrairement à moi, vous pensez qu’il faut frapper aux portes !
Bon, sinon, je pars mercredi pour Djibouti. C’est bien la seule chose professionnelle dont je suis certain puisque j’ai signé le contrat et que j’ai les billets d’avion. Pour le reste, les aléas du cinéma invitent, comme toujours, à la plus grande prudence…
DOSSIER BLOQUE
Lundi 6 décembre 2004
Je clame depuis le mois de septembre que je suis à nouveau intermittent mais dans les faits, mon dossier n’est toujours pas passé. Heureusement que, grâce à mon tournage de « Cache-cache », bien qu’ayant été mal payé par rapport à un acteur normal, je ne suis pas dans le besoin !
Depuis quelques temps, l’ASSEDIC bloque tous les dossiers. Le climat dans l’agence est devenu hostile et agressif. Les employés refusent d’informer ceux qui n’ont pas fait leurs heures sur 11 mois (nouvelle règle) qu’ils ont droit à un fonds gouvernemental qui permet d’étudier leurs droits sur 12 mois (mesure gouvernementale).
Et quand on regarde de près le résultat des modifications du statut, on s’aperçoit qu’aucune économie n’a été faite mais que le régime est devenu encore plus injuste : les plus précaires (ceux qui en ont le plus besoin) ont été exclus et certaines catégories qui n’ont aucun mal à faire leurs heures touchent davantage qu’avec les anciennes règles. Si le MEDEF n’existait pas, il ne faudrait surtout pas l’inventer ! Quant aux guignols de la CFDT, il devrait être interdit de leur vendre des stylos. Ils signent absolument n’importe quoi !
Je serais bien allé faire un tour à la manif demain matin à Colonel Fabien mais je bosse pour Indigènes.
N’EN JETEZ PLUS !
Mardi 7 décembre 2004
Agréable séance de travail avec Rachid B., ce matin. Ajouté à ce plaisir, celui de retrouver des connaissances à des postes cruciaux : le premier et la seconde assistante ainsi que le directeur de production.
Un bonheur n’arrivant jamais seul, en sortant, j’ai eu un coup de fil de Philippe Ramos qui me propose un petit rôle dans son prochain film (août/septembre 2005).
Passé l’après-midi à régulariser mon bureau avant mon départ pour Djibouti, demain soir.
J’ai encore le temps d’un dîner de poulpétcheurs, d’une attente à l’ASSEDIC demain matin et d’un rendez-vous de travail dans l’après-midi. On doit parler «Forains » avec Panchica Vélez, le (la) metteur en scène de cette super pièce dont nous avons déjà fait des lectures dans différents théâtre (dont le Rond Point), l’an dernier, en vue du montage de la production.
Petite anecdote : le personnage que je devrais jouer porte le même nom que celui que je dois endosser dans « Expérience » d’Hélène Angel. Nono. Non, non, ça ne sont pas des intellos gauche-caviar ! Pas plus que Raymond dans « Cache-cache ».
Je vous donne rendez-vous le 13, pour vous conter mon tournage africain !
RETOUR DE DJIBOUT
Samedi 11 décembre 2004
L’aventure djiboutienne prend fin. Le tournage s’est bien passé. Nous étions, plus précisément, à Tadjourah, minuscule port sur la Mer Rouge. Le décors n’a sans doute pas beaucoup changé depuis le passage d’Henry de Monfreid. J’ai joué le commissaire dans les bureaux du poste de Police, vestige de la période coloniale.
Encore un tournage roots, dans des pays difficiles (l’Ethiopie et Djibouti). Il a fallu, l’énergie insouciante des ces deux grands gamins réalisateurs, Eric Martin et Emmanuel Caussé, épaulés par un directeur de production tout-terrain qui en a vu d’autres, pour mener à bien cette aventure.
Equipe franco-djiboutienne très unie et plus qu’agréable ! Les images que j’ai vues nous plongent dans l’univers du film d’aventure.
Djibouti, je connaissais déjà puisque j’y suis venu il y a 3 ans pour jouer un spectacle de Prévert et animé un stage de 15 jours, sous la houlette de Guy Lenoir. Mais surtout, j’y ai fait mon service militaire en 77/78 (si, si, 27 ans déjà !).
Inutile que dans l’intervalle qui sépare 77 (l’indépendance de Djibouti) et 2004, il y a eu des changements ! En fait, le centre ville à l’architecture coloniale tombait en ruine, il y a trois ans. Aujourd’hui, il commence à y avoir des restaurations et de nouvelles constructions.
J’avais connu ce secteur bien chaulé, plein de commerces, de militaires, de terrasses de cafés, de filles faciles et de musique partout. Maintenant, les militaires sont plus discrets et moins nombreux et l’Islam a mis le voile aux filles et coupé la musique. L’Arabie Saoudite et quelques pays financent un port international ultramoderne, des voies d’accès pour le commerce, le pouvoir d’achat des gouvernants et accessoirement quelques écoles et dispensaires. Pour le peuple, il reste surtout le kat, la drogue locale dont la distribution est assurée sous les bons offices de l’armée. Après la colonisation, on ne peut pas dire que le pays de soit vraiment émancipé. Il faudra encore une cinquantaine d’années, selon les dire d’un djiboutien de l’équipe.
Enfin, ce que je dis, c’est sans doute pas exactement la réalité…
Mais plutôt que de disserter maladroitement, j'aurais mieux fait de raconter la bagarre dans l’avion Paris-Djibouti, le vol Djibouti-Tadjourah en Sezna pendant lequel le co-pilote s’est mis à actionner comme un malade, un levier qui ressemblait à un frein à main.
Ou encore ce jeune physicien djiboutien et sa théorie de l’immortalité des anges : ils sont immortels car ils se déplacent à la vitesse de la lumière. Conclusion : tout déplacement rapide augmente la longévité. Ainsi, un pilote d’avion vivra plus vieux qu’un chauffeur de bus qui lui-même enterrera son jumeau employé de bureau !
Il y a eu aussi ce légionnaire qui nous faisait part de son souhait de réaliser un grand film porno (Le Commando des Femmes) qui consisterait en une immense bataille sexuelle sur fond de débarquement. Il a déjà les 3OO bonshommes. Ne manque qu’à trouver les femmes !
Bref, plein de petites histoires encore que j’aurais pu vous raconter mais… je ne suis pas Henry de Montfreid !
AVENTURES SALARIALES
Mardi 14 décembre 2004
Après les aventures d’Henry de Monfreid, celles du Capitaine Achab ! C’est le titre du film de Philippe Ramos dont je viens de recevoir le scénario. Je devrais y jouer un petit rôle avec sexe et bagarre (c’est comme ça qu’il me l’a vendu !). En tout cas, le scénario est très bien écrit (il a fait, comme Caumon, l’unanimité du CNC !).
Concernant Indigènes, mon agent m’a appris hier que, contrairement à ce qu’elle avait compris précédemment, tous les comédiens ne bénéficieront pas du même salaire. Ca m’étonnait, aussi ! Jamel, lui, touchera un salaire symbolique mais il est coproducteur. Les autres stars ont renoncé à leur salaire habituel mais seront quand même payées 3 fois plus que moi. Mais il est vrai que c’est déjà eux qui font déjà la promo et qui feront venir les spectateurs…
J’ai enfin reçu mon intermittence : je touche moins qu’avant (mais plus que depuis que je ne touche plus rien) et ces andouilles font démarrer mes droits au 1er novembre au lieu du 1er octobre ! Toujours ça de grappillé, rapias ! Je m’en fous, je vais bosser de toute façon ! Et mes cachets d’octobre, avec leur arnaque de calcul, n’auraient de toute façon pas été pris en compte pour mes futurs droits. Du coup, c’est moi qui suis gagnant, nananinanère !
LA FAUTE AU MEDEF !
Jeudi 16 décembre 2004
Pas grand-chose à signaler sur le plan professionnel. J’attends juste qu’un accord soit trouvé entre mon agent et la boîte de production d’Indigènes pour me sentir prêt à bondir (début du tournage dans un mois). Pour l’instant, je n’ai aucune info depuis la dernière séance de travail avec Rachid. Normalement, il y a des essais caméra et un mini stage en caserne. Mais quand ?
J’ai lu les pré-scénario d’Expérience (Hélène Angel) et ça promet du plaisir de jeu !
Etonné d’avoir un tout petit taux d’intermittence, je me suis plongé dans les fascicules officiels et je m’aperçois que, quand on a eu une interruption de droit (une période pendant laquelle on n’est plus intermittent), on touche moins que quand on a bossé et touché l’ASSEDIC. Résultat, quand tu as été dans la galère, on te le refait payer dans ta réouverture de droits. Voilà une des NOMBREUSES aberrations de ce putain de texte MEDEF-CFDT ! Je hais la CFDT !
LES SARKO
Samedi 18 décembre 2004
Quand vous achetez une machine que vous payez 100 dans n’importe quel pays, en France, vous la payez 150, à cause de l’impôt. C’est débile !!
Débile…, c’est Guillaume Sarkosy, vice-président du MEDEF, qui s’exprime ainsi sur l’antenne de France Inter. En 2007, quand son frère sera président, il fera bon être entrepreneur !
Pour le reste, tout va bien sous la moustache !
CRITIQUES
Lundi 20 décembre 2004
Avant-hier, j’ai vu Les Temps Qui Changent de Téchiné et hier, Océan 12. Les deux mettent en scène des stars. Les unes françaises, les autres, américaines (+ Cassel).
La critique française s’est enflammée pour le premier, multipliant colonnes et louanges. Pour ma part, spectateur assidu des salles obscures, je me suis ennuyé (encore !) : scénario attendu, acteurs poussifs (sauf Gilbert Melki et Malic Zidi), mise en scène lourdingue.
Dans le second, dont le scénario n’est pas forcément génial, je me suis régalé devant un film ludique où le réalisateur s’amuse tout autant que ses acteurs. Un peu de jubilation fait du bien à l’âme ! Clooney et Julia Robert font plaisir à voir et Vincent Cassel excelle d’autodérision dans un personnage de français dont le but unique est qu’on dise de lui qu’il est le meilleur. Bon, c’est pas un chef d’1⁄2uvre non plus mais il est bon de voir que les chemins de l’art ne passent pas nécessairement par le sérieux et la douleur.
Le cinéma que je préfère est celui où acteurs et réalisateurs marchent d’un même pas, dans le plaisir. Que ce soit dans la comédie ou dans le drame le plus sombre.
Force est de constater, par la même occasion, que je me sens (et je ne suis pas le seul !) bien éloigné de la critique cinématographique.
Pour en revenir à des choses plus personnelles, ma mère me met grave la pression pour Indigènes : Jamel en parle déjà partout à la télé !
PREMIERES IMAGES INDIGENES
Mardi 21 décembre 2004
Aujourd’hui, nous avions la première séance d’essais caméra avec Roschdy Zem, Samy Nacéri, Samy Bouajila, Mathieu Simonet et Jamel. Je ne sais pas ce que je vaux dans cette équipe mais je sais d’ores et déjà qu’il y a une brochette de sacrés personnages. Indigène s’annonce très prometteur. Je vais tenter d’être à la hauteur…
L’aventure est désormais commencée et je m’en réjouis malgré la trouille !
Le journal sera fermé pour cause de fêtes familiales. Rendez-vous le 1er janvier 2005. D’ici là, bonnes fêtes à toi, très cher(e) lecteur(trice) !
BONNE ANNEE (et encore, c’est rien par rapport à 2006)
Samedi 1er Janvier 2005
BONNE ANNEE, CHER LECTEUR !
Retour de vacances familiales.
Rendez-vous avec Jean-Paul Ratier en début de séjour, à Bordeaux. Il s’agissait de savoir si sa structure était intéressée par la production de « Scopitone ». Rencontre très positive.
En visite au Musée Guggenheïm de Bilbao, j’ai croisé Woody Allen. Il ne m’a rien proposé.
Le départ pour le Maroc est avancé pour moi au 13 janvier. Je ferai, en plus du stage de tir en France, un passage dans les rangs de l’armée marocaine. Dans 12 jours, c’est le départ pour la grande aventure d’ « Indigènes » !
Coup de fil du producteur de Cache-cache : il manque un plan. Il s’agit de tourner une nouvelle fin. Le seul problème, c’est ma fameuse moustache qui n’est pas du tout « raccord » et que je ne peux raser si près de l’autre film. Vous qui êtes dans les coulisses, vous vous amuserez à voir comment on s’en est sorti en allant voir le film (je commence la pub).
Les jours qui viennent et qui précèdent le départ vont être très très chargés.
PINCEAU CONTRE LA PEUR
Mercredi 4 janvier 2005
Tout va se précipiter, je le vois bien ! Je pars dans une semaine mais demain, je vais faire un entraînement militaire après avoir bossé la matinée avec Hélène Angel. Le lendemain matin, nouvel entraînement militaire. Lundi, tournage à Limognes pour « Cache cache ». Et le reste…
En même temps, le plan de travail d’Indigènes est en train de déborder gravement.
Pour calmer mon petit stress, j’ai acheté de l’acrylique et des pinceaux. Non, parce que le ciné, le théâtre, la chanson…
GARDE A VOUS !
Jeudi 6 janvier 2005
Matinée à parler « Expérience » avec Hélène Angel et à voir des vidéos d’artistes à Beaubourg afin d’en nourrir notre inspiration.
Après-midi militaire avec deux adjudants (chefs) très sympas. Un brin d’histoire sur la période d’ « Indigènes » et maniement des armes, vocabulaire, us et coutumes… Bref, un petit retour à de mauvais souvenirs mais avec des gens beaucoup plus détendus que ceux que j’ai côtoyés pendant mon service dans les troupes de marines. J’ai eu confirmation que ces gens-là étaient des malades qui vivaient comme les pachas d’une vielle machine d’empire qu’ils appelaient encore la coloniale, vétérans d’Algérie ou du Tchad… Brrr.
Demain matin, séance de tir (à blanc). Ça sent le départ !
DEMI-TOUR DROITE !
Vendredi 7 janvier 2005
Tir à la Garde Républicaine. J’ai réappris les positions de tirs que j’avais oubliées depuis le temps. On est encore tombé sur un instructeur occasionnel très sympa.
L’après-midi a été consacrée aux visionnage d’autres vidéos d’artistes avec Hélène.
En soirée, mon agent m’apprenait qu’il y avait un vrai problème : le chevauchement des films de Rachid Bouchareb et d’Hélène Angel.
Trois solutions :
- on bricole des solutions pour que les deux se fassent sans changer de planning. Mais les demi solutions ne valent rien !
- On décale encore le film d’Hélène (très difficile d’envisager de tourner sur la côte d’Azur en juillet et impossible de le repousser à l’automne pour cause de second film d’Hélène).
- Dernière solution qui consisterait à ce que je fasse un choix…
C’est pas tous les jours facile !!!!
REPLUIE DE RETOURNAGE
Dimanche 9 janvier 2005
Tout va bien ! Je pars tout à l’heure pour Cahors avec le scénario d’Indigènes dans les bagages. En 7 heures de train, j’aurai tout le loisir de m’y replonger encore avant d’affronter la scène de pluie de « Cache cache ». Et jeudi, départ pour Ouarzazate !
Les moments qui précèdent les grands enjeux sont toujours teintés d’anxiété, et de stress. C’est la moindre des choses. Mais TOUT VA BIEN !
CACHE-CACHE RE-FINI
Mardi 11 janvier 2005
Cache-cache est une nouvelle fois terminé ! Scène de pluie par très beau temps, fort agréable. Vraiment.
En plein préparatifs pour le départ d’après demain au Maroc.
J’espère pouvoir alimenter de temps en temps le journal. Tout dépendra de la qualité de connexion à internet. Quoi qu’il en soit, retour en France la dernière semaine de février…
A suivre…
OUARZAZATE
Dimanche 16 janvier 2005
A Ouarzazate depuis plusieurs jours. Je suis passé, ce matin, d’un petit ryad monacal à un hôtel grand luxe. J’ai perdu le charme de la casba et la vue irrésistible depuis les terrasses mais j’ai trouvé un grand espace calme et lumineux.
Les jours passés ont été employés à divers essayages et coaching en arabe mais aussi en découverte de la ville. Le roi était présent. Je l’ai vu passer deux fois, paradant debout dans une mercédès décapotée. Impressionnant !
Demain, entraînement militaire à la « ça rigole pas ». Je commence à tourner mercredi seulement. Il me tarde !
JE CROIS QUE JE N’AI PAS TOUT DIT (il faudra que je raconte davantage)
Lundi 23 janvier 2005
Accès internet compliqué pour moi en ce moment (mais ça va s'arranger). Pour faire vite, le début de tournage n'a pas été des plus faciles mais ça y est, le sergent Martinez est dans la boîte et ça fonctionne! Rassuré et heureux!
Je détaillerai davantage la prochaine fois...
OU SONT LES FEMMES ?
Jeudi 28 janvier 2005
Italiano ? Espagnol ? Non, français ! Coupe de cheveux, teint mat, moustache, le passant pouvait se tromper. Si l'on ajoute à cela une paire de fausses lunettes Armani, pour cause de tempête de sable, la méprise est aisée. Quand le look du personnage est aussi marqué, le masque demeure au-delà du plateau. Il me faudra attendre encore quelques mois avant de me retrouver en mon apparence !
Quatre jours de repos. J'avais prévu une escapade vers Marrakech mais j'ai finalement choisi de me poser à Ouarzazate avant d'entamer les scènes de guerre dans le paysage montagneux du décors de lundi. «a va grimper !
Le tournage se passe selon les prévisions. Je prends plaisir à me glisser dans la peau de Martinez même si certaines journées sont longues.
Mon intégration à l'équipe de stars est assez lente mais les scènes plus intimistes sont à venir et nous rapprocheront sans doute davantage. Le réalisateur se montre d'un soutien sans faille. C'est très agréable.
Dans cet univers de tournage très masculin, vivant pour plusieurs semaines dans une ville où les filles ne sont pas très visibles, le syndrome du mâle encaserné est en train de me gagner. Où est ma copiiiiiine ?
Reçu hier un mail de lecteur (trice) anonyme très sympa (cette remarque n'a rien à voir avec le paragraphe précédent !). Les amis me sachant en tournage à l'étranger, le téléphone reste muet. Alors un petit mail est toujours agréable…
ON SE PELE !
Dimanche 30 janvier 2005
Zéro à Ouarzazate! La vague de froid est venue jusqu'ici. Mais comme le vent s'est calmé, les conditions ne devraient pas être trop difficile pour le grand début des scènes de guerre.
Quatre jours de repos, j'en avais ma claque!
J'essaierai de raconter un peu plus que ce que je vous offre mais je resterai avare d'anecdotes impliquant mes amis les stars. Si vous êtes people, il faudra vous connecter sur "mon journal secret".
Allez, repos!
REPOS
03 février 2005
Finalement, ces scènes de guerre en montagne, c'est très impressionnant à cause des explosions et du grand nombre de figurants mais ce sont pour beaucoup des scènes d'action sans difficulté de jeu. Et physiquement, c'est la forme!
Avec mes collègues, nous ajoutons des séances de travail en soirée, destinées à câler nos personnages et à ajuster les scènes. Une fois dépassées les questions d'égo, ces plages de travail s'avèrent très efficaces.
J'ai appris hier soir que nous avions 4 jours de repos au lieu d'un. Peut-être irais-je à Marrakech...
JE M’ARABISE
Samedi 5 février 2005
En guise de Marrakech, je suis allé à Verrières avec Julien Sorel (on ne trouve que les classiques en librairie locale!). Aucune envie de tailler la route en solitaire. Tel le chat froussard, je préfère élargir mon territoire tout doucement, à pieds. Ce soir, fête organisée par Jamel! Tout va bien.
Les jours passés, on me parlait italien. Maintenant, c'est en arabe qu'on s'adresse à moi. J'espère que je ne me ferai pas emmerder par les flics, en France!
DE LA NEIGE
Jeudi 10 février 2005
Rencontré des problèmes de mise à jour... pardonnez la rareté des infos!
Il a neigé sur Ouarzazate! C'est beau mais le résultat, c'est que le plan de travail s'est trouvé chamboulé. Du coup, je suis là jusqu'au 29 au lieu du 21! C'est long!
Vu des rushes très prometteurs. L'image est super. Il me reste à assurer.
Promenades en vue en attendant un grosse semaine de combats.
A très bientôt! Votre star Ouarz.
JE TOURNE… EN ROND
Lundi 14 février 2005
Normalement, à partir de demain, je n’arrête pas de tourner. Normalement…
Bon, ça y est, je me les suis fait les deux jours à Marrakech. Trop usine à touristes à mon goût ! Question de fric tout le temps. Arnaques, le plus possible. Mais sans doute n’étais-je pas dans les meilleures dispositions pour me laisser aller à la je-sais-pas-quoi-attitude. Non, vraiment, je préfère mon Ouarzazate et sa région. De bons moments, tout de même, en compagnie de Mathieu et de sa copine, venue passer deux jours.
Mais RAZ LE BOL du tourisme ! Je suis là pour BOSSER ! Avec tous les jours de repos en couverture qu’on m’a imposé, j’aurais largement eu le loisir de rentrer, ne serais-ce qu’un week-end ! Si je reste encore en stand-by, je garantis la grosse déprime.
AU COMBAT !
Jeudi 17 février 2005
On a enfin réussi à prendre la position ennemie au prix de quelques pertes, notamment le dévoué Ali !
Pas arrêté de courir avec le fusil, plonger devant les explosifs. Me voilà tout courbaturé et plein de bleus. Malgré l’intérêt limité des scènes de cette semaine, en terme de jeu, les journées passent incroyablement plus vite. C’est la semaine prochaine qu’on va attaquer de nouvelles séquences axées sur la comédie.
Rien de passionnant à raconter. Je suis le gentil acteur, toujours à l’heure, toujours dispo, prêt à tourner ou répéter, toujours en place, discret, aimable. Il va juste falloir que j’ai deux mots avec quelque membre de l’équipe qui a tendance à me considérer sous un mauvais angle. Dans ce milieu, comme ailleurs, si t’es trop gentil, t’es perçu comme faible. T’es pas respecté.
C’est un tournage difficile pour tout le monde.
JE SUIS LU !
Samedi 19 février 2005
Je suis fait ! Certaines personnes de l’équipe ont lu mon journal (et m’ont témoigné leur sympathie) !
Dernier samedi à Ouarzazate ! Ce soir, Melja-teuf. On a tourné cet après-midi le retour des soldats après la bataille. Ça semble simple à jouer. La fatigue, la lassitude, la marche au milieu de deux ou trois cents figurants. Mais les acteurs (moi compris) ont tendance, dans ce type de situation, à charger leur personnage de toutes les scènes qui ont précédé, de sorte qu’on ne voit qu’eux, figures habitées, tandis que les figurants marchent, simplement, tête baissée. J’ai essayé d’en faire le minimum, laissant travailler le cadrage. On verra bien…
Pas eu l’occasion de faire le point sur le sujet du respect. Ça se fera le moment venu, si nécessaire.
Je vais être à la fête pendant la semaine qui vient : scènes de jeu pas faciles qui vont me remettre à fond dans l’équipe.
Vendredi, on part pour Agadir pour des scènes de bateau. Et le 1er mars, JE RENTRE !
Ça va faire bizarre de quitter les techniciens marocains pour attaquer les Vosges, tant ils font partie du film qu’on est en train de faire. Cette mixité culturelle sur le plateau semblait nourrir le projet.
TOUJOURS MAROCAIN
Mardi 22 février 2005
Selon l’ancien plan de travail, je suis de retour. Mais je suis encore au Maroc pour une semaine…
Dimanche soir, Bernard Stora puis Frédéric Berthe m’ont appelé pour me proposer du boulot. Je ne pourrais pas tourner avec eux pour cause d’Indigènes mais leur fidélité fait plaisir.
Journée d’hier très bien passée. Je peine à aller chercher l’autorité froide et tranquille du père Martinez (vrai rôle de composition) mais c’est un régal de travailler sous la direction de Rachid. On y arrive, plan à plan.
A Ouarzazate ou ailleurs, c’est un plaisir de travailler !
REDITE
Mercredi 23 février 2005
La journée d'hier n'a fait que confirmer la précédente!
NON MAIS !
Paris, le 26 février 2005
Week-end à Paris ! Ces messieurs avaient reculé encore d’un jour mon retour sans me consulter (comme d’habitude). Ça m’a un peu énervé mais personne n’a vu d’inconvénient à ce que je m’éclipse avant de tourner lundi à Agadir.
Pour ce qui est de dire les problèmes, j’ai pissé dans un violon à Casablanca…
Ça fait du bien de rentrer !
JAMEL ?
Dimanche 27 février 2005
Ma moustache et mon bronzage agissent sur les autres comme un masque. On s’imagine que je trimbale mon personnage. Si vous me croisez, ne vous inquiétez pas ! Ce n’est pas le sergent Martinez qui est face à vous mais bien ma pomme, avec mes soucis, mes projets, mes bonheurs et pas ceux d’un pied-noir en 1944 !
Ce bref retour me fait aussi entrevoir que la question qu’on va me poser le plus souvent dans les mois qui viennent est : « il est comment, Jamel ? ». Alors, j’y réponds déjà pour les lecteurs : c’est un mec bien, drôle, généreux, un putain d’acteur. Comme il est à la fois acteur, un petit peu co-scénariste et co-producteur, il est hyper actif et sur tous les fronts. De sorte que j’ai peu le loisir de taper la causette avec lui. Vous savez tout !
Tout à l’heure, je m’envole pour Agadir.
FINI LE MAROC MAIS PAS LE FILM
Vendredi 4 mars 2005
Je crois que je ne choisirai pas Agadir comme destination de mes prochaines vacances. Il est vrai que nous y avons eu un temps misérable pour une cité balnéaire. Le tournage c’est quant à lui bien terminé sur un bateau militaire.
Retour à Paris, la vie normale reprend le pas. Famille, amis, rendez-vous, paperasse. Reprise le 14 !
Le tournage marocain aura été une riche expérience…
J’ai bien conscience que cette page est d’un creux de dix mètres.
PARIS, PARIS, PARIS
Mardi 8 mars 2005
Paris… On ne s’en lasse pas. En tout cas, pas quand on est un provincial qui a passé 6 semaines à Ouarzazate.
Depuis mon retour, un déjeuner agréable avec Philippe Ramos dont le film sera repoussé. C’est pas plus mal.
L’obtention du CNC pour le film de Philippe Fernandez qu’on tournera au mois d’août.
Deux castings, dont un…
Attente de nouvelles pour Expérience d’H. Angel.
Marie qui va jouer, demain, la première de La Fille Au Ruban Bleu au Théâtre des Abesses (Théâtre de la Ville) sous la direction mon futur successeur (j’étais parti longtemps).
Deux nominations (elles sont automatiques) aux Lutins du Court Métrage (15/01) pour Une Petite Note d’Humanité d’Emmanuel Gras et pour l’Age de Raison de Myriam Aziza (tous les participants aux films sont nominés !).
Je me félicite chaque jour de bosser sur des projets qui me passionnent. Malgré tout, un brin de blues et des inquiétudes sur la suite des événements. Je ne suis pas de ceux qui pensent que c’est arrivé. Le bonheur devrait pourtant pouvoir se goûter au présent ! Sans aller imaginer de futures reconversions…
L’APPARENCE DU CALME
Samedi 12 mars 2005
Pas d'actualité professionnelle en cette période de repos. Pas de réflexion philosophique, ni de crise existentielle. Le calme. Le repos.
Le film d'Hélène est repoussé à début juin, ce qui arrange tout le monde en m'enlève mes angoisses de chevauchement.
Demain, départ vers les Vosges pour la suite d'Indigènes. Amis lecteurs, vous aurez à nouveau à vous mettre sous les yeux (même si je me dois à une certaine discrétion...).
A la semaine prochaine!
VOSGES
Mardi 15 mars 2005
Vous êtes représentant en vêtements ? La vendeuse d’un magasin de fringues d’Epinal qui me lance ça me surprend car je suis en jean, pull et parka. En tout cas, ça l’étonnerait que je sois d’ici ! Bon… Je suis d’une grande ville et il semblerait que ça se voit. J’aurais pas cru. Je retire le qualificatif de provincial que je m’étais attribué l’autre jour !
Hier soir, à Luxeuil, petite ville thermale où nous logeons en partie, je me suis retrouvé à manger seul dans une pizzeria. Le patron, entre deux pizzas qu’il confectionnait avec méthode et amour, poussait la chansonnette pour l’assemblée avec son gros matériel karaoké. Aznavour, Ferrat, Bécaud, en jetant un oeil sur les commandes que sa fille posait sur le comptoir et sous le regard blasé de sa femme.
Et Indigènes dans tout ça ? On nous avait promis l’enfer du froid dans les Vosges. En réalité, on se trouve en galère à cause du beau temps ! Le plan de travail est une nouvelle fois chamboulé et s’improvise au jour le jour. Disponibilité totale en attendant les nuages. On est condamné à tourner des intérieurs qui étaient prévus plus tard. Mais que c’est bon, le printemps !
Difficile de trouver un cyber-café dans le bled. A Epinal, c’est pas mieux. Demain, comme je suis de repos, je
tente Besançon avec ma disquette en poche !
RIEN A DIRE
Mercredi 16 MARS 2005
Besançon, c'est très sympa!
IL FAIT TROP DOUX
Samedi 19 mars 2005
Dans les deux semaines qui viennent, je vais peu tourner. Avis aux amis parisiens !
La journée d’hier ne ressemblait en rien à celle d’un tournage dans les Vosges. Soleil et douceur en décalage complet avec le situation. On a grillé en quelques jours les « cover-sets » (journées de repli en cas de beau temps) qui valaient jusqu’à fin avril. Il faudra donc tourner la suite quelque soit la météo. C’est problématique pour l’image et la mise en scène mais il faut bien avouer que, de façon très égoïste, ça ne perturbe pas trop les comédiens : plan de travail plus facilement respecté et tourner au soleil est évidemment plus confortable…
UNE MULE RESTE UNE MULE
Mercredi 23 mars 2005
C’est à cause de la mule ! Oui, j’ai passé la journée de lundi sans tourner, si ce n’est en rond. Le cheval qui jouait la mule sensée me transporter en Martinez blessé n’a pas supporté mon poids et celui de mon contrepoids. Dès que je montais sur la nacelle fixée sur son dos, l’animal se rebellait. Impossible de tourner. En fin de journée, on a donc pris la décision de me renvoyer chez moi et d’aller chercher une mule à Beaucaire. On me rappellera dès qu’elle sera prête !
En attendant le domptage de l’animal rebelle, j’ai passé du temps avec Melja. Les fans viennent le traquer jusque sur le tournage. On en a surpris qui le photographiaient, planqués dans les bois. Un assistant est venu lui apporter un cadeau de leur part, accompagné d’une très jolie lettre. Comme il est sympa, il les a fait venir en acceptant de se plier au rituel de la photo. Et voilà la jeune fille qui se pointe, la bouche appareillée, flanquée de ses parents et de sa tante Jacqueline. Dans les deux phrases que la gamine rougissante parvient à prononcer, on comprend qu’elle a fait pareil avec Corneille (le chanteur, pas l’auteur dramatique !).
C’est un brin triste, d’être star… Que mon talent tout relatif me préserve du succès !
REMULE
Dimanche 27 mars 2005
Allo, tu tournes la 93 (la mule) mardi !
Dix minutes après : tu vas rire, finalement, on ne fait pas la 93 mardi. Tu reviens donc pour mercredi pour la 122!
Paul, mon plus jeune fils, est venu passer le week-end à Paris. On est loin d’Indigènes. Mais qu’on se rassure, j’en ai encore plein la tête, entre les téléchargements de logiciels et les balades. De toute façon, l’équipe est en week-end.
C’était juste quelques lignes destinées à prouver que le site est activé et mis à jour.
Cloches sonnent, sonnent, sonnent...
Lundi 28 mars 2005
Profitons de ce lundi de Pâques pour faire un petit point qui va au-delà d’Indigènes.
Ai-je dit que nous allions tourner au mois d’août un nouveau volet de l’œuvre de Philippe Fernandez ? Je joue pour lui le même personnage qui accompagne ses courts et moyens métrages depuis dix ans. Le dernier nous conduisit sur l’Ile de Pâques, justement. Il sera d’ailleurs projeté au MK2 quai de Seine début avril, dans le cadre d’une soirée Agence du Court.
Juste une vache, le joli court de Guy-Marie Lopez sera diffusé sur France 3 en fin de soirée du 1er mai dans le programme courts. J’ai vu le film ce week-end sur le dvd que m’a fait parvenir le réalisateur, le producteur trouvant trop chère une projection pour l’équipe parisienne. C’est rare.
L’Age de Raison de Myriam Aziza et Une Petite Note d’Humanité d’Emmanuel Gras n’ont pas été primés à la soirée des Lutins du court métrage. Ce qui ne les a pas empéché d'être primés par ailleurs.
Pas impossible que j’aille faire le présentateur au Festival de Contis qui fêtera ses 10 ans fin juillet.
Côté longs, pour Expériences, il faudra attendre le 8 avril la réponse de financeurs pour savoir si nous tournons en juin.
Cache-cache en est à la fin du montage son.
Idem pour Un An de Laurent Boulanger dont les producteurs ont peiné à financer la postproduction du film. Heureusement, Laurent a des amis ! Mais le pauvre ne devait plus en pouvoir d’attendre.
Marie qui joue au Théâtre de la Ville Abesses jusqu’à la fin de la semaine prochaine est appréciée des castings cinéma qui vont au théâtre. Trois rendez-vous directs !
CLEANT CHIRAC
Mardi 29 mars (début de nuit)
J'aurais pas dû aller au cinéma!
Je ne sais pas si vous avez vu les images de Chirac prenant son expression B28 en regardant les images du pavillon de la France à l'exposition universelle au Japon. Il nous la sort régulièrement cette expression de bon père de famille compatissant et offusqué par les injustices du monde. Quel piètre acteur ! (Bush est aussi très fort en B28!)
Hé bien, dans Million Dollar Baby, Cleant Eastwood joue comme Chirac !
Quant au contenu, ça ne m'étonne pas que les américains aient couronné le film. Les prolos y sont des enculés de parasites, les méchants sont tous blacks ou originaires des pays de l'est.
Mon Cleant est mort avec ce film. Il se portait déjà mal avec les précédents.
En conséquence, je voterai Non à la constitution européenne! (Rien à voir, je sais. Et pourtant...)
NOUVELLES DU FRONT
Jeudi 31 mars 2005
Hier, nous avons tourné une séquence avec Melja, très réussie. Et comme il s’agit de la dernière séquence du film concernant nos personnages, il aurait été dommage, plus que toute autre, de la rater…
Retour dans les Vosges, lundi, jusqu’à fin avril.
Coup de fil de Yves Caumon : le distributeur étranger est impressionné par Raymond. La musique de « Cache cache » est en train de s’enregistrer. Je suis content pour ma pomme mais je souhaite ardemment que, au-delà du personnage, le film emporte l’adhésion du plus grand nombre. Et ça, on ne le saura que lorsqu’il sera bouclé et projeté. Inch Allah !
Le même jour, une région de France va décider de donner ou pas une subvention à Indigènes et à Expérience. Si les deux pouvaient l’avoir !
Ne nous laissons pas berner... (allusion à l'actualité) (pour ceux qui ont du mal avec mon humour douteux)
DE QUALITE !
Lundi 4 avril 2005
Si vous voulez vérifier si « Connaissance de Monde » de Philippe Fernandez mérite bien la prime à la qualité que vient de lui décerner le CNC, vous pourrez assister à sa projection, au MK2 quai de Seine, le 12 avril à 20h30 !
Demain, je repars dans les Vosges pour Indigènes. Promis que je rendrais compte, dans ces colonnes, d’une journée de tournage. Sans doute celle de la mûle…
HUGUETTE
Mercredi 6 avril 2005
9h00 : Habillage puis maquillage. J’ai de la chance de n’être pas convoqué parmi les premiers !
9h30 : Rencontre avec Huguette, la nouvelle mule. Bien plus impressionnante que la précédente dont j’ai oublié jusqu’au nom !
Les premiers essais ne sont pas très concluants. Le harnachement a été fabriqué selon un vague soucis de ressemblance avec ceux utilisés au Maroc mais sa conception a été mal pensée pour la bête. Il produit une trop grande pression sur les flancs et près des pattes. L’animal n’apprécie que très faiblement d’être chargé de Martinez (moi-même) et de son contrepoids, sur le côté opposé. Frayeur. Va-t-on devoir à nouveau abandonner cette fameuse séquence 93 ?
Dès que je suis installé sur l’appareillage, la bête montre sa douleur avec une grande vivacité, me bringuebalant, peu fier de moi. J’ai alors en tête le gros plan classique de mon crâne venant heurter une grosse pierre au hasard d’une chute inévitable, tandis que la mule se serait emballé (Vous savez, ces plans que l’on trouve par exemple dans le dernier film de Cleant et comme on s’en fait tous, dans nos petites têtes trouillardes).
Un temps supplémentaire est accordé à Pascal, le dresseur, pour régler le problème. Pendant ce temps, l’équipe tourne une autre séquence avec les deux Samy.
En fait, c’est Huguette qui a fini par accepter de tourner dans ces conditions difficiles pour elle, sans qu’on ait trouvé d’autre solution pour lui rendre mon transport plus confortable. Et on parle d’un caractère de mule !
Melja a su la guider avec une maîtrise très professionnelle pendant la descente du chemin qui nous conduisait vers le village, sous le regard indifférent des caméras et inquiet de l’équipe. Quant à moi, j’ai oublié de me faire un mauvais film, me concentrant, entre « action ! » et « coupez ! » sur la douleur que devait éprouver mon personnage. Merci Huguette !
Dans le plan qui suivait, des villageois m’aidaient à descendre de l’animal pour me conduire dans une de leurs maisons. Facile !
En retournant vers les loges, les figurants dont c’est le dernier jour de tournage, me font signer des autographes et se font photographier à tour de rôle à mes côtés. « Je t’ai vu dans les Cordier ! » me dit l’un d’eux. Puis il lance aux autres «C’est Bernard Blancan !». ça sonnait comme s’il avait dit « c’est Depardieu ! ». Les autres n’ont pas moufté, par politesse. Peut-être l’un d’eux a-t-il compris Bernard Campan, dans l’enthousiasme du moment…
12h30 : déjeuner dans le car-cantine. Super cantine, entre parenthèse !
Vers quinze heures, sachant que je n’allais retourner que vers 18 heures, je me suis rhabillé et suis allé m’acheter des cigarettes à Bains-les-Bains. Il n’y avait pas les miennes. J’en ai donc pris d’autres ainsi qu’un « Monde » dont j’ai lu les titres en buvant un café, dans un hôtel thermal qui sentait un mélange d’eau de Cologne et de cuisine familiale. J’étais le seul client. Une fois servi, la patronne m’observait par-dessus ses lunettes en faisait semblant de relire le journal local. Elle aurait pu aussi bien observer les passants mais il n’y en avait pas. Ou bien s’occuper à passer un chiffon humide sur le comptoir et les tables, comme le font ses confrères en pareilles circonstances. Mais tout était déjà si propre ! Vieux, mais impeccable, le bar. J’étais presque gêné de fumer.
18h00 : On refait les plans sur Melja d’une séquence qu’on avait tournée dans un bateau à Agadir. Ils s’étaient avérés flous et ont nécessité que l’on reconstruise, en bois, une cabine à l’identique de celle que nous avions filmée. Je n’avais pour ma part qu’à donner la réplique.
20h23 : Retour dans mon studio-hôtel. Repas devant la téloche, vaisselle, téléphone, coup d’œil sur le nouveau plan de travail, relecture de la séquence de demain et écriture de cette page, histoire de tenir parole… et de tuer le temps qui est beaucoup plus long dans les villes thermales vosgiennes.
A petits pas
Samedi 10 avril 2005
Deux jours à tourner une séquence pas facile. Hier, le beau temps nous a obligé à de longues attentes. Ce matin, il neigeait.
Le travail sur Martinez est à la fois passionnant et stressant. Je ne sais jamais à l'avance ce qui va sortir, comment je vais procéder pour y arriver. J'y vais par petites touches, avec maladresse parfois, chaque prise apportant ses corrections.
Je sais qu'il devrait en être ainsi pour chaque rôle mais là, particulièrement, je ne peux pas m'appuyer sur de l'acquis ou du déjà fait. Je serai le premier spectateur du Martinez quand il sera imprimé sur pellicule. Suspense...
ça tourne !
Mardi 12 avril 2005
Peu de chose à dire, si ce n'est que tout se passe bien sur Indigènes (pour moi, en tout cas). Les scènes de jeu s'enchaînent, imprévisibles et réussies (me semble-t-il).
Je devrais avoir de bonnes nouvelles à annncer sous peu.
En revanche, Expérience se trouve reporté à une date ultérieure pour cause de financement différé. On contine à y croire!
BATAILLE DE PLATEAU
Mercredi 13 avril 2005
Hier, après que nous aillions joué une séquence avec Melja, je suis allé voir avec lui le résultat sur le combo. Ce qu’il faisait était tellement bien qu’il m’a ému aux larmes. Qu’est-ce que ça sera une fois monté et projeté sur grand écran ?!
Le tournage n’est pas fait pour autant que de tels moments. Il y a certaines choses que je brûle de raconter dans ces colonnes mais je touche là aux limites du journal : décider de ce que l’on peut livrer ou non en pâture aux lecteurs (mon audience est faible mais ne cesse d’augmenter).
Inévitablement, à un certain niveau, la caméra (la fabrication de l’image qui sera sur les écrans) devient un enjeu qui peut dépasser le strict terrain artistique. Le plateau devient alors un lieu de pouvoir à prendre, avec ses petites batailles. Une incessante lutte d’ego qui s’exprime souvent par de pauvres mesquineries.
J’étais plus coutumier des sphères artisanales, moins sujettes à ces écarts.
Rien de grave néanmoins dans tout cela. Indigènes est pour moi une sacrée aventure, jonchée de difficultés, sur des terrains inconnus, dans laquelle je n’ai pas le droit d’échouer. J’y apprends à assumer mes faiblesses, à trouver un peu de confiance, à affirmer mes choix avec, je l’espère, assez d’humilité. Pourvu que ce soit vrai… et que ça dure !
Pour juger de la réussite, il faudra attendre la première projection. Inch Allah !
FIGU
Samedi 16 avril 2005
Deux jours de séquences de figuration. La pluie est de retour. Mais tout va bien sur Indigènes.
Deux soirs de casino à Luxeuil. Le premier en bande, à la roulette. Très drôle. Même les croupiers plaisantaient. Gagné un peu.
Le second sentait le réchauffé dans une atmosphère beaucoup plus casino : joueurs sérieux, copains qui perdent, d’autres qui gagnent trop, d’autres encore qui jouent comme des idiots en expliquant leur méthode idiote. Perdu un petit peu.
Bilan : c’est assez chiant, le casino.
Dans dix jours, j’aurai peut-être une nouvelle à annoncer en caractères gras avec des points d’exclamation. Vous avez une idée ? Livrez vos hypothèses dans «vos commentaires ». La première bonne réponse recevra un DVD d’Indigènes, en 2007.
BENOIT
Non, Sonia, vous n'avez pas gagné le dvd! Mais merci pour votre participation!
La bonne nouvelle, ça sera pour le 26...
Indigènes, ça continue. Ce soir, il y avait une fête d'équipe pour le départ du second chef opérateur.
Rien à signaler.
EFFETS SPECIAUX
Mardi 20 avril 2005
Séquences en forêt minée. Ça pète de partout. Explosion à moins d’un mètre qui vous projette au sol, à moitié mort. Chair et sang qui jaillissent des impacts. Certains en réchapperont (Martinez ?). D’autres ne se relèveront pas.
Très impressionnants à l’image, les effets spéciaux d’SFX ! Et pourtant, tout se passe de la façon la plus rassurante possible pour les acteurs. Sécurité maximale. Ce qui n’empêche pas une grande poussée d’adrénaline à « action ! ».
Difficile en tout cas de ne pas penser à ceux qui sont tombés pour de vrai dans ces mêmes forêts vosgiennes.
LA FAMILLE
Jeudi 21 avril 2005
Cher Labiche,
La perspective de revoir ma famille est en effet une bonne nouvelle. Mais, utilisant ces lignes pour relater mes "aventures" professionnelles, il ne s'agit pas de ça...
Journée sans avoir tourné. Mais j'ai assisté à une grande séquence de Sami N ! On peut bien être spectateur, aussi! Demain, scène avec Samy B.
VOSGES
Samedi 23 avril 2005
On en a terminé avec la Haute Saône, on finit dans les Vosges (on est à cheval sur deux régions).
On a entamé le dernier quart d’Indigènes. Les doutes que je pouvais avoir sur Martinez (mon personnage) finissent par s’atténuer. On a encore réussi une belle scène, hier. Celles qui me laissent plus perplexe sont celles des premiers jours. D’autres, plus informatives, ne seront pas de grands moments de cinéma mais je n’aurai pas à en rougir. Les « stars » sont en train de nous faire un super film, je crois. Et j’espère bien y concourir avec un personnage qui, dans mon interprétation, avec ce que je renvoie malgré moi, se situe dans d’autres sphères que celles que laissait deviner le scénario!
Il y avait, hier, un transport de Martinez en mule, dans la forêt. Mais comme cette action était en second plan et afin de préserver Huguette, on a costumé un mannequin avec mes habits et mon casque (il ne s’agit pas de la belle scène dont je parlais plus haut !).
Sur un tout autre sujet, il me tarde de vous livrer la bonne nouvelle mais je n’en ai pas encore le droit ! Mardi…
Chance.
COLMAR
Lundi 25 avril 2005
On termine par des scènes pas simples en nuit. Pour rester zen, je suis allé faire un tour à Colmar. C’est joli, l’Alsace ! Ça ne m’étonne pas que les Allemands… Heu, j’ai rien dit !
Pour achever mon dimanche, j’ai gagné mille balles au casino. Globalement, je suis gagnant sur l’ensemble des fois où j’ai joué parce que mon sens de l’argent (valeur matérielle, part de réel) l’emporte sur celui du jeu (part de rêve, illusion).
Ça ne grandit pas beaucoup mon image, certes ! Un artiste qui se respecte devrait plutôt se perdre, emporté par la boule qui fonce dans le cylindre, se cogne, rebondit et échoue lamentablement dans une pauvre case numérotée qui n’en finit pas de tourner et sur laquelle personne n’a misé le moindre jeton.
J’ai pour ma part mis au point une petite méthode sans trop de risques qui, avec un peu de chance, permet de gagner à la roulette. Dès que j’ai amassé une somme honnête, je me dis qu’il faudrait être fou pour vouloir espérer mieux. Alors j’arrête. J’encaisse. Je n’oublie pas que j’ai eu de la chance. Et elle est trop rare, la chance, pour avoir l’audace de croire qu’elle sourit longtemps !
Savoir doser la part de risque pour avancer sans se casser la gueule, c’est souvent ce qui est difficile. Tu mises peu, sans ambition : au mieux, tu stagnes. Tu mises trop : tu flambes ou tu perds tout.
Je ne suis donc qu’un petit joueur qui se démerde! Vous appelez ça opportuniste ?
Demain, je donne la réponse au petit jeu de la bonne nouvelle.
CANNES : CACHE CACHE A LA QUINZAINE!
MOINE
Mardi 26 avril 2005
Hé oui, c’est ça la bonne nouvelle. « Cache-cache » de Yves Caumon sera projeté le 17 mai. Je suis plus qu’heureux de me retrouver à Cannes avec ce rôle de Raymond. Les gars d’ « Indigènes » ont eu l’extrême amabilité de me libérer le jour dit pour que j’aille remplir mes douces obligations sur la croisette (je devais tourner le 17 !).
Un peu jaloux tout de même de voir que, sur le site de la quinzaine, mon nom n'apparaît qu'en troisième place au générique. C'est vrai que je suis le moins connu et que l'on met toujours en avant ceux qui ont une chance de faire vendre.
En attendant, « Indigènes » continue et mon Martinez c’est pris une belle raclée par Abdelkader (Sami Bouaj.). Ce matin, je me suis réveillé plein de courbatures. Restent 2 nuits vosgiennes avec des séquences Martinez-Saïd (Melja).
MEA CULPA
Vendredi 29 avril 2005
Retour maison avant Beaucaire. Séquence Martinez-Saïd réussie!
Cabot malgré moi, j'ai été meilleur quand la caméra était sur moi. Ce qui devrait être d'ailleurs normal. Sauf que j'ai souvent constaté l'inverse me concernant.
A deux heures du mat, il y avait encore des gens avec leur enfant qui traînaient sur le décors avec stylo et papier avec l'espoir de soutirer une signature à Melja...
Le commentaire de Quiller me laisse pantois : "quel cinéma Narber Lemon!". Je me dis que, oui, ce journal, c'est du cinéma, du chiqué, de l'écriture à la limite de la sincérité, du truc qui se regarde et qui n'ose pas. Tout ce que je dédeste! Mais bon, je cherche, je continue, imparfait. L'autre jour, en relisant le texte d'une chanson que j'avais écrite quand j'étais ado, je me disais que j'étais très con à cette époque, limité, un peu bête. C'est drôle de retrouver comme ça des preuves matérielles de sa propre connerie. Mais à quelque chose, malheur est bon : la conscience de ses limites aide à l'indulgence.
A l'instant, je réalise que je viens sans doute de me faire une parano (nouveau flagrant délit!). Et si Quiller me demandait simplement dans quel cinéma sera projeté "cache cache"?
Je le dirai dès que je le saurais mais un petit tour sur le site de la Quinzaine devrait donner la réponse.
PREMIER MAI
Dimanche 1er mai 2005
Départ pour Beaucaire.
C’EST BAUX, LA PROVENCE !
Mardi 3 mai 2005
Tourner en jeep dans les chemins des Baux-de-Provence, il y a pire! Le chauffeur s'appelait vraiment Martinez et son père et son grand-père avait vécu la même histoire, depuis l'Algérie.
Déjà de retour à Paris jusqu'à la fin de la semaine pour une coupure qui va me permettre de passer du temps avec mes enfants avant de repartir jusqu'au 20 mai (fin du tournage).
Casting cet après-midi pour un rôle d'adjudant parmi des tirailleurs... On change juste de guerre. Et lui, il se contente de mener un peloton d'exécution. Si la présence de ce personnage se résume à cette scène, je ne suis pas certain, dans les circonstances actuelles, d'accepter. J'aurais l'impression de nuire à Martinez. Position délicate qui peut donner l'impression que je me la pète. Mais je préfère m'amuser avec des rôles qui ne se résument pas à une gueule de méchant, même dans des courts métrages pas payés. En tout cas, j'y vais. On verra bien!
Demain, j'aurai plus d'éléments sur "Cache cache" à Cannes.
Les régions changent mais je suis toujours épaté par la figuration : patiente, joyeuse et impliquée.
DU CINEMA, DU VRAI !
Mercredi 4 mai 2005
Vu « Cache cache » en projection de presse : un super film ! Si, si ! Un film qui ne ressemble à aucun autre. Un film surprenant, qui nous trimbale de la comédie à la tristesse en passant par la poésie et la peur. Un film intelligent, simple et sensible qui fait plaisir à voir. Un film qui marque. Totalement inattendu. Mes compagnons de jeu (Lucia Sanchez et Antoine Chappey) sont supers. Les enfants sont craquants. L’image est belle. Le chien assure comme une bête. La musique déchire.
Quelques avis :
Hugo (mon fils aîné) : c’est ton meilleur rôle ! Le film est super !
Une dame : Super film. Et sinon, vous êtes comédien ?
NOGA HILTON
La projection de "Cache cache" aura lieu le 17 mai à 19h au Noga Hilton.
DIRECTION, LE SUD !
Samedi 7 mai 2005
Retour en Provence demain pour la dernière ligne droite d'"Indigènes".
Excitation mélangée du tournage et de la perspective de "Cache cache" à la Quinzaine.
Si vous avez suivi mon journal, vous savez que j'étais allé une première fois à Cannes avec "Amour d'enfance" de Yves Caumon (qui avait eu le prix Un Certain Regard). Ca avait été une expérience très particulière. Je me sentais plus que largué dans cet univers. Plus de repères. Le paysan qui débarque à New York avec son tracteur!
Je m'y étais invité l'an dernier dans la sélection officielle pour "Comme une Image" et je ne m'étais jamais autant senti intrus (d'autant que mon rôle avait été plus que coupé au montage et qu'il ne justifiait en rien que je fasse le déplacement).
Cette année, c'est la Quinzaine, avec quelque chose à y faire... Le journal promet d'être nourri.
INDIGENES DE LA REPU
Mardi 10 mai 2005
Vacances provençales. Après avoir tourné hier une séquence en un jour au lieu de deux, je me retrouve en repos. Petite escapade aux Baux de Provence. Village pittoresque, carcasse de pierre vide que foulent les touristes grisonnants, parasitée par des crêperies et autres boutiques à santons. Je me suis donc acheté un sandwiche fort petit et fort cher que je suis allé manger seul sur les hauteurs voisines.
Sur le tournage, les badauds, de plus en plus nombreux et bruyants, sont contenus derrière des barrières. Presque une foule.
Au fil du tournage, j’ai eu l’occasion de parler de la période historique avec différents témoins vivants, des passionnés et quelques historiens.
Avant de faire le film, je savais que les goumiers et tirailleurs avaient été oubliés par l’Histoire. Je me rends compte désormais que je suis loin de connaître la réalité historique mais que celle-ci est très éloignée de tout ce qu’on a pu m’apprendre et de ce que racontent les gentils films de guerre.
Les nazis étaient des monstres, ça on le sait et on fait bien de ne pas l’oublier pour que plus jamais des guignols de leur engeance viennent à prendre le pouvoir. Mais ne cachons pas tout le reste sous cette triste évidence !
Est-ce que les Anglais n’ont pas été les seuls à continuer à se battre contre les Allemands quand les français, dans leur écrasante majorité, avaient baissé les bras (ou les avaient levés) ?
Est-ce que la guerre n’arrangeait pas les riches patrons (les 200 familles) quand la France était dirigée par le Front Populaire ?
Connaît-on la proportion des combattants d’Afrique dans les troupes de libération ?
Sait-on combien d’entre eux qui voulaient rentrer chez eux à la libération et que l’armée préférait envoyer en Indochine, sont tombés sous les balles françaises ?
Se souvient-on que les américains avaient imprimé des dollars français et comptaient administrer la France (merci De Gaulle !) ?
Se souvient-on que ce même De Gaulle a empêché goumiers et tirailleurs de défiler pour la libération (sous prétexte qu’ils avaient été équipés par les américains)?
Sait-on combien de personnes ont été victimes des purges à la fin de la guerre ?
Bref, pas mal d’éléments qui contribuent sans doute à donner du Français l’image d’une grande gueule un peu creuse et d’un donneur de leçon qui ferait bien de la fermer !
J’ai comme l’impression qu’à sa sortie, Indigènes peut avoir son importance dans l’évolution des mentalités. Inch Allah !
En attendant la nuit
Tournage nocturne aujourd'hui. Martinez va danser avec des marseillaises!
En attendant, petit passage à Avignon. Achats vestimentaires pour Cannes.
C'est plus calme que pendant le festival, évidemment, mais c'est déjà plein de touristes. On se sent avant tout client. Le moindre serveur est bilingue.
Le mien m'a parlé en français mais il m'a apporté le plat avant que mon entrée soit terminée. Il faut faire tourner les tables!
Il est loin le restau des Vosges où le patron poussait la chansonnette entre deux pizzas! Avignon, à côté, c'est un peu comme Marrakech par rapport à Ouarzazate! Je vous raconte pas Cannes...
LA MOUSTACHE
Tellement impatient de Cannes que je suis resté dans le sud en attendant lundi (j’aurais pas dû mais je ne savais pas).
Indigènes touche à sa fin. La séquence de danse avec les "Marseillaises" s'est bien passée. Rachid aurait aimé que Martinez danse comme là-bas. Comme il me l'a dit, il aura 3 secondes utiles. Il faut dire que je bouge pas vraiment comme là-bas. Mais comme Martinez n'est pas le mec le moins coincé...
Je ne supporte plus du tout mon apparence physique : cheveux courts et moustache. C'est un mec qui m'est antipathique que je croise dans les miroirs. Plus qu'une semaine! Très, très heureux tout de même de cette aventure!
LEMMING
Dimanche 15 mai 2005
Parenthèse : Pourquoi peintres, plâtriers, mécaniciens sifflent-ils en travaillant ?
Très agréable ballade, hier, en suivant les sentiers balisés en rouge et blanc des Alpilles, sur les hauteurs de Saint-Rémy. Plaisir simple d’atteindre des paysages que l’on apercevait au loin, au seul moyen de ses jambes.
Plus tôt dans l’après-midi, j’étais allé voir « Lemming » de Dominique Moll.
Dans une existence, quelques livres, disques, spectacles, concerts, films vous bouleversent et semblent vous transformer. Ils éclairent votre vie. Ils en est aussi qui vous permettent de comprendre des choses que vous pressentiez à peine, ils les expriment pour vous et vous vous appropriez cette expression. De telles prises de conscience (ou d’inconscience), par le biais d’objets artistiques sont rares et ne sont pas toujours des révélations qui vont vous changer positivement.
« Intimité », de Dominique Moll racontait un couple en déliquescence. Ce film eut sur moi l’effet d’un miroir sur le couple que je vivais à l’époque. Film très réussi par ailleurs, il fut pour moi un choc très intime. A travers lui, c’est mon couple que je voyais. Et ça faisait mal. Ainsi, le Lemming (petit rongeur, pour ceux qui n’ont pas vu le film) étaitentré et peu de temps après, la séparation, la vraie, était enclenchée.
Quelques années plus tard, Dominique Moll, encore, m’appelle pour me proposer de passer des essais pour « Harry, un ami qui vous veut du bien ». En lisant le scénario, j’ai la certitude que le film va cartonner.
J’ai passé les essais avec Lucas Belvaux qui était pressenti pour jouer l’autre personnage masculin. Cette séance d’impros filmées n’a pas été très concluante. J’ai été assez mauvais, il faut bien admettre. Mais il faut dire qu’auparavant, j’avais eu le tort indéniable de raconter à Dominique les effets qu’avait eu sur moi son premier film. Dès lors, le climat de cette séance fût assez particulier. Outre ma trouille d’échouer qui me rendait mauvais, je sentais bien un Lemming entre nous.
J’ai appris par la suite qu’il avait été choqué à l’idée que ces films puissent avoir une incidence sur la vie des spectateurs.
Au-delà de mon évidente maladresse, je continue de penser que c’est la moindre des choses, sinon à quoi sert-il de peindre, écrire, jouer ?
J'avais alors écrit une lettre à Dominique, à laquelle il avait répondu par un coup de fil sympa destiné à relativiser tout ça.
Qu’on se rassure, « Lemming » n’a eu aucun effet sur moi. Je n’ai vu pour ma part qu’un exercice de style pas très convainquant (ça n'engage que moi!). J'ai trouvé la mécanique très visible et ne suis pas parvenu à me laisser émouvoir, à entrer vraiment dans le film (sauf pour le cauchemar de l'invasion).
Heu… j’avais adoré Harry !
CACHE-CACHE
17 mai 2005
Projection très émouvante de "Cache cache". L'accueil du public est chaleureux. On se prend à envisager la possibilité que le film marche. On sait bien qu'un succès, même petit, tient à peu de choses qui nous échappent totalement. Mais Cannes, c'est aussi fait pour rêver!
En attendant, on va voir à quelle sauce la presse va nous manger.
Fier, en tout cas d’être de ce film. Très gentils retours de spectateurs.
Mal à la tête et aux pieds. Suite plus détaillée demain...
CROISETTE
Mercredi 18 mai 2005
Petit compte-rendu cannois.
Tout à commencé comme d’habitude : on m’a dit Tu dors au Palm Beach ! Alors, je suis allé demander ma chambre au célèbre casino du même nom. La caissière a eu l’élégance de ne pas rire !
L’hôtel, le vrai, à quelques rues, était très modeste. Il s’était juste offert ce nom par humour, à moins que ce ne soit pour faire genre et tromper le chaland qui réserve sur internet.
Soirée du lundi avec Yves, mes amis comédiens et producteurs, l’attachée de presse.
Au signal de la dispersion, avec Antoine (Chappey) on s’est essayé une fête à la plage TPS. Je devais y retrouver une directrice de casting, amie de mon agent. Pas trouvée. La fête était pleine de gens qui cherchaient des directeurs de casting, des producteurs et autres réalisateurs mais qui ne semblaient pas beaucoup s’amuser. Nous non plus, d’ailleurs. A tel point qu’on a achevé ce premier soir au casino.
Par l’effet conjugué d’une chance inouïe et d’un chèque impayé, ma carte bancaire s’est avérée bloquée. J’ai regardé jouer mon pote qui m’a assez vite renvoyé dans mon hôtel sous prétexte que je ne lui portais pas chance. J’étais bien d’accord avec lui ! Et je suis rentré au mini Palm Beach.
Mardi matin, j’avais monté le réveil de mon portable afin de régler mes histoires bancaires avant de me rendre à la conférence de presse de Cache-Cache. Difficile de vivre en effet à Cannes sans Visa ! Problème réglé après moult coups de fils et un virement par internet.
Conférence bon enfant. Plutôt une rencontre avec le public.
Repas avec équipe. Séance photo sur la terrasse de Noga. Gros orage. Juste le temps d’aller me changer entre deux averses pour me rendre à un pot de l’APCVL (Centre, Val de Loire) et à la projection publique du soir. Plaisir de retrouver Gaël, Eloïse (les enfants du films) et leurs vrais parents, ainsi qu’une partie de l’équipe du film.
La salle de la Quinzaine est grande (800 places). Même pas eu peur de monter sur scène pour la présentation !
En revanche, quand on a pris place parmi le public et que la projection a commencé, j’étais davantage tendu. Je suis moins entré dans le film que la première fois, guettant les rires, mesurant les toux, lançant des regards assassins sur la porte, dès lors qu’elle s’ouvrait pour laisser s’échapper un festivalier pressé de ne pas rater la soirée de Michel, espérant y recroiser la jeune Sonia et Jeff Machin, ce producteur Australien à qui il avait oublié de laisser sa carte.
Malgré ces stress, le film a tout de même fini par m’emporter jusqu’à l’émotion des dernières scènes. Quand la lumière s’est rallumée et que la salle nous a gratifié d’applaudissements longs et nourris, nous étions tous rassurés et heureux. Très heureux, même.
Aujourd’hui, je suis resté pour quelques interviews télévisuelles (j’ai été très mauvais pour Canal et acceptable pour CinéCinéma, la RTBF et une télé canadienne). A quatre heures, je reprenais le chemin de Beaucaire pour aller y terminer Indigènes.
Toujours pas de papiers dans la presse. On attend le verdict journalistique. Peut-être faudra-t-il attendre encore jusqu’à la sortie du film. Mais on s’est déjà payé un beau moment de bonheur. Ça, c’est fait ! (comme ils disent)
INDIGENES, C’EST FINI !
Samedi 21 mai 2005
Pour Cache Cache, pas grand-chose dans la presse, pour l’instant. Dans Libé, Péron a bâclé un papier méchant (comme il sait le faire dès que ça sort de la branchitude parisienne) et le Monde ne s’est pas trop fendu. On attend la suite. Mais les retours directs sont plus que sympathiques et dépassent la simple politesse.
J’informerai de la projection parisienne dans les jours qui viennent (Forum des images).
Indigènes s’est terminé de façon très émouvante. Ce tournage difficile s’est fait avec beaucoup d’attention, de respect et de sympathie à mon encontre. Reconnaissance à Rachid et Tessalit !
Il semblerait que le film soit porteur d’un gros potentiel. Ce qu’il raconte est un point essentiel de notre histoire enfouie (sans polémique). Il pourrait naître un vrai débat autour de ce film.
Jamel est aussi très investi et attendu dans ce projet. Ce que j’en ai vu est largement à la hauteur de cette attente.
Le résultat artistique naîtra d’une longue période de montage mais on sait déjà qu’il y a une matière première (rushes) très intéressante. Notamment, très belle image de Patrick Blossier. Et Rachid Bouchareb a déjà montré ses qualités de réalisation.
De façon plus personnelle, c’est une chance incroyable d’avoir été de cette aventure. D’abord, ça a été tout simplement une longue période de travail (ce qui n’est pas rien dans le contexte). Les rencontres n’ont pas manqué. J’ai appris, au long de ces quatre mois, beaucoup de l’Histoire, de mes compatriotes, du métier… J’en sors changé.
Les effets d’Indigènes sur mon avenir professionnel dépendent maintenant du succès du film mais aussi de la réussite de mon Martinez. Et là, c’est une totale inconnue. Jamais je ne me suis senti moins sûr de moi qu’au début du film (je suis pourtant assez fort en doute). J’ai le vague sentiment d’être parvenu à camper un personnage assez éloigné de celui qui se dessinait dans le scénario mais je n’ai aucun recul me permettant de porter un jugement objectif sur le résultat.
On l’aura compris, j’ai quelques mois pour savoir ce qu’il adviendra de mon sort d’acteur.
Sans attendre, je vais me remettre au plus vite au travail.
PLUS DE MOUSTACHE !
Lundi 23 mai 2005
Après six mois d'obligation, j'ai rasé ma moustache à 11h16 !
La projection de "Cache cache" aura lieu le mardi 31 mai à 21h au Forum des Images.
RETOUR ENCOMBRE
Jeudi 26 mai 2005
Je n'ai pas pu m'empêcher d'envoyer un mail à Libé. Il a dû se noyer dans la masse des spams.
Emploi du temps de ministre, plein de contingences matérielles inévitables après 4 mois d'absence.
Passé deux castings aujourd'hui. L'un pour un rôle de filou pas très futfut et un pour un père de famille aux prises avec son ado de fils. Deux registres opposés. Amusant.
Cache-cache passe le 31 mai au Forum des Images(21h) mais aussi samedi qui vient à 16h.
Week-end
Avant de partir en week-end familial, j'ai fait une procuration pour votrer NON.
NON
Lundi 30 Mai 2005
Hé bé, c'est non...
Content d'avoir gagné. Mais gagné quoi? Sarkosi, Villepin? C'est Chirac qui décide. Il n'y a pas une pétition, quelque part, pour une dissolution ?
Revenons au professionnel! Mon agent s'est séparée de son associée pour monter sa propre agence.
Je commence à travailler pour mon projet théâtre 2006 (comme si, en écrivant ceci, je m'obligeais!).
Demain, que ceux qui viennent, viennent au moins à 8 heures et demie!
A Bordeaux, le Monsieur de l'Utopia est venu me saluer à sa terrasse pour me dire que Cache Cache l'intéressait.
UNE BIEN TRISTE HISTOIRE
Lundi 30 Mai 2005
Avant de partir en tournage à Djibouti, j’avais fait l’acquisition d’un merveilleux petit appareil photo numérique, cinq millions de pixels, optique Leica, un grand écran permettant un visionnage de haute qualité. Je l’utilisais immédiatement pour faire des photos de figurants, façon d’alimenter mon ex-projet de documentaire et de satisfaire mon plaisir de portraits, de capturer des gueules et tout ce qu’elles racontent.
Armé de ce petit bijou, je continuais ce « travail » sur Indigènes, à Ouarzazate. Jusqu’au jour où… patatras ! l’écran s’est fendu.
De retour en France, avant d’attaquer les Vosges, je fonce dans le magasin à l’enseigne célèbre pour faire valoir ma garantie et obtenir la réparation ou le remplacement de mon appareil. Manque de chance, l’écran n’est pas couvert par la garantie. J’aurais dû souscrire une assurance supplémentaire. Je trouve ça très fort ! La garantie couvre tout sauf ce qui risque de ne pas marcher !
Excédé par une telle injustice, une fois n’est pas coutume, je décide de monter mon arnaque du siècle. Je rachète le même appareil et prends l’assurance supplémentaire. En renvoyant l’imprimé à l’assureur, j’inscris le numéro de l’appareil défectueux à la place de celui que je viens d’acquérir en remplacement. Je n’aurai plus qu’à attendre quelques semaines et revenir au dit magasin, armé de mon appareil et de mon assurance.
Je suis, par principe, opposé à ce type de tricherie, légaliste à l’excès, déclarant mes impôts au centime, pas « français » pour un sou. Mais là, j’ai considéré qu’il s’agissait de légitime défense.
Cet après-midi, je me suis présenté au service après vente du magasin en question avec appareil, emballage, garantie et assurance. Beaucoup de monde. Je prends le numéro 52 au distributeur d’ordre de passage tandis qu’un panneau lumineux m’indique que le 26 est invité à se présenter au comptoir.
Alors que je reste planté un moment à l’entrée, mon ticket dans une main, mon appareil dans l’autre, me demandant si j’attends là ou si je vais faire un tour, un jeune homme dont le gilet m’indique qu’il travaille dans le magasin, m’aborde : « Vous êtes comédien ? » Je réponds dans l’affirmative. Pourquoi nier ? Il m’apprend que sa mère est aussi comédienne et qu’elle a tourné avec moi, il y a quelques années. Il me demande quel est mon problème. Je lui montre l’appareil. Pas de problème, me dit-il. Et me voilà transformé, par la magie du cinéma, en numéro 27.
Au comptoir, je déballe l’appareil, je sors la facture. Lui, entre mon nom sur l’ordinateur et tape une référence sur la facture. Ça va être rapide, m’assure-t-il. Il semble connaître parfaitement son métier. Je le sens très à l’aise dans cette activité. Il m’indique qu’il faudra que j’envoie le devis qu’il va me faire, à l’assureur.
C’est à cet instant que tout bascule.
Il regarde l’appareil. Il le retourne. Lit le numéro. Lit ce que lui affiche l’écran de son ordinateur. Marmonne « il n’y en a pas deux ! ». Moi, je sais bien qu’il y en a deux, appareils, mais ne peux rien dire. Il farfouille encore puis disparaît dans l’arrière boutique avec mon appareil. Il revient cinq minutes après. « Je ne peux rien faire ! ». Il faut appeler l’assureur d’abord. Parce que là, il y aura litige. Je n’en demande pas davantage. Je remballe l’appareil, je remercie le jeune homme et m’en vais sans demander mon reste.
Un brin honteux, je sors du magasin à la prestigieuse enseigne.
Pris de remords, je décide, un bon quart d’heure après, de retourner au magasin afin d’y retrouver le jeune vendeur. Je vais tout lui avouer ! Je m’en veux de ne pas l’avoir mis dans la confidence alors que, lui, s’était précipité pour me rendre service, sous le seul prétexte que j’avais joué dans un film avec sa mère. A lui, au moins, je me devais d’être honnête ! Il m’aurait dit facilement « lâche l’affaire, t’es cerné ! » ou mieux encore, il m’aurait indiqué la meilleure marche à suivre pour avoir quelque chance de réussir mon escroquerie, acceptant volontiers de se rendre complice de ce menu larcin. Au lieu de cela, le pauvre avait dû avoir devant les yeux les preuves de ma pauvre machination dont il aurait été une victime indirecte, alors même qu’il me tendait la main !
A nouveau dans le magasin, je me mets en quête du jeune homme. J’en vois plusieurs qui lui ressemblent mais ne parviens pas à le reconnaître formellement. J’hésite sur un d’entre eux mais suis assez vite obligé d’admettre qu’il ne s’agit pas de la même personne. A un autre étage, il me semble le reconnaître. Il est en discussion avec une cliente qui, à en juger par le ton et le temps de l’échange, serait plutôt une amie. En attendant qu’ils en finissent, j’observe le vendeur et plus le temps passe, plus je le reconnais. Mais en fait, je peux très bien avoir cette sensation à force de le regarder. Il me devient familier. Forcément.
Au bout d’un long moment, le couple se sépare et le vendeur vient vers moi. Je lui souris assez niaisement sans doute. « Vous voulez un renseignement ? » Rien en lui ne témoigne que nous avons eu, il y a peu de temps, un échange au sujet d’un appareil photo à l’écran défectueux. Il avait bien vu, en revanche, que j’étais resté là, planté, le regardant parler avec sa copine, indiscrétion insistante qui n’avait pas dû lui plaire. A sa question, je réponds négativement et repars définitivement du magasin.
En écrivant ces lignes, je me dis qu’en fait, quand le vrai vendeur a disparu dans l’arrière boutique, tandis que j’étais au comptoir avec lui, c’était en fait pour montrer l’appareil à un technicien. Sans doute celui-ci lui avait conseillé de passer d’abord par l’assurance (pensant sans doute que l’écran ne serait pas forcément pris en charge). Il y a en fait toutes les chances pour que mon « arnaque » marche.
Voilà au moins un exemple de l’utilité de ce journal : mettre à distance les tergiversations de mon esprit alambiqué. Et, je l’espère, vous donner une occasion de sourire.
CRAMPONNE AU SIEGE
Mercredi 1er juin 2005
Hier, projection de Cache cache. Une salle peu remplie mais avec pas mal d’amis. Le pire ! Dès le générique, mon ventre s’est noué, je me suis accroché aux accoudoirs que je n’ai pas lâchés. Au lieu de voir le film, j’ai passé mon temps à me faire toutes les critiques que pourraient faire les copains. Et je n’ai pas été avare sur ma personne. Quand les lumières se sont rallumées, j’ai eu peur de me faire lyncher. Qu’est-ce qu’on est bête, quand on est acteur !
En fait, les retours ont été très positifs. Y compris me concernant. Malgré tout, il m’a fallu pas mal de temps pour parvenir à me détendre et accepter tout ça. Une spectatrice m’a définitivement rassuré en énonçant à son compte, point par point, tout ce pourquoi j’aime ce film.
Bien sûr, il y avait aussi des réserves. Mais l’alchimie entre un film et un spectateur est trop complexe pour envisager faire l’unanimité. Les qualités pour les uns sont des défauts pour les autres. Tel acteur est extraordinaire pour certains et déplait à d’autres.
Pour ma part (hors mis le regard maladivement critique que je peux porter sur moi) j’aime vraiment beaucoup ce film. Il ne vous reste qu’à le voir. Sortie fin 2005, début 2006 !
Petit à petit, je sors de la bulle « Indigènes » dans laquelle je m’étais enfermé. Je retrouve mes envies d’écriture, de lecture et me suis même remis à la musique. Il vaut mieux car en février 2006, je dois monter mon spectacle à Bordeaux : Scopitone !
Merci à ceux qui sont venus hier soir !
SAISON DES PROJOS
Samedi 4 juin 2005
Passé un casting, hier, pour un moyen métrage. La dame m'a vu, m'a filmé en train de bouger et me rappellera. Je n'en sais pas davantage.
Quelques témoignages sympas de la projection de Cache cache.
Demain, je vais voir "la maison de Nina" du regetté Richard Dembo. La mort a emporté le réalisateur avant qu'il ait terminé le montage. Je l'ai peu connu mais j'avais été ébloui par ce monsieur passionné et d'une rare gentillesse. Il avait réalisé "La diagonale du fou". Agnès Jaoui tient un des rôles principaux dans ce film qui met en scène des enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale. Je n'y fais, pour ma part, qu'une toute petite chose, un rôle minuscule de colabo mais j'ai hâte de voir ce film.
Lundi, projection de "La ravisseuse" (ex "De Pofundis") d'Antoine Santana.
LES JOIES DU RETOUR…
Mercredi 8 juin 2005
Les longues absences génèrent, à l'endroit dont on s'est éloigné, des changements qu'il faut du temps à percevoir, des dégâts qu'il faut réparer, des accumulations de choses à faire et qu'il faut bien se résoudre à aborder. Beaucoup de temps et d'énergie qui empêchent le train-train de s'installer.
Les castings que j'ai passés semblent pour le moins positifs. Il va déjà falloir jongler avec les dates!
J'en dirai plus sur le dernier point dans les jours qui viennent!
EN ATTENDANT
Samedi 11 juin 2005
Désolé de ne pas alimenter davantage le journal mais des événements qui ne concernent pas cet espace (dédié pour l'essentiel au "professionnel") ont occupé une grande partie de mon temps.
Très prochainement, un compte-rendu des projections et le résultats de l'avancée des tournages de l'été. Si ça se trouve, étant donné les plannings et les négociations, il n'y en aura qu'un.
La semaine qui vient s'annonce assez chargée, puisque j'ai aussi une cession de travail à Bordeaux pour mon projet musico-vidéo-théâtral SCOPITONE.
D'ailleurs, s'il y en a qui touchent en Pro Tools, un cours particulier en accéléré serait le bienvenu!
Du 20 au 27, je pars en vacances!!!!
BEAU MAIS FRAIS LE MATIN
Mardi 14 juin 2005
La semaine dernière a eu lieu la projection de « La maison de Nina » de Richard Dembo, avec Agnès Jaoui. Difficile de dire quelle part d’émotion naissait du film lui-même et du fait de la mort récente de son auteur.
Je n’ai pas pu assister à celle du film d’Antoine Santana (projection technique destinée aux acteurs).
Ce soir, je vais voir « For intérieur », le court métrage de Patrick Poubel que nous tournâmes sur l’Ile de Ré.
Je suis invité à faire partie du jury du festival de Moulin dont « Cache Cache » fera l’ouverture au mois d’octobre.
Concernant les tournages, j’ai été pris sur un téléfilm pour Arte qui se tourne au mois d’août. Philippe Fernandez, avec qui je tourne aussi sur la même période est prêt à me libérer pour les 3 dates. Mais j’apprends que le salaire que l’on me propose est inférieur à celui que je percevais quand il m’arrivait de faire une panouille dans des téléfilms bordelais, il y a dix ans. Mon agent ne signera pas !
Demain, casting pour un film produit par Besson. On ne sait pas de quoi il s’agit ni qui réalise…
CA VA !
Mercredi 15 juin 2005
J’ai assisté hier à la projection de « For Intérieur » de Patrick Poubel. Un très joli petit film de huit minutes avec le petit frère de Mathieu Simonet (mon pote de Ouarzazate), Bernard Aller et Natalia Dontcheva. C’est elle qui m’avait présenté au réalisateur pour jouer son mari. Nous nous étions rencontrés sur « Un an » de Laurent Boulanger (film encore en cours de finition !). A la lecture du scénario, il était difficile d’imaginer le résultat. Hé bien, il est là et bien là ! Très belle image de Carlo Varini, acteurs bien filmés, bande son et montage malicieux, musique à sa place. Inutile de faire le poli ou d’user du maximum de diplomatie pour dire une partie de ce que l’on pense sans blesser personne. On sort de la projection avec la banane.
A bordeaux aujourd’hui pour trouver un appart à mon fils, honorer un rendez-vous professionnel et travailler à Scopitone avec Philippe Lespinasse.
Vendredi, retour pour deux rendez-vous importants : un super rôle (pas un gentil, encore!) dans une magnifique pièce qui va se jouer plusieurs mois dans un théâtre parisien et un entretien pour un rôle dans un film de Salvadori.
Les enjeux sont de taille. J’ai la pression !
JE ME VOYAIS PLUS JEUNE…
Vendredi 17 juin 2005
Je sens que je vais en faire bondir… mais la super pièce que je pourrais jouer me bloquerait deux ans. Répés en septembre puis en novembre décembre. La pièce se jouerait de janvier à décembre puis en tournée. En sortant, j’aurai 49 ans ! Et dans ce cas, je dois renoncer à mon projet de Bordeaux (sur lequel on a bien avancé avec Philippe), aux films d’Hélène Angel, Philippe Ramos, Jean-Claude Janer, à la sortie d’Indigènes. J’ai une semaine de vacances pour réfléchir mais mon choix semble évident, ce soir.
Concernant le casting pour Pierre Salvadori, j’ai appelé sa script (une super copine) ce matin. Elle était étonnée que j’auditionne pour ce rôle car le personnage est un vieux qui vit avec une jeune. Quand j’ai dit au directeur de casting que j’étais trop jeune pour le rôle, il n’a pas du tout été convaincu par mes arguments. Ça vous mettrait presque une claque ! L’essai c’est super bien passé. Le directeur de casting que je ne connaissais pas avait l’air très content. En tout cas, il était très sympa. Je suis ressorti du bureau joyeux. Sans illusion mais joyeux.
LA PELLE DU 18 JUIN
Dimanche 19 juin 2005
J’ai fait le malin, hier. A 11h30 j’étais à la projection d’équipe de « Cache cache », disant coucou aux présents et je m’éclipsais avant le début pour aller à celle de « Mâtines » d’Annick Raoul. « Mâtines », j’ai bien aimé la réalisation mais j’ai finalement été peu touché par le film. Je n'y fais qu’une toute petite apparition mais suffisante pour me trouver mauvais sur la moitié. Mais bon. L’idée tient la route, c’est à la fois drôle et angoissant. A voir!
A peine la lumière rallumée, je fonçais pour être à la sortie de « Cache cache ». Retours chaleureux. Philippe Ramos était là, me disant qu’on irait peut-être tourner en Suède. Stéphane F. était là aussi. Il m’a félicité et m’a demandé si j’avais rencontré la metteur en scène du fameux spectacle. Qu’est-ce que je vais faire ?
Pour commencer, je vais préparer mes bagages pour une semaine de soleil et de mer !
VACANCES FINIES
Mardi 28 juin 2005
La Crête est défigurée par le tourisme (à part quelques rares coins que je garderai secrets!).
Passé, cet après-midi, un casting pour jouer un commissaire gros, moustachu, vulgaire et misogyne, âgé de 55 ans, pour un réalisateur qui affectionne le documentaire-fiction. Je ne suis pas certain que le directeur de casting montre mes essais...
EN COLO !
Samedi 1er juillet 2005
Deux jours passés près de Rouen, sur le tournage d’« Un été à roulettes » de Fabrice Tempo. Premier long métrage qui se tourne avec le financement d’un petit moyen.
Je suis parti sans avoir eu un seul coup de fil de l’équipe, sans avoir reçu le moindre document contenant le titre du film, le nom du réalisateur et le téléphone du moindre stagiaire. J’avais quand même eu le scénario !
C’est une des comédiennes du film qui m’a véhiculé de Paris au gîte. On est arrivés à 22h pour tourner le lendemain. Début d’aventure inquiétant…
Mais une fois sur place, ce qui se passe sur le plateau est au moins amusant à faire. Je joue un ex-taulard tatoué, petit bras et grande gueule. Le reste du temps, c’est un peu la colo avec guitares et merguez.
J’y retourne lundi et mardi. J’en raconterai davantage !
ASCENSION SOCIALE
Jeudi 7 juillet 2005
Terminé le tournage d'"Un été à roulettes" de Fabrice Tempo. Moment très ludiques et sympathique malgré des conditions pas évidentes.
Je me suis bien amusé à me glisser dans la peau de ce personnage roublard et frimeur.
Pour Monsieur Salvadori, finalement, je ne vais pas jouer le "vieux". En revanche, il me donne un tout petit rôle de chirurgien esthétique. Je suis ravi. A la fois enchanté de rencontrer Salva et de me glisser dans la peau d'un personnage qui me sort du côté prolo de ma gueule. Un jour, je jouerai le rôle d'un député UMP! C'est J-C Janer qui me l'a promis.
Demain, on part présenter "Cache cache" à Bruxelles avec le père Caumon.
WATERLOO
Samedi 9 juillet 2005
Cache cahe à Waterloo (Bruxelles), ça n’a pas été Waterloo ! Accueil très chaleureux, plein de témoignages sympathiques. Un vrai plaisir de le présenter. Le film sortira en Belgique à la Toussaint et le 8 janvier en France.
Il faudrait que je dorme.
TOUJOURS EN VACANCES, LES INTERMITTENTS !
Dimanche 17 juillet 2005
Retour de la deuxième et dernière semaine de vacances. Trop bronzé pour les maquilleuses!
Cette semaine, divers rendez-vous pour les costumes du téléfilm de Franck Guérin et le film de Pierre Salvadori. Casting également pour le film de Borhinger.
En fin de semaine je repars en bord de mer mais, cette fois-ci, pour participer au festival de Contis. Je vais y faire le présentateur et le fabriquant d'un journal vidéo. C'est un super festival de courts métrages, très festif... Cette année, Gilberto Gil viendra donner le concert de clôture.
Après ça, on enchaînera avec le film de Philippe Fernandez.
Mais entre temps, j'aurai une lecture de la pièce de Stephen King.
Beaucoup pensé à la projection bruxelloise de Cache cache. Quand les retours sont aussi positifs qu'ils l'ont été on pourrait se prendre à rêver.
VACHES MAIGRES
Mardi 19 juillet 2005
Extraits de conversations :
Conversation 1 :
« Les Russes se sont retirés et la banque n’entre pas dans le film. Si ça bouge pas, j’enlève mes comédiens ! » (vais-je être payé ?)
Conversation 2 :
Le costumier : « Non, je suis désolé, il faut que tu viennes avec ta valise et ce qui manquera, j’irai l’acheter. J’habite au 4ème avec ascenseur ! » (première fois qu’un costumier me demande ça. D’habitude, quand la prod n’a pas les moyens d’acheter les costumes ou de les louer, ils viennent fouiner dans la garde-robe de l’acteur, chez lui.
Conversation 3 :
« C’est quoi ces journées de travail 6h/0h avec 12 séquences ? » (C’est moi qui parle…)
Trois conversations, trois films. Le cinéma français s’est mieux porté…
EN ROUTE !
Samedi 23 juillet 2005
Départ pour Contis avec ordi, caméra et guitare. J'espère bien pouvoir mener mes petites expériences musico-vidéales... A la semaine prochaine !
COMME UN MIN-GOLF…
vendredi 29 juillet 2005
Contis a bien changé ! En dix ans, le petit festival qui avait lieu en juin, dans un village presque désert, aux allures de décors de western, s’est mué en mini Cannes pour juilletistes. Tentes blanches, parigots cyniques et bruyants, télévisions, vedette internationale, personnalités politiques… Tout ça en miniature mais tout ça quand même.
La sélection était de qualité et tout à fait impartiale (aucun des courts métrages dans lesquels j’ai tourné ou de copains que j’ai recommandés n’a été sélectionné !). Grosse satisfaction : le gagnant du prix du public est Rachid Bouchareb pour « L’ami Y’a Bon » !
J’ai profité de la plage le jour de mon arrivée. Pour le reste, ça a été la course entre la confection d’un journal vidéo, mon rôle de présentateur et les lectures. Je rentre sur les rotules !
Est-ce cette fatigue qui m’a rendu mauvais à la lecture que nous faisions cet après-midi au petit Hébertot ? Je n’en sais rien. Mais j’ai bel et bien été mauvais.
Lundi, je commence le tournage de « Vague histoire de Pierre » de Philippe Fernandez.
Vivement la rentrée, que je me repose !
IL FAISAIT PAS TANT LE KEKE, TIENS !
Mercredi 3 août 2005
Petite trêve parisienne avant une série de va et vient entre Bordeaux (tournage de Philippe Fernandez) et La Roches s/Yon (Téléfilm de Franck Guérin).
La fatigue se fait quelque peu sentir. Le début du tournage bordelais a été épique. Philippe a donné à une non-actrice un rôle de chercheur avec un texte scientifique. Evidemment, il n’a pas été facile de mettre en boîte ces séquences ! Néanmoins, je me régale avec mon personnage de pilote.
Tournage bordélique au possible, heureusement managé par un jeune second assistant précis, dynamique et à l’humeur constante.
Pour des raisons économiques, on n’a droit qu’à deux prises par plan. Ça met un peu de pression (ou de piment).
Je loge dans un studio universitaire prêté par un stagiaire déco. Amusant.
Etonné de voir la ressource qu’on trouve, quand on débarque sur un tournage, pour faire de l’esprit, de l’humour, du bon mot. Je faisais moins le malin sur Indigènes ! Evidemment, face à Jamel…
NOUVEAU DEPART
Jeudi 04 août 2005
Contrairement à certaines rumeurs, je ne jouerai pas en équipe de France.
Passage aux ASSEDIC : mon dossier va être réexaminé favorablement. C’est quand on n’en a le moins besoin… On va dire que c’est ma revanche !
Je me prépare à 3 nouvelles semaines d’absence. Et de travail.
La meilleure vengeance du cocu, c’est de refiler sa femme à l’amant (précepte misogyne piqué dans Libé d’aujourd’hui).
A propos de Libé, ce canard dont je dis à chaque fois que je l’achète par défaut que c’est la dernière fois, aviez-vous lu ce fait divers d’Albi qui racontait l’histoire d’un mec qui vivait dans sont puits ? En attendant que Yves Caumon devienne la Madame Irma du cinéma français, je vous encouragerai, en temps utiles, à courir voir « Cache-cache » dont le scénario s’est trouvé crédibilisé par cette triste histoire.
Le 31 août, vous me verrez moustachu dans « La ravisseuse » d’Antoine Santana, avec Isild Le Besco.
MERCI XAVIER !
Samedi 06 août 2005
Rien à signaler, si ce n'est que je viens de tourner une séquence la tête en bas, dans une Anglia renversée, en survêt et casque sur la tête, au bord du cratère de la météorite.
Demain je pars à La Roche sur Yon pour jouer un conseiller municipal tout ce qu'il y a de sérieux.
Hé bé, lecteur, t'es pas en vacances, toi ?
TRANSIT
Dimanche 07 août 2005
Journée bordelaise en attendant le train. Trainassé, le matin, dans mon studio d'étudiant.
A Saint-Michel, je croisais Philippe H. avec qui nous avions fondé Radio Sauvagine. Lui, il s'est recyclé dans la brocante. Y vendra-t-il nos souvenirs ?
A Saint-Pierre, c'était au tour de Fabrice D. (Bordeaux est décidément tout petit!). Avec lui, nous étions sur les bancs de l'IUT. Depuis, il a monté un festival de cinéma d'animation qui marche bien (les nuits magiques), il est devenu producteur, distributeur et enseigne à son tour à l'IUT. Ca fait toujours plaisir de voir des congénères de la tribu des utopistes laborieux qui vivent heureux, dans des voies plutôt vouées à la galère et aux espoirs.
Déjeuner avec Sophie L. Comme elle bosse le dimanche, on n'a pas traîné.
Il me restait encore pas mal de temps avant le train de 17h08 à destination de La Roche s/Yon.
L'ombre du Jardin Public à eu mes premières faveurs. Mais le Musée d'Art Contemporain n'étant pas trop loin, j'en ai fait mon nouveau refuge contre la chaleur triste d'un dimanche d'août à Bordeaux.
Moment paisible et presque joyeux devant des oeuvres souvent drôles, retrouvant des idées de projections que j'avais eues pour Scopitone et d'autres, naissant de cette confrontation avec la pensée de potaches New-Yorkais. Comme je suis un peu "Zélig", mon projet de spectacle se met à ressembler à une installation plastique. IL va falloir que je regarde la télé pour revenir à des ambitions plus normales pour un laborieux.
Finalement, j'ai dû presser le pas pour ne pas manquer mon train. Encore un diamanche de passé!
NAPO S/YON
Mardi 09 août 2005
Grâce à La Roche s/Yon, j'ai vu l'univers mental de Napoléon concrétisé dans la création de cette ville de garnison. LIgnes droites, perpendiculaires, tristesse, ordre, longues perspectives menant sur rien. Pourvu que Sarkosi n'accède jamais au pouvoir !
A part ça, le tournage avec Franck Guérin a été plus qu'agréable. Un Stévenin plus que sympa, une atmosphère de concentration calme.
Soirée bordelaise
- Tu devrais cartonner, tu ressembles à Daniel Auteuil !
- Tu trouves ?
- Si, si... les yeux... la façon de parler...
- Ah bon!
- Enfin... Auteuil, version Jean de Florette!
- ...
Le bordelais à l'humour lourd. A moins qu'il soit méchant. Ou maladroit. Il est de toute façon hautain.
ZIKECINOCHE
Mardi 16 aožt 2005
Poursuite de mes deux tournages "Ostinato".
Dans le film de Philippe Fernandez, je m'amuse comme un petit fou avec mon personnage de pilote mais c'est un tournage épuisant où l'ambiance de plateau est lourde de bruit, de désordre, de discussions déplacées, où la technique a tendance à imposer son dictat à la réalisation. Les seuls espaces de sérénité sont entre "action!" et "coupez !" (quand on parvient à évacuer la dose de stress accumulée pendant la mise en place).
Dans celui de Franck Guérin, je ne joue qu'un petit rôle mais l'atmosphère est toute autre : calme, concentrée, chacun allant dans le sens de la réalisation avec la plus grande discrétion et le plus grand respect de tous.
Mais, comme dirait l'autre, ce qu'on jugera, c'est ce qu'il restera à l'écran !
Normalement, vendredi, je suis en VACANCES !
Sur le tournage bordelais, dans mon appartement prêté, je me livre à la composition de musiques monstrueuses sur mon ordinateur, destinées à faire de nouvelles chansonnettes. Constatant que tout le monde faisait maintenant dans le minimaliste (guitare et voix chuchotée), je m'essaie à l'orgie d'orchestrations qui se la pèteraient, dans le pire mauvais goût. Du genre, "non seulement je ne sais pas chanter mais ma musique est pitoyable".
Le bidouillage d'aujourd'hui passe par l'ordinateur, alors pourquoi ne pas explorer cet outil en dehors des orchestrations techno-prétentieuses faussement minimalistes ou de la recherche du son imitation live le plus cheap! Aller toujours plus loin dans la recherche du décalage, aux frontières de la daubasse ! Cette expérience me prend beaucoup de temps (il faut bien évacuer !) et je ne suis pas du tout convaincu qu'elle aboutisse à autre chose qu'àdes fichiers finissant ˆ la corbeille. Tout dépendra des paroles que je collerai. Et ça ne sera pas la première fois que je fais de vaines tentatives musicales.
Dès que j'en ai mis une en boîte, je la mets sur le site !
MAXILLAIRE
Mercredi 17 août 2005
Apprendre quelque chose, c'est toujours positif. Mais repenser à ce que l'on a fait jusqu'alors, dans l'ignorance de ce qu'on vient d'apprendre...
Prenons un exemple! En tournant, ce matin, des scènes relativement burlesques du pilote, j'ai enfin compris que je pouvais éviter de tendre les muscles de ma mâchoire. Oui, je sais, ça a l'air dérisoire et pourtant...
Jusqu'alors, dès que je m'engageais sur la voie du burlesque, je me façonnais une espèce de masque, le bas du visage tendu à la fois vers le bas et sur les côtés (un peu comme Chirac quand il fait croire qu'il pense), comme si les muscles en jeu agissaient sur tout le reste du corps et voulaient signifier en prime : "attention, ça va être drôle!". Souvent, les enfants, dès qu'ils veulent faire les "rigolos", se croient obligés de loucher. Moi, je titille le maxillaire!
J'avais beau savoir ça depuis longtemps, je ne pouvais pas m'en empêcher : je crispais!
Allez savoir pourquoi, aujourd'hui, je suis arrivé à faire l'idiot avec ma propre tête.
Il y a bien évidemment des raisons. La première est sans doute les enseignements que j'ai tiré de "Cache-cache". La seconde est que Philippe Fernandez voulait que ce personnage soit un mélange du personnage que je jouais dans son premier film (en en faisant des tonnes) et celui, plus discret que je jouais dans les suivants. J'ai donc choisi de détendre le burlesque du premier. Et ça marche! Enfin... j'espère.
Vous me direz en voyant le film!
COUPEZ !
20 août 2005
De retour !
Enfin!
La partie bordelaise de "Léger tremblement de paysage" s'est achevée jeudi (pour moi). Même si le tournage a été pour le moins chaotique, le résultat (ce que j'en imagine) est très prometteur. On a eu droit à tout, y compris à un préavais de grève et à l'arrivée en catastrophe des producteurs.
Mais cette situation dramatique m'a bien amusé. Les fortes personnalités du plateau ne manquant pas de s'exprimer.
Tout est rentré dans l'ordre après quelques insultes, menaces et règlements de comptes divers. Un réunion de tournage pauvre, quoi! La question est maintenant de savoir dans quelles conditions le film va se terminer. Il reste normalement deux semaines de tournage fin septembre sur l'Ile d'Oléron...
Hier, c'est en faisant de la figu à l'enterrement que j'ai tourné le dernier plan de mon adjoint au maire dans "Un jour ou l'autre". Ravi de cette expérience de personnage normal pour lequel le jeu se cantonne à des regards, des postures, des inflexions de voix, de l'écoute. Tout en nuance. Intéressant!
Que vais-je faire maintenant? Retrouver la vie "normale" jusqu'au prochain départ et attendre la rentrée pour savoir de quoi demain sera fait.
LA GUEULE DE L’EMPLOI
26 août 2005
Rencontré un réalisateur pour un rôle dans un téléfilm retraçant l'histoire de policiers français qui ont permis à des juifs de Nancy de ne pas être raflés par la gestapo (ce qui était rare, en 42!). Tournage septembre/octobre.
Si ça se fait, j'aurais incarné toutes les postures pendant cette période historique : collabo, gestapiste, résistant, fonctionnaire désobéîssant, sergent pied noir... Comme quoi, on n'est pas forcément catalogué sur la gueule!
Ajoutons que, dans cette période trouble, il n'était pas toujours facile de deviner qui était qui.
La la la la la liiii la la
mardi 30 août 2005
C’est bon, pour le téléfilm! Sept à neuf jours dans un rôle très agréable à jouer, dans un scénario bien écrit, qui fait plus que tenir la route. Très content!
Ajoutons à cela que ma famille n’aura pas l’air attristé en me disant : « on t’as vu mais, dis-donc, tu joues souvent les méchants ! ».
Ce soir, avant première de « La ravisseuse ». Il me tarde.
Je suis sur le point de mettre en boîte ma première chanson depuis bien longtemps.
QUAND VOUS VOULEZ !
mercredi 31 août 2005
La ravisseuse, c’est parti ! Beau film qui, au-delà de l'histoire d'une nourrice au 19ème siècle (remarquablement interprétée par Isild Le Besco) et d'un regard sur la place de la femme à cette époque, scrute les rapports de pouvoir intimes, jusqu'au sein du couple. Plutôt que de vous en faire un compte-rendu critique, je vous renvoie à la presse qui situe le film en très bonne place dans les sorties de la semaine : bonne critique dans Libé, deux pages et trois étoiles (excellent !) dans Zurban, une demie dans le Monde, Elle, La Croix… etc.
Pour ce qui est de ma contribution, je me suis encore pris une claque sur la première séquence. Mais pour le reste, ça passe pas mal.
J’ai tellement le sentiment d’avoir appris depuis un an (malgré mon âge avancé, je ne suis qu’un jeune acteur), que j’ai une soif immense de mettre en pratique les petites choses que j’ai enfin comprises.
J’ai l’impression d’avoir quelque chose à faire dans ce métier alors que, jusqu’ici, je me disais que j’avais de la chance. Ou bien que j’étais certainement génial. Mais tout ça dans un certain chaos, mêlé d’envie de reconnaissance, de peur, de volonté exagérée, d’ignorance.
Bien cadré, j’arrivais à m’en sortir mais la conscience de ce que je faisais était assez limitée.
Au de-là des tournages eux-mêmes (qui ont été nombreux depuis un an), c’est à la projection des films que j’ai pu mesurer le rendu de mes petites prestations. C’est à ce moment qu’on comprend rétroactivement ce qu’il aurait fallu faire ou éviter. Et on le met en pratique sur les films suivants.
Le seul hic, au cinéma, c’est que ce retour n’arrive souvent qu’un an après. Je pense que désormais, je demanderai à voir des bouts de montage, juste histoire d’accélérer ce processus d’apprentissage.
Il ne me reste plus qu’à espérer ne pas avoir trop fait d’erreurs et qu’elles ne nuiront pas à la poursuite de mon activité parce que, putain, je me sens prêt !
MERCI LAURENT !
Mercredi 31 Août 2005
Tu fais des commentaires quand tu veux!
PAROLES…
Vendredi 02 septembre 2005
Bon, là, je continue à faire des musiques. Je commence à en avoir pas mal. Des bonnes, pas trop mais je ne désespère pas.
C’est tout de même étrange. Quand je m’y mets après une longue interruption, je sors des trucs pas mal en un rien de temps. Mais dès que je commence à faire le laborieux, à me dire qu’il faut que je m’y mette, ça devient de la bouillasse sans intérêt. Je ne vais quand même pas faire une musique par an, merde !
Par ailleurs, si parmi les lecteurs il y en a qui ont des paroles qui cherchent une musique, je suis preneur !
Pour ce qui est du cinoche, évidemment, la fin du tournage de Philippe Fernandez est en train de reculer au-delà du début du tournage du téléfilm. Pffff, c’est toujours comme ça, de toute façon !
ILS NE SONT PLUS EN VACANCES
Dimanche 4 septembre 2005
Dès demain, je passe des coups de fil pour savoir ce qu'il en est de ma saison théâtrale à venir et du montage d'Indigènes. Jusqu'alors, on pouvait considérer que les gens étaient en vacances...
D'après la communication téléphonique que j'ai eue hier avec Philippe Fernandez, il semblerait qu'il n'y ait plus de problème de chevauchement avec l'autre film. Ouf!
Je recommence à aller au cinéma. Vais-je noter les films sur un petit cahier avec mes appréciations et quelques repères destinés à faciliter la mémoire? C'est ce que je commence à faire régulièrement et que j'abandonne assez vite, comme tout le monde.
SANS NOM
Lundi 5 septembre 2005
J'ai téléphoné à Rachid Bouchareb ce matin. Le montage d'Indigènes est en cours. Encore un bon mois pour le montage image et quatre de plus pour le montage son. Il a l'air content.
L'autre coup de fil m'a appris que je ne jouerai pas dans la pièce qui aurait pu me retenir un an à Paris. Je n'ai pas un nom. Je m'en doutais un peu...
Je sais enfin ce que je fais l'an prochain. Et ça, c'est pas rien!
SURNOM
Mardi 6 septembre 2005
Juste quelques précisions par rapport à l'article d'hier. Comme il s'agissait d'être le partenaire d'une actrice connue dans un théâtre privé, le directeur de ce théâtre exige qu'on me remplace par un "nom" dans le monde du théâtre.
Lecteur, si tu es un nom, je te filerai les coordonnées!
ON N’A PAS TOUS LES JOURS 20 ANS !
Jeudi 8 septembre 2005
Demain c'est mon anniversaire!
Tout allait bien pour l'enchaînement des deux tournages. Maintenant, ça pose un problème pour ma participation au Festival Jean Carmet où je devais présenter "Cache cache" et faire partie du jury.
Essayage costume ce matin pour "Désobéïssance" de Patrick Volson. La casquette me va mieux que le feutre.
BON ANNIVERSAIRE A TOUS !
Samedi 10 septembre 2005
Je ne sais pas ce qui m'a pris de signaler que c'était mon anniversaire... Sans doute un grand moment de solitude.
En tous cas, merci à ceux, amis et anonymes qui me l'ont fêté!
Bon, pour le reste, si vous saviez ce que je ne dis pas... En tout cas, la période est plus mouvementée qu'il n'y paraît en lisant les lignes qui précèdent.
Bon, ben puisque je n'ai rien à dire, je la ferme jusqu'à lundi. Bon week-end!
LABORATOIRE
Lundi 12 septembre 2005
La distribution d'un film est une affaire complexe. Date, nombre de salle, type de promotion, presse.
Pour la presse, on n'a pas vraiment le choix. Elle aime ou elle n'aime pas. Il suffit d'écouter le Masque et le Plume ou de lire Libé pour constater le décalage entre le goût des journalistes et celui du public. Si encore on pouvait dire que les journalistes détestent ce qu'aime le public, ça serait simple. Mais c'est ailleurs que ça se joue. Les journalistes sont souvent de parti pris pour des raisons étrangères au film lui-même : l'actualité du moment, les prises de position d'autres journaux, les relations personnelles... Difficile de compter sur eux pour se faire une idée. Et pourtant, une critique incendiaire ou nonchalante est toujours un handicap pour le film !
La date de sortie devant être choisie longtemps à l’avance, il est impossible de savoir dans quel contexte elle aura lieu. Quelle sera l’humeur du public, la tendance du moment?
Après, le nombre de copies et le type de promotions sont des paris financiers qui peuvent tenir de la roulette. Les produits commerciaux ciblés sont assurés d’un remplissage minimum mais pour les autres…
Hé bien, cette semaine, nous allons nous livrer à des expériences avant la sortie de « Cache cache ». On sait déjà que la presse est partagée. Mais le distributeur se demande si ce film tout public ne mériterait pas d’être ciblé aussi « jeune public ». C’est en effet un conte qui met en scène des enfants et un « fantôme ». Pour tester cette hypothèse, des projections ont été organisées pour un public scolaire. Mercredi et jeudi, on aura une idée plus précise.
Pour vous, il faudra attendre début janvier !
CADEAUX
Mercredi 14 septembre 2005
« Si vous voulez, on a une chambre d’amis à la maison et on pourra vous héberger ! » C’est une gamine de 6 ans qui me fait cette proposition à l’issue de la projection de « Cache cache ». Il est vrai que je n’aurais pas dû demander qui voulait m’accueillir dans sa maison, sous forme de plaisanterie.
Le retour des enfants de grande section de maternelle et de CP était étonnant de pertinence. Très agréable. Une chose est sûre, les enfants aiment Raymond le fantôme. Je suis reparti avec un petit caillou et un bout de barrette cassée, cadeaux de jeunes fans qui m’ont sauté dessus pour obtenir des autographes sur tickets de métro, bouts de papier déchirés ou directement sur le bras (« on le recopiera ! »).
Demain, on monte jusqu’au CM2 !
Sans rapport avec ce qui précède, mâtinée à l’ASSEDIC.
Le dernier arrivage de dates de tournage m’a conduit à me décommander pour ma participation au festival Jean Carmet.
Demain, interview téléphonique avec la République des Pyrénées. Je vais à Pau la semaine prochaine pour présenter le film de Philippe Fernandez (Connaissance du Monde) et Cache cache.
TELE A CHAT…
Jeudi 15 septembre 2005
Décidément, les enfants ont l’air d’aimer Raymond et Cache cache ! Conclusion : vous pourrez aller voir le film avec vos enfants.
Rallumé la télé pour voir. Quand on ne la regarde plus pendant une longue période, il saute aux yeux qu’on a bien fait.
SCOPITONE, TU M’ETONNES !
lundi 19 septembre 2005
A la terrasse d’un café, sur mon petit carnet noir en moleskine, j’avais noté le plan de mon intervention à la présentation de saison de l’OARA. C’était clair et concis. Je ne sais pas ce qui m’a pris, peut-être l’effet des projecteurs, le public composé du microcosme du théâtre bordelais, je me suis mis à bafouiller n’importe quoi, à dire ce que je m’étais juré d’éviter de dire, à ne rien dire de ce que j’avais pris soin de noter sagement quelques dizaines de minutes plus tôt. Je me suis rassis à ma place tout rouge, feignant la décontraction, pétri de honte, imaginant les excuses que j’allais pouvoir servir à ceux qui me donnent l’immense privilège de créer mon «Scopitone » en février 2006.
En fait, mon intervention semble avoir plu. Ce flot de maladresse avait dû mettre un peu d’animation dans le ronron des voix posées et des mots pesés.
Le rendez-vous a en tout cas été très fructueux. Il a officialisé l’existence du projet, m’a fait rencontrer des partenaires potentiels et a attisé mon imaginaire scopitonien. Il faut d’ailleurs que je note plusieurs idées qui me sont venues !
Un seul regret : celui ne n’avoir pas filmé mon intervention. Elle aurait eu sa place dans le spectacle !
Demain, changement de décors. Je vais à Pau pour présenter Connaissance du Monde avec Philippe Fernandez et Cache cache avec Yves Caumon, dans le cadre des Rencontres du Cinéma Français.
EN PHOTO DANS LIBE
Mercredi 21 septembre 2005
Grand moment aux rencontres du cinéma français de Pau! Accueil très chaleureux. Ravi d'avoir fait se rencontrer deux de mes réalisateurs fidèles et de talent : Yves Caumon et Philippe Fernandez. La projection de "Cache cache" à la quelle assistait une partie de ma famille béarnaise a été un enchantement. On sent bien que, si les gens vont voir le film, ils ne le regrettent pas. Saura-t-on les y conduire en janvier ? On croise les doigts!
Ce matin, j'étais en photo dans La République de Pyrénées avec Philippe fernandez. Le journaliste s'était amusé à réécrire l'article en apportant les modifications qui lui convenaient.
Et dans Libé, je suis aussi en photo aux côtés de Jamel et Rachid Bouchareb à l'occasion d'un grand article sur "Indigènes".
Du coup, l'égo, ça va!
COUP DE GUEULE A France INTER
lundi 26 septembre 2005
Non, non, je n'étais pas invité à France Inter!
Comme ça m'arrive de temps en temps, je me suis fendu d'un mail à la rédaction :
Bonjour,
Je vous ai déjà écrit pour dire le mal que je pensais de votre façon de prendre parti dans l’information. Il y a souvent un décalage entre votre façon péremptoire d’analyser et la perception de la réalité que peut avoir toute une frange de la population qui ne se reconnaît même plus dans ce que vous appelez l’échiquier politique.
J’ai écrit en son temps à la rédaction sur ses prises de position dans le conflit des intermittents.
Je vous ai réécrit pour contredire vos analyses du scrutin de 2002.
Je l’ai refais pendant la campagne des régionales pour lesquelles vous n’aviez pas été capable de soupçonner une victoire de la gauche.
Pour les européennes, vos prise de positions étaient tellement caricaturales que j’ai préféré ne pas me donner la peine de vous écrire, sachant que le scrutin viendrait vous contredire.
Ce qui est très frustrant dans tout ça, c’est cette impression qu’une partie des auditeurs n’existe pas, toute une frange de la pensée collective qui n’est pas prise en compte dans vos programmes d’information.
Ce matin c’est Bernard Guetta qui m’a fait bondir sur le clavier. Son intervention (à propos de la relation France/Algérie) pour dire que les choses étaient complexes et qu’il n’y avait pas de méchants et de gentils, était pour le moins très maladroite.
Non, Monsieur Guetta, la colonisation n’est pas seulement une utopie humaniste et les méfaits pour les populations concernées ont été énormes. Acculturation, déculturation, humiliations, exploitation destinée à enrichir les pays colonisateurs…
Et quand ,pendant la deuxième guerre mondiale (je passe sur la première), on utilise les hommes d’Algérie, de Tunisie, du Maroc pour libérer la France par le sud, que ces mêmes hommes se montrent héroïques dans ce combatet que De Gaulle leur interdit de participer au défilé de la libération, qu’on assassine ceux qui veulent rentrer chez eux en refusant de continuer vers l’Indochine, qu’on indemnise si mal ces anciens combattants, que l’histoire réécrite les plonge dans l’oubli, comment pouvez-vous vous contenter de penser qu’il n’y a pas de gentils et de méchants ?
Sur le fond, vous avez raison de dire qu’on a tort de trop schématiser mais il a des moments où les choses doivent être dites avec force. On ne pourra jamais dépasser de tels sentiments d’injustice et d’humiliation avec des phrases faussement réconciliatrices.
Dans cette histoire, je crois qu’il y a quand même eu vraiment des méchants et qu’ils sont facilement identifiables. Même s’il y en a eu de l’autre côté, comme le disait un auditeur, ces derniers ne sont pas grand-chose en regard de notre responsabilité.
Sans être particulièrement visionnaire, je suis de ceux qui pensent que bien des problèmes seraient résolus en France si le pays tout entier dénonçait fermement ces injustices passées. On ne construit rien de bon sur le mensonge et le déni.
Pour ma part, j’ai beaucoup appris sur le tournage d’Indigènes de Rachid Bouchareb où j’étais acteur. A force de récolter les témoignages pendant les quatre mois de tournage, je finissais par avoir honte d’être français.
Cordialement.
Bernard Blancan
VAGABON
Mardi 27 septembre 2005
Pour les célibataires, je conseille le film « Moi, toi et tous les autres ». Pour les autres, « Asiles de fous », le roman de Régis Jauffret. Heu… à moins que ce soit l’inverse.
Départ tout à l’heure pour la deuxième session du tournage du film de Philippe Fernandez. Retour dimanche matin en train de nuit suivi d’un départ immédiat vers Nancy pour le tournage de « La désobéissance » de Patrick Volson. Quelle vie, n’est-ce pas !
Adieu Salva!
Il n'a pas été possible de concilier mon apparition dans le prochain Salvadori et mon tournage de Nancy. Je ne jouerai donc pas le chirurgien esthétique. Plus que dommage.
Retour sur le tournage de Philippe Fernandez. On est en train de faire un film pire qu'OVNI. Plein de promesses...
ORANGE
dimanche 2 octobre 2005
Commentaire de Philippe Fernandez à propos de « Cache cache » : « Le scénario est bon, il y a de jolies choses mais ton jeu fout le film en l’air ». J’ai connu plus délicat !
En tout cas, on a fait des choses pas mal du tout, sur la deuxième partie de son tournage que j’ai achevé hier soir. Ambiance un peu moins tendue qu’au mois d’août. Mais les techniciens CGT du film sont tellement rouges que je fais figure de Jaune. Il faut quand même le faire !
Départ tout à l’heure pour Nancy.
NANCY
Mardi 4 octobre 2005
Premières séquences tournées dans le peau de Bauer. Tout va très vite pour la télé.
Nancy sous la pluie. Cet après-midi, je vais au Lycée Poincaret pour faire une intervention en classe cinéma avec quelques collègues acteurs.
3D
Mercredi 6 octobre 2005
En fait, ça ne va pas si vite que ça, la télévision! Tourné un plan en début de matinée et attendu jusqu'à la fin qu'on tourne les deux qui restaient. En vain.
Très étonnant de se retrouver plongé en 3D, dans un décors très crédible, parmi figurants et acteurs costumés. C'est toujours troublant.
La lecture des affiches de 1941 est édifiante. On apprend beaucoup en étant acteur d'un film "d'époque", y compris parce qu'on éprouve des sensations concrètes qui s'ajoutent à l'histoire racontée.
Le débat d'hier, au Lycée de Nancy a surtout été un grand moment grâce au témoignage d'une dame qui joue dans le film un personnage du drame qu'elle a connu. Elle a dû porter encore l'étoile et, avec elle, tous les souvenirs de camps et de disparitions...
DEUXIEME CATEGORIE
Vendredi 7 octobre 2005
Week-end parisien avant la suite du tournage de la Désobéissance qui va s’achever à Strasbourg. Grâce au cinoche, je suis en train de découvrir toutes les régions !
Dans cette première partie de tournage, je n’ai eu que peu de choses à jouer. Dans cette phase où le personnage a peu parlé, on (je) se (me) sent un brin maladroit.
De la rencontre de mes collègues comédiens, j’en tire des leçons d’étiquetage rapide (pourtant j’ai horreur que l’on sacrifie à un tel exercice) : il y a ceux qui connaissent par cœur le cinéma américain, ses acteurs, ses réalisateurs, qui sont de vraies encyclopédies vivantes et ceux qui voient tout et oublient aussitôt, ne se souvenant que de quelques titres de rares films qui les ont marqués. J’appartiens à cette deuxième catégorie.
Ceux de la première ont des sujets de conversation inépuisables, mille raisons de s’enflammer. Ils semblent tellement baignés dans ce monde magique qu’on n’imagine pas qu’ils puissent faire autre chose qu’acteurs.
Ceux de la deuxième, dans les situations où ceux de la première paradent, se sentent tout petit. Ils en viendraient presque à s’excuser d’être là.
Pour la musique, c’est la même chose. Les premiers connaissent tout de l’histoire du rock, de la Pop, de la Soul music. Les autres écoutent n’importe quoi et se demandent s’il serait vraiment judicieux de parler d’Emiliana Torrini ou de Christophe.
Bref : peu de texte pour l’instant, deuxième catégorie absolument, le profil est forcément bas. Alors je bade, j’observe, j’apprends, je me positionne en silence, admettant qu’il est un peu tard pour me refaire une culture digne de la première catégorie.
FUTILITE
Lundi 10 octobre 2005
Ce matin, j'ai voulu mettre un pantalon acheté dans une boutique de vêtements professionnels. Je l'ai reposé sur son étagère pour lui préférer un jean. Je ne veux me prêter au commentaires muets de mes collègues comédiens quand je vais arriver ce soir à Strasbourg!
Preuve de l'importance des choix vestimentaires.
Et qu'on peut faire trois lignes quand on n'a rien à dire...
INCONNU AU BATAILLON…
Mardi 11 octobre 2005
"-Heu, oui, bonjour... On se connaît ?
- Oui. Je suis acteur et vous êtes producteur. On a travaillé sur le premier film d'Antoine Santana et sur le film de Richard Dembo.
- Ha, oui. C'est d'ailleurs pour "La maison de Nina" que je suis à Strasbourg! "
Ce bout de conversation, ce matin à l'hôtel. Les producteurs ne connaissent pas assez leurs acteurs!
Bonne introduction pour vous rappeler que "La maison de Nina" sort demain. J'y passe mon nez par une porte entrouverte que je referme aussitôt. Allez-y plutôt pour Agnès Jaoui!
Bon, c'est pas tout, mais il faut que j'aille tourner, moi! A demain!
AUTOMNE ALASACIEN
Mercredi 12 octobre 2005
Journée très agréable, hier. Découverte du coeur de Strasbourg le matin. Des rues pas droites, de l'eau partout, du ciel, des vieilles pierres, des arbres et la vie qui grouille.
Le tournage dans l'après-midi a été l'occasion de créer une complicité au sein de l'équipe des acteurs qui jouent les copains flics dans le film. Vraiment plaisant, tout ça.
...?...
Jeudi 13 octobre 2005
Lecture hier avec Olivier Volcovici d’une scène de son court-métrage dans lequel je vais jouer un VRP. Ça fait du bien de bosser quelqu’un qui aime ce que vous faites. Tournage fin octobre.
Rien de notoire aujourd’hui, si ce n’est une amie qui m’a dit « dans ton site, tu fais celui qui en fait partie tout en n’en faisant pas partie… ».
C’est pas faux. Je voulais d’ailleurs dire deux mots sur le sujet.
J’ai l’air comme ça de me situer ailleurs. De n’être pas comme les autres acteurs.
Ce serait en effet, très prétentieux que de revendiquer une singularité, une sensibilité extraordinaire. Non, non. Le site s’appelle « journal d’un comédien » et j’en suis bien un, avec mes doutes, mes maladresses, ma volonté de réussir, d’être reconnu et encore mes doutes mais comme mes collègues.
Ce que j’écris là, d’autres pourraient le faire de la même façon, mieux, sans doute. Mais bon, je persiste. Et puis quand on me demande ce que je fais dans la vie, je ne réponds pas : « Oh, vous savez, c’est compliqué… il paraît que je suis comédien ». Non, non, je ne dis pas ça. Je suis plus direct.
Il est vrai qu’écrire un blog dans ma situation relève parfois de la gymnastique et mieux vaut savoir lire entre les lignes.
UN MORCEAU DE VIE PRIVEE
Vendredi 14 octobre 2005
Tiens on sonne ! A vingt heures, un vendredi soir, au 5ème étage, avec deux codes d’accès, ce ne peut être qu’un voisin. Bonne déduction ! C’est celui du dessous.
Il vient me signaler qu’il doit y avoir une fuite à la salle de bain et me convie à venir en constater les effets sur la sienne. Pas de doute, il doit bien y en avoir une fuite, à en juger par les infiltrations dont son plafond est victime. Quant à sa fenêtre, elle ruisselle ! Je vais aller voir chez moi de plus près !
Premier jeu : enlever la plaque de la baignoire. Une fois celle-ci ouverte, le faisceau timide de ma lampe de poche pointe en effet des gouttes qui se suivent en plongeant dans une espèce de bourbier chaotique (il faut voir ce qui se cache sous nos baignoires!).
Seulement voilà, pour accéder auX boulons avec ma grosse clé à molette, il va falloir que je démonte d'abord le vieux meuble fixé au lavabo. C'est exigu, une salle de bain parisienne. Et cette histoire ne commence pas trop bien. Mais il faut agir!
Me voilà démonteur de petit meuble en aggloméré sur lequel les couches de peintures se sont ajoutées au gré et selon le goût des divers occupants de ce charmant trois pièces. Je me disais bien qu’il faudrait le changer un jour. Voilà une bonne occasion !
Ça y est. Adieu le meuble, bonjour les moutons, les objets perdus, la crasse et l’accès aux boulons de mes robinets de baignoire ! A en juger par la rouille et le système d’évacuation, le dernier qui a mis le nez dans ce foutoir doit être à la retraite ou même mort depuis belle lurette. Bon. Avant d’aller plus loin dans mon entreprise dont j’ai du mal à envisager qu’elle se couronne de succès dans un délai raisonnable, il convient que j’aille fermer l’arrivée d’eau de l’appart (dans la cuisine).
Mais pourquoi ces choses là sont-elles toujours dans les endroits les moins accessibles ? Comme si en soit, la plomberie n’était pas déjà la chose la plus chiante… Me voici donc à quatre pattes, parmi les confits et les vieux pots de peinture (qu’il faudra que je descende à la cave). Et ce putain de robinet est tellement difficile à fermer que je suis obligé d’utiliser une clé anglaise en levier. Le robinet de l'évier que j’ai laissé ouvert (malin !) pour m’assurer que j’arrive à couper l’eau, témoigne qu’il faut que je force encore et ...CRAC AÏE !! Le robinet s’est cassé à l’intérieur et je me suis râpé l’avant-bras. Ne me demandez pas d’explications, je n’y connais rien en intérieur de robinet ! Il est où, l’Arnican ?
Résultat, je n’ai plus qu’un filet d’eau, toujours la fuite, l’appart sans dessus dessous et c’est le week-end qui commence.
Lecteur, tu es plombier et tu t’ennuies le samedi et surtout le dimanche. Viens chez moi ! Vite…
A SEC !
Samedi 15 octobre 2005
Le premier plombier, juste pour changer l’arrivée d’eau demandait 380,00 euros. Enorme ! Le second était beaucoup plus clair : 30 pour venir, 40 de l’heure et les robinets à changer. J’ai opté évidemment pour celui-ci.
Quand il a vu la baignoire, il a renoncé. Matériel trop ancien. Il faudrait la changer pour un bac douche et 1000 euros. Ben voyons ! Il s’est donc contenté de me changer la vanne d’arrivée d’eau : 146,64 euros l’intervention. Je ne m’en tire pas trop mal pour un week-end.
Quant à la fuite fautive du dégât des eaux chez mon voisin du dessous, je m’en suis personnellement occupé avec un recours à la pâte à joint et à la filasse confectionnée à l’aide d’un bout de corde que j’ai déstructuré. Ça ne fuit plus et mon installation sanitaire vivra bien quelques années de plus !
Je tenais à vous informer de la résolution du problème. C’est pas mal anxiogène, la plomberie !
RIEN A DIRE AUJOURD’HUI
Dimanche 16 octobre 2005
C'est bien d'être dans un appart sans fuite...
HOMMAGE AUX MONTEURS
Mardi 18 octobre 2005
Dans les premiers aux ASSEDIC, ce matin. Il faut dire que je m'étais inscrit très tôt sur la liste d'attente (1h du mat et je n'étais pas le premier!). Depuis le mois d'août, j'ai entamé une démarche de révision de mon dossier. Résultat, on me réclame près de 500 euros. Mais je ne désespère pas.
Dans ma courte attente, j'ai croisé une personne qui me connaissait beaucoup plus que je la connaissais moi-même. Elle est monteuse et a travaillé sur plein de films dans lesquels j'ai joué (elle travaille aussi sur le téléfilm de Patrick Volson sur lequel je suis en train de tourner).
Les monteurs ont certainement un regard très aigü sur les comédiens. Ils passent leurs journées en les ayant sous les yeux, les voyant être mauvais dans les prises qui ne sont pas choisies. Ils connaissent toutes nos failles et travaillent à nous rendre meilleurs. Merci, les monteurs!
Je fais la post-synchro d'Indigènes le 8 novembre! Je vais enfin avoir un aperçu du film et faire tout pour rattraper ce qui peut l'être à cette occasion. Si cette étape sert à corriger des problèmes techniques (problèmes à la prise de son), elle permet aussi d'améliorer le jeu. C'est en tout cas comme ça que je perçois la chose. C'est ensuite au monteur son et au mixeur de faire des miracles!
QUE SONT MES AMIS DEVENUS…
Mercredi 19 octobre 2005
Bon, ben je m'en vais reprendre un train pour Strasbourg, moi!
Depuis que je suis pas monts et par vaux, mon téléphone ne sonne plus que pour des confirmations de billets de trains ou des rendez-vous d'essayages costumes. Où êtes-vous, les amis?
BLESSE AU FRONT
Vendredi 21 octobre 2005
Rentré plus tôt que prévu de mon tournage strasbourgeois. Daniel R., l’acteur principal a reçu un coup de fusil (pas une balle !) donné malencontreusement par un figurant déguisé en soldat allemand. Tournage arrêté, quelques points de suture, plus de peur que de mal. La journée d’aujourd’hui sera donc tournée jeudi prochain. Comme au même moment j’apprenais que ma journée de tournage sur le court métrage d’Olivier Volcovici était repoussée d’un jour, tout va bien pour l’agenda.
J’ai eu mes premières scènes avec texte (plus de trois phrases) et le tour que prend le personnage me plaît assez. Mais comme d’habitude, c’est passé par une étape d’angoisse et de doute qui n’a pas manqué d’entraîner chez moi une tension excessive. Tout va bien ! Je sens que je vais bien m’amuser avec ce Bauer qui ne ressemblera pas à celui que j’avais imaginé. Quel beau métier ! Ce qu’on tourne a de la gueule.
Concernant le petit message aux amis, comme me le rappelait une nouvelle vieille amie (allez comprendre !), l’absence d’appels prouve que soit je n’ai pas d’amis ou que si j’en ai, ils ne lisent pas mon blog. Mauvaise langue ! J’ai plein d’amis. Mais ils sont juste très occupés.
GEOGRAPHIES
Dimanche 23 octobre 2005
J’ai une idée. Pour changer, je vais faire mon sac et prendre un train pour Strasbourg !
Des nouvelles du film de Philippe Ramos. On tourne en début d’été, en Suède. Quand j’étais au Maroc, sur Indigènes, je me disais que je me ferais bien un film qui se passe dans un couvent suédois rempli de religieuses. Oui, car dans les films de guerre, il n’y a que des mecs et ça lasse. Quelqu’un a dû entendre ma requête.
Petite précision : les considérations géographiques qui peuvent apparaitre au fil de ce journal ne reflètent en rien mon goût pour les contrées lointaines. On peut être content de voyager (je le suis parfois). Le déplacement peut conférer à celui qui se meut une certaine importance. Pour ma part, même si j'essaie d'en goûter les avantages, de satisfaire ma relative curiosité, rien ne me plaît plus que Paris et la marche en solitaire (à Paris ou à la campagne (où qu'elle soit)).
REGIME
Mardi 25 octobre 2005
Grosses journées sur « La désobéissance » de Patrick Volson. Le Bauer que je campe est assez fragile et semble dérouter. Comme un enfant, j’attends qu’on me dise «c’est bien». Et ça ne vient pas.
Mais sur ce coup, je ne m’inquiète pas trop. J’ai le sentiment de pratiquer un jeu quelque peu bizarre, décalé, presque faux. Ça passe sur la longueur mais, quand on ne connaît pas, je comprends les interrogations (qui sont aussi miennes). J’ai bien conscience que tout le monde n’aime pas mais il m’est impossible de faire autrement.
Encore deux jours à Strasbourg. Mes collègues doivent me trouver bêcheur car je ne les accompagne plus dîner le soir. Il faut me comprendre. Pour la cantine du midi, ce sont des Pyrénéens qui nous mitonnent des plats très copieux, excellents et peu légers. Et comme, le soir, mes amis acteurs ont un goût très affirmé pour les bonnes tables alsaciennes (qui sont nombreuses) et pour le bon vin, je suis contraint de choisir entre kilos conviviaux et solitude linéaire. Bon, demain, je les accompagne quand même! Savoir ménager la chèvre et… le choux.
Le doublage d’Indigènes est avancé au 4 novembre. Ça approche, ça approche…
C’EST BEAU, STRASBOURG !
Mercredi 26 octobre 2005
Convoqué à 12h30, j’ai préféré profiter du transport d’un des comédiens pour me rapprocher du centre ville dès la première heure. Promenade urbaine faite d’enseignes familières, de librairies et de café en terrasse.
A midi trente, je revêts mon costume de Bauer dans lequel je vais rejoindre la cantine. Carlos m’apprend que la 33 est reportée à la fin d’après-midi.
Petite ballade digestive en attendant 16h. Il fait doux aux pieds de la cathédrale ensoleillée. Des grappes de touristes multilingues marchent au tempo des lourdes cloches. Désespérément, deux guitaristes jazzent manouche. Nouveau café en terrasse. Le Monde a remplacé Libé. Dring. Encore Carlos ! La 33 a été raccourcie, tu n’y es plus. Désolé.
La parano se met en route. Décidément, mon Bauer ne plaît pas ! Retour immédiat sur le plateau. La situation met mal à l’aise. Heureusement, Patrick Volson trouve les mots justes et simples pour justifier la décision. Le sous texte raconte que la fin de tournage approche. On ne peut pas prendre le risque d’un retard sur le plan de travail. Mais au-delà de ces questions de temps, pour des raisons artistiques aussi, on ramasse les séquences, les épurant des scories et des redites. Il faut bien avouer que la phrase que j’avais à dire n’avait pas grand intérêt et n’apportait pas grand-chose. Pas plus à l’histoire qu’au personnage. Demain, en revanche, grosse journée en perspective avec de belles scènes.
Fin d’après-midi à flâner dans le parc de l’Orangerie. J’en profite pour aller me faire filmer par les centaines de caméras qui veillent sur les abords du Parlement Européen et du Conseil de l’Europe. Petit arrêt devant la cage des macaques. Pendant que Gaétan et Cyndie se livrent à d’invraisemblables acrobaties, Josiane épouille Roger qui s’emmerde ferme.
Vendredi, casting avec Françoise pour jouer un des hommes de main de Mesrine (qui sera interprété par mon ami Serge R.).
IL EST CONTENT
Jeudi 27 octobre 2005
Journée heureuse. Des scènes de jeu du matin au soir. On s’est amusé comme des gamins. Notre bande de flics pouvait faire penser aux Brigades du Tigre. Il a fallu qu’on tourne le dernier plan pour que je sois enfin rassuré. Bien sûr qu’il existe, le Bauer !
Ç’aura été un tournage très agréable (en dehors de mes petites paranos habituelles). J’ai rarement rencontré une équipe aussi sympa et douée. Mais je ne vais pas distribuer des bons points ! Je suis simplement content.
Au vu des scènes auxquelles j’ai assisté, je suis certain que vous entendrez parler de « La désobéissance » à sa diffusion (je ne sais pas si c’est janvier ou avril mais je vous le dirai).
SAINT NARCISSE
Samedi 29 octobre 2005
Ça y est ! déjà de retour d’Angoulème.
Olivier Volcovici était tellement enthousiaste à la répétition que j’en avais peur de tourner. Vous devez vous dire, celui-là, il a toujours peur. Bon, d’accord, ça lasse.
Arrivé hier à Angoulème. Direction le gîte. Promenade dans les 40 hectares de la propriété. Châtaignes, champignons, étangs, éperviers, feuilles mortes, air doux aux arômes de souvenirs. Et puis c’est la raclette avec l’équipe, quelques pages d’Harlan Coben, des rêves bizarres, un réveil avec un temps pour localiser la chambre, le petit dèje chez les hôtes. On part tourner.
A peine le temps de m’amuser d’un perchman très présent, d’une script gentiment outrepasseuse, celui d’asseoir une complicité avec mon partenaire de jeu et hop hop, deux prises du général, une dans chaque axe et c’est plié ! Petit coup de fil au 3635, Nathalie me conduit à la gare pour le train de 13h11.
Repos !
MERCI, HEURE D’HIVER !
Dimanche 30 octobre 2005
Voilà que « Chiche » mon second court-métrage en tant que réalisateur a été sélectionné au festival d’Atibaia au Brésil. Bon, d’accord, c’est le film que j’avais réalisé pour le festival de Contis en conséquence du prix que j’y avais remporté l’année précédente et que, c’est le festival de contis qui m’a proposé dans le cadre d’un jumelage de leurs deux festival. J’irais bien au Brésil en janvier, moi !
Vu hier « Les amants réguliers » de Garrel, encensé par la critique. Je ne suis pas poujadiste, populiste, UMP, totalement idiot, allergique aux plans-séquences en noir et blanc mais je me suis vraiment beaucoup ennuyé. Deux raisons à cela : la première est que je suis de la génération qui a été profondément déçue par ses aînés qui n’ont pas été foutus de réussir une révolution à portée de leur main et qui sont aujourd’hui les fabricants d’opinions molles. Par conséquent, la nostalgie de 68, je la laisse aux critiques. La deuxième est cinématographique. Les plans-séquences fixes qui durent des plombes sur trois figurants qui vont jeter une barre de fer sur une bagnole en feu avec en premier plan deux rigolos casqués, ça ne provoque strictement rien chez moi et je mets au défi quiconque de me dire quelle émotion il en retire. Et puis il y a les anachronismes à gogo, la fausse beauté superficielle et démonstrative des images contrastées, cette histoire qui se devine… Quelques bons moments émergent. C’est la moindre des choses. Bref, trois heures, c’est long. Heureusement que le passage à l’heure d’hiver nous en a rendu une !
ETES-VOUS RESTE ENFANT ?
Mardi 1er novembre 2005
Hier, « Cache cache » était projeté dans le cadre de « Mon premier festival », un festival jeune public. On peut dire que les enfants aiment ce film puisque qu’aux Ursulines, il lui ont attribué la note de 4,78 / 5 ! On était les premiers.
ATTENTION, MECHANT !
Mercredi 02 novembre 2005
Hé bé, j’ai un petit rôle dans Mesrine !
DEMAIN
Jeudi 3 novembre 2005
Croisé un technicien de « Cache Cache » chez Mr Bricolage. « Alors, pas trop de boulot ? Tu bricoles en attendant ? Il a fait quelques entrées, « Cache Cache » ? Hé non, il n’est pas encore sorti !
D’ailleurs, j’ai appris qu’il ne sortait qu’en février. Ce qui ne m’arrange pas puisque je serai en train de monter mon « Scopitone » à Bordeaux.
Demain, doublage d’Indigènes.
EUPHORIE
Vendredi 04 novembre 2005
Pas le temps de faire un long article. Je peux simplement vous dire qu’Indigènes, ça va déménager. Très impressionné. Martinez, là-dedans, tout à fait crédible. Ouf… Ouf, ouf, ouf ! Mais j’en dirai plus dimanche…
IBIS
Samedi 5 novembre 2005
Rentré plus tôt que prévu du festival jeune public d’Hirson (dans l’Aisne). Cache cache y était en compétition. Parti tôt ce matin, j’ai préféré rentrer après la projection et le débat plutôt que de passer une nuit en hôtel Ibis perdu à 15 kms du petit bourg et de rentrer demain en voiture, à une heure très hypothétique. C’est le début d’une longue série d’avant-premières d’ici la sortie prévue le 1er février. Il est des films pour lesquels il faut militer. Yves dit qu’il est en campagne.
Petit retour sur Indigènes. Au sortir de l’auditorium, j’étais sur un nuage. Je n’ai pas vu tout le film, loin de là mais le peu que j’ai vu est de haute tenue. Image, montage, son nous plongent dans un vrai film de guerre. Les acteurs, dans des personnages très différents et complémentaires, y apportent, semble-t-il, l’humanité supplémentaire qui enrichit le drame historique de destins individuels.
Au-delà de ses qualités techniques et artistiques, le film vient à point nommé pour redonner à toute une population sa place dans l’histoire de France, France qui s’étonne aujourd’hui de voir les voitures s’enflammer aux mots étriqués d’un Sarkosi qui résonnent comme la continuité des humiliations infligées de longue date. Avant de parler d’intégration, il serait bon d’intégrer certaines vérités historiques, de s’excuser d’oublis volontaires. Rien n’est plus dévastateur qu’un sentiment d’injustice. Quand les bases seront rétablies sur un socle d’égalité et de justice, que les responsabilités de tous seront identifiées et assumées, l’ordre Républicain se rétablira de lui-même. Ça prendra sans doute du temps. Un temps bien plus long que celui qui verra s’éteindre les feux de cette révolte.
Les Français se sont senti tellement merdeux d’avoir livré des wagons de juifs à leurs voisins exterminateurs que maintenant ils ne parlent que de lutte contre le racisme et l’anti-sémitisme. Comme si l’anti-sémitisme n’était pas un racisme comme les autres ! Qu’est—ce qu’on s’en fout de savoir qu’un Français est Juif, Bourguignon, Arabe, lombalgique ? Rien, a priori. Sauf que notre ministre d’origine algérienne - je crois, doit se contenter de faire de la figuration.
Désolé de si mal m’exprimer.
J’AIME MON PAYS !
Lundi 7 novembre 2005
Déjeuner avec mon agent. Tous les 3 mois, on se fait ça, histoire de faire le point. Je lui raconte les tournages passés, on parle des projets et on refait le monde. On a nos petits rituels. Ce midi, j’avais prévu de l’inviter mais le directeur de production d’un tournage installé dans le quartier a eu le tort de s’installer à la table voisine. Comme il se trouvait que Christine (mon agent) avait deux comédiens sur ce film, qu’ils avaient longuement négocié par téléphone, qu’ils avaient convenu qu’il lui devait un restau… c’est lui qui a payé !
Dans l’après-midi, je suis allé faire des voix-off de dépannage pour un film en montage qui doit être montré assez vite. Amusant de donner la réplique à Serreau. Sauf que lui était à l’image et moi, j’essayais de caser les répliques de bonshommes qui parlent dans une radio.
En regardant le journal de la 2, j’ai tout compris de l’actualité des banlieues : c’est un problème de vandalisme. Merci Monsieur Pujadas ! Bon mais je ne vais pas trop critiquer… j’ai pas envie qu’ils me coupent mon blog et me jètent en prison.
Il n’y a pas de problème. L’information est objective, intelligente et de qualité. Le gouvernement gouverne bien, animé de justice et de respect. Le ministre de l’intérieur est un bon ministre. Il est gentil, juste et respectueux. Les gens des banlieues sont gentils aussi, justes et respectueux, sauf les quelques voyous qui sont méchants et qu’il faut mettre en prison. Parce que c’est bien la prison. C’est juste et respectueux. C’est une bonne solution, la prison puisqu’il n’y a pas de problème. Sauf celui des méchants qu’il faut enfermer. Et puis si ça continue, il va falloir instaurer des couvre-feu et l’état d’urgence et demander aux militaires gentils, justes et respectueux d’aider la gentille police à arrêter les méchants. Elle est simple la vie ! Comme à la télé. Comme à l’UMP.
LE BOXOPOLY
Mardi 8 novembre 2005
Promenade nocturne le long du canal. Pas un chat. Soit il y avait un match, soit les gens jouent au couvre-feu.
Il y a ceux qui jouent à faire peur ;
ceux qui roulent dans leur petite voiture qui va vite, avec un gyrophare tout bleu et un pin pon tout fort ;
ceux qui prennent des airs de Ministre de la Guerre ;
ceux qui filment la vieille dame qui joue à être rassurée de ces mesures ;
ceux qui, en conciliabule, jouent à niquer les chômeurs ;
le tout petit aux dents qui rayent le parquet, qui rigole sous cape, comme un enfant fier de ses conneries ;
et puis il y a ceux à qui le boxopoly ne fait même pas peur. Même pas peur, même pas rire.
Hé bé…
PETIT PONT
Jeudi 10 novembre 2005
Ce soir, petite fête de début de tournage de Mesrine. Sinon, l’actualité professionnelle est calme.
L’actualité tout court ressemble à un grand gâchis. Le pantin essaie encore d’attiser le brasier mais la lassitude est plus forte. Tout va s’arrêter, avec un peu plus d’amertume, un peu plus de haine. A moins que les politiques fassent preuve d’intelligence et d’une volonté d’ouverture et de progrès. Mais si c’était le cas, on s’en serait déjà aperçu.
Le blog fait le pont !
EN VITESSTE, D’UN CYBER…
Samedi 12 novembre
Le team "Scopitone" s'est réduit. Après quelques malentendus qui m'ont fait passer pour un exploiteur aux yeux d'un auteur que je voulais associer au projet, je vais devoir me retrousser les manches et ne compter que sur ma pomme pour la plume.
De très bonnes nouvelles de "Un an" de Laurent Boulanger (d'après Echenoz). J'ai l'impression que vous allez bouffer du blancan en 2006! Mais je serai plus dissert sur ces sujets à mon retour à la maison!
240 Volts
Lundi 14 novembre 2005
Oui, alors, le film de Laurent Boulanger. Comme je le racontais dans ces colonnes, c’est un film qui s’est fait avec un tout petit budget. A tel point qu’il n’avait pas le financement nécessaire à la postproduction.
Heureusement, Bruno Solo a été le Zorro de l’histoire et, grâce à lui, le film verra le jour.
Dans les films que j’ai fait ces derniers temps, c’est un de ceux qui me sont les plus chers (sans jeu de mot). J’y joue un tout petit rôle mais pas banal : un homo qui vit en couple avec Lazlo Szabo dans la forêt !
Ajoutons à cela que je suis fan d’Echenoz dont le film est l’adaptation d’un de ses romans et qui joue un petit rôle. Pour finir, Natalia Dontcheva incarne l’héroïne. Bref, ça faisait partie des sorties espérées (par moi, toujours).
Pour le téléfilm sur Mesrine, je vais jouer une espèce de mafieux. L’essayage du costume n’a pas été triste.
On me demande si je joue de l’accordéon pour jouer l’accordéoniste de Piaf. Evidemment que je joue de l’accordéon ! Bon, pas hyper bien, non plus mais je sais comment ça marche. Mieux que ça même. J’attends des nouvelles.
Sinon, je bricole. Je refais un appart. Cet après-midi, j’en ai même profité pour me mettre en charge. Je m’explique. J’ai bidouillé avec un tournevis dans le tableau électrique, sans avoir coupé le compteur et me suis appuyé à un rideau de fer… On est toujours persuadé qu’on ne fera jamais ce type de connerie.
A LA RUE
Mardi 15 novembre 2005
Je ne joue pas du bon accordéon. Il ne veulent pas de celui à touches piano.
Demain, je fais une pause dans mes travaux pour m’occuper de Scopitone, de « Chiche » et de la médecine du travail.
Je ferais bien d’aller faire aussi un saut à la manif des intermittents.
ILS ONT ENFIN COMPRIS !
16 novembre 2005
On peut être rassuré. Le gouvernement pense que la polygamie est à l'origine de émeutes. Je n'y aurais pas pensé!
STAND BYE
Vendredi 18 novembre 2005
Désolé mais pendant deux semaines je ne vais pas être très loquace. C’est le temps qu’il me faudra pour avoir fini de me livrer à mon dernier jeu : retaper une ancienne loge de concierge pour en faire un studio en location saisonnière. Comme en plus, c’est assez calme question vrai boulot…
FINALEMENT
Dimanche 20 novembre 2005
Les lecteurs réguliers se souviennent de ce rôle que je n'ai pas eu parce que le théâtre privé voulait quelqu'un de "connu".
Je viens d'apprendre que le spectacle ne se fait pas aux dates prévues et que sa metteur en scène est en recherche d'un autre théâtre, plus ouvert à ses propositions de casting. J'aime la résistance et la détermination!
SANS TITRE
Lundi 21 Novembre 2005
Quand je travaille plus....
Je travaille encore!
Avant de me plonger dans Scopitone (mon projet de création à Bordeaux en février), je fais donc le vide artistique dans la plomberie, l'électrocution et la peinture.
Pour faire l'artiste qui doute de l'avenir, je me mets au tarot de Marseille et au pendule. Au moins, ça amuse les copines. (Ils sont d'un futile, ces acteurs!)
Bon mais après Mesrine, je Scopitone grave!
RETOUR DE LECTURE
Mardi 22 novembre 2005
Bu un verre avec Sandrine, une amie bordelaise de longue date. Lectrice assidue du journal à ses débuts, elle me dit avoir été effrayée par la détermination, la froideur, le calcul, la stratégie qui ressortaient de ces lignes. Pas d’affect. Juste le boulot et des démarches allant toutes vers le seul objectif : être acteur (ou le redevenir puisque quand j’ai démarré le journal, je ne l’étais plus de fait).
Hé oui, c’est l’écueil de cet exercice : ne parler que du boulot et taire volontairement ce qui est du domaine privé. Au début, en particulier, j’étais très strict sur ce principe. Mais quand on sait lire entre les lignes, il passe quelques éléments importants du privé et je pensais aussi livrer un peu d'affect.
N’oublions pas que ce qui a présidé à ce site est ma volonté de témoigner concrètement de la vie d’un acteur à travers mon expérience. Doutes, joies, viandages, et, de-ci de-là, une tentative de réflexion (dans la limite de mes possibilités). Autre risque évident et assumé : passer pour un gros narcisse, un nombriliste de première.
Il y a sans doute beaucoup de vrai dans ces impressions. Pauvre de MouA ! Je voudrais tant que ma démarche soit humble. Je vous jure que je ne me prends pas pour un modèle, ni pour une star dont les fans seraient friands de renseignements… non, non, juste un humain, un mec de 47 balais, intermittent du spectacle comme des milliers d’autres, qui est bien obligé de dire qu’il est acteur puisque c’est son activité principale mais qui n’en tire aucune espèce de vanité (c’est pas forcément bien vu, dans plein de domaines).
Bon, je vais me coucher. J'ai du boire un verre de trop.
LE PER, C’EST GENIAL !
Mercredi 24 novembre 2005
Merci pour vos commentaires! Manu, je ne sais pas encore ce qu'il en est de la distribution de "Un an" mais j'aurai bientôt l'info et ne manquerai pas de la laisser ici.
Rien de neuf aujourd'hui puisque j'étais en pleine plomberie (en plastique) sur mon petit chantier. Et le téléphone n'a pas sonné, si ce n'est pour un devis...
Pour ajouter un petit mot par rapport à ce site, je dois avouer qu'ayant constaté qu'il était lu (plus que je ne pensais au départ), il est devenu un lien vers les lecteurs que je connais ou pas. Ainsi, je m'oblige à y écrire le plus souvent possible. Et quand je n'ai plus d'activité ou de nouvelles, ça m'attriste presque plus pour les lecteurs que pour moi.
Bonne soirée!
JANVIER AU BRESIL
Samedi 26 novembre 2005
Enfin en week-end. J’avance comme un malade dans mon chantier. Dans une semaine, ce sera fini (pour l’essentiel).
Mais il y a eu hier soir une bonne nouvelle : je pars en janvier au Brésil pour à la fois présenter « Chiche » et pour faire un journal vidéo au festival d’Atibaia ! Les suites de Contis. Une semaine d’été en plein hiver, pour faire des choses que j’aime avec des gens que j’aime. Je vais vous faire voyager un peu !
Une autre suite de Contis : Stéphane Bisson m’associe à un de ses projets pour la télé. On va dîner chez le producteur mercredi et il semblerait qu’il y ait de bonnes accroches auprès des chaînes. Je vous en dirai davantage dès que ça sera lancé. C’est avec Stéphane que je présentais le dernier festival de Contis et avec qui, pour le même festival, on avait fait quelques impros, il y a trois ans.
Même si nous nous sommes rencontrés au premier festival de Contis avec Laurent Boulanger, je peux dire à Manu qu’ « Un an » sortira en avril et pour les autres que Contis n’est quand même pas le centre du Monde (malgré les apparences)…
ACTEUR REALISTEUR, COMME V. LEMERCIER
Dimanche 27 novembre 2005
La raison qui fait qu’un film vous émeut aux larmes tient souvent à l’histoire du spectateur. Ce que je vais dire n’est donc pas forcément très objectif. Mais « Trois enterrements » c’est quand même quelque chose. Tommy Lee Jones a eu le prix d’interprétation à Cannes et le film a eu le prix du scénario. Le jury a dû avoir quelques scrupules à lui donner aussi la mise en scène et la palme d’or…
Merci, Laurie pour ton commentaire !
RTT
Mercredi 30 Novembre 2005
Bon. Quand on fait le chantier la journée et que le soir on se fait le RER pour aller voir une pièce à Nanterre, quel temps reste-t-il pour écrire sur le blog ? Pfffffffff
DECEMBRE, DEJA
Jeudi 1er Décembre
Réunion hier avec Stéphane Bisson, son producteur et l'autre comédien avec qui on doit jouer une série du sujets courts pour la télévision. L'idée est bonne (tant que c'est pas fait, je ne dis pas en quoi elle consiste) et on s'amuse bien tous les trois. A suivre.
Pour le reste, le chantier continue encore mais ça commence à sentir la peinture!
Désolé de cette écriture plus rare est plus brève. C'est très passager.
REMPLISSAGE
Vendredi 2 décembre
Les nouvelles du jour, c'est que la fin du tournage de Philippe Fernandez est repoussée au printemps.
Le reste, ce sont des histoires de peinture mal choisie qu'il a fallu recouvrir, de fuites supprimées, de voyages à Leroy Merlin et au BHV dont je connais maintenant une bonne partie du personnel. Bref, pas étonnant que la fréquentation du blog baisse.
Vous n'avez qu'à venir m'aider, ça sera plus vite fini!
TRUCS
Dimanche 4 décembre 2005
Ce matin, en entendant la date du jour à la radio, j’ai réalisé que j’étais à deux jours de mon tournage sur « La chasse à l’homme » (Mesrine). J’ai donc plongé illico dans le scénario pour apprendre le texte de ma première journée. Vérification faite, ma première journée sera muette. Je peux donc me remettre à ma plomberie demain matin.
Oui, encore de la plomberie parce que, quand j’ai voulu réparer un truc de l’ancienne installation, un autre truc s’est cassé. J’ai donc pris la décision de remplacer tous les vieux trucs par mes trucs à moi. On va pas se laisser emmerder par les fuites !
Merci de vos propositions d’aide mais j’aurais dû vous le demander plus tôt. Il ne me reste qu’une porte à peindre…
Pour me mettre à l’écriture de « Scopitone », j’ai acheté un stylo.
MAFIA BLUES
Lundi 5 décembre 2005
Finie la plomberie, finie la peinture. Ça va être beau !
Evidemment, alors que j’ai refait la dernière zone d’anciens tuyaux, après avoir alimenté une salle de bain qui n’existait pas et une cuisine, voilà que j’ai été obligé de faire venir un plombier pour une fuite à la vanne d’arrivée. Comme me l’a dit le plombier : « 170 euros, ça fait cher le joint ! ». En effet. Mais sur le coup, j’ai eu peur.
Dans ces moments de dépenses, je repense à ces salopards qui ne m’ont toujours pas payé pour le film de juillet (je reste discret sur le nom du producteur (je me demande pourquoi)).
Demain, je vais jouer un gros mafieux. Je vais penser à lui. Ça devrait m’aider.
ESCROC MAIS PAS TROP
Mardi 6 décembre 2005
J’ai mis en œuvre mon projet. Une figurante félinienne m’a dit : « On dirait un producteur ! ».
En fait, hier, en vérifiant mon scénario, je m’étais aperçu que j’avais, contrairement à ce que j’avais vu dimanche, une scène avec texte. Encore une fois, il ne fût pas évident de commencer ma part de tournage par celle-là. Quelques phrases pour créer un personnage crédible, quand il s’agit d’archétypes tels que le mafieux vêtu de noir et cravate rouge, que le chauffeur attend au volant d’une Buick.
Sur le coup des six heures, on me renvoie chez moi. La fin de la dernière séquence dans laquelle je dois tourner est reportée à demain.
Une fois changé, comme je suis poli, je repasse sur le plateau et là, on me dit que, finalement, je tourne ce soir parce que la production refuse de me payer un cachet supplémentaire comme à chaque fois en pareil cas. Je reste donc jusqu’à la fin pour tourner ce bout de séquence. Fin de tournage : 20 heures !
Cela dit, j’aurais vraiment eu le sentiment de faire un hold-up si j’avais dû être payé un cachet supplémentaire sur une séquence de 20 secondes !
Stéphane Bisson vient de m’annoncer qu’on rencontre Karl Zéro demain pour le projet d’émission qu’on a répété la semaine dernière.
PEOPLE
Mercredi 7 décembre 2005
Réunion très positive avec Karl Zéro. On doit écrire trois sujets pour lundi. Si ça lui plait, ça tourne début janvier.
Demain, je vais me faire casser la figure par Richard Berry.
Heu… là, je fais du name-dropping (utilisation d’un nom connu dans chaque phrase).
DROP PAS DROP
Jeudi 8 décembre 2005
Quel Riiiiiiingue, ce Mister B. ! Bien sûr que le name dropping consiste à ne donner que les prénoms. Pfffff on veut faire le malin et puis voilà…
Bon hé bien, je me suis fait massacrer la gueule par Richard. Il me mettait un flingue énorme dans la bouche et comme Jacques qui était à ses côtés n’arrêtait pas de lui bouger le bras en lui expliquant qu’il allait faire une connerie, le canon claquait sur mes dents, m’arrachait la peau des joues. Une horreur cette journée ! Quand le personnage est humilié, il y a peu pour que l’acteur le soit.
Bon. Janvier, enregistrements pour Karl (peut-être), dix jours au Brésil, avant-premières de Cache-cache et février en résidence pour créer un spectacle génial. 2006 commence sous de bons hospices mais à ce rythme, j’espère que les journées feront au moins 30 heures !
C’EST TROP
Samedi 10 décembre 2005
Séance de postsynchro hier pour « La désobéissance » de Patrick Volson. Content des images que j’ai vues.
Plus de nouvelles de « Cache cache». Sortie pourtant dans un mois et demi…
Le Brésil s’organise. Je pars du 7 au 16 avec pour mission de présenter « Chiche ! » et de faire « Le journal vidéo de Bernard ». Je trouve que c’est un beau programme.
Dans une semaine, j’ai une intervention à Bordeaux pour évoquer « Scopitone », le projet théâtre de février 2006. Je pense que je vais me lancer dans une chanson improvisée… Les jours suivants, je vais bosser avec Philippe Lespinasse pour mettre en place les grandes lignes du spectacle.
Hier soir et cet après-midi, nous avons travaillé, avec Stéphane Bisson, Renaud et Olivier à l’écriture de quatre sujets qui seront proposés la semaine prochaine au staff de Karl Zéro. Quatre sujets louftingues dont l’accueil n’est pas garanti. Réponse d’ici la fin de la semaine prochaine.
En attendant mon départ bordelais, j’ai juste assez de temps pour finaliser en douceur l’appart. Enfin, en douceur… je vais me presser un peu pour me laisser le temps de commencer sérieusement à bosser sur « Scopitone ». Pour l’instant, la matière est plutôt musicale et cérébrale. J’ai hâte de formaliser tout ça en mots, phrases, textes.
COUCOU !
Lundi 12 décembre 2005
J’ai finalement eu des nouvelles de « Cache cache ». Les projections provinciales semblent bien se passer. J’ai eu des retours de Limognes (le lieu de tournage) où une projection avait été organisée samedi (on ne m’avait rien dit !), des Pyrénées Atlantiques (Yves m’a fait passé un mail enthousiaste d’une assos ciné de Salies-de-Béarn)… Les projections de presse semblent relativement positives.
Pour le reste, ça sent déjà la dernière semaine avant la morte période de fin d’année.
AFFINITES ELECTIVES
Mardi 13 décembre 2005
Voilà qu’on me relance pour le casting Piaf. Rendez-vous vendredi… avec l’accordéon !
Demain, je retourne à Vanves pour faire une voix off sur le film de Pierre Javaux. Ce matin, c’était encore le chantier tout pourri dans l’appart sur lequel je travaille. Après une journée, tout est beau. Que voulez-vous, on a les satisfactions que l’on peut.
J’ai croisé Samy Bouajila hier soir. Lui aussi est content d’Indigènes. Mais c’est encore loin, la sortie !
Presque étrange de retrouver près de chez soi des gens avec qui on a vécu ailleurs des moments qui marquent, à Ouarzazate, dans les Vosges… comme une autre vie entre parenthèses. Après chaque tournage, il faudrait savoir faire le deuil de ceux avec qui l’on a partagé une part d’existence. Tout simplement parce qu’on fait plus de rencontres que notre quota d’amis… Ou alors, il faut avoir plein de sous et une grande baraque pour recevoir à tout va.
Pas de soucis, Simonet, Giros et Chappey, je vous appelle !
COUPE SOMBRE
Mercredi 14 décembre 2005
Petit café avec acteur césarisé.
Retour à Leroy Merlin des matériaux inutilisés puis direction Vanves pour séance voix off. La journée se passera loin de la fin du chantier. Comme toujours, j’arrive à l’heure au studio (avec 25 minutes d’avance). Et là, c’est le drame ! Il y a un gamin qui doit aussi enregistrer des bruits de respiration. Le réalisateur s’étonne qu’on m’ait convoqué à 14 heures. D’après lui, j’ai au moins une attente d’une heure et demie. Qu’à cela ne tienne, je vais visiter Vanves !
Bon, alors, déjà, Vanves, c’est comme la province : tout est fermé entre midi et… au moins trois. Comment rentabiliser ce temps mort ? Le Champion local me permet de me fournir en carnet et stylo. Je comptais y prendre des notes pour Scopitone mais, finalement, j’y note les choses qu’il me reste à faire pour l’appart et les courses.
Devant les limites de mon état mental, j’opte finalement pour un coiffeur sauvage qui, en l’occurrence, est une coiffeuse. Une bonne coupe vous remet souvent les idées en place.
Les premiers mots que j’entends dans le salon sont ceux de cette conversation entre la coiffeuse qui m’arrachait la tête pendant la shampoing et sa collège :
- il est revenu avec un gros cocard.
- Qui lui a fait ça ?
- C’est au rugby…
- Ah bon, je croyais que c’était des jeunes qui l'avaient agressé, des voyous, quoi…
Encore une sarkosienne !
La coupe a été à la hauteur de ce début de conversation à laquelle je n’ai pas pris part.
A un moment, sur les notes mécaniquement joyeuses d’une bubble gum-music diffusée dans la radio de la boutique, ma coiffeuse (sans doute la patronne) s’est mise à esquisser une danse déhanchée inconsciente (un peu comme on fredonne sans s’en rendre compte). Pendant ce temps, mon jeune voisin racontait qu’il touchait 600 euros d’Assedic et que c’était juste pour le loyer, les charges et tout le reste. Tu m’étonnes !
C’est les cheveux courts et définitivement figés par une tonne de gel que je rejoins le studio. Et là, c’est de nouveau le drame ! Ils sont loin d’avoir terminé.
A quatre heures et demie, j’envoie un texto à l’assistant pour ne pas le remercier de m’avoir fait venir à deux heures. Il se défausse sur le réalisateur.
Vers cinq heure moins le quart, c’est enfin à moi. A peine plus d’une heure de voix off. Me voilà reparti à 18 heures. Je passe un coup de fil à l’assistant pour lui dire de vive voix que c’est pas si grave. Il est désolé mais le gamin n’avait que trois respirations à caser dans le film, selon lui… Bref, je n’irai pas à la projection du film d’un pote. Trop galère. Plus d’envie.
ACCORDEON PATHETIQUE
Jeudi 15 décembre 2005
Ça va commencer à criser avec la sortie de « Cache cache » ! Il semblerait que mes amis « art et essai » de Bordeaux ne le prennent pas (Utopia et Vigo) ! Tant pis pour eux ! Pffffff
J’ai repris l’accordéon pour le casting de demain. Parfois, je me demande jusqu’à quel point d’humiliation on peut aller ! Je crois que je vais me contenter de jouer mes trois compositions et j’espère ne pas leur faire perdre trop de temps.
NIVEAU INSUFFISANT
Vendredi 16 décembre 2005
J’ai joué de l’accordéon toute la matinée. Tout seul, comme toujours, ça pouvait le faire. Mais ça n’a pas vraiment été le cas en situation.
L’assistante du casting a commencé par me demander comment s’épelait « Campan ». J’ai dû lui préciser que moi, c’était Blancan.
La scène de jeu s’est pas mal passée mais l’accordéon, évidemment… J’ai demandé au casting s’il fallait vraiment très bien jouer. Il m’a répondu qu’il fallait un niveau plutôt élevé. On a convenu sans mal que ça n’était pas vraiment ce qui me caractérisait. Mais tout ça s’est fait dans la bonne humeur et la décontraction. Quand je suis sorti, j’étais quand même plus serein qu’à l’allée.
Karl Z. a bien aimé et on enregistre un numéro zéro début janvier, juste avant mon départ pour le Brésil. Ceux qui suivent auront compris qu’il ne s’agit plus d’accordéon…
Reçu le projet de générique d’Indigènes pour validation. Alors, sur un premier carton vous aurez avec Melja Deb., Samy N., Rochdy Z., Samy B. puis sur le suivant « avec BB, Mathieu Simonet. et Benoît Giros. » et sur le suivant « avec la participation d’Antoine Chappey ». Je trouve ça bien. Et puis on sent approcher la sortie.
Demain, départ pour Bordeaux. Réunion de présentation des projets hébergés et produits par Script (dont Scopitone). A propos de Scopitone, vue la tournure que prend le calendrier, l’écriture sera très différente de celle que j’avais imaginée au départ. Je renonce notamment à toute une partie d’utilisation d’images anciennes. Trop de boulot de recherche qu’on n’aura pas le temps de mener à bien. Du coup, la part de création sera beaucoup plus présente, dynamique et excitante. Je vous tiens au courant…
NON MAIS…
Dimanche 18 décembre 2005 Arrivé hier à midi à Bordeaux. Place du Parlement, un monsieur m'arrête : - Jean-Pascal!... Jean-Pasacal de la Staraaaac! - Heu non. - Allez, Jean-Pascal, trente-sept ans... - Non, vraiment, désolé! - Tu veux pas le dire ?! - Non, non, c'est vraiment pas moi. Aurevoir! - Putain de Jean-Pascal... Rendez-vous à L'utopia pour déjeuner de travail autour de la rencontre qui aura lieu à La Machine à Lire pour les 20 ans de Script. Je lis à l'occasion un article méchant de Sud-Ouest sur le sujet, écrit par un jeune cynique qui veut faire ses armes de "rebelle" en critiquant vertement les spectacles et les associations. Un nouveau courageux! Du coup, ma participation à la fête est toute trouvée. J'ai proposé de faire une lecture publique commentée de l'article. Facile, je sais, mais efficace. Puisque j'étais justement à L'Utopia, j'en ai profité pour transmettre les inquiétudes de Yves concernant la sortie de "Cache cache" à Bordeaux. Il semblerait en fait que l'on s'achemine vers une sortie le 1er au Vigo, l'Utopia prenant le relai à partir du 15. Très bonne nouvelle!
MON BEAU SAPIN
Mardi 20 décembre 2005
Quelques jours en famille pyrénéenne.
Comme le signale EJ dans son commentaire, on m'a pris pour Pascal et non pas Jean-Pascal. Désolé mais je n'avais rien suivi de la dernière Starac et j'étais resté coincé sur la première pour laquelle je portais le plus vif intérêt.
Après une bonne séance de travail avec Philippe Lespinasse, on tient la structure de Scopitone ! Février sera actif.
Allez, joyeux Noël!
Mais comme, même à Oloron il y a du cyber, peut-être aurai-je deux mots à glisser d'ici là...
INCIDENT MINEUR
Jeudi 22 décembre 2005
14h32, hier, remonte-pentes du Lys. Paul est à terre (à neige), victime d'un malaise (rien de grave) et moi, son père, téléphone à l'oreille, je réponds à la costumière qui veut tout savoir de mon tour de cou, pointure et taille de pantalon. "Tout va bien?" demande un skieur. "Oui, oui, les secours arrivent!".
Bon. Le traîneau l'a emporté au poste de secours et le médecin a décidé de le garder une heure en observation. Rien de grave... l'âge... l'altitude... pas assez mangé... tension faible... manque de magnésium... la croissance... anxiété...
SAINT NICOLAS
Vendredi 23 décembre 2005 Sarko est très fort. Je le soupçonne d'être d'extrème gauche et un brin islamiste. Ces déclarations insultantes à l'encontre de Jamel et autres participants à cet appel à l'inscription sur les listes électorales donnent raison aux gentils (précisément à ceux qui lancent cet appel). Sacré Nicolas! Et dire que j'ai failli le prendre pour un facho! Allez, bon Noël !
Il m'énerve. Je sais, j'ai tort de m'énerver puisque c'est ce qu'il veut
Dimanche 25 décembre 2005
Le petit a l’art de m’agacer avec son cynisme et sa perversité. Pour faire une étude sur le travail de mémoire demandé par les « Indigènes de la République », blacks et beurs, descendants des colonisés, chair à canon des diverses guerres, le nain confie cette mission à Arno Klarsfeld, avocat des déportés dans le procès Papon qui s’est illustré en s’engageant dans l’armée colonisatrice israélienne. Pour faire naître un consensus, c’est le choix idéal ! (second degré). Ce mec (le nain) est un vrai pervers.
De retour à la maison. Un peu de fignolage dans l’appart avant son occupation à partir de vendredi et plongée tranquille en Scopitone. Tel est le programme de la semaine.
On pourra voir "Cache cache" au MK2 à côté de la maison (quai de Seine)! Et la bande annonce va passer tout le mois de janvier. Bon, le seul truc pas top, c'est que vous ne m'y verrez pas puisque la bonne idée de la B.A. est de cacher Raymond... mouais.... je me demande si Sarko n'est pas pour quelque chose dans ce choix...
ET PAN SUR LES FESSES !
Je hais les critiques quand ils s’attaquent aux personnes, au-delà de l’œuvre.
J’ai fait un cauchemar cette nuit dans lequel tout ce que je faisais démontrait ma bêtise et mon mauvais goût. J’ai réalisé à mon réveil que c’était trois mots d’Antoine de Baecque dans Libé d’hier qui m’avaient atteint. Il termine son article consacré à « Angel A. » de Besson par « vulgarité du parvenu ».
On a tous vu Besson à la téloche, ces jours-ci. Il nous a rappelé qu’il a commencé comme technicien, manutentionnaire… Je me souvenais pour ma part qu’il m’avait bluffé avec son « dernier combat », petit bijou en noir et blanc que bien des gamins de ma génération ont imité pendant des plombes. Alors bien sûr, quand on est un « parvenu » (quelqu’un qui est riche mais qui ne le fût pas de naissance (c’est dingue ce que la pensée peut être aristo !)), on aime à rappeler qu’on est parti de rien. Et quand on est un parvenu, on doit se contenter de singer les élites. On devient poète, écrivain, philosophe… mais pour de faux. De façon un brin forcée. Démonstrative.
Souvenez-vous quand tonton Marcel s’est fendu d’un poème qu’il nous a servi dans le micro de l’église, pour le mariage de sa fille. N’espérait-il pas secrètement qu’on dise de lui : « putain de Marcel, il a pas l’air, comme ça mais quelle plume ! ». Et nous, plus malins, à qui on ne la fait pas, nous qui côtoyions la pensée véritable, dont le goût se forme ailleurs qu’à la télé, nous pouffons de cet agglomérat acidulé de bons sentiments. Pour peu qu’on soit le fils, on frise la honte apoplectique. Et pourtant, cette moquerie, cette honte nous placent "au-dessus". Pas de quoi être très fier.
Et oui, Antoine, Luc est beaucoup plus riche que toi et pourtant il a fait beaucoup moins d’études que toi, il a beaucoup moins lu aussi. Sa culture est bien inférieure à la tienne. Mais dis donc gamin, qui es-tu pour être aussi méchant avec tonton Besson ?
« Vulgarité du parvenu ! » et la connerie du critique ?
PS : Afin de rassurer mes amis et tous les gens de bon goût (caste à laquelle il me plaît de m’illusionner parfois d’appartenir), je suis le premier surpris de prendre la défense de L.B..
TRES GAUCHE…
Mardi 27 décembre 2005
Français, tu n’as pas assez d’argent ? Grâce au gouvernement, si tu es propriétaire, tu pourras emprunter ce que tu veux pour acheter plein de trucs inutiles. Et quand tu ne pourras plus payer, ça ne sera pas grave. On prendra ta maison. Pour te sortir de la merde, tu pourras demander à ton frère ou à tes parents d’hypothéquer à leur tour leur maison.
Dire qu’en 2002 les électeurs ne voyaient pas de différence entre la gauche et la droite…
Heureusement que mon agent ne lit pas ça. Elle ne souhaite pas qu’on affiche ses opinions politiques.
HEURE DU BILAN AVANT LA FETE
Samedi 31 décembre 2005
Dernier jour de 2005. Faisons une petite rétrospective nombrilo-professionnelle de l’année !
Elle a commencé par le tournage du dernier plan de « Cache-cache ».
S’en est suivi une longue période de tournage sur « Indigènes » qui aura été l’événement majeur.
En mai, je suis descendu à Cannes pour « Cache-cache » qui était présenté à la quinzaine. Moment très agréable !
Nous n’avons pas pu terminer le film de Philippe Fernandez. On s’en chargera au printemps.
J’ai incarné des petits rôles dans des téléfilms et un joli dans « la Désobéissance » de Patrick Volson.
Je n’aurai décidément pas touché un centime du long-métrage que je suis allé tourner du côté de Rouen (l’arnaque de l’année !).
Une apparition dans le court métrage d’Olivier Volcovici.
Vivement 2006 pour voir éclore tout ça !
BONNE ANNEE !
Dimanche 1er janvier 2006
J’ai rêvé d’être un jour à l'affiche d’un film passant au cinéma à côté de chez moi. Ça sera chose faite le 1er février avec « Cache cache ».
Pour toi aussi, cher lecteur, chère lectrice, je souhaite que quelques-uns de tes vœux les plus chers se réalisent en 2006.
BONNE ANNEE !
PRAGUE, UN JOUR, J’IRAI !
Lundi 02 janvier 2006
- Allo, c’est l’agence Machin. Tu me ferais un casting demain pour une pub Peugeot ? Tournage à Prague le 12 janvier.
- Désolé mais le 12, je suis au Brésil !
Hé oui, J – 5 !
Je n’ai pas pu m’empêcher de faire encore des vœux publicitaires ! Mais bon, ils n’en sont pas moins sincères. Et puis, ça permet d’avoir des nouvelles de gens qu’on aime bien mais que l’on n’appelle pas souvent.
C’est ainsi, également, que j’ai appris que je pouvais être content d’Indigènes et de « Un an ».
Si 2005 fût l’année des fabrications, 2006 donnera la couleur de la poursuite de mon activité « actorale ». Si j’ai bien travaillé, j’aurai encore du travail. Sinon… je n’aurai plus qu’à me recycler dans l’immobilier !
Allez, en attendant les verdicts, doum doum dam dimbiling, salsaaaaaa !
ENCORE PRAGUE !
Mardi 3 janvier 2006
C’est reparti pour l’accordéon ! Demain, je retourne voir le casting du film sur Piaf (qui se tournera à Prague) pour préparer une nouvelle séance d’essais. Hé bé !
"Merci pour la promenade" hasarde mon accordéon dans un souffle discret...
Mercredi 04 janvier 2006
A midi pile, j’entre dans le bureau du directeur de casting, mon accordéon sur son petit chariot. Olivier cherche un texte à me faire jouer et m’explique qu’après la scène de jeu, on enregistrera un petit bout d’accordéon. J’ai bien fait de bosser « padam padam », hier soir !
Je m’assois et me plonge dans le texte.
« Au fait, pour les dates, ça ira ? » Olivier enchaîne en me donnant celles de février : les 20, 21, 22 et 23, à Prague… Ça ne colle pas du tout puisque je suis en résidence à Bordeaux pour Scopitone. Je dois jouer devant les co-producteurs et pré-acheteurs éventuels le 24 ! Dommage de n’avoir pas commencé par cette donnée.
Je prends congés poliment (aimable en toutes circonstances!), remets mon manteau, mon écharpe et traîne mon accordéon jusque sur les Champs Elysées. Il fait beau et presque doux. Sur le quai du métro Place de l’Etoile, un accordéoniste fort crédible joue « padam padam ».
Cette fois-ci, c’est mort pour Prague ! En tout cas, avec Piaf...
LA VIE, QUOI…
Jeudi 05 janvier 2006
« Alors Blancan ? C'est super d'être à l'affiche au ciné à côté de chez soi, y'a pas à se déplacer pour se voir, le miroir est là... Ca doit faire bizarre quand même chez le boulanger à côté du ciné en allant chercher ta baguette... ». Voilà l’extrait d’un mail envoyé par un copain.
C’est là qu’on reconnaît ses amis. Ils s’inquiètent des excès de narcissisme et du fait que le travail semble occuper toute ma vie. Hé oui, c’est ça le blog à thème. Ça occulte le reste. Ça déforme. C’est vrai.
Je lui ai répondu que
– je ne suis pas en photo sur l’affiche,
- que je ne serai pas chez moi quand le film sortira
- que je ne fréquente pas la boulangère car une intolérance au gluten me fait préférer les galettes de riz au pain…
je lui ai aussi donné des nouvelles de mes enfants, de ma compagne, de ma voiture car, il faut bien l’admettre, j’ai aussi une vie privée, affective, sexuelle et digestive !
Bon mais c'est pas tout, il va falloir que je m'occupe de faire mon sac, moi!
Scoop!
Jeudi 5 janvier 2006
J’ai mis ma casquette Lénine, ma veste en velours côtelé, mon pantalon acheté dans un magasin de vêtements de travail, je suis sorti, j’ai acheté le magazine Littéraire, un crayon à papier et direction la FNAC ! À pied ! (J’ai gardé du régime que vous avez pu suivre en direct, un goût certain pour la marche). J’ai pu ainsi m’acheter deux ou trois bouquins pour le voyage sans me fier aux seuls coups de cœur de la maison. Mais j’y allais aussi pour m’approvisionner en cassette DV et DVD à graver pour mon petit travail brésilien.
La journée commençait bien. Un jour à moi. Sans penser à des rendez-vous, des impératifs, des obligations. Un jour pour le plaisir. C’est pour ça que je me suis déguisé en anarchiste.
De retour de la FNAC, je n’ai pas pu m’empêcher de passer chez mes amis producteurs de « Cache cache ». J’ai pu voir l’affiche. Elle est super joyeuse et, je crois, donne envie de voir le film. On verra bien.
En tout cas, je n’y figure pas et mon nom n’est pas en haut non plus. Franchement, ça me va très bien comme ça.
Néanmoins, afin d'offrir une petite exclusivité aux lecteurs, je me suis permis de joindre une photo de moi en Raymond.
Cache cache sort partout !
Jeudi 05 Janvier 2006
Je précise parce qu'un de mes fidèles lecteurs avait compris qu'il ne sortait que dans le cinéma à côté de chez moi.
Non, non, il s'agit bien d'une SORTIE NATIONALE le 1er février.
Ce qui veut dire que vous pourrez le voir dans toutes les grandes villes, même si c'est plutôt dans les cinémas "art et essai".
Pfffff... pas facile d'être compris!
Embarquement imminent !
Vendredi 06 janvier 2006
Allez, je vous emmène ! On décolle à 8h05 demain matin.
Pour ceux qui restent : couvrez-vous bien ! L’hiver n’est pas fini… Je vous promets des articles brésiliens et des photos.
Samba !
Atibaia
Dimanche 8 janvier 2006
Je suis bien arrivé à Sao Polo mais mon bagage a préféré faire une halte à Amsterdam. Il n’arrivera que ce soir.
Premier jour à Atibaia, à filmer à tout va une fête religieuse locale qui voit des groupes locaux, descendants des esclaves, entrer dans l’église avec force percussion, paillettes et danses. Des milliers de personnes pour une grande fête populaire. Pour l’instant, je filme trop et le montage va être difficile. D’autant que je ne fais pas un documentaire. D’autres s’en chargent. Mais qu’est-ce que je fais, au fait ?
Sinon, on se fait très vite à l’été. Je vais d’ailleurs vous abandonner pour aller faire une sieste avant de jouer encore au caméraman.
J’avais du mal à comprendre l’intérêt qu’avaient trouvé des copains de cinoche d’aller ouvrir un bar au Brésil. Je commence à réaliser…
Heu… pour des photos, il faudra attendre mon bagage. Mon cordon y est dedans…
Internet rame...
Mardi 10 janvier 2006
Le Bresil, c est super. J en dit plus des que ca fonctionne...
Enfin !
Jeudi 12 janvier 2006
Petit compte-rendu. Arrivé à Sao Polo, bagage perdu, Sur la route qui nous conduit à Atibaia, je suis étonné de voir la mondialisation s’afficher en 4 par 3. Je n’avais en tête du Brésil que des clichés vieillots faits de vagues films pas souvent brésiliens, de musiques, pas loin de m’imaginer que les brésiliens étaient habillés en jaune et vert et courraient derrière un ballon. J’avais aussi l’information que Lula du Parti des Travailleurs était Président. Je n’imaginait pas la place de la consommation dans ce pays. Mais oui, je sais, la Chine, l’Inde…
Arrivé à Atibaia, je retrouve très vite Betty et Rainer du festival de Contis dans le Grande Hotel de Atibaia qui sera désormais mon refuge. Charme désuet d’un vieil hôtel thermal avec sa piscine trônant au centre d’un petit parc arboré, comme doivent dire les dépliants touristiques. Atibaia est une toute petite ville à l’intérieur des terres, très paisible.
Dès le lendemain, j’ai passé ma journée à filmer la rencontre de congadas. Il s’agit d’une procession, entre deux églises d’Atibaia, de groupes folkloriques (pour faire vite) qui mélangent des particularismes culturels, ethniques et religieux, chaque groupe défilant derrière la bannière d’un Saint de l’Eglise Catholique qui peut lui-même être la « mise aux normes » d’un dieu d’origine Africaine. Le Brésil est, on le sait, très métissé de part son histoire (Indiens, anciens esclaves Africains et descendants de colons portugais…).
Avant-hier, Adriano (un des co-organisateurs brésiliens) nous a amené assister à une répétition de batteria d’une école de Samba pour le carnaval. Grand moment.
Beaucoup de temps passé à essayer de faire un montage qui ne soit pas documentaire. Toujours trouver la décalage-touch ! On verra si ça a marché tout-à-l’heure puisque mon premier journal de huit minutes sera projeté.
Petite promenade hier sur un site en dehors de la ville.
Hier soir, inauguration en grande pompe du premier festidal internacional do audiovisual de Atibaia. Discours et petits-fours, consulat, télévision et prefectura.
Les brésiliens sont très accueillants et sympathiques mais, tant que le festival n’était pas commencé, on peut dire qu’on a quand même passé beaucoup de temps entre français. L’échange culturel souhaité est lent à se mettre en place.
Sinon, il faut beau et chaud, je suis bronzé, le festival de Contis vient d’avoir le label de l’Unnesco, François, Séverine, Blade, Antoinette et Bernard constituent avec Betty et Rainer ma famille française à laquelle se sont joints Adriano, Joana et Kayo… à suivre.
33°
Atibaia Brésil, samedi 14 janvier 2006, 19h30
Je susi en vacances. Mon dernier journal a été projeté cet après-midi. Les deux premiers étaient muets et faussement documentaires. Celui-ci, entièrement en portugais et intitulé "Incident diplômatique", était une petite fiction relatant un fait réel : un des membres de notre communauté s’est illustré en se baignant nu dans la piscine de l’hôtel.
Je suis encore là jusqu’à lundi aprem. J’aurai certainement l’occasion d’essayer mon nouveau maillot bleu pétard, dans la piscine que je n’ai pas trop eu le loisir de fréquenter. 33° à l’ombre ! Je vous nargue.
Vite fait...
Lundi 16 janvier au matin : Sur le depart. Je raconterai demain...
Sao Polo-Paris
Mardi 17 janvier 2006
Paris sous une pluie fraîche. On dort très mal dans ces avions !
Dix jours au Brésil passent trop vite !
La cérémonie de clôture du festival a été digne des plus grands. Les courts métrages brésiliens présentés lors de cette première édition rassemblait l’ensemble des films primés dans le courant de l’année sur l’ensemble du Brésil.
On a pu voir un échantillon très dynamique de ce jeune cinéma. Contrairement aux films français souvent graves et plombés, ceux-là faisaient preuve d’une grande vivacité et d’une certaine impertinence. Tous sont très formels. On ne rechigne pas à mettre des effets, des très gros plans, du gros son.
Beaucoup de radicalité, même dans les plus « potaches ». C’est un cinéma qui ne se prend pas au sérieux et qui s’amuse de tout ce qu’offrent les technologies (parfois trop à mon goût). Les films primés étaient de grande tenue et assez significatifs de l’ensemble de la sélection.
Pour juger vous-mêmes, il vous faudra aller au festival de Contis 2006 ! Les films primés y seront projetés en présence des réalisateurs ainsi que quelques autres qu’auront ajoutés Betty et Rainer.
On n’est pas malheureux, tiens!
De retour au pays, j’ai un texte à apprendre pour un casting, deux scénarios à lire, caler les projections sur l’agenda et surtout… faire une grosse sieste !
A fond les manettes, vitaminé C!
Jeudi 19 janvier 2006
Ça y est, la vie parisienne a repris avec son rythme anti-brésilien. Il m'a fallu deux jours en zombi, à faire un petit diaporama des photos prises là-bas, à regarder le sac qu’il faudra vider un jour, à évaluer les choses importantes à faire, à dormir…
Bon mais c’est reparti ! J’ai lu les deux scénarios. Un joli court intitulé « résistance aux tremblement » (amusant après « léger tremblement de paysage » de Philippe Fernandez !).
L’autre est un long co-écrit par un copain et dans lequel j’aurais un super rôle qui me permettrait de jouer l’été indien à la guitare (et plein d’autres choses touchantes). C’est pas du bonheur ?
Philippe Ramos m’avait appelé quand j’étais au Brésil pour savoir si je jouais d’un instrument. D’après la liste que je lui ai donnée, il penche pour le concertina (une sorte de petit accordéon !). On y revient toujours.
Concernant Cache-cache, vous pouvez aller voir la bande annonce sur http://www.filmsdulosange.fr !
Avant première parisienne le 31 à 20h30 à l’UGC cité ciné les Halles.
Avant première aussi le 25 à Nancy et le 26 à Strasbourg (je dis ça pour Pierre).
Je n’y serai pas puisque je présenterai le film du côté de Perpignan en même temps. Vous savez tout! Ah, non, j’ai oublié de préciser que j’ai mangé un Bo Bun, ce soir…
L'attente commence...
Vendredi 20 janvier 2006
J’ai un concertina! Et ça a un joli son.
Cache-cache à Bordeaux, c’est pas gagné. Aujourd’hui, on ne savait pas encore s’il allait sortir à l’UGC. En tout cas, le distributeur n’a pas voulu le Vigo à cause du nombre restreint de projections planifiées. Bon, chacun son boulot. Je ne suis pas distributeur.
J’ai aussi l’impression que la presse sera discrète. Elle sera très occupée par « Les bronzés ». On verra bien. Le public décidera. Celui qu’on a rencontré jusqu’à présent a l’air content…
Aumône
Dimanche 22 janvier 2006
Le compte à rebours de la sortie de « Cache-cache » est lancé. Comme on le sait, il n’est pas facile de sortir un petit film français. Et le sortir ce 1er février semble encore plus délicat.
Pas moins de 13 films sortent ce jour-là ! Il n’y aura donc que 35 copies qui vont être lancées sur le territoire national. C’est peu.
La vie du film dépendra de sa durée sur les écrans. Et là non plus, pour les mêmes raisons, ça ne sera pas facile. Il va falloir déclancher au plus vite un effet « bouche à oreille » et essayer de faire venir le maximum de spectateurs dès le premier jour, sans l’appui des médias qui s’accrocheront aux Bronzés.
Message reçu, cher lecteur ?
Univers.
Lundi 23 janvier 2006
« Je respecte votre morale, Andrini et je l’ai toujours respectée. Mais ne me faites pas croire que vous vous préoccupez du sort de ces « pauvres » clandestines ! ».
Voici un extrait du texte du casting que je passe à 18h. Un mec qui parle de morale comme ça, qui parle comme j’essaie d’écrire, qui affirme avec véhémence son autorité, qui mouche son collègue devant les huiles de la DST, c’est forcément quelqu’un dont je me sens très très loin. Il va pourtant falloir que je m’en rapproche pour satisfaire à la demande de mon agent.
Juste avant de me rendre à cette audition, je vais à une projection de « Un an » de Laurent Boulanger. J’y joue un vieil homo qui vit avec son copain dans une cabane forestière. Loin de moi aussi mais le décors est plus sympa !
UN AN
Lundi 23 janvier 2006
Comme prévu, le casting s’est passé…
La projection de « Un an » aura été un grand moment.
Quand je parle de petit rôle qui se remarque, en voilà un sacré ! Les amoureux de films d’action seront déçus puisqu’il s’agit surtout de l’errance de Victoire (Natalia Dontcheva), une jeune femme persuadée d’avoir commis un meurtre. Mais vous avez peut-être lu le roman de Jean Echenoz dont le film est l’adaptation. Le film est beau.
On peut lui reprocher la lenteur inhérente au sujet (en particulier le début). Mais la mise en scène, l’image, la musique et le jeu nous accompagnent avec bonheur dans cette fuite. Soudain voilà que notre héroïne tombe sur Poussin (Lazlo Szabo) et Castel (ma pomme). Et là, c’est la comédie qui surgit là où on ne l’attendait pas. Bref, je suis ressorti du film tout léger et heureux. Sortie le 19 avril !
SCOOP CANNES 2006
Mardi 24 janvier 2006
Da Vinci Code fera l’ouverture du festival de Cannes 2006. « Indigènes » fait partie des films possibles en sélection mais il y a aussi Nicole Garcia, Dumont…
Je ne suis pas dans les petits papiers du comité de sélection mais j’ai eu l’info grâce à une alerte Google. Vous connaissez ? C’est génial. Vous cherchez la rubrique alertes Google et là, vous tapez le nom de quelqu’un ou d’un événement dont l’actualité vous intéresse. Dès qu’un article ou un site parle de lui, vous en êtes informé par mail. Evidemment, j’ai mis Caumon et Bouchareb dans mes alertes!
Mais il n’y a pas que Google ! J’ai testé le moteur de recherche français http://www.exalead.fr dont parlait hier un JT France2. Il est très performant et beaucoup plus complet ! A essayer…
Pommadin
Mardi 24 janvier 2006
Demain, départ pour Clermont l’Hérault. Présentation de « Cache-cache » en soirée puis le lendemain pour des scolaires. Retour dans la foulée.
Mes centres d’occupation et de préoccupation se résument désormais à la sortie du film et au début de ma résidence de création bordelaise pour Scopitone. Les deux, le 1er février.
Entre deux mails, je suis allé me faire couper les tifs dans vieux salon d’un coiffeur de quartier. J’ai enfin trouvé la bonne adresse pour un domptage capillaire à mon goût.
Pfff c’est long le temps qui précède la sortie d’un film! On s’imagine toujours des salles vides. Et c’est parfois le cas…
Je pars à la gare!
Mercredi 25 janvier 2006
Rassurez-vous, je ne vais obliger personne à aller voir « cache-cache » et je n’en voudrais pas à ceux qui n’iront pas. En théorie, je pense même qu’un film trouve toujours le succès qu’il mérite et que toute gesticulation est inutile.
En revanche, dans les faits, le premier film dans lequel j’ai eu un rôle conséquent s’est planté gravement alors qu’il était promis à une réussite certaine. C’était « Peau d’homme, cœur de bête » d’Hélène Angel.
On avait commencé par le Léopard d’Or à Locarno. Beaucoup de films envieraient les critiques qu’on a reçues. Presse unanime, à l’exception de Libé (donc unanime).
Je quitte Bordeaux, je trouve un agent, ma vie va changer !
Et puis le film sort fin 99, juste après la fameuse tempête. Il neige. Cannes 99 avait vu le couronnement de Dumont ou Dardenne (ou les deux). Et « Peau d’homme » est aussi un film sombre, dur. Le public n'a pas envie de ça. Le verdict sera sans appel : 15.000 entrées France. Autant dire rien.
Ce qui ne m’a pas empêché de travailler parce que le film avait été pas mal vu par profession et qu’il a bénéficié et bénéficie encore d’une aura de grand film. Y compris auprès de ceux qui ne l’ont pas vu. La semaine dernière encore, je ne sais plus qui m’a dit « Ah, tu étais dans ce film ? J’arrête pas de dire que je veux le voir ! ». Et oui, il n’existe en DVD qu’aux States !
Alors voilà, chat échaudé… Mais chacun fait ce qui lui plait ! Et quand je titre un article "aumone", il n'en est bien sûr pas question! Non, mais!
Clermont d'Hérault
Jeudi 26 janvier 2006
Clermont l’Herault, quel accueil ! Je veux bien aller souvent présenter le film, moi, dans ces conditions…
Débat très agréable à l’issue de la projection d’hier soir.
Ce matin, c’était la projection avec les scolaires. Rémi choisit de ne pas annoncer ma présence. Je reste dans l’escalier pendant qu’il prend la salle en main à l’issue du film. « vous avez aimé le film ? » « Ouiiiiiiiiiiii ! » répondent en chœur les enfants. Sauf quelques « noooon ! » qui n’échappent pas à mon oreille. Alors quand je prends place face à eux, je demande immédiatement qui a dit non. Et là, une bonne dizaine de petites mains se lèvent avec une franchise dont seuls les enfants sont capables.
- Pourquoi vous n’avez pas aimé ?
- Parce que c’est un peu triste, me répond une gamine. Ils sont mignons !
Merci Rémi, Cédric, Elisabeth, Daniel, la dame du gîte et Katia pour ton commentaire sur l’article « Aumone ».
Journée off
Vendredi 27 janvier 2006
La seule chose de notable que j'ai faite aujourd'hui se résume à l'achat d'un gilet moumouté du goût le plus risqué.
La seule pensée notable ayant place en ce journal remonte à il y a un peu plus de deux heures, tandis que je me trouvais au cinéma : "peut-être que dans quelques mois il faudra que j'explique dans ces pages comment je me reconvertis" (j'étais en train de réaliser que j'avais eu la chance d'avoir des rôles importants en 2005 et que j'avais épuisé déjà beaucoup de chances pour qu'il m'en tombe un en 2006). Voyez-vous, les acteurs, aussi petits soient-ils, ils ne pensent qu'à ça!
Si, j'ai eu une autre pensée qui, elle, remonte à trois minutes : il faudrait que je songe à apprendre l'écriture.
No comment, please!
Good night and good luck!
Attention au melon!
Dimanche 29 janvier 2006
Avant-première ce matin au Balzac. Salle comble. Accueil chaleureux et enthousiaste. Des retours élogieux sur mon Raymond. Respirer… souffler…. Garder la tête froide… ffffff… zen… on en saura plus mercredi (dans 1458 ans).
Plus sérieusement, après une telle projection on se prendrait presque à rêver. Je ferais bien des travaux, moi !
Petit scénario
Lundi 30 janvier 2006
PARC DES BUTTES CHAUMONT - EXT. JOUR
LE COMEDIEN :
« On ne voit jamais Raymond, mais on devine sa présence. Il passe pour un fantôme. » C’est ce qu’on peut lire dans le résumé de Cache-cache d’allociné. C’est faux, merde! On le voit tout le temps !
LE SAGE :
Calme-toi. Tu es nerveux parce que la sortie approche…
LE COMEDIEN :
Oui mais, avec cette campagne de communication (affiche et bande annonce) dans laquelle les distributeurs on choisi de jouer le mystère Raymond en ne le mettant pas, je me trouve dans la situation délicate et idiote de dire à mes connaissance : « si, si, je vous jure sur la tête de ma mère que j’ai le rôle principal ! ». Position fragile, voire ridicule. On a vite fait de passer pour un mytho…
LE SAGE :
Est-ce grave ?
LE COMEDIEN :
Quand les bandes annonces vont passer à la télé, pas de trace de ma pomme. Alors que dès que je suis dans la bande annonce d’une série dans laquelle je joue un tout petit rôle, je reçois douze coups de fil. Là, le gens se diront « tiens, c’est pas le film dont nous parlait Blancan ? Oh mais il doit encore avoir un tout petit rôle, on le voit pas ! ».
LE SAGE :
Ce qui compte, c’est l’amour de ton art. Tu n’as pas besoin de cette reconnaissance futile, factice. Celle que te donneront les spectateurs n’a pas de prix à côté d’elle !
LE COMEDIEN :
Ta gueule !
Zeeeeennnnnn
Lundi 30 janvier 2006
Alors voilà. La journée passe comme elle peut. Je croyais être très cool et paradoxalement, la projection de dimanche a été si chaleureuse qu’elle met la pression.
Mauvaise nouvelle pour Bordeaux : le film n’y sortira que le 22 au Vigo. C’est quand même idiot, d’autant que j’y serai depuis mercredi ainsi que Lucia Sanchez qui joue Caroline (la maman des enfants dans le film). Bon enfin, petite sortie. On verra bien.
A Paris, vous pourrez le voir au MK2 quai de Loire, MK2 Hautefeuille, Balzac, Parnassien, UGC des Halles (avec avant-première demain soir à 20h30 (j’y serai)).
Demain, je fais mon sac pour Bordeaux (instruments de musique, DVD, caméra et tout le toin toin pour Scopitnone). Des idées concrètes prennent forme l’air de rien. Il me tarde de bosser. Au moins, je ne serai pas en train de faire le tour des salles à vélo pour compter moi-même les spectateurs!
Mardi 31 Janvier 2006
Cache-cache, presse et commentaires
LA CRITIQUE DE TELERAMA (daté du 1er février)
Un conte loufoque où un paysan exproprié revient hanter sa propre ferme.
"Histoire de maison hantée… par un vivant. Raymond, fils et petit-fils de fermiers, grand flandrin mutique et osseux, s’incruste dans sa propre demeure, malgré l’expropriation qui le frappe. Planqué au fond du puits du jardin, derrière les portes et les murs, il épie les nouveaux propriétaires, un couple et deux enfants puis participe, à leur insu, à la vie de tous les jours. Objets déplacés, présence furtive, le « fantôme » farfelu installe une discrète pagaille, une légère distorsion du réel.
Cette drôle de comédie doit tout, ou presque à son interprète principal, Bernard Blancan, à son extraordinaire loufoquerie. Lunaire, imprévisible et furtif, il invente un personnage burlesque inédit, un pantin drôle et poétique.
Autour de lui, Yves Caumon a peint son conte de couleurs pimpantes, celles du décor, mais aussi celles des autre « habitants », petite famille gaffeuse et sympa, assumée avec une naïveté assumée. Plutôt qu’un récit en bonne et due forme, Cache-cache est une série de variations ludiques sur une seule situation. C’est sa limite (au bout d’un moment l’histoire piétine un peu), mais aussi son charme : mille et un microévénements, arrachés subrepticement sous nos yeux à la banalité quotidienne."
Cécile Mury.
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Bon, il n'y a pas que des bons papiers (je ne mettrai que ceux-là quand même). Pas question de faire de la contre publicité ! Par exemple, n'achetez pas Libé : il n'y aura rien.
Très bons papiers dans Les cahiers du cinéma, Ciné Live, J'aime lire, Zurban, Télé Obs...
Bons papiers dans Première, Le Point, L'Express, le JDD...
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N'hésitez pas à glisser vos propres critiques (bonnes et mauvaises) en commentaire de cet article!
retour sur terre
Jeudi 2 février 2006
Départ difficile pour « Cache-cahce ». On ne peut même pas parler d’effet bouche-à-oreille négatif. Il faudrait pour cela que les spectateurs voient le film. Et il semblerait que ça ne se bouscule pas. Donc, amis lecteurs, si vous comptez voir « Cache-cache », ne traînez pas parce que, à ce rythme, il sera trop tard mercredi prochain… ! Les lois de la distribution sont impitoyables pour ceux qui ne cartonnent pas.
Début de résidence à Bordeaux dans la fatigue (Bordeaux-Paris en voiture à 5h du mat avec 3h de sommeil sous les paupières). Mais cette première séance de travail avec mes partenaires (Philippe à la vidéo et David à la musique) a été agréable, exigeante et fructueuse. Super accueil du Molière.
Apports
Samedi 4 février 2006
Il semblerait que les spectateurs aient pris le titre de « cache-cache » au mot. Misère. Dur dur ! D’ailleurs, à en juger par le peu de retour, soit les potes n’y sont pas allé, soit ils ont détesté, soit il sont timides, soit ils sont bordelais (il ne sort à Bordeaux que le 22 au Vigo et je l’y présenterai d’ailleurs le 23 (la veille de la « sortie publique de résidence (le 24 à 18h30 au Molière))).
Dimanche, sur Canal+, vers 20h, une émission du cinéma dit du bien du film.
La résidence a commencé doucement. On cherche, on explore, on visionne. Mais dès lundi on attaque la construction de l’édifice. Pour me mettre un peu plus de pression (comme si j’en manquais), je suis allé voir deux spectacles.
Le premier, de Laurence De La Fuente mettait en scène des textes de l’ordre de l’intime. Ecriture légère, très féminine (l’un ne découlant pas de l’autre), joyeuse, désespérée, juste. Mon nombril m’a dit que, dans Scopitone, je n’arriverai jamais à aller aussi loin. Un moment comme on aimerait en passer plus souvent au théâtre.
Le second consistait en un montage de textes de Copi par Jean-Marie Broucaret. J’ai rarement vu un spectacle aussi investi par la mise en scène et par les acteurs (autant que l’écriture, d’ailleurs). On ne fait pas semblant. Ça va à fond, jusqu’à créer un univers qui nous emmène au-delà du théâtre. Quel étrange et beau voyage !
Bon mais je ne vais pas faire mon critique ! Disons que ces deux spectacles m’apportent, chacun à sa façon, une bonne dose d’exigence… dont j’espère bien me nourrir pour Scopitone.
Enfin, avec tout ça, j’en ai oublié mon portable au restau, à midi. Rachid B venait d’ailleurs de m’appeler pour me donner des bonnes nouvelles d’Indigènes…
pause
Dimanche 5 février 2006
Bordeaux, mes enfants, mes amis, ma famille, la préparation de Scopitone. Pourtant, il fait froid à Bordeaux ce week-end.
La désobéissance
Lundi 6 février 2006
Reçu un mail de Patrick Volson. « Le temps de la désobéissance » (le téléfilm que nous avons tourné à Nancy et Strasbourg) a obtenu le prix du meilleur scénario et celui du meilleur film unitaire à Luchon. Il sera diffusé le 20 février sur France 2 à 20h50. On devrait faire pas mal de spectateurs…
Musikatoulézétage
Mardi 07 février 2006
Une bonne partie de la nuit passée à composer 3 musiques chez David pour Scopitone. Le sommet a été la conception d’une comédie musicale dont le livret est tiré d’un script de série TV. On ne devrait pas pleurer, le 24 !
D’ailleurs, il semblerait que ce soit le soir choisi pour que je présente « Cache-cache » au Vigo. Quel enchaînement ! Si le bout de spectacle est réussi, il va falloir prévoir des bandages pour mes chevilles.
Tout à l’heure, je pars présenter le film à Pau. Demain, je fais un saut à Paris pour le doublage de Mesrine. J’ai bientôt épuisé ma boîte de vitamines…
En vitesse...
Mercredi 8 février 2006
Présentation très agréable de « Cache cache » à Pau. La famille composait 20% du public.
En revanche, tout cela fût très bref arrivé à 20h, petit Jurançon, petit coucou aux spectateurs, poule au pot pendant le film, débat chaleureux, bisous aux taties et aux cousines (j’ai une famille très féminine), dodo, réveil 6h départ Paris.
Doublage rapide cet après-midi de mes deux scènes de « chasse à l’homme » (Mesrine). On en a profité pour viriliser un peu le truand que j’incarnais.
Allez, demain, retour Bordeaux à la première heure. Répé à 10h !
Bien...
Vendredi 10 février 2006
Journée d’écriture et tournage d’une scène de casting pour Scopitone. Grosse crève qui me tombe dessus. Chazam, lui, est au lit depuis hier. Mais tout va bien. Tout va bien. Tout va bien.
ça approche!
Lundi 13 février 2006
Projection des plus sympathiques de « Cache-cache » à Contis. L’occasion de retrouver les copains du Brésil.
Ce doit être la saison ! Pas moins de 4 scénarios de courts-métrages reçus en quelques jours. Scopitone se précise doucement.
Pour l’heure, je suis chez David. Poursuite de la partie musicale. Demain, on investit la scène.
Acteur bordelais ?
Mercredi 15 février 2006
Grande journée scopitonesque, hier. Il semblerait que le spectacle trouve sa voie. Pourtant, Philippe s’est mis à douter et David entame un ulcère…
Grosse prise de choux avec plannings des courts métrages. Mais aussi à cause de castings passés à Bordeaux. Mon agent ne veut plus que j’y tourne les petites choses réservées aux bordelais. Mes amis castings comprennent mal qu’elle me place à un autre niveau. Moi, au milieu, j’entends les deux discours. J’ai la tête prise par Scopitone et tout ça fait trop de bruit.
Glups....
Jeudi 16 février 2006
Phase délicate dans l’écriture du spectacle : et si c’était à chier ?
Non, juste un moment indispensable de remise en question. Passage obligé.
Pluie...
Vendredi 17 février 2006
Scopitone prend forme. Une forme qui fait un peu peur mais c’est le jeu de la résidence laboratoire. Dimanche, on aura toutes les vidéos et mardi, le son sera bouclé. Je n’aurai plus qu’à jouer avec tout ça…
En passant. Pour les films comme « Cache-cache », il faut se précipiter en première semaine et ne pas s’étonner d’avoir à galoper en deuxième ou attendre le DVD (hypothétique DVD…). Il ne faut pas oublier que le cinéma est une industrie et qu’en dehors des grosses machines ou des succès « surprise », peu de place est faite au reste, même s’il vaut le déplacement. Mais rassurez-vous, je ne reproche rien à ceux qui ne l’ont pas vu. Pour aller au cinoche, il faut avoir une bonne raison. La première étant l’envie. Et ça, ça appartient à chacun.
Sinon, l’agenda est en train de se remplir de projections d’accompagnement de « Cache-cache » qui continue sa vie provinciale. Si j’honore toutes les demandes, je me transforme en VRP.
Sinon, le froid ça suffisait mais la pluie et le vent, ça commence à bien faire !
Demain, projo à l’Utopie de Sainte-Livrade, dans le Lot-et-Garonne.
Je vous rappelle le passage du « Temps de la désobéissance » lundi soir sur France2.
Good night and good luck!
Dimanche 19 février 2006
Me voilà parti hier en quête d’un écran de projection diapo (pour Scopitone). Impossible de trouver le dépôt-vente dont on m’a parlé. Je croise un couple d’amis qui m’accompagne dans ma recherche m’indiquant un endroit susceptible de disposer d’un tel article devenu rare aujourd’hui. Nous nous cassons le nez sur un rideau de fer. Ça vient juste de fermer. Qu’à cela ne tienne, nous allons déjeuner ensemble à Saint-Michel (celui de Bordeaux).
En cours de repas, Philippe interroge une voisine qu’il connaît et elle se propose immédiatement de me prêter son vieil écran. C’est quand même simple la vie (avec ou sans Ashtar (private !)).
La suite de la journée est rythmée par la présentation de « Cache-cache » à Sainte-Livrade.(Lot-et-Garonne). Et là, comme dirait l’autre, c’est le drame. Tout commence par un filmage dans le train destiné à être utilisé dans le spectacle. Arrivé là-bas, je suis accueilli par l’exploitant. Repas sympa en famille.
Quand nous arrivons au cinéma (10 minutes avant le début de la séance) il n’y a que deux spectateurs dans la salle. Bernard, le projectionniste m’assure que le public a la fâcheuse habitude d’arriver au dernier moment. Mouais… je sors fumer une cigarette et presque immédiatement le public arrive en grappes. Me voilà rassuré.
Enfin... jusqu’à ce que j’entre à nouveau dans le hall. En fait, tous, les fameux spectateurs, les uns après les autres vont voir l’autre film : Good Night and good luck ». D’accord. On va projeter pour trois spectateurs (une mère et son jeune fils et une vieille habituée de la salle. Par bonheur, deux dames qui arrivaient en retard pour voir Good night qui avait commencé ont eu pitié de moi qui était venu exprès et sont venues presque doubler la jauge. Disons qu’elles se mettaient à représenter à elles seules 40% du public. Quel poids!
Toujours prêt au pire, la situation ne me mine pas. Je profite même de la projection pour m’installer à une table du hall et bosser sur Scopitone. L’exploitant, son fils et la caissière étant restés dans la salle gonfler le public.
En fin de projection, j’ai tenu débat. Par bonheur, la salle était unanimement emballée. Nous avons eu un échange chaleureux et fort sympathique. 40% des spectateurs me demandent même de signer des autographes. Mon stylo est content. Moi aussi.
L’exploitant m’accompagne à l’hôtel et m’avertit que les petits-déjeuners ne sont servis qu’à partir de 9 heures puisqu’on est dimanche. Si je me couche à cette heure, je serai réveillé bien avant le petit dèj ! Après avoir posé mon sac dans ma chambre, je redescends pour aller boir un dernier verre en ville. Le seul endroit que je trouve ouvert est « le rétro » qui donne sa grande nuit de l’accordéon. Bien, je n’ai plus qu’à regarder Ardison.
Je vous rappelle que vous pourrez me voir demains soir à 20h30 sur France2 dans « Le temps de la désobéissance » de Patrick Volson. On devrait faire plus d’audience !
Bientôt!
Mardi 21 février 2006
Alors, vous m’avez trouvé comment, hier soir, sur France2 ? Pas mal, le film, hein !
Bon… Scopitone approche à grands pas et nous assistons peu à peu à l’éclosion du monstre. Difficile de présumer de sa réussite ou de son échec total. Que dit-il ? En dit-il assez ? Trop ? Dit-il seulement quelque chose ? Disons qu’on sait quand il fera ses premiers pas mais rien n’est sûr pour la parole…
Sinon, le temps est excellent pour le travail !
Roulement de tambour.
Mercredi 22 février 2006
Même si la première publique est vendredi, nous jouons notre scopitonum ce soir devant un comité d’expert. La nuit portant conseil, j’ai réagencé l’ensemble qui commence à être un petit peu moins monstrueux.
Quelques retours sympathiques du « temps de la désobéissance ».
A suivre...
Jeudi 23 février 2006
Ben, on peut dire que ça s’est bien passé, hier. Vraiment soulagé. Mais on n’a pas donné tout le « spectacle ». On le garde pour demain !
dans 8 heures 30...
Vendredi 24 février 2006
Ce soir, première de Scopitone à 18h30, présentation de « Cache-cache » au Vigo dans la foulée, bel article dans « Sud-Ouest »… on peut trouver plus malheureux ! Il ne me reste plus qu’à assurer. La famille bordelaise sera là, beaucoup d’amis et des professionnels susceptibles de permettre à Scopitone d’exister au-delà de cette présentation.
On verra comment ça va se passer ce soir mais je puis vous affirmer que je me sens déjà beaucoup mieux dans mes baskets que quand j’ai débarqué en début de mois. Merci l’OARA !
Difficile de vous parler d’autres choses puisque j’ai passé ces 3 semaines enfermé dans la construction de ce machin.
C'était possible
Dimanche 26 février 2006
Comment dire… La représentation de vendredi s’est très bien passée. Salle presque pleine, public chaleureux, retours enthousiastes (sauf quelques-uns (une) qui auraient aimé voir un peu plus de « recherche »).
Plus objectivement, Scopitone a trouvé de bonnes pistes pour sa forme future. Ajoutons à cela que des structures susceptibles d’accueillir sa création se sont manifestées. Tout va donc pour le mieux.
Bien sûr, je me suis trouvé en force au début (la trouille) et quelque peu cabot sur le milieu, porté par un public réactif. Sans compter que je meurs d’envie de le réécrire, le développer et d’en refaire la mise en scène. Mais tout ça est normal. Bilan donc très positif. Scopitone existe !
Samedi, assumant le contrat de la résidence de recherche, nous avons animé un atelier de formation pour un groupe d’enseignants. J’avais fait le pari de leur faire écrire une chanson, en composer la musique, l’enregistrer et en faire un clip projeté en fin de stage et ce… en un jour, entre 10h et 17h. Je voulais par là mettre les enseignants devant une pratique dans l’urgence, sans préparation, avec la seule énergie de la nécessité. Grâce en particulier au talent de David, on a réussi le tour de force de réaliser deux chansons et deux clips !
Et aujourd’hui, c’était le retour à la maison. Ouf !
CT KOI, Scopitone ?
Lundi 27 février 2006
Je vais vous en dire un petit peu plus sur « Scopitone ». C’est un mélange de vidéo projetée sur un vieil et grand écran sur pied, de chansons chantée à la guitare classique et sur une guitare en plastique aux touches lumineuses rouges et de scène. Je navigue d’un espace à l’autre.
Le propos est fondé sur le principe du blog : je m’y raconte sans m’y raconter, avec la distance amusée d’un chercheur sur un étrange cobaye.
Tout commence par une vidéo dans laquelle on voit ma grand-mère noyée sous une montagne de journaux, disant sa fierté de voir son petit-fils passer à la télé, avec un joyeux accent du Sud-Ouest. Philippe Lespinasse est allée la filmer et a fait un montage respectueux et touchant. Ce petit portrait est suivi d’un extrait de série policière télé dans laquelle j’ai joué. Et là commence le spectacle. Je viens sur scène décortiquer le texte, essayer de mieux le jouer, m’interroger sur ma place d’acteur face aux personnages à endosser, je chante et raconte des historiettes d’amour, de travail… La vidéo vient en contrepoint dire ce que je ne dis pas sur scène, me donne la possibilité de jouer avec elle depuis le plateau.
Tout ça se termine par une fausse comédie musicale pour laquelle Chazam a composé une musique « énorme » me permettant de chanter l’intégralité du dialogue de la séquence du feuilleton présenté en début de spectacle et sur lequel je reviens obsessionnellement.
Il me semble que vous savez tout.
Train train
Mardi 28 février 2006
Pfff ! J’avais fait un long texte et Internet a planté. Tout à refaire mais je ne referai pas.
Rencontre avec Olivier Hémon ce matin pour « Résistance aux tremblements ».
Rendez-vous pour accompagnement Cache-cache à Antony demain, Issoudun jeudi et Vierzon vendredi.
Rangements et paperasses comme quand on revient d’une longue résidence à Bordeaux.
Marche dans Paris (ça me manquait !).
Et là, il neige à gros flocons et c’est joli.
"Pensées"
Jeudi 2 mars 2006
Hier, rencontre très sympa à Antony. Beaucoup d’enfants posant des questions très pertinentes. Parfois même assez osées : « Vous vous trouvez bon comédien ? ». Bonne question ! J’ai répondu que les comédiens étaient souvent les spectateurs les plus sévères de leur propre jeu mais qu’il ne fallait pas compter sur moi pour que je livre mes critiques. Non mais !
Souvent, quand je pars loin faire des présentations, je pars en ignorant absolument tout de mon emploi du temps. Je sais que je vais à tel endroit, je devine que je vais dîner pendant la projection et répondre après aux questions des spectateurs. Ça ne sera pas le cas à Issoudun et Vierzon. J’ai reçu hier une feuille de route très détaillée. Hé bien, je peux vous dire que c’est très agréable. On a beau faire un boulot dans lequel l’incertitude règne à tous les étages, l’inconnu n’en reste pas moins déstabilisant. Avoir des horaires, des lieux, des noms et numéros de téléphone, rassure.
Si ça vous semble être la moindre des choses, sachez que c’est une pratique peu courante. Pour certains, un comédien (de surcroît inconnu), se limite souvent à un nom que l’on met dans un programme et, quand il est là (comme l’avait annoncé le dit programme), un objet encombrant que l’on doit trimballer avec étonnement. Pour autant, on est bien d’accord que les programmes sont faits pour ne pas être respectés à la lettre et qu’il reste toujours une dose d’inconnu qui donne un peu de piquant. Question d’équilibre.
Depuis quelques temps, en partie à cause de mon travail sur Scopitone, je m’interroge (comme tout un chacun à certains moments) sur l’existence. Je cherche des réponses sur… Google. Deux constats : le terrain est occupé par le religieux ou les croyances en tous genres. Quand on se met à lire un peu les conneries qui sont écrites on finit par penser que les églises, quelles qu’elles soient, sont les tombeaux de la croyance. J’ai rencontré par exemple une connaissance qui est tombée dans les bras d’Ashtar Sheran (un extraterrestre, être d’Amour, qui attend le chaos pour embarquer les survivants), Hé bien, comme je suis curieux, j’ai fouillé sur la toile et j’ai trouvé le témoignage halluciné (pas allociné) d’un monsieur qui reçoit des messages de Daniel Balavoine : en fait, il a été assassiné et il prévient les coupables qu’il les attend de pied ferme. On y lit que l’humanité est gouvernée par des êtres ignobles, assoiffés de pouvoir et d’argent mais que, dans l’autre dimension, ceux-là deviendront esclaves. C’est tout ce qu’ils ont à proposer ? L’esclavage ? La vengeance ? C’est ça, l’Amour ? Que va devenir cet ami au cerveau pollué par ces conneries ?
Non, sérieusement, pour réfléchir, il reste la philosophie. Hé bien il semblerait que ces questions-là n’intéressent que les élèves de terminale. Après, on ne se pose plus de question. On bosse, on fonde des familles, on regarde la télé, on se badigeonne de crèmes pour éviter les effets du vieillissement mais on ne pense plus. C’est en tout cas ce qui ressort dans les propositions de Google. La pensée est peu googlisable. Dès lors qu’on s’interroge, on se sent un extraterrestre. A moins de rejoindre la joyeuse communauté des bobos bouddhisés ? Merci.
Non mais rassurez-vous, tout va bien. Je vous vois déjà : Oh la la, qu’est-ce qui lui arrive à l’autre ?! Un petit Prozac ? Non, moi, c’est la vitamine C et la marche à pied ! Et pour l’heure, le classement de mes papiers dans mes nouveaux classeurs. Non parce que sans ça, on ne s’y retrouve plus !
Centre images
Samedi 4 mars 2006
Deux jours très sympas dans le Centre. Merci Marie, Fabrice, Johan, Fabien, Luigi, Francis, son fils, Madame la journaliste, Jean-Marie… Deux jours faits de rencontres, débats, conversations, balades et petits restaus. Dans ces conditions, on en oublie carrément qu’on est venu bosser !
repos
Lundi 6 mars 2006
Demain, j’enregistre une voix off pour un court d’Olivier Hémon et je déjeune avec mon agent. Après-demain, je passe une casting pour… PJ ! (si, si !) et je vais à la manif des intermittents. Jeudi, je repars dans le sud-ouest pour présenter cache-cache à Mourenx et à Léognan.
Mais aujourd’hui, je n’ai rien à faire. Ça fait drôle.
Richmond ?
Lundi 6 mars 2006
La nouvelle du jour : il n’est pas impossible que j’aille représenter « For intérieur », le court-métrage de Patrick Poubel à Richmond (USA) entre le 30 mars et le 3 avril ! C’est pas beau ? J’ai appelé Mathieu Simonet qui y était allé l’an dernier pour présenter son film. Ce qu’il m’en a dit n’a fait que confirmer mon envie ! La vie est courte, les moments où certaines possibilités nous sont offertes, éphémères, alors…
Par curiosité, vous pouvez aller voir les 2 clips qu’ont fait nos stagiaires du 25 février, entre 10 et 17 heures (écriture, enregistrement-composition, tournage, montage…). C’est sur http://web.mac.com/lartigue2/iWeb/MSA/Confiture.html .
Comment dire...
Mardi 7 mars 2006
Ce matin, enregistrement de la voix off du film d’Olivier Hémon. Cet après-midi, nous nous sommes revus avec Esther Gorintin (Depuis qu’Otar est parti) avec qui je vais avoir le plaisir et l’honneur de jouer dans « Résistance aux tremblements », le court-métrage d’Olivier. Cette dame est de celles qu’on admire rien que par la simplicité et la générosité qu’elles dégagent. Je sais que ça ressemble à une phrase toute faite mais quand elles disent ce qu’on pense (les phrases toutes faites), on peut s’en contenter.
La confirmation de mon départ prochain pour Richmond m’emplit de joie. J’en ai toujours marre d’être en vadrouille mais là… Du coup, on s’organise un dîner avec le réalisateur, histoire de se revoir ensemble le film et d’en parler un peu. Autant que je sois un bon ambassadeur.
J'ai une pensée pour ceux qui se disent : "il commence à nous faire chier, celui-là, avec ses bonnes nouvelles!". Amis galériens, j'ai été des vôtres il n'y a pas si longtemps (lire le journal intégral) et je peux être prompt à vous rejoindre. Les bons moments sont suffisament rares pour ne pas en profiter. Mais il faut bien faire parler quelque-chose comme la culpabilité ou, plus pervers, entretenir l'image de quelqu'un de sympa. Démago, ça s'appelle, comme dirait Eliane. Oui, oui, je garde toujours cette méfiance par rapport à moi-même! Mais même là, n'est-ce pas encore une manoeuvre de séduction? Allez, j'arrête, je m'égare grave!
Je fais quand même chauffer mon parapluie pour la manif intermittente de demain. J’ai vu que les anti-CPE, eux, ont bien chauffé le bitume aujourd’hui!
Bon...
Mercredi 08 mars 2006
Le casting pour PJ s’est très très bien passé. De même que la manif des intermittents. Ne croyez pas la police qui dira qu’on n’était que 32 ! C’est drôle ces manifs. C’est toujours l’occasion de croiser de vieilles connaissances. Pour les manifs, je suis un peu dans le même processus que pour la coupe du monde : je participe aux phases finales.
Bon, hé bé demain, retour en sud-ouest pour « cache-cache ».
Amis bordelais, vous pouvez encore le voir au Vigo. Je serai aussi à l'affiche de l'Utopia avec "Connaissance du Monde" de Philippe Fernandez. Vous savez, ce film qu'on est allé tourner sur l'Ile de Pâcques...
Vu Thruman Capote ce soir, ça déménage!
Fleurettes, giboulées et vols de grues...
... la nature débute la déco du printemps. Ce passage-là sera vraiment bien!
J'ai 2 jours dans PJ. Un gros bras. Qui a dit qu'ils étaient petits ?
Rencontre amicale à Mourenx. Bon, c'est vrai que la famille a encore rempli près de la moitié de la salle...
Ce soir, c'est Léognan et encore une salle familiale. "Cache-cache" sera le film le plus vu des Blancan et Loustau!
Pour Scopitone, les choses comencent à se concrétiser quant à sa création définitive.
ouf
Samedi 12 mars 2006
De retour à la maison ! Rencontre sympathique amicale et familiale au Georges Brassens de Léognan.
Sur l'affiche.
Donc, pour les bordelais, ça sera le 23 mars à l'Utopia.
pour les parisiens, à peu près dans les mêmes dates, il y aura Beaubourg.
Plan C
Lundi 13 mars 2006
Il m’est souvent arrivé de réagir au mauvais traitement de l’actualité dans le 7-9 de France Inter. En feuilletant ce journal vous pourrez lire des trucs que j’ai écrit avant l’affaire Lelay (cerveau disponible pour la pub…), avant le Non européen, avant la crise des banlieues. Non, non, je ne suis pas un visionnaire, pas plus qu’un dindon grippé. Simplement, faut pas me prendre pour un con ! Quand j’entends des journalistes qui se font passer pour des humanistes alors qu’ils sont aveugles à tout ce qui se passe et qu'ils roulent pour la droite molle (au mieux) et « bien pensante », ça m’énerve.
Alors quand, ce matin, les mecs du « plan B » viennent squatter l’antenne par le biais de fausses questions, je devrais me réjouir. Il fallait l’entendre le Paoli ! On l’imaginait tout rouge. Mais putain qu’elles étaient lourdes ces interventions sauvages ! Qu’elles étaient pleines d’idées toutes faites !
Des « marchands d’armes détenteurs de la presse »… c’est pas un raccourci, ça ? Lagardère, c’est un mec plein de fric qui vend tout ce qui peut être vendu (y compris des armes mais ce n’est pas ce qui le caractérise vraiment me semble-t-il).
Si le plan B est aussi con que la presse qu’il condamne, on est mal barré (si l’on espère un peu d’intelligence) ! Je vais quand même en acheter un puisque ce que je retire de tout ce tointoin, c’est que Paoli n’est pas mon ami (mais je le savais déjà) et qu’il existe une revue anti-presse, « plan B », dans les kiosques.
Papi nanard
Mardi 14 mars 2006
J’ai testé « le plan B ». Et c’est pas mal. C’est agréable d’y lire les coulisses des canards qu’on a l’habitude de lire par défaut (faute de mieux). L’article sur Libé-Chavez est très éclairant sur les manipulations crétines.
Le 7-9 de France Inter était très à gauche d’ailleurs, ce matin. Bon, ils ne l’ont pas fait exprès, c’est vrai. Mais en donnant la parole à des mecs au pouvoir dans une situation de crise, ils se ridiculisent systématiquement eux-mêmes.
Pour en revenir au travail, hier soir, nous avons écrit deux nouveaux sketches avec Stéphane, Olivier et Renaud (« les assos ») afin de les soumettre à une autre émission de Canal (Karl Zéro a été viré). J’ai commencé le rendez-vous en disant que j’étais débordé et que je comptais arrêter avec ce projet. Et puis on est arrivé à l’idée qu’il fallait qu’on soit 5 au lieu de 3 (5 acteurs pour 3 personnages). On pourra ainsi ménager des portes de sortie, des temps, à chacun.
Je dois atteindre un âge où il m’est plus difficile de passer à toute vitesse d’un univers « créatif » à l’autre. Une fois que j’y suis, ça va. C’est comme les papis…
Bon, ce matin, je passe enfin les coups de fil pour Scopitone ! (je l’écris pour le faire).
Beau temps
Mercredi 15 mars 2006
J’ai donc passé mes coups de fil pour les suites de Scopitone. Une réunion de production est prévue le 7 avril.
Rendez-vous chez le producteur du film d’Olivier Hémon dans l’après-midi. J’ai mon billet de train pour samedi : Limoges.
Coup de fil de mon agent : « t’es libre en avril ? T’as un rôle dans Louis Page ! ». Un coursier me porte le scénar, je lis aussitôt et donne mon accord. Bon, le tournage commence le 4, ce qui pose un problème pour Richmond… Encore des coups de fil à passer ce matin ! Je me sentais un peu un escroc en allant à ce festival. Si en plus je dois faire le chieur pour changer des dates de vol, je ne suis pas certain de pouvoir assumer.
Adieu Richmond!
Mercredi 15 mars 2006
Ce soir, Nous recevions Charlotte et Patrick Poubel pour une petite bouffe mais aussi afin de revoir ensemble « For Intérieur », histoire de m'éviter de dire trop de bêtises à Richmond. Mais comme je dois tourner dans Louis Page, je ne peux justement plus aller à Richmond (j’ai d’ailleurs dû prévenir les producteurs ce matin).
Ding dong. A peine arrivés, Charlotte et Patrick m’apprennent que c’est lui, Patrick, qui réalise Louis Page ! Non ! Si ! Et mon confit qui vient de cramer ! Et ces fleurs à mettre dans un vase ! Et je vais jouer le mari de Michelle Bernier, comme dans la pièce que j’aurais pu jouer et je ne jouerai pas parce que je ne suis pas connu… Que d’émotions !
Trop nul, bb!
Jeudi 16 mars 2006
Déjeuné avec mon agent. Cet après-midi, après quelques tentatives musicales assez vaines, j’ai regardé Bernie.
Je n’avais j’avais vu ce film parce que j’étais jaloux. Je me disais que les rôles d’orphelins zinzin, c’était pour moi. Avec la même détermination idiote, je n’ai jamais vu « C’est arrivé près de chez vous » tout simplement parce que c’était exactement le type de film que je voulais qu’on réalise à l’époque avec Lespinasse. Ce qu’on peut être fier (con) parfois !
Eh bien, j’ai passé un excellent moment avec Bernie. Dupontel est grandiose. Sa copine est super aussi (Claude Perron que je gobe) !
Quoi, j’ai pas le droit de glander, un peu ? Et d'avoir des pensées médiocres ?
Court toujours
Samedi 18 mars 2006
Parmi les chansons que je chantais dans Scopitone, il en était une que j’avais écrite à toute vitesse et dont je n’aimais pas du tout la musique. J’ai passé une bonne partie de l’après-midi à faire des tentatives logicielles et numériques pour y remédier. En vain. Mais vers 5/6 heures, j’ai retrouvé sur la guitare quelque chose de beaucoup plus convaincant. Ça sonne !
Seulement, voilà, après un dîner avec des amis, de retour chez moi, je n’ai pas retrouvé. J’avais la grille d’accords mais pas la mélodie. Elle avait disparu, ne ressemblait plus à rien. J’aurais dû enregistrer ! (ou apprendre à écrire le solfège…)
Je pars tout à l’heure à Limoges pour une semaine de « résistance aux tremblements ». Je ne fais pas de court-métrage pour l’argent. Personne ne fait ça pour ça. C’est au moins un endroit où la motivation est forcément ailleurs. Néanmoins (comme dirait Chantal), cette situation est désormais en train d’évoluer. Le régime des intermittents subissant la même politique du Medef que celle qui conduit les gouvernants au cynisme d’un CPE, il devient difficile aux techniciens et acteurs de donner du temps gratuit et non comptabilisé à ce pan de la création cinématographique, lieu d’expérimentation ou simplement espace des premières armes.
Devant cette situation nouvelle (précarisation de certains intermittents), le petit monde du cinéma est en train de trouver les moyens d’une professionnalisation du secteur. Des fonds supplémentaires vont être octroyés par le CNC pour que les équipes soient un peu payées. Pour les acteurs, l’ADAMI offre des aides permettant de les rémunérer au tarif syndical. Ainsi, sur ce film, je serai payé dans ces conditions. Néanmoins (comme dirait encore Chantal), le producteur m’a fait une proposition que je tairai ici mais que je mettrai dans ma prochaine version de Scopitone, tellement c’est drôle et inattendu...
Allez, je vais faire mon sac. Peut-être aurai-je le temps d’aller faire quelques pas contre le CPE avant de prendre le train.
Service militaire
Mercredi 22 mars 2006
Il y a des courts-métrages colo. Celui-là, c'est régiment, caserne... Premier instant de promenade. Mais je n'ai qu'une perme d'une heure alors j'en dirai davantage à Angoulème (on y part tout à l'heure).
Dimanche, projection d'équipe d'Indigènes!
Pas si terrible...
Jeudi 23 mars 2006
Matinée angoumoisine. Agréable de se balader dans cette ville bourgeoise aux pierres blanches. Des gamins manifestent contre le CPE, suivis de près par les RG qui aimeraient bien faire une pause déjeuner. Par bonheur, les manifestants s’engouffrent dans la gare pour rejoindre sans doute Poitiers à grand bruit.
Pour l’instant, impossible de mettre le site à jour dans le cyber local.
Résistance aux Tremblements n’est pas si terrible à vivre. Il manque simplement 2 jours au réalisateur pour éviter les dépassements. A Limoges, c’était levé tôt le matin, tournage toute la journée, retour tard au château à 20 minutes de la ville. Vous me direz que c’est sympa, un château. C’est vrai mais quand on n’y est que de 22 heures à 7 heures du matin, entre le repas, le sommeil et le petit dèj, pour le reste, on aurait été dans n’importe quel autre lieu, c’aurait été la même chose. Evidemment, pour le claustro-groupophobe que je suis, c’est pas idéal.
Très bonne entente avec Esther Gorintin. Si je conserve sa vivacité, je veux bien vivre jusqu’à son âge. Il me semble que ce qu’on (tous) fait est bien.
Hier soir, j’ai fait mon petit sketch d’imitation de l’équipe, histoire de chambrer un peu. Ça faisait plaisir de voir Esther se fendre la poire. La régie riait un peu jaune mais tout ça a été pris comme il le fallait : avec une distance amusée…
Au fait, mais, c'est le printemps !
Vendredi 24 mars 2006
Ça y est, de retour ! Encore un film qui sera une expérience forte. Ça ne m’étonnerais pas que vous entendiez parler de « Résistance aux tremblements ». Quand on a la chance de jouer avec une actrice comme Esther Gorintin, on n’a plus qu’à assurer. Le jeu de cinéma, c’est comme pour le tennis : il y a des joueurs qui vous tirent vers le haut. Bon, c’est vrai que le tennis est un mauvais exemple pour ce qui me concerne…
Dans le train, j’ai commencé à bosser mes dialogues de PJ pour lundi.
Reçu un mail de Laurent Boulanger : pour cause d’embouteillages de films, la sortie de « Un an » est repoussée à fin mai ou début juin.
Grosse trouille pour « Indigènes ». Il va de soi que ce que j’écrirai dans ces colonnes dimanche soir ou lundi ne traduira pas avec exactitude mon intime sentiment (limites du journal). J’ai droit au sur-moi ! Mais je suis certain que vous aurez la perspicacité nécessaire pour traduire paroles et silences…
Heu, au fait, les gamins, gare d’Angoulême, ils n’allaient pas à Poitiers. Ils ont bloqué un TGV !
Blog en panne ?
Lundi 27 mars 2006
Tournage de deux séquences de PJ. Pas facile. Plus difficile e, tout cas que la première fois. Pour jouer des petits rôles dans PJ, il faut être à la fois virtuose et détendu. Je ne suis pas certain d’y être parvenu.
Bon, alors, Indigènes ? Eh bien, autant dire que pour moi comme pour d’autres il y aura un avant et un après Indigènes… Plus concrètement, c’est un beau film. Je dis ces banalités en préambule parce qu’évidemment Indigènes joue sur plein de niveaux différents.
Il y a d’abord le film comme parole attendue dans une société en crise. La matérialisation d’une mémoire occultée. Devoir historique. Mais le film peut jouer un rôle dans l’Histoire au présent. Je rappelle pour ceux qui n’ont pas suivi qu’Indigènes raconte l’épopée d’une section de l’armée française pendant la deuxième guerre mondiale. Avec néanmoins la particularité qu’elle s’est formée en Algérie et vient, après une bataille en Italie, concourir à la libération de la France en débarquant à Marseille puis en remontant jusqu’en Alsace.
Ce film aurait toutes les bonnes raisons d’attiser les polémiques ou encore de nourrir de futures vengeances. Un peu comme semble le faire le « Caïman » de Nani Moretti dans la campagne législative italienne. Pourtant, et c’est là toute la force d’Indigènes, il n’en est rien. Le regard de Rachid Bouchareb se pose simplement sur des hommes qui quittent le bled pour devenir des soldats français. Chacun part avec ses propres motivations et va trouver sa place en donnant son destin à la violence de la guerre, à la bêtise de celle-ci, au sein de l’armée coloniale française.
En imprimant sur sa pellicule les images d’arabes combattant pour le drapeau français, Rachid Bouchareb vient poser les photos manquantes à l’album du siècle passé, dans lequel trônaient les ouvriers, videurs d’ordures, population de cités.
Il ne fait pas pour autant de ses personnages des héros. Simplement des hommes, mon Capitaine ! Avec la trouille au ventre, l’envie de s’enrichir, la soif de pouvoir, le cœur prompt à s’emballer pour les doux yeux d’une belle, la rage contre toutes les injustices. C’est dans cette autre dimension que le film est fort aussi. Il ne va pas où on l’attend. Il fait le choix des laisser les canons assourdissants à la bataille d’Italie (super réussie) pour se mettre à hauteur de voix. Bravo Rachid !
Les acteurs ? Vous allez redécouvrir Jamel et Nacéri ! Roschdy Zem va encore faire craquer les filles. Bouajila, c’est la toile entière qu’il explose ! Quant à mon Mazrtinez, je vous laisse juge… hi hi hi. Sortie en septembre !
c'est reparti!
Mardi 28 mars 2006
Comme vous aurez pu le constater, il y a eu une panne de blog. Il semblerait que ce soit résolu.
Aujourd’hui, essayage costumes pour Louis Page. Ça fait de bien de passer des habits qui me plairaient. Hé oui, le personnage que je vais jouer n’est pas soldat, pas paysan, pas clochard, pas propriétaire d’une salle de sport, pas prolo en survêt, pas jardinier, pas… il est informaticien et c’est sans doute le personnage qui a le plus les pieds sur terre et la tête pleine (avec le héros) dans cette histoire. Comme quoi, tout arrive. Même le plus ordinaire.
Après l’essayage, j’ai voulu aller faire un tour à la manif mais arrivé à République, il régnait une telle atmosphère d’avant casse que je suis retourné à la maison faire les choses (courses, musique, scénario à surligner…) que je n’avais pas terminées.
Cacochyme
Mercredi 29 mars 2006
Lecture de Louis Page ce matin. On a bien ri bien que le sujet ne porte pas vraiment à la comédie. C’est déjà le signe d’un tournage agréable.
A l’instant, coup de fil de Betty Berr pour monter Scopitone à Contis (village balnéaire des Landes) au mois de juin. Je trouve que ça m’irait bien.
J’ai le projet de me faire un nouveau site avec vidéos et tout le tointoin. Il faudra juste que je trouve le temps. Tiens, d’ailleurs, j’ai mis en ligne une chanson du spectacle que j’avais écrite en dix minutes (comme dirait Cabrel). J’ai juste refait la musique qui ressemblait trop à du Marc Lavoine. Elle s’intitule cacochyme (vieillard faible, déficient). Dans Scopitone, je l’introduisais en disant que dans le monde des arts, vieux monsieur rime souvent avec jeune fille…
Je ne sais pas s’il y a des émeutes mais la police pimponne sans arrêt.
Chiffres
Vendredi 31 mars 2006
Visite chez Zuccarelli hier après-midi : 12/8.
Composé une musique : 2’44.
Désolé, lecteurs, je suis de gauche!
Vendredi 31 mars 2006
Le papi oublie qu’il a été élu avec des voix de gauche comme la mienne, pauvre con que je suis qui avait voté Jospin au premier tour. Bientôt 4 ans qu’il nous sert la droite la plus conne.
Il y a eu d’abord Raffarin, le représentant du MEDEF chargé de faire de gros cadeaux aux entreprises. Après on a eu droit aux cyniques chargés de vendre les entreprises d’Etat et de liquider les droits sociaux.
Et avec tout ça, ils ne sont même pas foutus de faire marcher l’économie. Tout juste bons à se tirer dans les pattes sur notre dos.
Si cet … de Chirac a promulgué le CPE, c’est juste pour foutre le bordel, provoquer des législatives (ou présidentielles) anticipées dans le seul espoir de niquer Sarko. Eh bé mardi, j’irai à la manif, comme j’espère tous les cons qui étaient allés voter pour le facteur en 2002.
Non mais !
heu... de droite
Dimanche 2 avril 2006
Bon, ça va mieux. Depuis que je sais que Sarko s’occupe de l’affaire, je suis définitivement rassuré. C’est un tel diplomate, un homme tellement fin et talentueux, tellement proche de nous, tellement altruiste et peu soucieux de sa personne, tellement généreux, faisant preuve à chaque instant d’une intelligence rare. Nous sommes sauvés !
Qu’il va être doux de flâner dans ce Paris dominical et printanier !
Ce soir, je mets plein de trucs inutiles sur e-bay. Et je bosse mon texte !
En passant
Lundi 3 avril 2006
« Ah, salut ! Ça change de la télé ! Il faut te détendre musculairement ! » C’est un passant qui m’a interpellé ce matin sur le trottoir. Je l’avais déjà croisé au café du coin. Il s’agit d’un monsieur à fière allure mais qui présente, dès lors qu’on parle plus de trente secondes avec lui, un réel disfonctionnement psychologique. Mais c’est rigolo quand même…
Résitance
Lundi 3 avril 2006
Vu avec grand plaisir les rushs de « Résistance aux tremblements ».
Encore un petit coup sur le texte de mercredi et manif demain !
Avant d'y aller
Mercredi 5 avril 2006
Mon agent n’avait plus de photo. Pour la première fois, je n’ai pas fait appel à un photographe. Appareils à Méga pixels, logiciels de retouche, cadrage et format types… Ah, les évolutions technologiques… !
Il y a quelques années encore, un photographe prenait 1.000 à 1.500 balles pour une séance de prise de vue et une vingtaine de tirages. Il gardait les négatifs, ce qui obligeait le comédien à repasser par lui pour obtenir de nouveaux tirages.
Quand t’étais en galère et qu’on t'expliquait qu’il te fallait de bonnes photos si tu voulais du boulot, tu voyais le photographe comme une espèce de Sphinx à qui tu allais confier ta gueule et les quelques sous que tu avais empruntés.
Si Chirac croyait ralentir le mouvement anti-CPE, c’est raté.
Tout à l’heure, ce seront mes premiers plans dans Louis Page.
Chant/contre-champ
Jeudi 6 avril 2006
Premier jour de tournage comme si c’était le deuxième. Je veux dire en cela que c’est très agréable de débarquer dans cette équipe. On n’y est ni fayoté ni regardé comme un canard sauvage rentrant de migration par temps de grippe aviaire. On se sent à sa place et il n’y a plus qu’à bosser (s’amuser).
Déjà une petite frustration néanmoins : sur la deuxième séquence, j’ai été meilleur dans le contre-champ que dans le plan sur moi. Ça arrive. Sauf chez ceux qui ne jouent vraiment que quand la caméra est sur eux (ça arrive aussi). Il fallait bien que ce soit le premier jour quelque part…
Aujourd’hui, trois grosses séquences de texte et de jeu.
tout petit, l'article
Jeudi 6 avril 2006
Grosse journée. Pas facile mais bien menée (j’espère). Mon fils est rigolo, le curé très sympa et ma femme adorable. Il a fallu que je lui gueule dessus dans une église. Ça désacralise…
C'est chiant, les brocantes!
Samedi 8 avril 2006
Hier, pour moi, c’était figu. Pas de texte, juste la présence du personnage dans la scène finale. Croisé une figurante avec qui j’avais fait l’idiot sur « Mesrine ». Mais aussi une accessoiriste d’un téléfilm de Fabrice Cazeneuve, Un machino du précédent Caumon, un pointeur avec qui on n’arrive pas à se souvenir où… On rencontre tellement de monde sur des tournages où bossent une bonne cinquantaine de personnes, qu’on finit forcément par recroiser certains. Le jeu étant de savoir qui se souviendra le premier en quelles circonstances on s’est croisé la première fois.
Vide grenier à côté de chez moi. J’y suis passé dans l’espoir de trouver une croûte. Je me suis amusé, l’an dernier, à repeindre une toile tristounette et maladroite, achetée pas cher, ne gardant de l’original qu’une partie. Encore un sacrilège ! J’adore. Hé bien, j’en ai trouvé une qui n’avait d’intérêt que celui d’avoir quelque chose à voir avec celle de l’an dernier. L’inconvénient, c’est que son propriétaire en voulait 120 euros. Pour l’instant, elle ne les vaut vraiment pas ! Dommage.
Boule de gomme.
Lundi 10 avril 2006
Très courte journée sur Louis Page. Il s’agissait pour moi de la séquence que je sentais le moins (situation un peu artificielle). Mais on a trouvé au prix de quelques prises, toujours dans la bonne humeur.
Au fait, on les a bien eu avec leur CPE !
Jeudi, non pas celui-là mais celui d’après, il y aura une surprise sur le blog (un indice pour ceux qui n’ont pas suivi : ce jour là, je tourne mon second jour dans PJ)!
Scopiberg
Mardi 11 avril 2006
Grosse journée de glande. Hormis un déjeuner avec un copain (Renaud Cojo) qui va me donner un coup de main pour Scopitone. J’ai une réunion jeudi à l’Office Artistique Région Aquitaine (Bordeaux) pour mettre au point la stratégie de production.
Me voilà donc parti, demain, pour Bordeaux. Voyage rapide puisque je tourne à nouveau vendredi. Je devrais profiter du train pour bosser mes textes. La semaine prochaine sera très très chargée. Avant de partir, je vais vérifier douze fois que je ne tourne pas d’ici là.
Après Dupontel avant-hier, vu l’Iceberg ce soir ! J’aime bien les délires d’acteurs qui ne s’encombrent pas de réalisme.
Scrogneugneux
Jeudi 13 avril 2006
Retour de Bordeaux. Petit soucis pour Scopitone. On me propose une nouvelle résidence de recherche en 2007 et une résidence de création en 2008. Le spectacle naîtrait donc dans sa forme définitive 4 ans (!) après en avoir lancé l’idée. Et après, il faudra le tourner. Ce qui nous conduirait à une saison 2008/2009, au mieux. Vous ne trouvez pas que ça fait un peu long ? Moi, si.
Constaté, pendant mon voyage en train, que la nature, avec ses pommiers en fleurs, son herbe rase d’un vert vif, ses ruisseaux avec l’eau au bon niveau, ses filles jolies, en faisait un peu trop. De retour dans le métro, c’est le désespoir qui étalait son odeur d’alcool et de cloche.
Je suis las de Christian Oster.
Je fais des fautes sur ce blog...
Vendredi 14 avril 2006
Grande et bonne journée de tournage sur Louis Page. Plaisir du jeu. Mais là, trop fatigué (après être allé au cinoche à Opéra à pieds) pour en écrire davantage. A demain !
Vous n’avez pas oublié la surprise de jeudi prochain ?
Le jaune revient !
Samedi 15 avril 2006
En complément d’hier. Par rapport au tournage de Louis Page. C’est de la télé, certes (écriture calibrée et tournage rapide) mais j’endosse avec grand plaisir ce rôle de mec normal (plutôt habitué à la marge ou au lunaire) avec des partenaires super gentils et un réalisateur qui sait à la fois diriger ses acteurs, mener son équipe et ôter au texte tous les sur lignages qui psychologisent à outrance ou sombrent dans l’explicatif. Que demander de mieux ?! En même temps, je reste moi-même (je crois), un peu bancal (j’en suis sûr).
Je viens de recevoir une série de mails accusateurs d’acteurs et figurants qui se plaignent d’être maltraités sur un tournage. Une des raisons invoquées est le nombre d’heures. Si j’avais dû faire appel aux prud’hommes à chaque fois qu’il y a des journées qui dépassent, j’en serais devenu sociétaire !
J’ai cru déceler surtout un manque de respect. On accuse ici le directeur de production, sorte de Ministre des Finances du tournage et le réalisateur. Mais en fait, quand un film se tourne en huit semaines au lieu de douze nécessaires (par exemple), c’est un choix qui est fait par le producteur qui peut être contraint par un financement insuffisant, une mauvaise répartition des budgets (ces enfoirés d’acteurs !) ou, dans le pire des cas, dans l’espoir d’augmenter leur marge. Mais quoi qu’il en soit, le directeur de prod n’est qu’un salarié comme les autres. Quant au réalisateur, j’imagine qu’une ou deux semaines de tournage supplémentaires l’auraient satisfait.
Il faut bien admettre que les films se font de plus en plus avec des budgets resserrés. Et là, ce sont les assistants qui jouent un rôle primordial. Dans Louis Page, celui qui s’occupe de la figuration est tellement gentil et respectueux que la compréhension est immédiate. Dans le respect et la bonne humeur, les pires situations (ce n’est pas le cas ici) sont plus faciles à affronter. N’allez pas pour autant m’accuser de « gentisme » ! Je ne rêve pas d’un monde de gentils. Simplement il me semble qu’il est préférable de bien cibler les responsabilités quand on met en accusation et d’envisager la question dans une globalité, identifier les vraies sources de conflit. Et, au passage, être lucide de son propre niveau d’engagement (pas par rapport à une échelle hiérarchique quelconque mais de soi par rapport à un projet).
Je veux dire par là que quand on fait un truc pour bouffer, il ne sert à rien de déplacer le mépris que l’on a de soi sur les autres. Tout simplement parce que, au départ, n’y a rien de méprisable à faire quelque chose pour bouffer ! Aucune place n’est méprisable de toute façon. Et aucune, non plus, ne donne droit au mépris des autres. Et dans un cas comme celui qui est en jeu, je pressens à la fois le mépris des uns et les frustrations des autres. Et ça marche dans tous les sens. Pas facile de cloisonner.
A vos ordres!
Dimanche 16 avril 2006
Reçu d’autres témoignages de l’incident de tournage dont je parlais hier. Ce qu’il en ressort, c’est le manque de respect des assistants mise en scène. Hé bé oui… Il est vrai que, sur un plateau, dans un cadre, par rapport à une lumière définie, à des mesures de distance, comédiens ou figurants sont, entre autre, des objets encombrants dont on aimerait que la vie réponde strictement aux exigences du plan, Après, pour les besoins de la cohérence de l’histoire qui est racontée, on peut y ajouter une dose d’expression. C’est un fait. Une réalité. Sauf qu’en effet, ces objets encombrants sont des humains. Donc ils pensent, ils se vexent, ils exigent, ils ont une vie propre.
Il m’est arrivé aussi d’avoir un sentiment très fort d’humiliation quand tel assistant m’a tiré sans ménagement pour me mettre à la bonne place dans le plan, sans m’adresser la parole (il n’y a pas si longtemps). Mais dans ce cas, j’ai réglé immédiatement le problème avec lui (en dehors du plateau). Il m’est aussi arrivé de dire à un réalisateur qu’il ferait bien de faire du dessin animé tant il voulait que ma vie de personnage se calque à l’image mentale qu’il avait de son plan.
Pour ma part, ces dernières années, j’ai alterné des passages très brefs dans des films (une ou deux journées de tournage) et des rôles plus importants. Il est indéniable qu’il y a trop souvent une différence de traitement selon l’importance du rôle. Et encore, je n’ai jamais fait de figuration ! Mais ce que j’ai constaté, c’est que les équipes qui ne pratiquent pas (ou peu) ce distinguo (il y en a beaucoup, heureusement), l’humanité, le respect qui règnent sur le plateau se retrouvent dans la pellicule. Mais n’oublions pas que plus un acteur est connu, plus il représente une valeur financière qui aide à monter la production d’un film. Il devient un produit commercial. Et ce n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux dans la justesse des relations humaines. Mais néanmoins, leur statut les fait grimper de façon insensée dans la hiérarchie du plateau. On ne parle plus de respect mais de déférence. S’ils ne sont pas là, le film ne se fait pas.
Un tournage est une microsociété très hiérarchisée socialement. Il arrive que les figurants mangent à un autre endroit que le reste de l’équipe. Les tables se forment souvent par corps de métiers, machinos et électros, maquillage, coiffure et habillage,, mise en scène et acteurs, image et son. Ce n’est pas une règle mais souvent un fait. Quand on y déroge, l’air de rien, c’est remarqué.
Et dans les moments d’attente qui sont le lot de tout tournage, les figurants sont dans des espèces de vastes salles d’attente, les comédiens à petits rôles, dans une loge plus petite et les rôles principaux ont une loge individuelle. Machinos et électros se réfugient à l'arrière de leurs camions. Sur Indigènes, j’avais ma loge. Mais j’en profitais peu car, une fois ma musique installée, mon petit journal, j’avais l’impression de ne plus être sur le tournage et de me déconcentrer. Je préfère profiter de l’attente pour aller papoter, observer ou simplement cramer mes clopes en tournant en rond.
Mais je dois commencer à me la péter. Sur Louis Page, Le prêtre et me femme ont une loge chacun. Je me suis cantonné aux espaces communs sans aller m'avachir sur les fauteuils de la salle figu. Mouais... pas très net, tout ça!
Expiration...
Mardi 18 avril 2006
Autre longue journée de tournage. Parfois très content des scènes tournées. A d’autres moments, l’impression de glisser dans des zones de jeu que je n’aime pas (psychologique à respiration, bon sentiment). On verra. En tout cas, j’ai derrière moi les séquences les plus difficiles.
Demain, on vient me chercher à 15 heures. Deux ou trois séquences courtes. Après-demain, c’est PJ et…
Feuilleton pas très Net...
Mercredi 19 avril 2006
Je faisais part, les jours passés d’une « affaire » de conflit de tournage sur laquelle j’avais reçu des mails. Plus exactement des newsletters.
J’avoue que cette histoire m’ennuyait un peu. On n’avait que le point de vue des contestataires, les noms et prénoms des accusés étaient donnés et ces « infos » envoyées à des gens qui n’avaient rien demandé. Ça peut très vite s’apparenter à de la délation ou au moins de la diffamation.
Il m’est arrivé de relater, dans les colonnes de ce journal, certains comportements dont j’étais victime, de dénoncer des pratiques mais avec quelques règles déontologiques :
- je ne mets pas les noms,
- je dis ce que j’ai à dire à la personne avant de faire un article et puis…
- vient sur mon site qui veut. Il ne me viendrait pas à l’idée d’envoyer ça à qui que ce soit.
Donc, pas content de recevoir ce genre de truc, même s’il pose des questions intéressantes. Et puis, ce matin, voilà que Mr Newsletter m’envoie la réponse du réalisateur mis en accusation. Et là, ça fait très mal. J’ai rarement lu quelque chose d’aussi violent, méchant et méprisant… je vous laisse juge :
« Monsieur, J’ai sincèrement été désolé d’apprendre que vous renonciez à votre rôle sur mon film. Mais je respecte votre choix.
Je vais vous faire un aveu : votre décision m’a mis dans l’embarras pendant un certain temps. En effet, le temps d’ouvrir mon dossier « figuration » d’y trouver quelqu’un de votre niveau, avec le même talent, de vérifier s’il était libre, j’ai bien perdu, allez, je ne veux pas vous culpabiliser, trois minutes en tout et pour tout.
Comme nous n’allons pas nous revoir, je vous prie de bien noter pour votre CV que vous avez occupé sur mon film, le rôle du «Journaliste 3-Marches Palais Bordeaux-2 ». C’est ainsi que vous êtes classé dans mon dépouillement, parmi les 50 autres silhouettes parlantes. Je sais, dans un CV, ce n’est pas terrible, mais je ne peux pas vous offrir mieux. (…/…)
Le Lundi 10 Avril, je vous ai senti tendu, inquiet. (…/…)Toujours est-il que votre tension a quand même un peu affecté votre prestation.(…/…) Mais je pense que cela ne devrait pas trop vous nuire car vous passez très vite, et à moins d’être extrêmement vigilant, il est pratiquement impossible de vous voir, donc de vous reconnaître. Ouf ! J’en suis content pour vous. Cela m’aurait vraiment gêné que pour une fois que vous aviez une phrase à dire, on puisse imaginer que votre talent était inversement proportionnel à votre ego, et que toute votre vie, vous ne seriez qu’un tout petit figurant anonyme. »
Alors ?
Jeudi 20 avril 2006
C’est le jour de la surprise. Alors, vous avez trouvé ?
Vers la montée des marches!
Jeudi 20 avril 2006
Ça y est, c’est OFFICIEL : Indigènes est en compétition officielle au Festival de Cannes 2006. Ce soir, nous dînions avec les heureux élus au Ministère de la Culture. Les détails d’une folle journée demain, ici.
Dorures et VIP
Vendredi 21 avril 2006
Tout a commencé par une journée PJ. Deuxième jour de tournage petit rôle. Ce qui veut dire convoqué à 8 heures pour un tournage en fin d’après-midi. J’avais une série de photos à faire dans le costume et un entraînement avec cascadeur pour ma scène de combat. Evidemment, photos et entraînement ont pris en tout et pour tout une heure. Autant dire que longue fût l’attente.
La séquence s’est très bien déroulée (c’est la moindre de choses). Ma seule inquiétude résidait dans l’heure à laquelle on allait terminer car j’avais mon invitation au Ministère à 20h30. Hé bien, en quittant le car costumes à 19h40, j’ai réussi à repasser chez moi, me doucher (les mains et le visage), me changer de pied en cap et arriver à l’heure rue de Valois.
Je m’étais vêtu d’un costard noir, chemise noire sur chaussures de sport (histoire de casser un brin). Inutile de dire que je faisais partie des quelques rares qui avaient fait un effort visible, la plupart ayant opté pour le quotidien soigné. Que voulez-vous, c’est pas parce qu’on vit à Paris depuis six ans qu’on n’en est pas moins provincial !
Dans mes rêves les plus décalés, je m’étais pris à imaginer que j’allais donner au Ministre un témoignage personnel destiné à lui faire comprendre la réalité de la situation des intermittents et les défauts des changement opérés en 2003 (Plus t’es dans la merde, plus on t’aide à couler et plus t’es pété de thunes, plus on t’en rajoute). Par bonheur, mon surmoi a eu tôt fait de me raisonner et j’ai su rester à ma place, buvant les propos du Ministre et goûtant au plaisir d’être au Ministère, accueilli avec les honneurs et dans la bonne humeur.
Un photographe se trimballait de table en table, mitraillant sans retenue. Il s’est peu intéressé à moi et, les quelques fois où il a braqué son objectif dans ma direction, j’étais dans de telles postures (main pliée devant la bouche, tout tordu sur mon siège…) qu’il a renoncé à chaque fois.
Voilà. Donc, je vais à Cannes avec Indigènes. Contrairement à il y a deux ans (voir journal), je vais monter les marches en y étant invité. La pression sera atténuée par le fait que le film concourant sous les couleurs de l’Algérie, la presse en parle moins que de la sélection française. Par ailleurs, même si mon rôle est, en présence, aussi important que celui de mes amis stars, je serai exclu de la promo. Qui connaît Bernard Blancan ? Chacun à sa juste place ! Et je dis cela sans ironie, pour une fois. Désolé pour ceux qui s’attendaient à me voir occuper les plateaux télé.
Comme le disait Serge dans son commentaire d’hier, ce métier est fait de quelques humiliations mais aussi d’immenses bonheurs. Profitons de ces passages-là !
Je hais mon acteur!
Dimanche 23 avril 2006
De chaque expérience, on peut tirer des enseignements. Chaque enseignement concourt à une amélioration. Vouloir s’améliorer témoigne d’une conscience de ses limites. Vouloir s’améliorer c’est souhaiter accéder à une forme de sagesse ou de sérénité. Mais c’est aussi ce qui ridiculise le Bourgeois Gentilhomme.
Ce n’est pas cette recherche de progrès personnel qui nous fait rire dans ce personnage mais son volontarisme, cette façon forcenée de vouloir se glisser dans la peau d’un Autre. Un Autre qui ressemble à ceux qu’il admire ou à qui il voudrait ressembler. Le BG, grâce à sa fortune, tient de fait une place dans la société. Pourtant elle ne lui suffit pas. Son souhait est de briller, de prendre les apparats de ceux qui ont le pouvoir. Pouvoir que le BG imagine être le fruit d’immenses Connaissances.
J’ai toujours été fasciné par la tragédie de cette farce. J’ai même rêvé de monter la pièce en accentuant cet aspect. Je la trouve lucide, désespérée, presque révolutionnaire. En même temps qu’on rit du personnage du bourgeois, on éprouve pour lui de la compassion et on se prend à trouver pour le moins ridicules ceux qui abusent de sa naïveté. Pas étonnant que cette pièce intéresse les acteurs. Ils sont tous des BG ! Pauvres artistes qui se contentent de dire les mots des autres, de livrer leur pauvre humanité pour faire vivre des personnages qui vont faire rêver, se retrouvent dans les sphères du pouvoir, exposés dans les média, perdant parfois leur identité dans l’application qu’ils mettent à ressembler à une image.
Mais pourquoi je parle de ça ? Ah oui. Enfin heu… Trois soirs de fête, ça fatigue. Et puis à chaque fois, j’ai été frappé par la singularité des acteurs. Je me disais qu’ils étaient ridicules et chiants. Soignant souvent leur apparence, il y a ceux qui bossent peu et qui vont fayoter avec les réalisateurs, les castings et les journalistes, vont interroger les autres acteurs pour savoir s’ils bossent et s’inquiètent de la façon dont ils décrochent des contrats. Pour eux, un rôle s’appelle un plan (dans le sens de bon plan). Et puis il y a ceux qui commencent à pas mal tourner et qui racontent leur tournage avec machin, leur joie d’aller monter les marches, pensent qu’ils sont en droit de se raconter plus que de raison puisqu’ils sont acteurs et qu’ils sont forcément des êtres exceptionnels, sensibles, engagés. Enfin, il y a ceux qui sont reconnus, qui en ont vu d’autres. Ils préfèrent regarder leur montre, tuer le temps en écoutant les conneries, distillant trois bons mots et signant au passage un autographe avec une amicale désinvolture. Vous me cherchez dans la liste ? Mais non, vous m’avez reconnu !
Le premier soir, c’était au Ministère. Le deuxième, c’était la fête de fin de tournage de PJ. Et hier soir, chez Ludo, un copain journaliste à l’Huma. La première était un brin mondaine. La deuxième un brin professionnelle (quand on n’a tourné que deux jours avec une équipe qui a passé plusieurs semaines…). Dans la troisième j’étais dans un groupe qui a parlé politique pendant deux heures. Ça fait du bien. Mais malgré tout, je me suis encore senti comédien. Et ça, je n’ai pas aimé.
Je me suis réveillé en me disant que, de cette expérience, je tirais un enseignement : savoir se taire un peu permet d’éviter de dire quelques conneries et de s’enrichir de la parole des autres ! Je dis ça parce que j’ai constaté que mon centre du langage n’est pas tout à fait au point : soit une timidité excessive fait de moi un autiste, soit ma langue se délie, déversant sans pudeur des cascades de futiles pensées.
Je me tais.
Nouvelles nouvelles
Lundi 24 avril 2006
Nouvelle journée de tournage sur Louis Page. Les séquences les plus difficiles ayant été tournées au début, les jours qui restent vont s’écouler avec moins de pression (mais toujours concentré comme dit Patrick !).
Des nouvelles de « Léger tremblement de paysage » de Philippe Fernandez. On y retourne en mai pour finir le film. Trois jours sur une île avant la folie de Cannes !
J’ai eu confirmation que Scopitone allait faire une escale en juin au festival de Contis en juin dans son état de recherche. On devrait avoir des éléments début mai pour sa création définitive en Aquitaine.
juste avant de dormir
Mercredi 26 avril 2006
Journée Louis Page terminée par pot des comédiens. Moment sympa. Demain, c’est mon dernier jour.
Vendredi, ce sera casting le matin et fête de fin de tournage le soir.
Chamboule
Jeudi 27 avril 2006
Dernier plan sur Louis Page. Très heureux de cette aventure ! C’est la première fois que j’avais un rôle aussi important pour la télévision. Etre à la hauteur ! On en jugera à la diffusion. Pour l’heure, il me semble que nous aillions formé un couple très crédible, avec Michèle Bernier. Ce fût en tout cas un tournage très agréable même quand le stress a semblé envahir le plateau, sur la fin.
Le monsieur chargé du dossier de presse d’Indigènes souhaite me rencontrer. Il m’a dit des choses très gentilles et nous nous voyons demain, entre une visite de l’appart et le casting.
Petites confessions
Samedi 29 avril 2006
La journée d’hier a commencé par une interview des plus agréables avec Gilles, la personne chargée de faire le dossier de presse d’Indigènes. « Tu me signes un autographe ? ». C’est con mais ça regonfle. Surout quand on a rendez-vous juste après avec un réalisateur.
Le casting s'est donc bien passé sauf que, pour le rôle qu'il me donnera peut-être, il est dans l'obligation de rencontrer les comédiens d'une des régions qui financent.
Hier soir, c’était la fête de fin de tournage de Louis Page. J’ai essayé de ne pas faire l’acteur et je m’y suis assez bien tenu sauf… non mais dès qu’il y a une piste de danse, il faut que je bouge ! Et il faut voir comment je bouge. Ça peut faire peur.
Parmi les visiteurs de l’appartement, plusieurs m’ont dit que mon visage leur était familier. Hé oui, je suis comédien ! On a beau s’en défendre, on ne peut s’empêcher de chercher à mesurer les indices traduisant sa notoriété. Il peut arriver d’ailleurs des quiproquos assez amusants : l’acteur se croit reconnu pour ses passages à la télé alors qu’il l’est par son garagiste ou Didier qui était au baptême de Louise.
Répéter ? (réflexion destinée aux réalisateurs)
Dimanche 30 avril 2006
Profitons de ce week-end pour réfléchir sur l’usage de la répétition en tournage. On sait que certains acteurs sont pour et d’autres contre. Sur l’idée, je ferais plutôt partie des seconds. En effet, une séquence trop répétée fait peur. Quand on arrive à un bon résultat en répétition, il est rare qu’on retrouve la même justesse, la même spontanéité quand les prises sont tournées. D’où une grande frustration.
C’est d’ailleurs ce qui m’est arrivé pour le premier jour de tournage de PJ. Je suis arrivé, on a fait une mise en place rapide (très facile pour moi puisque j’étais assis face au bureau des flics), on a répété avec le texte et tout se passait merveilleusement bien. Mais dès qu’on a dit « moteur !», les enjeux n’étaient plus les mêmes et, ajoutée à celle de cramer de la pellicule, il y avait la pression de retrouver la légèreté de la répétition.
Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne faut pas de répétition. Un acteur a besoin d’étapes indispensables. On a beau avoir appris son texte, dès lors qu’il faut le dire dans l’espace de jeu, avec des contraintes de déplacement, l’acteur peut vite donner l’impression d’avoir tout oublié. Hé oui, on n’est pas des surhommes ! Le cerveau doit assimiler les contraintes de déplacement, les mémoriser en les éprouvant et, dans ce même temps, livrer les mots qui ont été appris auparavant. Le centre de la mémoire est donc sollicité dans les deux sens : mémorisation et restitution.
Quand on voit un acteur chercher son texte quand il trouve ses premières marques sur le plateau, il faut arrêter de penser qu’il ne l’a pas travaillé (même si c’est parfois réellement le cas). Simplement il met en place la synchronisation de sa mémoire corporelle avec celle qui lui a permis d’assimiler son texte. Il y a un neurologue dans le blog ?
L’idéal serait d’accorder un temps de mise en place technique dans lequel le texte est donné sans toutes ses nuances de jeu, nuances que l’on peut réserver aux prises tournées. Ce temps étant évidemment directement proportionnel à la difficulté des déplacements. Sans compter que la justesse que l’on doit trouver dans l’interprétation du texte doit se trouver aussi dans les actions physiques.
Savant dosage. Drôle d’alchimie…
Mouais...
Lundi 1er mai 2006
Pas fameux mon article sur la répétition. Plutôt fumeux, même... Il y a des jours où on écrit avec ses pieds.
Télé
Mardi 2 mai 2006
Passé un coup de fil à mon agent pour lui parler du projet télé dans lequel on ferait les andouilles avec Stéphane et Renaud. Non seulement elle ne me déconseille pas de le faire mais elle m’y encourage. Hé bien, c’est parti !
Majorité
Mercredi 3 mai 2006
Ça y est, j’ai réussi à caler une réunion pour la création de « Scopitone ». Vendredi, à Bordeaux. L’occasion d’une descente familiale. Mon fils aîné me demande s’il peut venir chez mes parents avec sa fiancée…
Hâlée la France!
Jeudi 4 mai 2006
Ce matin, j’ai vu des extraterrestres ! Incroyable. Ils avaient une allure très semblable à la nôtre, si ce n’est qu’ils étaient plus grands que la moyenne, de type européen bien qu’ayant la peau mate (sans doute viennent-il d’un système solaire assez semblable à celui que nous connaissons mais bénéficiant d’un ensoleillement supérieur), cheveux mi-longs bien coiffés, une dentition parfaite, vêtus de costumes classiques sombres, portant cravate.
En observant plus longuement leur manège, j’ai constaté que certains indices les trahissaient. Un truc tout bête : habitués aux déplacements intergalactiques, ils sont incapables de conduire nos voitures. Ils prennent place à l’arrière et ce sont des terriens qui pilotent. Ils choisissent de grosses berlines noires. Ce choix nous éclaire sur la forme et la couleur plausibles de leurs vaisseaux. S’ils sont noirs, en effet, et circulent la nuit, peu de chance qu’on les aperçoive !
Je me suis dit que quiconque voudrait réaliser un remake de la guerre des étoiles n’aurait aucun mal à faire son casting. Mais où suis-je, au fait ? Ah oui, Place Beauveau, Matignon… L’Elysée !!! C’est pas vrai ! Ce sont eux qui nous gouvernent ! On est foutus...
MARTINEZ
Toujours jeudi.
Allez, je peux bien l'avouer, j'en ai rêvé. Hé bien ça se réalise : à Cannes, je serai logé... au Martinez!
Béarn
Dimanche 7 mai 2006
Week-end en Béarn. Famille et camp de Gurs (devoirs de mémoire).
Scopitone devrait voir le jour dans sa version "définitive" en février 2007 avec le soutien artistique de Renaud Cojo.
Le léger tremblement de paysage de Philippe Fernandez que nous devions terminer la semaine prochaine est encore reporté pour des raisons financières (on allait le finir "à l'arrach" en étant peu ou pas payé). A noter que Philippe, comme il l'avait fait pour des projets antérieurs, se proposait de mettre personnellement la main au portefeuille (au crédit bancaire). Rarement vu un réalisateur aussi engagé.
A mardi!
Soir de fête.
Mercredi 10 mai 2006
Tiens, le 10 mai… 1981, 2 CV, toit ouvert et drapeau rouge, soir de fête.
Jour d’été, le téléfilm de Franck Guérin dans lequel j’ai tourné l’été dernier était projeté hier soir chez Arte. La trame narrative du film s’appuie, comme souvent à la télé, sur un fait-divers. Ici, celui d’un gamin tué par des cages de foot, accident qui avait vu pour la première fois les médias rechercher les responsabilités du côté des élus.
Avec un cahier des charges comme celui-ci, les scénaristes ont souvent du mal à éviter situations et dialogues explicatifs et démonstratifs. Dans Jour d’Eté, il n’en ai rien. L’approche est beaucoup plus psychologique que sociale. On suit les personnages dans leurs zones d’ombre. Il n’y a pas de gentils et de méchants. Pas d’archétypes.
L’image est remarquable. La bande son, d’une finesse et d’une modernité rares, même au cinéma. La musique est un acteur essentiel qui n’agit ni en sur lignage, ni en vieille pute racoleuse venant arracher les larmes. Le montage est osé et sensible, presque musical.
Les jeunes acteurs sont formidables de vérité et de simplicité. Jean-François Stévenin, en Maire, est plus que touchant. Que dire de Catherine Mouchet qui, à chaque plan, est éblouissante en mère de la victime ? Je ne connais pas d’actrice avec un jeu comme le sien, subtil et singulier. Les moindres seconds rôles sont complexes et attachants. Pour ma part, je n’y joue qu’un petit rôle de conseiller municipal et j’en suis fier.
Bref, en novembre, vous verrez tout ça sur Arte. En attendant, le réalisateur est trimballé aux quatre coins du monde, accompagnant son bébé sélectionné dans de nombreux festivals internationaux.
Temps mort
Jeudi 11 mai 2006
Bon, depuis que le film de Philippe Fernandez est repoussé, je n’ai rien avant Cannes. Si, avec Philippe Ramos (vous notez Philippe/Philippe…), je vais donner la réplique à des comédiennes qu’il auditionne pour son prochain film (dans lequel je vais jouer).
En attendant, je profite du beau temps, je règle l’administratif, j’envoie des mails pour Scopitone, j’appelle mon agent pour connaître la combine pour avoir un costard prêté pour monter les marches, j’envoie un mail commun à mon carnet d’adresse. Si rien ne se passe d’ici dimanche, je prends un train et je me la joue vacances !
Trop mou
Vendredi 12 mai 2006
Je serai habillé par Agnès B. Bon mais, ça commence bien : j’étais déjà le seul à ne pas être au courant de la façon dont il fallait procéder. Plein de choses à apprendre ! Si je n'avais pas appelé mon agent, je me serai fendu d'un costard jamais assez class pour l'occase.
A vouloir être discret, ne pas saouler les gens avec des coups de fil… Hé bé je vais donc téléphoner à tout le monde : J’arrive !
Agitation au sommet
Dimanche 14 mai 2006
L’actualité strictement professionnelle se résume à l’attente du jeudi de l’ascension. Pourquoi ont-ils repoussé ce Léger tremblement de Paysage, ces Perspectives Atmosphériques (1) ?
L’actualité dans le domaine privé, elle, ne manque pas de mordant. C’est de l’énorme. Du bouleversant. Un vrai bordel.
J’essaie d’écrire sur ces sujets, pour moi. Normalement, ça met à distance, ça aide à l’analyse, ça apaise. A ceci prêt que quand le sujet est trop fort, dans le présent, ça donne du brut, du naïf, du qu’on jette toujours trop tard.
Pour la distance, il faudra attendre. Et en attendant, s’occuper. Il me tarde de retrouver mes Indigènes! Le clinquant, les paillettes et l’esbroufe du fameux festival seront l'écrin parfait d'une parenthèse souhaitée. Mai 2006, je m’en souviendrai !
Pour rester vulgaire, j’ai reçu ma déclaration d’impôts. Aïe ! J’avais pas l’habitude de bosser autant.
(1) Titres du film de Philippe Fernandez.
Taillage de costard
Lundi 15 mai 2006
Ça sera de la location ! Comme je ne m’étais pas manifesté assez tôt, il n’y a plus de prêts de costumes dans les showrooms. Nous voilà donc partis pour une location ! Hé oui, vous avez déjà eu de multiples occasions de le constater au fil de ce blog, avec le blancan, c’est rarement comme ça devrait être. Toujours dans un entre-deux.
Mais nous verrons sans doute qu’il n’y a pas que des inconvénients à être la cinquième roue de la charrette… Personnellement, ça m’amuse assez, le côté looser. C'est un argument de séduction. Non?
Amoureux ?
Lundi 15 mai 2006
Hé ben quoi ?! Je peux bien écrire deux fois dans la journée, si ça me chante !
Non, c’est parce que j’ai quelque chose à raconter. Cet après-midi, Philippe Ramos m’avait demandé de donner la réplique à de jeunes actrices pressenties pour jouer l’amoureuse de Will Adams (personnage que je jouerai dans son prochain film).
Mais que c’était agréable de jouer une scène d’approche amoureuse en recherchant l’état juste, face à une personne qui est dans les mêmes dispositions ! Dans la vie, on ne se serait peut-être même pas regardés et, en quelques secondes, on se retrouve dans la plus agréable intimité. Le fait, en plus, que ce soit des essais, que je doive jouer les mêmes scènes avec des personnes différentes, empêche toute ambiguïté. Quand c’est coupé, ce qui se joue est coupé illico.
Au plaisir de cette découverte (pour le cinéma, je n’ai jamais été amoureux, pardonnez ma naïveté), s’ajoutait celui d’entrer dans des espaces de jeux inconnus. Plaisir d’explorer de nouveaux registres. Quand on débute avec des personnages autistes, violents, asexués, moitié cinglés (qui sont des bijoux à jouer), on apprécie d’élargir la palette des émotions. Lâcher cette putain de pudeur...
On fait quand même un beau métier !
Alors, je sais, comme aujourd’hui, il m’arrive d’écrire des choses qui flirtent avec le ridicule mais c’est le jeu. Je suis comme je suis : un brin conscient de mes limites (lucide ?) mais déterminé à ne pas les cacher.
Une journée remplie de vide
Mardi 16 mai 2006
Faits divers et société
J’ai trouvé un sac à main avec trousseau de clés et chéquier dans la cage d’escalier. Je l’ai ramené au commissariat. « Si tout le monde était comme vous… » me dit la femme flic. La vie, c’est comme les chiottes : tu la laisses dans l’état dans lequel tu aimerais la trouver en entrant, ne lui ai-je pas répondu, par manque d’à propos.
Pour les collègues de Nancy, un lecteur assidu m’a appris la mort de Roger Viry-Babel que j’avais croisé sur le tournage du Temps de la Désobéissance. 61 ans. C'était un universitaire brillant, homme de cinéma avant tout, mais aussi de radio, de télévision, tour à tour auteur, acteur, producteur, journaliste, écrivain (spécialiste de Renoir)... (voir également commentaire sous article "amoureux?")
Agnès B., suite.
Ce matin, je me suis occupé de mon costume de pingouin (pour la montée). J’ai passé ¾ d’heures en même temps qu’un mec qui avait réussi à avoir tout gratos et qui prenait exactement le même smoking que moi. Il me faisait des commentaires avec sa voix grave et son ton assuré pendant que trois vendeurs essayaient sans succès de faire un nœud papillon. Il se demandait s’il n’allait pas préférer une cravate. Il avait peur de ressembler à un serveur avec un nœud pap. On était deux clients, ils étaient six vendeurs. Lui a obtenu d’avoir les retouches faites pour le lendemain. Pour ma part, j’ai été bon pour une retouche provisoire pour le 22, un chèque de caution de 500 euros et 90 de location. N’empêche que lui, en effet, dans son costume, il ressemblait à un garçon de café.
Mais n’allez pas dire que je me plains ! Le festival n’invite que 2 acteurs. Si j’y vais du 24 au 27, logé au Martinez, comme les copains, c’est grâce aux producteurs et au distributeur. Merci à eux.
Chuuuuut !
Mercredi 17 mai 2006
Ça y est, Cannes, c’est commencé ! Un petit coup d’œil à la cérémonie d’ouverture pour me décider définitivement entre nœud pap et cravate. Trop tard, en fait, puisque cet après-midi, j’ai choisi le col cassé et son classique NP noir. Je ne vais quand même pas me faire remarquer !
Encore une semaine avant le départ et jeudi soir prochain, c’est le verdict. Ce que j’attends, ce n’est pas tant la montée des marches. Mais la projection elle-même (un temps infini de trouille avec le regard le plus dur qui soit : le sien). Suivra cet instant où le générique de fin va défiler et la lumière se rallumer doucement. Là, on commencera à avoir une idée du regard des autres. Le reste semble plus imaginable et moins dense.
Pour ce qui est du regard des autres, mon agent m’a retenu au combiné pendant un bon ¼ d’heure pour me dire son bonheur après avoir vu le film, lors d’une projection très privée. Je ne l’ai jamais entendue aussi enthousiaste. Bon mais ne le dites pas ! Officiellement, il n’y a pas eu de projection, encore…
Allez, demain, je vais à la dernière séance d’essais pour le film de Philippe Ramos. Et puis les autres jours, on trouvera bien des occupations.
Scopigènes et contisoises
Jeudi 18 mai 2006
Suite des auditions pour Philippe Ramos. Jouer les mêmes scènes, avec des nanas différentes, ça finit par lasser un peu, au bout du compte. On a vu quatre actrices. L'une très volontaire, celle-ci, très en retenue, celle-là, « sauvage » (comme l’a qualifiée Philippe), une demoiselle, très en finesse (je ne dis pas dans l’ordre au cas où l’une d’entre elles tomberait sur ce blog). Avec chacune, les scènes prenaient une couleur différente (j'aime bien les laplissades).
Qui était la « meilleure »? C’est le réalisateur qui va faire son choix, avec des critères qui dépassent largement le seul domaine du jeu. Le directeur de casting aurait peut-être choisi la suivante. Moi, la précédente. Et la copine du réal, en regardant les cassettes, aurait vu une évidence dans celle que personne n'a retenue.
Bon, rien à voir. Notez d’ores et déjà que le 21 juin, il faudra faire un tour du côté de Contis (le fameux festival de courts-métrages dans un petit village balnéaire de la côte landaise). Je vais y jouer SCOPITONE.
C'est très festif, Contis! ça dure une semaine et au de-là des programmes courts, très bon programme musical (l'an dernier Gilberto Gil), des lectures, rencontres, débats et la mer.
Pression
Samedi 20 mai 2006
Force est de constater que la perspective d’être à Cannes, en compétition, avec un film comme Indigènes, très attendu, tant par son sujet que par son casting et sa réalisation, avec le second rôle principal (d’un point de vue de la notoriété) ou l’un des rôles principaux si l’on se réfère strictement au film, hé bien, on a beau faire comme si ça n’était pas grand chose, c’est une source de stress incroyable. Je n’imaginais même pas. Mon fils aîné qui vient de passer trois jours ici a eu tout le loisir de s’en rendre compte.
Ce stress-là, je l’avais déjà connu, peut-être dans une moindre mesure, juste avant le tournage d’Indigènes, justement. La responsabilité d’endosser ce rôle, dans ce projet, me semblait tellement énorme !
« T’es tout bronzé, tu étais en vacances ? » C’est ce qu’on me demande souvent. Non, non, si je suis bronzé, c’est qu’à la moindre occasion, je marche pour me détendre !
Une fois là-bas, ça sera différent. A peine arrivé, je serai avec l’équipe des stressés et, dès les lendemain, ça sera fait. On n’aura plus qu’à se laisser aller, se détendre, s’amuser, profiter des fêtes, hôtel de luxe, rencontrer, voir. L’autre côté de la médaille. Mais en attendant…
Hier, je suis allé faire des photos autour du Bassin de La Villette. J’ai photographié les joueurs de pétanque, la vieille dame et son chien, les vieux asiatiques qui jouent au tennis de table, d’autres, occupés à un jeu inconnu, sur un banc, autour d’une sorte d’échiquier… Des gens qui passent leur temps, quoi ! Et aujourd’hui, il pleut. Je vais aller à la piscine ?
Je vous vois venir. « Hé, l’aut’, il va à Cannes et il trouve encore le moyen de pleurnicher ! » Allez, faites un effort, vous comprenez, quand même !?
Il faut re – la – ti – vi – ser ! Tout ça, le mois prochain, tout le monde l’aura oublié. Je serai dans mon Scopitone, il y aura Roland Garros et la Coupe du Monde.
Heureusement que je ne joue pas au foot !
Glandouille
Dimanche 21 mai 2006
Voilà. C’est dimanche. Restau. Promenades. Cafés. Parapluie. Amis. Le prix de l’immobilier. Un film à voir. Tirage des cartes par une copine : Indigènes, pas de problème ! Vacances ? Potins amoureux. C’est quoi, ce disque ? Passe Studio ! Allez, je rentre…
Giboulées
Lundi 22 mai 2006
A Contis, pour le festival CinéFête, non seulement je joue Scopitone en ouverture le 21 juin mais j'y fais aussi la lecture d’Occident de Rémi De Vos avec Véronique Baylaucq. Un sommet de noirceur et d’humour, cette pièce ! Le programme détaillé du festival sera sur le site en temps voulu !
Ce matin, j’ai entrepris de m’occuper de mes impôts. Finalement, j’ai renoncé puisqu’on a jusqu’à fin mai. Entre l’idée de m’y mettre et celle du renoncement, il a bien fallu plusieurs heures.
Pour ceux qui m’accompagnent à Cannes par la pensée (pas mal de messages), je vais chercher mon costume retouché chez Agnès à 18h.
Le temps ressemble à l’intérieur de ma tête (éclaircies, rafales et grosses averses). A moins que ce soit l’inverse...
Presque
Encore lundi 22 mai 2006, mais plus tard.
Je sors de voir le Caïman. Non, à Paris ! Très heureusement surpris par le film. J’allais voir un réquisitoire contre Berlusconi et j’ai vu un film. Sur le couple. Sur le cinéma. Sur la famille. Et un peu sur le caïman. Bravo Moretti ! Bon, ça ne sera pas très facile pour la palme puisqu’il y a Indigènes en face mais quand même !
Oui, alors, le costume ! Arrivé chez Agnès B., une dame me dit que ça n’est pas aujourd’hui. Il y a pourtant bien écrit le 22 mai sur mon bon. Je serais donc allé à Iéna pour rien ? Un vendeur vient à moi. Alors, c’est demain que vous partez ? A sa façon de me parler et de me serrer la main, on dirait qu’il a lu mon Blog ! Pendant que la dame va fouiller dans la réserve, le vendeur me propose de laisser mes coordonnées pour que je bénéficie du prochain cocktail avec les promos de la maison. Ça y est, je deviens VIP !
La dame a fini par retrouver le pantalon retouché. On met tout ça sous housse et je peux partir. Dring fait le portique. On a oublié d’enlever un détecteur dans le costume. Faux départ.
Vous ne trouvez pas que je progresse ? Ça se passe presque normalement ! Presque…
Les Indigènes arrivent !
Mardi 23 mai 2006
Je donnais la réplique à une nouvelle actrice pour le film de Philippe Ramos. Très agréable séance de travail. Elle a changé les orientations du (des) personnage (s) par ce qu’elle amenait. Intéressant ! Elle ne sera pas obligatoirement l’heureuse élue mais elle a déjà surpris le réalisateur. C’est beaucoup.
Bon, les gars et les filles, demain, 10h30, on vient me chercher pour un voyage dans la septième dimension ! Merci pour vos messages de sympathie. Je tâcherai de ne pas vous décevoir. S’il y a des lecteurs du blog dans la salle, je les encourage à hurler mon nom pendant les applaudissements !
Je laisse l’ordi à la maison. Je ne vais pas là-bas pour faire mon journal ! J’aurai quand même un petit carnet… Promis, je trouverai bien un cyber pour dire deux mots (au moins vendredi matin) avant mon long compte-rendu de samedi soir. Fini le stress de l’attente. C’est l’euphorie du départ qui le remplace.
Mais, au fait, il faut que je fasse mon sac!
Cannes
Vendredi 26 Mai 2006
Incroyable !
PRIX D'INTERPRETATION !!!!!!!
Lundi 29 mai 2006
Par quoi je commence ? Par le début !
Dimanche matin, levé tôt. Lessive. Petit café journal près de Secrétan. Je traîne. Ordi. Téléphone silencieux. Trop silencieux. Midi et demie : je mange ? Pas faim. Je capte bien, au moins ? J’ai le pressentiment que je ne vais pas finir ma journée à Paris. Ça serait tellement triste de ne pas être de la fête après ces trois jours. Je n’arrive même pas à m’imaginer devant mon poste de télé. Et puis dring. « Oui, Bernard… heu, attends, je te rappelle ! ». C’est le distributeur du film. J’attends.
Trente minutes, c’est long ! Je vais quand même manger un peu. Re Dring ! Cette fois-ci, c’est le super attaché de presse ; « Ecoute Bernard, on ne sais pas trop mais il semblerait qu’il y ait un prix pour les quatre acteurs (les autres, sans moi !) mais on tient à ce que tu descendes. Je préfère ne pas te faire de fausse joie. Tu prends un taxi, une voiture viendra te chercher à Nice !». Pas le temps d’être déçu. Mon seul désir est de redescendre illico. Je devine qu’ils vont m’inviter à les rejoindre sur scène.
Pendant que je fais mon sac en quatrième vitesse, y engouffrant la chemise que j’avais oubliée, je repense à ce fameux festival de Locarno où j’avais un rôle égal à celui de Serge Riaboukine (Peau d’Homme, Cœur de Bête) et qu’il s’était vu remettre le prix d’interprétation. J’avais trouvé ça extrêmement injuste. Serge avait eu le geste beau et m’avait fait monter sur scène avec lui pour le partager. Il est tellement sympa, Serge, qu’il m’avait donné un trophée (que j’ai toujours d’ailleurs) qu’il avait reçu dans un autre festival. Histoire que j’ai un truc chez moi. Ce mec est exceptionnel ! Bref, la perspective de revivre cette expérience…
Arrivé à l’aéroport, je retrouve Sami et Roschdy. On est tous très heureux. Eux, sans doute encore plus que moi.
Dans l’avion… la perspective de revivre cette expérience… revivre cette expérience… ça devient obsessionnel. Qu’est-ce que je vais dire quand ils vont m’inviter avec eux ? Je cherche la formule la moins amère, la plus détachée, la plus humoristique possible. Mais je sais bien que, quelle que soit la pirouette géniale que je pourrai trouver, il ne restera rien dans l’heure qui suit. Une pirouette ne remplacera jamais un prix qui est inscrit, qui est matériel, qu’on apprend dans la presse, qui se glisse dans un CV, dont on parle dans le métier. C’est tellement rare un truc pareil ! Je me réjouis pour mes copains, vraiment, mais tout de même. J’en viens même à culpabiliser, à craindre de gâcher un peu cette belle fête en étant moins rempli de bonheur que Jamel, Sami, Roschy et Samy (qui finalement ne pourra pas venir…).
Avant d’atterrir, je choisis la formule pirouettée la mieux appropriée : « Les tomates, c’est pour tout le monde ! » (une réplique du film que vous ne manquerez pas de voir en septembre !). Allez, j’abrège : 17h10, arrivée au Martinez. Le super attaché de presse est là et se précipite sur moi : « T’en fais partie ! ».
Et là, là… que de la joie. Que du bonheur. Je ne touche plus terre. J’ai encore perdu 15 kilos ! Je voudrais embrasser tout le monde. On me conduit dans ma chambre. Superbe ! Même pas le temps de m’habiller que la maquilleuse frappe à ma porte. Puis le coiffeur.
Juste le temps de m’habiller et pffuit, me voilà dans le hall, tombant dans les bras de l’un, de l’autre. Je n’ai jamais de ma vie laissé autant s’exprimer mon bonheur (je suis du genre coincé de ce côté là). Roschy à la bonne idée de la soirée : qu’on chante « C’est nous les Africains… ! ». On part nous faire des photocopies du texte.
Et puis tout s’enchaîne. La fête des marches. L’entrée dans la salle. On est installés dans les premiers rangs. Toujours aussi léger. Zut, il faut que je trouve quelque chose à dire, j’avais pas prévu ça ! C’est pas grave. Ça sortira comme ça sortira. Je ne sais plus quels sont les prix avant nous. Si, le prix d’interprétation féminine pour les comédiennes d’Almo !
Petit pincement quand ça va être à nous mais, je vous jure, on se sent tellement forts d’être dans ce film, avec ces acteurs, après cet accueil du 25, après ces larmes de tirailleurs, que plus rien ne nous fait peur. De vrais soldats ! Applaudissements dès les premiers pas sur scène. Les gens se lèvent. Roschdy commence. Il parle bien. Il est sérieux. Le hasard m’a mis derrière lui. J’enchaîne, presque tranquille. Ça vient tout seul. J’arrive même à regarder la salle. Je ne sais plus ce que j’ai dit. Enfin, si, à peu près mais vous avez vu !
Et puis c’est l’enchaînement des télés, radios, photos, repas, fête sur un bateau. La messagerie sature. Les textos se bousculent. Bip bip bip bip bip bip bip…
Non mais vous réalisez ? Je commence à peine, moi. C’est compliqué, confus mais c’est le bonheur qui l’emporte. On peut prendre ça pour du fayotage mais je vouerai une reconnaissance éternelle à Rachid, Jean (le producteur), Jamel, Sami, Roschdy, Samy, Hassan pour ce conte de fée. Cendrillon à Cannes ! Et tout ça avec l’impression d’accomplir une mission de la plus haute importance.
Vous comprenez maintenant pourquoi j’avais cet air de gamin devant le sapin de Noël ?